LABIÉES
Les Labiées composent une famille de leurs propriétés thérapeutiques. Nous
plantes très-naturelle. Leur nom est dû voyons, en effet, certaines de ces plantes
à rirrégu!arité de leur corolle, qui offre n'avoir pour principe de leur activité
presque toujours deux lèvres. Il est assez qu'une plus ou moins grande quantité
difTicile de distinguer les genres de cette d'huile volatile, et en raison de cette sim-
famille, dont les espèces sont extrême- plicité de composition, produire des eiïels
ment nombreuses. Ces plantes croissent thérapeutiques simples aussi, c'est-à-dire
ordinairement dans des parties assez toujours renfermés dans les limites d'une
chaudes du globe. seule et même médication, attestant tou-
En général les Labiées sont herbacées : jours les mêmes indications remplies, leur odeur ne se perd pas par la dessicca- Dans d'autres Labiées, et ce sont les tion, et est, commune à toutes les parties de plus nombreuses, les Labiées par excella plante; cette odeur est aromatique, forte, lence, une proportion souvent assez conagréable : leur saveur est amère, piquante, sidérable de camphre est tenue en dissochaude. Ces qualités sont dues à une lution dans l'huile essentielle, qui est le huile essentiellf! fort abondante contenue principe naturel et commun à toute cette dans des glandes vésiculaires; cette huile, famille de végétaux. La présence du camdans presque toutes les espèces, contient phre imprime à ces plantes des caractères plus ou moins de camphre. Quelques- thérapeutiques spéciaux qui les rendent unes contiennent en outre un principe applicables îi d'autres états morbides et amer assez développé pour constituer leur permettent de satisfaire à des indileur vertu médicamenteuse principale, cations auxquelles elles ne seraient pro- Plusieurs d'entre elles sont employées bablement pas appropriées sans lui. comme cosmétiques et comme condi- Puis viennent d'autres plantes de la ments. même famille; toujours pourvues de leur
Il existe un rapport assez remarquable huile essentielle et riches en outre, non
et qui n'a pas encore été bien suivi entre plus de camphre, mais d'un principe
les propriétés chimiques des Labiées et amer assez développé qui leur assure
toujours, indépendamment des propriétés dues à l'huile volatile aromallque, une action particulière du ^cnre de celle qui appartient à tous les amers.
• Enfin restent plusieurs Labiées excessivement actives, réunissant en elles et l'huile essentielle avec son arôme et ses qualités nervines, et le camphre avec ses vertus antispasmodiques et sédatives, et le principe amer avec son pouvoir tonique et fortifiant. Il semble, comme nous le verrons, que leur action thérapeutique résulte de la combinaison de toutes ces propriétés. Elh'S résument les facultés séparées de toutes les Labiées, et celles-ci employées ensemble pourraient les remplacer, comme elles, réciproquemeut, suffiraient à développer l'action réunie de toutes les autres.
La Mélisse représente jiour nous le premier groupe thérapeutique des Labiées, celui qui doit tous ses effets à l'huile essentielle sans mélange d'autres principes médicamenteux.
Le second a la Menthe ]iour type, et cette plante peut, mieux que toutes les autres Labiées, être rapprochée des antispasmodiques : elle mérite une grande considération.
Dans le troisième, la Germandrée, la Marrube, le Lierre terrestre, peuvent être indistinctement placés en première ligne, et nous nous Ijornerons à parler de l'un d'eux seulement.
Enfin les propriétés de la Sauge, une fois exposées, rendront inutile l'histoire des Labiées du quatrième et dernier groupe.
Thym {Thymus vulgaris).
Cette plante est vivace et croît spontanément dans le midi de la France, surtoutà Narbonne età Montpellier. Elle possède une odeur aromatique très-prononcée et assez agréable. Sa racine est dure, ligneuse ; ses feuilles sont opposées, sessiles d'un vert cendré, très -légèrement pubescentcs, les fleurs sont en verticelles ou en épis au sommet des rameaux fjuinjuillet). Le calice est tubulé à cinq dents inégales; la corolle petite, d'un blanc purpurin, renferme quatre étamines didynames, un style, un stigmate bifide. Les fruits sont quatre petits akènes.
On l'emploie à l'intéi'iéur en infusion, 10 à 15 grammes par litre d'eau bouillante. On prépare avec le Thym une eau distillée et une huile essentielle.
Ces préparations s'obtiennent par les mêmes procédés que ceux employés pour la menthe.
Acide thymique C^» H'^O^.
D'après M. Bouillion , pharmacien, l'Acide thymique s'extrait de l'essence de thym, dans laquelle il se trouve mélangé avec un carbure d'hydrogène nommé Ihymène, isomère de l'essence de lérébenthine, et qui, par conséquent, possède la formule C^o H '6.
En traitant l'essence de thym par une solution aqueuse de potasse ou de soude, l'Acide thymique se dissout en formant un thymate soluble ; on sépare ainsi le thymène qui ne se combine pas avec les alcalis.
En décomi)osant le thymate par un acide, l'Acide thymique est mis en liberté ; on le purifie par des lavages; ou le dessèche, et, finalement, on le distille.
On peut obtenir l'Acide thymique eu soumettant l'essence de thym à un refroidissement pi'olongé; dans ce cas, il cristallise. Mais celui qui est extrait par la potasse, quoique soumis à une température très-basse, ne se solidifie pas, même en y projetant qucltjues cristaux de la modification obtenue par le froid, afin d'amorcer la cristallisation.
L'Acide thymique ou thymol concentré possède une saveiu' acre et caustique, une odeur agréable qui rappelle celle du thym. H est fort peu soluble dans l'eau, trés-soluble dansl'alcool, et d'autant plus que celui-ci sera plus concentré. 11 se dissout aussi dans l'éther et les corps gras; il ne possède pas de pouvoir rotatoire. Il se combine facilement avec les alcalis, tels que la potasse et la soude, et forme des sels solubles.
L'Acide thymique possède la propriété importante de se coniljiner avec les peaux et les tissus animaux, et de les rendre alors complètement imputrescibles.
Lotion à l'Acide thymique
Acide thymique. . , Alcool à 85 degrés .
Eau distillée.. . . ,
Agiter de manière à activer la dissolution de l'acide dans l'eau.
Pommade à V Acide thymique.
Axonge 30 grammes.
Acide thymique. . . ii à xx gouttes.
Incorporez par trituration.
Potion à l'Acide thymiqur.
Potion alcoolisée. . 150 grammes, -•vcide thymique. . . ii gouttes.
Pilules d'Acide thymique.
Acide thymique. ... -20 centigr.
Savon médicinal. . . . 40 —
Excipient q. s.
Divisez en 20 pilules.
Le savon animal est indispensable pour assurer la division de l'.-Vcide thymique.
Espèces aromatiques ( Species aromaticœ ).
Feuilles sèches de :
Sauge, Menthe poivrée,
Thym, Origan,
Serpolet, Absinthe,
Hysope, Romarin.
De chacune, 32 grammes. Incisez et mêlez.