‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 101 sur 189 · LUXATIONS · texte numérisé non relu

LUXATIONS

douceur. Sauf exceptions dont le clinicien n'a guère à tenir compte (luxations dites irrégulières), il faut toujours, le sujet étant mis bien à plat sur le dos et un aide fixant le bassin en appuyant sur les deux épines iliaques, commencer par fléchir la. cuisse à peu près à angle droit ; la jambe, également flécbie, va servir de bras de levier pour les manœuvres ultérieures. Pour ces manœuvres, le plus commode est de coucher le sujet par terre ou sur un brancard bas, le chirurgien se mettant soit du côté luxé, soit un pied de chaque côté du sujet. La cuisse et la jambe étant toutes deux fléchies, il est alors facile de soulouer légèrement le membre^ en agissant sous le jarret. Cela fait, il suflit d'un peu d adduction avec rotation en dedans ou en dehors suivant les cas pour obtenir la réduction. La jointure sera ensuite immobilisée pendant 15 jours à 3 semaines dans l'extension et l'abduction avec rotation en dehors ; ou bien elle sera soumise à l'extension continue par la méthode de llennequin.

Si l'on exécute avec soin ces manœuvres, fondées sur Lintégrité constante du ligament de Bertin, on n'observera jamais, ou à peu près, de luxations primitivement irréductibles. Si par hasard on en rencontre une, on la traitera par l'arlhrotomie; la résection sera inutile si l'intervention est précoce.

b)Luxntions anciennes. — Les luxations anciennes de la hanche constituent toujours une infirmité grave, justiciable de l'intervention sanglante. Cette intervention consistera en une arlhrotomie à peu près identique à celle que l'on emploie pour les luxations congénitales de la hanclie (voyez Hancuf.). suivie d'évidement du cotyle déshabité et d'abrasion de la tète sur la hauteur nécessaire d'après les constatations faites séance tenante.

3' Luxations du pouce. — La luxation incomplète du pouce (pouce en chien de fusil) est liée à une conformation anatomiiiue spéciale (crête transversale de la surface articulaire) de la tète du métacarpien. Par jeu, les enfants ainsi conformés la produisent volontiers, par simple contraction musculaire. Quelquefois, rarement il est vrai, ces sujets sont atteints de luxation complète. Cotte luxation est très facile à réduire par flexion du pouce, en grattant pour ainsi dire le métacarpien avec la phalange, defa^on à refouler en bas le bcnirrelet .sésamo'idien, qui précède ainsi le mouvement de descente de la phalange. Mais trop souvent on exerce sur ces luxations des tractions dans le prolongement du métarcapien, et de la .sorte on obtient un<' luxation comjdexe, avec interposition du ligament sésamoïdien. Dans ce cas, on réussira presque toujours la réduction, de lafa<.-on suivante : prenant It' pdiicc solidinu-iit, on le met dans riiypercxtension i\ angle droit et

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on le refoule en arrière; de la sorte la phalange repasse en arrière du bourrelet sésamoïdien et on peut agir avec elle pour le refouler en avant, puis en bas, comme il vient d'être dit.

LYMPHADÉNIE. LYMPHADÉNOME et LYMPHO- SARCOME. — Voyez Aukme et Axkmii: lelciLmique.

LYMPHANGIOME. — Le lymphangiome est une tumeur de nature bénigne, mais qui peut, par son volume et par son siège, être très disgracieuse et très gênante. C'est dans ces conditions qu'on est appelé à intervenir. Anatomiquement, on en distingue trois formes : simple, caverneuse, kystique, cette dernière étant étudiée à l'article Kystes séreux congénitaux. Quant aux lymphangiomes simples et caverneux, en pratique on en distinguera deux variétés, selon que la tumeur est limitée ou diffuse.

On peut aisément extirper complètement un petit lymphangiome cutané et sous-cutané d'un membre; mais il n'en est plus de même pour les tumeurs diffuses, auxquelles participe même le squelette, qui constituent une des catégories du groupe mal délimité des hypertrophies congénitales (voyez ce mot). Dans les cas de ce genre, on a essayé les injections interstitielles, pour amener une rétraction scléreuse de la masse morbide ; de même l'électrolyse ; mais les résultats sont, en général, médiocres. Le meilleur procédé semble être jusqu'à nouvel ordre l'excision cunéiforme, suivie de suture exacte. Aux membres, il n'y a aucune contre-indication à son application. A la face, on n'opérei'a que si la difformité est notable, car la plupart du temps il persistera une cicatrice plus ou moins disgracieuse, et en outre, autour des orifices naturels on ne peut pas être certain de maintenir la plaie aseptique.

LYMPHATISME. — Le tempérament lymphatique est justiciable des mêmes moyens que la diathèse scrofuleuse (voir Scrofule).

MACHOIRES. — (Voyez aussi CoxsTincriox, Dents.) — i" Lésions traumatiques. — Les fractures des mâchoires sont rares ; à la mâchoire supérieure, la disjonction de la suture médiopalaline est assez spéciale à l'enfant. Le traitement est semblable à ce qu'il est chez l'adulte : simple fronde pour les cas simples; suture osseuse ou grillages métalliques enlaçant les dents s'il y a déplacement. En tous cas, antisepsie buccale (Chloral à 1/lUO). La luxation est tout à fait exceptionnelle.

2° Lésions inflammatoires. — Ces lésions sont : a) Yostéite,

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-avec ou sans fistule extérieure ; b) la nécrose. Dans un cas comme dans l'autre, elles sont presque toujours engendrées par des caries dentaires mal soignées et devenues pénétrantes, ou bien par des troubles dans l'évolution des dents (dent incluse, odontome). De là résulte le traitement prophylactique (voyez Dents).

a) Ostéite. — Lepremier soin doit être d'inciser les abcès gingivaux par lesquels se manifeste l'ostéite légère du bord alvéolaire et d'extraire les dents malades; puis on ordonne des lavages delà bouche avec du chloral à 1/100. Si l'on a laissé le mal s'aggraver, il existe un abcès qu'il faut ouvrir par une incision cutanée, et on n'oubliera pas qu'il persistera une fistule tant qu'on n'aura pas extrait la dent malade.

b) Nécrose. — Au moment où l'on ouvre ces abcès, il est fréquent de constater une dénudation plus ou moins étendue du maxillaire. On se gardera toutefois d'évider la partie dénudée, et on attendra que le séquestre se s.oit spontanément libéré. A ce moment on en pratiquera l'extraction par la bouche, et presque toujours il suHira de débrider la gencive.

Le traitement est le même pour toutes les nécroses des mâchoires. Les autres variétés qu'on trouve chez l'enfant sont liées à l'ostéomyélite (maxillaire inférieur), aux fièvres éruptives (scarlatine surtout), à la syphilis héréditaire. Dans ce dernier cas, après extraction du séquestre, on administrera le traitement spécifique.

3' Ostéomes et exostoses. — Lu présence d'une oxoslose, il faut songer à la syphilis et administrer le Irailoment spécitiquo. Les ostéomes sont en somme des ostéites hyperostosanles liées à des lésions dentaires ; quelquefois il est indiqué de les évider à la gouge.

4° Kystes des mâchoires. — On observe :

a) Des liijslcs riidicnlulrcs, toujours liés à la carie pénétrante. 11 est relativement rare qu'ils se développent en une véritable tumeur capable, à la mâchoire supérieure, d'envahir le sinus maxillaire. On arrachera d'abord la dent malade, puis la poche kystiqne sera traitée par la résection de sa paroi externe et les injections antiseptiques.

b) Des /.'//.s/c.s- (lcnti(j('rps (voyez plus loin Ddonlornes).

(•) Des hyslcs nuilliloculaires qui, iLcst vrai, sont exceptionnels chez l'enfant. Lorsque la tumeur n'est pas trop volumineuse et n'est pas en partie solide, on peut se borner t\ une incision par la bouche snivie de curettage et d'évidcinent, mais dans le cas contraire, on n'onbliera pas qu'on est en présence d'un véritable néoplasme pour lecjucl (»n pi-ali(|n(M'a la résection, (pu'lqiii'fois la désarlicuhilion d'une ni<iili('- du maxillaire.

"' Odontomes et kystes dentigères. - Ou tioil ia|q)rocher

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l'une de l'autre ces deux sortes de tumeurs, dues toutes deux à un vice d'évolution de dents non entièrement développées. On établira le diagnostic en tenant compte de l'époque du début, de l'absence d'une ou de plusieurs dents au rebord alvéolaire. Quant au diagnostic entre ces deux variétés de tumeurs du bord alvéolaire, il n'a pas d'importance, le traitement étant le même : il consiste à inciser dans la gencive et à évider la tumeur à la gouge et à la curette, en ne laissant aucun débris de dent, sans quoi il persiste une fistule. L'odontome ne doit pas être abandonné à lui-même, car il a tendance à se compliquer d'accidents inflammatoires (abcès, fistules, nécroses).

G° Tumeurs solides. — Les tumeurs solides rencontrées chez l'enfant sont presque toujours des sarcomes qui exigent la résection totale de la mâchoire et malheureusement récidivent presque toujours. On a observé quelques cas d'éiJidis, plus rares, il est vrai, que chez l'adulte. Ces sarcomes sont assez bénins et on en vient généralement à bout par la résection limitée du bord alvéolaire.

Une autre variété est constituée parla iJolygnatliie, qui est une véritable malformation. La polygnathie proprement dite est caractérisée par une mâchoire supplémentaire implantée sur le maxillaire supérieur (épignathie) ou inférieur (hypognathie). On confond volontiers avec elle toutes les productions anormales et congénitales adhérentes aux mâchoires. Assez souvent cette tumeur, quelle que soit sa nature (tératome ou diplogénèse) pourra être extirpée avec succès.

MAIN. — Outre les lésions étudiées aux articles Amputations CONGÉNITALES, DoiGTs. PoiGNET et Synovite, il uous rcstc à sigualcr les suivantes :

1" "Vices de conformation. — a) Main bote. — Cette difformité, fort rare, est à beaucoup d'égards analogue au pied bot. Son traitement sera dirigé d'après les mêmes principes ; mais la plupart du temps on s'en tiendra aux manipulations et massages. Les indications de la ténotomie sont rares. Quant aux opérations portant sur le squelette, nous ne croyons pas qu'il en ait encore été entrepris.

h) Contractures coiigénilales des doigts. — Le traitement par les manipulations est le plus souvent efficace, s'il est dirigé avec soin et patience.

c) Hypertrophie congénitale. — Si l'hypertrophie est diffuse, on s'en tiendra à la compression. Si elle est circonscrite, on pratiquera l'ablation des parties difformes.

2° Tuberculose des métacarpiens. — C'est une tul)erculose relativement assez bénigne, car souvent elle n'envahit pas les join-

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