II. — Aliuientatiuu après le sevrage
Sevrage. — A partir du douzième mois, et par exception du dixième, le lait restant le fondemont de l'alimentation, on commencera à donner une fois par jour un aliment féculent, un potage, à la préparation duquel un très grand soin doit être apporté.
Premiers potages. — Le plus habituellement nous conseillons remploi de la biscotte de Bruxelles. Une demi-biscotte sera émiettée, puis délayée dans un peu deau ou de lail chaud, passée à travers un linge ou un tamis fin, additionnée de sucre ou de sel. Peu à peu on augmentera le nombre des cuillerées de cet aliment; puis on cessera de le passer au tamis. On l'accommodera ensuite, pour varier, avec du bouillon soigneusement dégraissé. Le potage ainsi préparé requiert un temps plus long pour sa digestion qu'une tetée ou un biberon de lait. On laissera à l'enfant quatre heures pour le digérer.
Au bout de quelque temps on donnera deux potages par jour. Après la biscotte on emploie une farine très fine d'arrow-root, de riz (crème de riz), de mais d'Amérique (nia'izaline ou maicena), d'orge (crème d'orge), d'avoine (fieur d'avenaline diastasée), puis les pâtes (semoule, tapioca, vermicelle), certains mélanges de farine de sagou et de cacao (racahout — tapioca et salep — tapioca chocolaté). Le goût des enfants se prononcera très vite pour ou contre tel ou tel aliment, et déterminera la mère dans son choix. 11 est impossible à cet ;\ge de ne pas tenir compte des répugnances de l'enfant.
Mais ce qui devra primer ses goûts, c'est la manière dont sa digestion s'opérera. Après chaque essai nouveau, le médecin doit s'inforn^er de l'état des garde-robes (consistance, couleur, odeur) et se les faire montrer. Dès que la mauvaise nature des selles (fétidité, augmentation de nombre, de quantité), la tympanite, les coliques, l'émission de gaz plus nombreux pendant la digestion, auront montré qu'un aliment, même bien accuciUi par l'enfant, n'aura pas été convenablement digéré, il faudra l'interdire ou en reculer l'essai jusqu'à une époque ultérieure.
Oiilrc b's deux on li-ois potages pbis ou moins consistants et copieux,
l'enfant prend j)ar fractions (hins lintervalle un htre de lait par jour.
Ces divers aliments conduisent jusqu'au 13" ou 14" mois, époque à
larpieUe on peut essayer un afimcnt riche en azote et en matières
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grasses, l'œuf. On commence par donner 1/2 jaune d'œiif. cru, délayé dans un peu de lait ou de bouillon dégraissé, ou peu cuit, à la coque, et donné à la cuiller sans pain. Bientôt on permet le jaune dœuf entier, puis le blanc, à condition qu'il ne soit pas coagulé. A ce moment quelques petits fragments de pain grillé pourront être ramollis dans Tœuf.
Nous conseillons ensuite, au 15'^ mois, la puri'.e de pomme de terre au lait, puis le jus de viande, l'œuf au lait, la crème. Le lait sera la boisson donnée au repas ; si l'enfant paraissait avoir soif, on couperait ce lait avec un peu d'eau bouillie ou filtrée sur filtre de porcelaine, ou avec de l'eau d'Evian.
Le premier aliment un peu plus solide, chez les enfants qui n'ont pas de prédisposition aux dermatoses, sera le poisson blanc (merlan, sole), très bouilli et bien écrasé.
De deux a cinq ans. — Nous n'autorisons jamais la ria?ide que quand l'enfant est pourvu de ses 20 dents, c'est-à-dire entre 18 et 24 mois. A ce moment on donnera d'abord le poulet ou le veau, haché finement de manière à pouvoir être pris presque à la cuiller, puis la noix de côtelette de mouton bien tendre. Les légumes seront représentés exclusivement par des purées faites au tamis et les friandises par des gâteaux secs ou de la gelée de fruits.
Comme boisson, c'est seulement dans la troisième 'année que la prudence permet de donner de l'eau rougie. Cette prohibition de l'alcool, même sous la forme la plus atténuée, est particulièrement indispensable chez les enfants nerveux, issus de névropathes et d'arthritiques, qui forment la majeure partie des enfants des villes.
On insistera toujours pour que les repas soient donnés à heures fixes et que, dans les intervalles, toute friandise soit rigoureusement refusée. On ne sera sans doute que rarement obéi à ce dernier point de vue ; cependant, si les médecins répétaient tous unanimement les même recommandations, surtout s'ils joignaient l'exemple au précepte et élevaient leurs propres enfants d'après de telles règles, ils arriveraient à la longue à modifier quelque peu les habitudes des parents.
De cinq a dix ans l'enfant sera réglé sur le pied de deux repas fonda7nentaux par jour, le plus important à midi, deux nutres peu copieux, le premier déjeuner et le goûter.
Au preinier déjeuner, lait ou café au lait avec pain grillé. — avec ou sans beurre, suivant le tempérament de l'enfant et son aptitude à digérer les corps gras, — ou bien potage au bouillon ou au lait avec une farine ou des pâtes, plus rarement du chocolat ou du cacao. Varier ce repas et ne pas laisser prendre aux enfants d habitudes exclusives.
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Au <jriind cU'jeunei^ une viande ou des (oufs ou du poisson, un léffume, un dessert devraient suffire.
Le (you/ey ne devrait consister qu'en un verre de lait ou une tartine de pain et un fruit.
Au diiicf un potag-e pas trop abondant, une viande plus légère, ou mieux, un œuf, des légumes, du riz, des fruits, mais pas de viande dans les familles dans lesquelles on doit combattre une des maladies par ralentissement de la nutrition.
Comme quutititc de hoisson, un verre de 150 à 250 gr., en augmentant de 5 à 10 ans, à chacun des repas principaux.
A partir do 10 aiis,j'in!<ist(' pour qu'on suppri}iip lo coûter.
Le pain ne devrait jamais èlre du pain tendre et de la variété dite riche : pour Thygiène des dents (voir cet article), comme pour l'estomac, le pain dit de ménage et rassis est préférable.
Il va de soi que ces règles générales doivent iléchir fréquemment et varier suivant les divers incidents de la croissance, le genre de vie de l'enfant, son tempérament, le climat. C'est à ces points de vue que la sollicitude des parents, guidée par nous, devrait s'exercer. Un enfant en vacances, faisant des exercices physiques, ou se livrant aux jeux de plein air tout le jour, a besoin qu'on lui accorde une nourriture plus abondante, plus riche en azote que dans la mauvaise saison, lorsqu'il étudie la plus grande partie du jour. Quand un enfant subit une poussée d'allongement, il faut proportionner son alimentation au besoin qu'a l'organisme de fournir des éléments de construction suffisants pour que l'édifice soit de bonne qualité. 11 faut alors surtout que l'alimentation soit aussi variée «[ue possible. 11 en doit être de même dans la convalescence des maladies aiguës.
Il faut crôcr dès Vcnfuncv des habitudes alinicntuiros convena- J)les, fixer la quantité des aliments, leur proportion, régler la frecpience des repas, le temps qui convient à chaque repas, et faire respecter le repos nécessaire pour ractnnq)lissenient de la digestion. La gaieté, la distraction sont utiU-s i)endaiit le ri'pas. I^es condiments et la bonne préparation culinaire sont des adjuvants utiles h la digestion. Celle-ci s'accomplit mieux «piand, après le rej)as. le travail cérébral est suspendu et remplacé par un exercice modéré. .Mais certains enfants dyspeptiques ont besoin, pendant la première période de la digestion, d'un complet repos, même pliysifjue, dans le décubitus.
Ai.i.MK.NTATioN l'KxnAN'i' i.A M Ai.ADi K. — L idéal pour nourrir un individu, sain ou malade, serait (!<• lui doimcr une (juantilé telle d'aliments, mélangés dans une proportion telle, (ju'il y eût substitution exacte de matières nouvelles aux matières (pu^ la vie détruit. Mais chez, le malade le plus souvent c'est inq)ossii)l('. L'abseiu-e d'appétit,
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rinsuflisance de la digestion, la diminution de l'absorption rompant l'équilibre entre l'apport et l'usure, la destruction estaug-mentée, et la suralimentation serait désirable. Or, la suralimentation est rendue impossible chez les fébricitants par la diminution des sucs digestifs et dans les maladies où existe l'anorexie, par le dégoût ; elle peut être, d'ailleurs, dangereuse, car il faut craindre l'indigestion, qui accable l'organisme par l'auto-intoxication et par la dépression nerveuse. Il faut donc restreindre l'alimentation et utiliser des aliments faciles à digérer ou presque directement assimilables : jaune d'œuf, lait, peptone, glycose, glycérine.
Les nécessités de la croissance rendent particulièrement complexe le problème de l'alimentation chez l'enfant pendant la maladie et la convalescence. Il y a à considérer la croissance du corps en totalité, qui tient à la multiplication des éléments, et la croissance de chaque élément anatomique qui nécessite une incessante réparation. La croissance du corps peut continuer, elle continue même presque toujours, malgré l'abstinence, dans les maladies aiguës ; mais tous les tissus n'y prennent pas une part égale. Les éléments musculaires et nerveux ne se multiplient pas; les éléments osseux se multiplient. Les os sont alors mal formés, les muscles et les nerfs sont déformés Cette perturbation apportée dans l'harmonie du développement organique pendant la maladie, par suite delà continuité de l'accroissement du corps, mais à l'aide de matériaux insuffisants et de qualité mauvaise, nous oblige à restreindre aussi peu que possible l'apport alimentaire chez l'enfant pendant la maladie.
Au début de la convalescence, la désassimilation est intense, l'assimilation active, mais la capacité digestive encore imparfaite; puis vient une seconde phase où la désassimilation est moindre, où l'assimilation revient à la normale, mais où le tube digestif a récupéré ses fonctions. Pour nourrir les enfants au début de la convalescence, comme pendant la maladie, on utilisera les décoctions de céréales (froment, riz, orge, avoine), les sucs de fruits, le bouillon, le lait, le jaune d'œuf, le miel, la glycérine, les peptones. Puis on permettra la viande grillée, le poisson bouilli, les purées de légumes, les marmelades et les compotes. Ou donnera comme boisson la bière, l'extrait de malt, le vin de Bordeaux.
L'expérience a démontré qu'il y avait avantage à multiplier les matières alimentaires ; on doit faire entrer dans l'alimentation des matières protéiques végétales et animales, de l'albumine et des albuminates, de la gélatine, des graisses variées, végétales et animales, de l'amidon, des sucres divers, des acides végétaux, en observant toujours le rapport de i partie de substances quaternaires azotées pour 5 parties de matières hydro-carbonées.
THÉR.irEirTKJUE INFANTILE. 4
50 RÉGIMES DE RÉDLCTIOX KT DE liKCONSTITUTlOX
Par lin eliuix judicieux d'aliments, on doit se proposer de restaurer la constitution chimique de l'économie, en lui rendant certaines substances à la suite d'une maladie qui l'en a privée. On peut encore espérer transformer par l'alimentation une constitution qu'on juge être la cause dune maladie, instituer le traitement des diathèses par Ihygiène alimentaire. La scrofule et l'aptitude à la tuberculisation, les états de déchéance réclament la suralimentation. Dans d'autres cas il y a plutôt indication de retrancher quelque chose, comme dans l'obésité et les autres maladies artliritiques.
Mais, avant d'augmenter outre mesure la ration alimentaire, il faut se rappeler que l'activité digestive et l'activité avec laquelle les celluk^s des tissus transforment les matériaux nutritifs, ne sont pas illimitées ; à les dépasser on risque une mauvaise élaboration digestive et nutritive.
Quandon veut obtenir un changement de la nutrition, on diminue la ration alimentaire en instituant la cure de réduction ou alimentation restreinte, procédé que les anciens ont appelé cura famis ; mais chez les enfants on ne la prescrira jamais aljsolue, elle sera mitigée. On diminuera les substances protéiques, en laissant la graisse et le sucre, ce que réalise le régime lacté ; — ou bien en permettant le sucre et les acides végétaux, résultat obtenu avec la cure de raisin ; — ou bien en conservant le sucre, la graisse et les acides végétaux, comme dans le régime arabique. Puis, quand la nutrition aura été accélérée dans sa phase destructive, on reviendra à l'alimentation normale, et même on augmentera la protéine pour accroître la tendance à la plasticité. Maison n'augmentera pas exclusivement la viande; car, puuiobtenir une pénétration plus abondante des minéraux dans les cellules, il faut une alimentation mixte, largement végétale. Après la cura famis mitigée, on reprend donc le régime mixte complet, en quantité d'abord faible, puis graduellement croissante avec prédominance de viande ou de plasmine, de jaune d ceuf ou de sels minéraux suivant les cas.
Ce régime de recousiitution doil ètreporléà sa plus haute expression chez les enfants en croissance après une maladie : on leur donnera les o'ufs, surtout le jaune, le lait, le fromage, le pain, les purées de haricots, de pois, de lentilles, les viandes, les poissons, les légumes verts, et les fruits.
lnd(''pendaiiiMieiit des deux régimes modilicaleurs de la nutrition, le n'gime préparatoire de réduction et celui de reconstitution, il faut avoir soin de régler le régime d' ont roticn définitif , cchù-ci devra être basé sur l'état habituel de la nutrition de cha(|ue enfant et les besoins spéciaux à son genre de vie. Ce régime normal doit emore