ONANISME
naissance chez des enfants à système nerveux laré, sous les plus légères influences d'excitation des organes sexuels. Les premiers se corrigent en général deux-mèmes, dès quils ont la possibilité de pratiquer le coït. l,es autres restent trop souvent d'incorrigibles masturbateurs, dont la mauvaise lialjitude, je dirais presque le tic, s'invétèrc et les rend même incapables des rapprochements sexuels normaux.
Dès les premières années, les enfants issus d'ascendants névrosés doiventètre surveillésélroilement à ce pointdevue. On aura soin d'éviter toute cause d'irritation des téguments au niveau et au voisinage des organes génitaux : lotions ne permettant pas le séjour de matière sébacée, d'urine; traitement du phimosis; guérison rapide de 1 intertrigo, de l'herpès, de la vulvile.
Les enfants seront couchés sur un matelas de crin, on ne les mettra au lit que lorsque leur besoin de sommeil sera manifeste et on les lèvera aussitôt éveillés. On leur fera porter des chemises en forme de sacs coulissés au-dessous de la plante des ])ieds, ne permettant pas l'attouchement direct des organes génitaux. Pendant le jour on ne les laissera pas seuls, ni jouer sans surveillance avec des enfants de l'autre sexe ; on évitera la fréquentation d'enfants du même sexe notablement plus âgés.
Quand on aura lieu de soupçon nerclicz un enfant l'onanisme d'après son dépérissement sans autre motif appréciable, d'après son faciès, on s'efforcera de le prendre sur le fait ; car toute question amène une dénégation obstinée. Alors on expliquera à l'enfant les dangers que cette habitude entraine ; suivant son caractère, on pourra essayer de l'intimider ou de l'humilier. On surveillera les lectures, les distractions, en écartant ton tes celles qui peuvent provoquer des idées erotiques. On n'admettra qu'une alimentation exempte d'excitants (vin pur, café, liqueurs). On soumettra l'enfant à des exercices physiques fatigants, afin d'amener le sommeil prompt et profond. L'hydrothérapie froide sera instituée avec méthode et persistance; la natation en été sera très utile, ainsi que des bains de siège froids pris plusieurs fois dans la journée, et notamment le soir.
Parmi les médicaments, bien peu rendent des services ; les bromures pourtant sont utilisables, notamment le bromure de camphre quand il y a véritable orgasme génital.
ONGLES. — 1" Les difformités des ongles n'ont aucun intérêt prali({ue.
2" Les lésions traumatiques par écrasement de la phalangette, avec épanchement sanguin sous-unguéal plus ou moins
'l54 OXGLES
abondant et décollement pins ou moins prononcé de la matrice, sont fréquentes chez lenfant. A l'aide d'un pansement antiseptique sec, on évite presque toujours la suppuration. Si les douleurs sont vives, il est aisé de les faire cesser en donnant issue au sang par la trépanation de l'ongle, petite opération très facile à faire en raclant los avec un morceau de verre.
3° Les lésions inflammatoires sont la suppuration soiisunguécile , que [ on iva[[e parlablatioii do l'ongle, suivie de pansements humides ;la suppurationpêri-ungm'alc ou /ou/'nio/e (voyez Dou;ts).
Chez les sujets lymphatiques et scrofuleux, les lésions ont grande tendance à passer à la chronicité, constituant alors ce que l'on a appelé Vonyxis scrofuleuse, quoique la lésion ne soit probablement pas spécifiquement tuberculeuse. On voit alors un bourrelet fongueux, livide, ulcéré, plus ou moins saignant ou croûteux, qui décolle la matrice de l'ongle; puis Tongle tombe et tout son lit peut s'ulcérer de la sorte. Après ablation ou chute spontanée de l'ongle, on applique des pansements antiseptiques humides, au subHméà 1 p. 1000, et l'on termine par des pansements secs et rares, lorsqu'au bout d'un temps variable, les surfaces malades sont franchement bourgeonnantes. On administrera en même temps le traitement général antiscrofuleux. mais en sachant bien qu'il est beaucoup moins important que l'antisepsie locale,
4"^ Ongle incarné. — L'ongle incarné, ou onyxis latérale, eM une lésion observée quelquefois cliez l'enfant, presque toujours chez l'adolescent ; il est plus fréquent dans le sexe masculin.
A son degré léger, il est également banal dans toutes les classes de la société ; et à ce degré, où le bourrelet latéral externe du gros orteil n'est pas ulcéré, on eu triomphe souvent sans opération, ù l'aide de soins de propreté minutieux, en recommandant de cou|)or luen en carré l'ongle dont le bord sera soulevé et séparé du bourr'.'lcf jiar quelques brins de charpie ou par une feuille de papier d'étain. en conseillant le port de chaussures bien faites.
C/est précisément parce que ces prescriptions hygiéiiif|uos sont ;\ peu près impossibles à réaliser dans la classe ouvrière, que les sujets de cette classe fournissent le plus fort contingent des cas avec bourrelet ulcéré, où ro|»éralion est indispensable.
Dans ces cas, en effet, je ne conseille jias de s'attarder aux procédés dits de douceur, tels que la cautérisation r(''p(''lt''e du bourrelet ulcéré au crayon de nitrate d'argent.
(liiez l'adolescent et chez l'adulte, l'opération se pratique d'ordinaire avec simple anestlit-sic locale par rcfrigf'M-ation : on entoure
ONGLE IXCAIÎNE
l'orleil d'un sachet contenant un mélange de glace pilée et de sel marin qu'on laisse agir pendant 2 ou 3 minutes. Chez l'enfant, mieux vaut anesthésier au chloroforme, ou plutôt au bromure d'éthyle.
Les procédés opératoires que l'on a imaginés sont très nombreux, parce que tous exposent à la récidive. Il faut renoncer définitivement à l'arrachement simple de longle, après lequel la récidive est à peu près constante. Par contre, si après cet arrachement on extirpe en totalité la matrice et le derme sous-un guéal, la guérison est certainement radicale ; mais après cette opération, l'orteil reste pour toujours privé d'ongle, ce qui est disgracieux et quelquefois gênant.
Le procédé le plus simple, auquel, pour ma part, j'ai toujours recours, et après lequel la récidive est rare, est celui de Baudens, modifié par Th. Anger. Dans les parties saines de la face latérale de l'orteil malade, on transfixe un lambeau aussi épais que possible, à
FiG. 1. — a. b, c. il : lignes circonscrivant la partie à retrancher.
FiG. 2. — c, d : lambeau taillé par transfixion . Le couteau suivra de c en a et de a en b.
FiG. o. — Résultat obtenu : Réunion selon Ix ligue ab.
base postérieure. Cette base doit être située un millimètre en arrière de la limite de la matrice de l'ongle : on se souviendra que le derme sous-unguéai recouvre la matrice sur une longueur au moins égale à celle de la lunule blanche du derme sous-unguéal. Lorsque ce lambeau a été transfixé, puis écarté, on engage la base du couteau bien perpendiculairement à la phalange, et on coupe jusqu'à ce qu'on rencontre l'os. Quand on en est là, on fait faire à la lame un angle droit, tranchant en avant, et on coupe d'arrière en avant, en raclant le bord de la phalange. De la sorte, on enlève un petit parallélipipède rectangle où se trouvent et le bourrelet et le bord incarné de l'ongle. C^la fait, le lambeau est rabattu contre la surface cruentée de la