PHTHISIE
par une bonne nourrice ; si le père était tuberculeux, mais la mère saine et vigoureuse, il n'y a pas de raison pour détourner celle-ci d'allaiter son enfant. L'allaitement sera continué jusque vers dix-huit mois et on s'efforcera, par l'observation la plus rigoureuse des règles de l'hygiène alimentaire, de conserver l'intégrité des fonctions digestives ; car c'est à celles-ci qu'il faudra demander un travail supplémentaire si la tuberculose apparaît.
On s'inquiétera de guérir au plus vite les affections accidentelles des voies respiratoires, en se souvenant que tout catarrhe prolongé de leur muqueuse ouvre la porte aux inoculations bacillaires, contre lesquelles l'enfant est d'autant moins défendu que la prédisposition héréditaire fait de lui un meilleur terrain de culture pour les bacilles.
Mais, pour préserver l'enfant contre les bronchites tout enlui évitant la respiration de l'air froid, on comptera moins sur les précautions qui consistent à le couvrir de multiples vêtements, que sur les soins de la peau ayant pour effet d'endurcircelle-ci contreles impressions atmosphériques ; les enfants délicats doivent être soumis aux frictions quotidiennes sur tout le corps, avec un gant de crin peu rude ou de flanelle qu'on imbibe d'alcoolat aromatique; on doit leur faire des ablutions à l'eau froide en toute saison-; on leur évitera le brouillard, le froid humide; mais, dès qu'ils seront en âge de courir, on les promènera chaque jour en hiver sans redouter le froid sec, à condition qu'ils ne restent pas immobiles. On leur choisirapourjouer une chambre assez vaste exposée au midi, on n'entourera pas leur lit de rideaux. Si les circonstances le permettent, on encouragera les parents à leur faire passer la plus grande partie de l'année à la campagne et surtout dans les montagnes.
Les convalescences des maladies aiguës qui favorisent le plus l'invasion de la tuberculose (rougeole, coqueluche, fièvre typhoïde, influenza) seront l'occasion d'un redoublement dans les mesures prophylactiques : cloignement de la ville, des maisons où il y a des tousseurs habituels.
[j'àge des études arrivé, on dissuadera les parents de mettre l'enfant interne dans un établissement scolaire, ou, s'il ne peut en être autrement, on choisira une maison d'instruction à la campagne.
Les exercices qui sont de nature à développer le périmètre thoracique, à augmenter la capacité respiratoire, sont tout indiqués soit comme gymnastique, soit comme jeux.
On veillera à ce que l'alimentation soit abondante, variée et bien choisie, à ce que les repas ne soient pas pris trop vite, que les boissons ne soient pas ingérées sans mesure ; brefon tâchera de prévenir la gastrectasie et la dyspepsie, qui prédisposent à la tuberculisation.
Traitement. — Au premier signe de tuberculisation pulmonaire