PHTHISIE
commençante, on aura recours à la suralimentatioJi au moyen de la pulpe de viande crue prise le matin, c"est-à-dire à l'addition d'un troisième repas carné aux deux repas fondamentaux ordinaires. On fera concourir à la suralimentation les corps gras, l'huile de foie de morue, qui servira en même temps de véhicule à la créosote ; la glycérine pure, qui n'exige guère de travail de la part du tube digestif ptjur être absorbée, est aussi utilisable comme aliment et comme véhicule pour les médicaments.
On fera, si l'enfant est en classe, suspendre les études pour l'envoyer à la campagne ou dans un sanatorium (Le Canigou en France. Leysin en Suisse.) La cure d'air et la suralimentation sont les plus sûrs agents de la guérison et ceux que rien ne remplace.
Les rnt'diciirnents utiles contre la phtisie sont: dune part, les antiseptiques réputés pour agir directement sur le bacille de Koch; — d autre part, ceux qui relèvent la nutrition.
Comme antibacillaire, je ne vois pas jusqu'ici mieux que la créosote et son dérivé, le gaïacol.
L'administration de la créosote devant être prolongée longtemps pour être utile, notre préoccupation principale doit être d'en assurer la tolérance. Pour cela on évitera les véhicules irritants comme l'alcool : nous avons dit»|u'il fallait employer l'huile ou la glycérine.
On donnera chaque jour 4, 6 à 10 des pilules suivantes en les répartissant au milieu des repas.
Créosote pure de goudron de bois 5 à 10 granuiu's.
Poudre de savon amygdalin séchée à
l'étuve 10 à 20 »
Extrait théhaïquo 0,0ô à 0,20 centigr.
Glycérine, Q. S. pour prévenir le durcissement do la niasse pilulaire. F. s. a. 100 pilules.
Au moindre trouble digestif on doit renoncer ù la voie stomacale et il y a lieu de choisir entre les lavements, les inhalations et les injections sous-cutanées.
Les lavements sont en g«''néral bien supportés, donnés dans la position horizontale avec une petite quantité d'excipient (lait, eau), ctune à cinq gouttes de laudanum au besoin les premières fois.
Les inhalations se font au moyen d'une veilleuse, dans laquelle le récipient supérieur reçoit de l'eau additionnée de créosote.
Les injections sous-cutanées doivent être faites avec |irudence ; les enfants les supportent mal. si elles sont faites lentement, ce qui est inévitable avec l'huile créosolée. Pour eux je préfère injecter le gaïacol. qui n'exige qu'un centimètre cube de véhicule et une minute.
PHTHISIE. l'IED 495
Les autres antiseptiques proposés et utilisés me paraissent a^ir moins sur les bacilles de Koch que sur les microbes associés, qui dailleiirs, comme on le sait, font une bonne part des dépràts pulmonaires à partir du moment où le parenchyme a commencé à s'ulcérer: Vlodoforme. l'eucalyplol peuvent servir comme adjuvants, quand il y a suppuration broncho-pulmonaire.
Les suif ures et les su//ï<es doivent être rangés parmi les antibacillaires. Ils ont aussi une action sur la nutrition; c'est aux eaux minérales (voir ce mot) qu'on s'adresse pour introduire le soufre dans l'organisme, mais on doit ne jamais oublier que l'influence accélératrice qu'elles exercent sur la circulation générale et celle du poumon n'est utile qu'à la condition dètre modérée et intermittente, qu'elle ne convient pas à tous les terrains, quelle est dangereuse et contreindiquée dans les formes congestives.
Pour relever la nutrition, nous disposons de Yarsenic et du phosphore (p/(OSj)/ia<e.s et hypopliospliites).
Quand les poussées congestives se manifestent, les révulsifs sont indifjués, pointes de feu et cataplasmes sinapisés, petits vésicatoires volants réitérés.
A la fièvre on oppose l'antipyrine. que l'enfant supporte généralement si bien.
Les sueurs sont combattues par les frictions alcooliques et les lotions froides, la belladone.
L'opium à faibles doses calmera la toux (voir ce mot).
Les ]iémoptysies sont rares : on leur opposerait l'ergotine. la quinine, la digitale et surtout l'ipéca.
Chlorhydro-sulfate de quinine 1 gramme
Erg-otlne 1 »
Poudre de digitale 0,10 centigr.
Extrait de jusquiame 0,10 »
Diviser en 20 pilules. Une toutes les heures.
PIED. — V' Difformités congénitales et acquises. — (Voyez Pieu ijot.)
Les hypertrophies congénitales sont traitées par l'excision si la lésion est limitée aux parties molles et est à peu prés circonscrite, par la compression si elle est diffuse, par l'amputation partielle du pied enfin, si elle porte à la fois sur les parties molles et le squelette.
2" Ostéomyélite. — Dans le pied, l'ostéomyélite frappe surtout le calcanéum. Elle sera traitée à la période aigué par l'incision de l'abcès extérieur avec trépanation et évidement central de l'os; le