POUMON
les lotions froides et les enveloppements humides partiels ou le drap mouillé. Elle est moins accusée chez les malades traités par la halnéation tiède ou froide. Quand elle est réalisée, on lui oppose, outre les moyens précédents, lergot de seigle, les toniques du cœur (caféine, digitale, spartéine).
Dans les affections cardiaques non compensées, la stase pulmonaire est combattue par les purgatifs drastiques, puis parla digitale etla caféine; saignée, ventouses sèches.
Dans les néplirites, on lutte contre elle par les drastiques, la digitale, l'antisepsie intestinale, le régime lacté sévère, la saignée.
3' Spléno-pneumonie. — Cette forme de congestion pulmonaire, à marche subaiguë et prolongée, qui simule si bien la pleurésie et que M. Grancher afait connaître, nécessitera toujours, pour assurer le diagnostic, une ponction exploratrice aseptique avec la seringue de Pravaz. Quand on a constaté l'absence de liquide dans la plèvre, on emploie la sinapisation, \es ventouses réitérées pendant les premiers jours, les badigeonnages iodés, puis les pointes de feu et les petits vésicatoires successifs.
On alimente de bonne heure l'enfant, afin de hâter le retour de ses forces ; car la spléno-pneumonie est assez souvent un prélude ou une porte ouverte à la tuberculisation.
Au bout de quelques jours, il se produit jiarfois un véritable épanchement pleural, qui nécessite rarement la thoracentèse.
4"^ Sclérose du poumon. — Cliez certains sujets qui ont eu des bronchites réitérées ou des pneumonies successives, s'il y a une aptitude héréditaire à la formation du tissu de sclérose, on voit survenir la pneumonie chronique. C'est aux iodures alcalins ou à la teinture d'iode à petites doses longtemps continuées (|u'on aura recours, en suspendant do temps en temps la médication iodique pour donner l'arsenic par cures de trois semaines. On associera les alcalins (bicarbonate de soude et lithine) aux iodures.
On fera une révulsion méthodique par les pointes de feu. On instituera de la gymnastique respiratoire par l'aérothérapie, les mouvements coordonnés des bras et même le chant.
On évitera tout emploi de l'alcool. I/aîinientj»lion sera celle de l'arlliritisme. le lait y entrera pnur une part très importante.
^)" Syphilis du poumon. — La pneunu)palliie spéciale (jii'on observe chez certains nouveau-nt'S atteints de syphilis héréditaire
(pneuniniiir bl.iiichc de Virchow) ne réclame pas (rmilre traitemciil
POUMON. PIIÉMATURÉS 515
que celui de l'infection générale dont elle relève : frictions mercurielles, iodure de potassium.
Voir BUONCHO-PNEUMOXIE, PxEUMOMi: LORAIIiE.
G" Gangrène du poumon. — On soutiendra autant que possible les forces par l'alimentation la plus substantielle et l'alcool. On fera évaporer dans la chambre, et le plus près possible du lit. un mélange antiseptique : essence de térébenthine, eucalyptus, acide phénique.
On fera des pulvérisations devant la bouche avec un pulvérisateur à vapeur projetant une solution phéniquée ou chloralée.
On fera prendre à l'intérieur l'hyposulfite de soude, 1 à 4 gr., le benzoate de soude, 2 à 10 gr., l'eucalyptol, la créosote. Celle-ci peut être donnée aussi en lavements et on peut faire les injections souscutanées d'huile gaïacolée camphrée. La quinine à petites doses réitérées, lacide salicylique combattent la fièvre.
Si l'on peut délimiter avec quelque sûreté par la percussion et l'auscultation le foyer gangreneux, on sera autorisé à faire une pneumoiomie exploratrice, suivie, en cas de succès, de drainage jusqu'à élimination deseschares pulmonaires.
PRÉMATURÉS (Enfants). — Ces enfants, comme ceux qui, pour une cause quelconque, sont en état de débilité congénitale, sont exposés à mourir par inanition ou par hypothermie.
On prévient le premier danger par YaU.aitement artificiel et le gavage (voir p. 37 et 38).
On a combattu le refroidissement, qui aboutit à la cyanose et à l'œdème sclérémateux. par divers moyens.
On à de tout temps enveloppé les enfants débiles d'étoffes de laine ou de coton; aujourd'hui on les entoure d'ouate.
On a cherché à stimuler la production de calorique par l'organisme lui-même. — soit en excitant la circulation cutanée par des frictions avec leau-de-vie, le vin aromatique, l'alcoolat de lavande :
Alcoolat de lavande 80 gr.
Teinture de benjoin 10 gr.
Huile de muscade /
Essence de girolle ^
àà 5 or.
parle massage, — soit en accélérant la circulation générale par l'intermédiaire du système nerveux au moyen de lavements de vin, d'injections sous-cutanées d'éther ou de teinture de musc. Ces moyens ayant été reconnus insuflisants, on s'est ingénié à fournir aux prématurés par
516 l'IîKMATURÉS (cOfVF.CSE)
une source extérieure un calorique quils sont impuissants àfabriquer eux-mêmes.
Pour cela on a placé des boules d'eau cliamle de chaque côté du corps et aux pieds; mais ces boules ne réchaulTent que les parties en contact immédiat avec elles, cest-à-dire une médiocre étendue de la surface tét^umentaire.
Denucé (de Bordeaux) a imaginé en 1837 une baignoire à double paroi, permettant d'entourer l'enfant d'une couche d'eau chaude. Crédé (de Leipzig) a préconisé en 188'* son I)erceau incubateur, consistant aussi en une baignoire à double paroi, dans l'épaisseur de laquelle on introduit de l'eau bouillante, de sorte que reniant couché dans l'intérieur de la baignoire prend un bain d'air chaud continu. Winckel (de Munich) a essayé les bains j^roUiiKiés d'eau cJuuide.
Tous ces moyens sont inférieurs à l'appareil simple et ingénieux que M. Tarnier a imaginé sous le nom de coui'euse, depuis 1881, et dont voici la description d'après l'ouvrage de MM. Tarnier et Dudin :
Cette couveuse, représentée dans les figures 1 et 2, se compose tout simplement d'une caisse en bois, longue de 65 cent., large de 20 cent., haut de 60 cent, (dimensions extérieures), l'épaisseur des parois étant de 25 millimétrés. Mais rien n'enipôclie de faire une couveuse ayant des dimensions un peu plus grandes.
Le couvercle de cette caisse est divisé en deux parties. L'une de ces parties est formée par une bande de bois de 13 cent, de large et lixe (fig. 1 et 2, L) dans laquellu est pratiquée une ouverture circulaire de 4 centimètres 1/2 de diamètre. Celle-ci est ordinairement surmontée par une petite hélice contenue dans un tube en verre (II. Ilg. 1 et 2) et imaginée par >L Auvard. mais dont l'usage n'est pas indispensable (voir plus loin), tandis ([ue l'ouverture de 4 centimètres 1/2 est tibligatoire pour assurer l'aération de l'appareil. — L'autre partie du couvercle (B, 'V, 13, fig. 1), beaucoup plus grande que la précédente, recouvre prescpie toute la caisse cl vient s'ajuster à frottement sur son bord et contre la bande de bois décrite i)bis h;nil. Cette [lartie (li, "V, IJ, lig. 1) enchâsse une large vitre (V, ilg. 2) (pii permet de surveiller ce cpii se passe dans la couveuse; de plus. ( Ile est mobile et peut à volonté être enlevée ou replacée, chaque fois que l'tiM vent mettre renfanl dans la couveuse ou l'en sortir ; c'est môme pour (|m'oii puisse saisir aisément ce couvercle vitré que les figures 1 et 2 repri-sentent deux petits boutons saillants (lî, lî) dont on pourrait se dispenser, mais cpii rendent la nwuueuvre plus facile.
L'intc'rieur de la caisse est divisé en deux étages par une iloison horizontale (D, lig. 2| située à environ 17 centimètres de la paroi inférieure. Cette cloison est in(onq)lèle à l'une de ses extrémités où elle se termine par un rebord saillant (P, lig. 2), de telle sorte (pic ce rebord est à 5 centimètres 1/2 de la paroi / et qu'en rr point l'air peut facilement passer d'un étage à lautre en Iraversant l'espace iiitliqiié pai- la lettre M (fig. 2).
PRÉMATURÉS (cOUVF.LSE)
L'élag-e supérieur est pourvu d'un petit matelas qui repose sur la cloison horizontale (D, fig. 2). C'est sur ce matelas que sera couché l'enfant dont
FiG. ]. — Nduvelle couveuse de T:iruier.
P.. Boutons snillant?;. — H. Hélice. — M. Moines. — 0. Porte à coulisse. — T. Trappe. — Y. Titre.
Fi G. 2.
Coujie (le la nouvelle couveuse de Tarnier.
h. Boutons saillants. — P. Cloison horizontale. — E. Éponge mouillée. — H. Hélice. — M. Moines. — R. Espace pour le passage de Pair. — T. Trappe. — V. Vitre.
oi8 PRÉMATURÉS (cOUVEUSe)
la tête correspondra à la paroi Y (llg. 2). afin de ne pas èti-e directement exposé au courant d"air chaud passant de l'étage inférieur à l'étage supérieur, au point R ifig. 2).
Sur l'une des parois latérales, au niveau seulement de l'étage inférieur, se trouve une porte à coulisse occupant toute la longueur de celte paroi {0, fig. 1), et pouvant être tirée dans deux sens, suivant qu'on veut la fermer ou l'ouvrir. C'est par cette porte qu'on introduira dans la couveuse (voir plus loin) des boules d'eau chaude en grès, connues sous le nom de moines (M, lig. 1 et 2). A défaut de ces moines, on pourrait se servir provisoirement de bouteilles pleines d'eau chaude.
Au niveau encore de l'étage inférieur, mais à l'un des bouts de la caisse, sur la paroi Y (fig. 2), il existe une petite baie de 6 centimètres de haut sur 10 centimètres de long, recouverte par une trappe ayant une hauteur de 6 centimètres et une longueur de 8 centimètres seulement, par conséquent moins grande dans ce dernier sens que la baie (T, fig. 1 et 2i, de manière à permettre toujours le passage d'une quantité suffisante d'air, même lorsque la trappe se trouve placée exactement devant l'ouverture ; quand on veut activer l'aération, on repousse la trappe de côté en la faisant glisser sur les coulisses qui la maintiennent appliquée contre la paroi Y (fig. 1 et 2).
Dans l'espace qui fait communiquer les deux étages delà caisse (R, fig. 2), on place une éponge imbibée d'eau pour humecter l'air; mais, cette éponge ayant l'inconvénient de se dessécher rapidement, on peut la remplacer par un bol rempli d'eau. En outre, un thermomètre (C, fig. 2) est destiné à marquer la température de l'appareil ; nous l'avons indiqué en C {W^^. 2), appliqué contre l'une des parois latérales, mais nous le plaçons habituellement près de l'enfant, pour avoir plus sûrement la température de la couche d'air au milieu de laquelle se trouve cet enfant.
I^our cliaufrer la couveuse, on y introduit d'al)ord trois bouteilles en grès, de préférence prismatiques ou moines, longues de 20 centimètres et d'une capacité d'un di-mi-litre, remi)lies d'eau bouillante; au bout d'une demi-heure la température atteint le degré voulu entre 31 et 32\ la température extérieure étant de 10 à IS», et on peut y placer l'enfant. 8i à ce moment, la température tend à s'élever au-dessus de 32", on soulève légèi'ement le couvercle en verre pendant (pu'hpies instants.
Au bout de deux heures, on met une (piatriènu' boule, et à partir de ce niiiMieiit, toutes les heures et demie ou deux heures, il faut changer le contenu d une des boules, celle qui est la moins chaude, et avoir soin d'y faire verser de l'eau bouillante.
L'air, pém'-trant par la petite li-appe d('( rile |)lus liant, s'éehaull'e ;ui contact des boules, et, devenant ainsi plus h'-ger, monte dans l'étage supérieur. s'inq)régnant au passage île vapeur d'eau au contact de l'éponge [11, W^. 2) qu'on ;iura ^(jin de conserver liiniiiile. Cet au- vient ensuite entourer l'enfiuil, dont il lialaye pour ainsi dire la surface, et s'é-chappe par l'orifice de sortie placé à rexlrt'-mili'- opposée, en inqirimant à rhi''lice un mouvenieul lie i-(i|,ili(in. preuve ]»,il|),dile (le l'exislence du eMiiriml d'iiir qui est
PRÉMATURÉS (cOUVEUSe) 519
indispensable au bon fonctionnement de l'appareil (Auvard). Les llèches de la figure 2 indiquent le sens suivant lequel l'air se déplace et sort en H après être entré en T.
On a modifié de bien des façons la couveuse Tarnier; chaque accoucheur a proposé la sienne. Le modèle primitif conserve l'avantage de la simplicité et peut être fabriqué par n'importe quel menuisier en très peu de temps et à peu de frais.
L'enfant placé dans une couveuse peut être emmailloté, les vêtements et les langes contribuant à maintenir autour de son corps une température plus élevée de deux ou trois degrés que celle de l'air de la couveuse. Cependant il est préférable de lui conserver le bénéfice de la liberté de ses mouvements pour nentraver en rien sa circulation.
Toutes les heures ou toutes les deux heures, suivant les cas, on retire pendant quelques instants l'enfant de la couveuse pour lalimenter et faire sa toilette aussi rapidement que possible. On laisse les enfants dans la couveuse plus ou moins longtemps suivant les cas, en général une ou deux semaines, mais jusquà six semaines et plus quand l'enfant est particulièrement débile ou compromis.
Les enfants les plus chétifs dorment d'une façon presque continue ; quand la vigueur leur revient, quelques-uns commencent à crier chaque fois qu'on les replace dans leur petite prison et ne se calment que quand on les en tire; c'est une indication à leur rendre une liberté au moins provisoire, quitte à les calfeutrer de nouveau au moindre signe de refroidissement. On remarque que certains enfants tombent dans la torpeur et cessent d'augmenter de poids après quelque temps de séjour dans la couveuse à 30 ou 32° ; il peut suffire alors d'abaisser la température de celle-ci à 27 ou même 25° pour que l'engourdissement de ces enfants cesse et que le poids continue à s'accroître régulièrement.
On ne doit retirer définitivement l'enfant de la couveuse, pour le coucher dans un berceau ordinaire, qu'après avoir laissé l'atmosphère de la couveuse se refroidir tout doucement jusqu'à se mettre en équilibre de température avec l'air de la chambre.
PRÉPUCE. — Voyez Balanopostiiite, Circoncision, I^araphi- Mosis, Phimosis.
PRONATION DOULOUREUSE. — Nous décrivons cet état pathologique sous ce nom, parce qu'on ne sait pas à quelle lésion il correspond ; il est même probable que sa lésion n'est pas univoque. Il est très fréquent, et est produit par traction sur le
520 PROXATION DOULOUREUSE. PRURIGO
membre supérieur tenu au poignet : ainsi lorsqu'on veut faire monter une marche de trottoir ou franchir un ruisseau à un enfant que Ton conduit par la main. On sent alors un cvraquement, et l'enfant pousse un cri de douleur, puis refuse de se servir de son membre ; et on constate que les mouvements de pronation et de supination sont douloureux. On a beaucoup discuté sur la nature des lésions ; par la pression localisée, on constate qu'elles occupent presque toujours la région radio-humérale, quelquefois la région radio-cubitale. On ignore s'il s'agit de subluxatioji, d'entorse articulaire ou juxta-épiphysaire. i^n tout cas, après avoir mis le membre dans la pronalion et avoir obtenu ainsi un craquement, on constate que la douleur est devenue à peu près nulle, et le traitement ultérieur consiste à envelopper le membre d'un bandage ouaté, le coude à angle obtus ; au boul de 5 à 6 jours, la guérison est parfaite.
PRURIGO.— 1° Parasitaire. — Il faut détruire les parasites, c'est-à-dire traiter la gale, la phlhiriase (voir ces mots), chasser les punaises, écarter les moustiques, etc.
2<^ P. Symptomatique dune altération du sang, de l'ictère, de la glycosurie, de l'alhuminurie. — On doit traiter la maladie principale pour éliminer le principe toxique que le sang amène sans cesse au contact des nerfs cutanés : le régime lacté convient aux iotériques et aux albuminuriques. la suppression du sucre et des féculents aux diab»'ti(jnes ; à tous les intoxiqués, boissons abondantes, grands lavements froids.
On doit combattre la démangeaison par les moyens exposés plus loin (voyez Prurit).
3" P. de Hehra{lichc7i polymorphe rJironique.prurifioferox). — Il faut instituer le traitement de la scrofule. Pendant 9 mois de l'année, on donnera l'huile de foie de morue à haute dose (4 à 8 cuillerées par jour), avec la bière, h' jus d'orange, l'eau glacée. De temps en tenq)s, on fera faire une courte cure arsenicale, ou une saison à la Bourboule ; ensuite on utilisera les eaux sulfureuses, chlorurées sodiques ou sulfo-arsenicales, les bains prolongés de Louoche.
Le meilleur topique est l'huile de foie de morue, additionnée de 1/100'' d'acide phénique dans les prurits rebelles.
On peut encore employer cette mixture :
Acide phénif|iip 1 jj^r.
Acide lartrique 1 »
Acide sali(;yli(ju(' 1 »
Glycérolè (r.-iiiiidoii 40 w