RACHITISME
battant la diarrhée ou la lientérie, on ne prolongera pas abusivement l'usage des préparations de chaux.
Le sevrage ne sera ni prématuré ni trop tardif. Ce moment venu, on donnera d'abord les œufs, les bouillons, les farines de céréales où la germination a développé de la diastase, le lait phosphaté.
Traitement. — Le rachitisme confirmé, on se préoccupera d'éviter autant que possible les déformations qui résultent de l'action des causes extérieures sur les os ramollis. On ne doit pas exciter l'enfant à marcher, dans la période où ses jambes flexibles s'incurveraient graduellement sous son poids ; la mère ne doit pas le porter pendant la plus grande partie du jour assis sur ses bras, ni le laisser couché non plus tout le jour dans le décubitus dorsal. Il faut le manier avec les plus grandes précautions et lui éviter autant que possible toute pression prolongée sur un même point du corps. C'est grâce à ces soins qu'on lui fera gagner l'époque de la consolidation du squelette sans trop de déformations.
L'enfant rachitique, une fois sevré, recevra des aliments variés, riches en phosphates, mais faciles à digérer: lait, œufs, poisson bouilli, farines d'orge, d'avoine, de lentilles et de haricots ; les graisses animales (huile de foie de morue) peuvent être fort utiles, à la condition d'être bien digérées.
Comme mt'dicameuts, on alternera 1 usage du phosphate de chaux en solution chlorhydrique à doses modérées, des phosphates solubles de soude et de potasse, avec l'iodure de fer, les préparations iodotanniques. J'ai utilisé pour l'administration des phosphates les injections sous-cutanées de phosphate de soude. J'ai employé aussi l'huile phosphorée, suivant la formule de Kassowitz.
Phosphore 0.01 centigr.
Faire dissoudre dans
Huile d'amandes douces 10 gr.
Ajouter :
Poudre de gomme arabique 5 gr.
Sirop simple 5 »
Eau distillée ^0 »
Chaque cuillerée à ca/V contient un demi-milligramme de phosphore ; on en peut en donner 1 à 4 par jour, suivant l'âge et le poids des enfants.
On fera chaque jour des frictions alcooliques sur tout le corps ; on donnera des bains salés ; on exposera l'enfant, lorsque cela sera possible, sur le sable à la brise marine et à la radiation solaire, la tète bien protégée par un chapeau large, et on fera vivre au grand air le plus possible les enfants qui ne peuvent bénéficier de la cure maritime.
534 RF.CTLM (polypes)
La maladie guérie, on pourra combattre les conséquences de plusieurs déformations par la gymnastique méthodique, l'aérothérapie, l'hydrothérapie, lélectricité, l'orthopédie et la chirurgie (ostéotomie, ostéoclasie). Nous ne pouvons pour cette étude que renvoyer aux articles Jambe, Gexou, Ostéotomie, Ostéoclasie et Rachis, déviations. On y trouvera toutes les données du problème, faciles àappliqueraux autres régions sur lesquelles, par exception, on peut avoir à intervenir.
RAIDEURS ARTICULAIRES. - Voyez Ankylose.
RATE (Hypertrophie de lai. — ^'oir Paludisme, TinEncilose, Syphilis.
RECTUM. — D'une manière générale, les maladies du rectum sont rares chez renfant, sauf les malformations (voyez Anus), les polypes et le prolapsus. De temps à autre on observe, mais exceptionnellement, des hémorrho'ides, des rétrécissements non con.Q;énitaux; et dans ces cas, l'âge du sujet ne fournit guère d'indications thérapeutiques spéciales.
1° Polypes. — Avant de résumer le traitement des polypes et du prolapsus, il faut esquisser en quelques mots le diagnostic dilTérenliel de ces deux états. En effet, si quelquefois le chirurgien est consulté pour un polype qui ne sort pas lors de la défécation, mais cause seulement des écoulements glaireux et sanglants, le plus souvent l'enfant est amené parce qu il lui sort quelque chose de l'anus quand il va à la selle, et presque toujours la mère croit à une chute du rectum. On peut avoir des présomptions parle renseignement qu'il y a liémorrhagie, car un polype est la cause à peu près exclusive des reclorrhagies de l'enfance; mais pour être certain du fait il n'y a qu'à donner à l'enfant un lavement, dont l'expulsion attirera au dehors la tumeur, polype ou i)rolapsus, dont le diagnostic est alors évident à première vue.
Si le polype n'est pas procident, son diagnostic s'établit, outre les signes funclionnels précités, A l'aide du toucher rectal, et mieux encore à l'aide du spéculum aiii.
Les polypes de l'enfance sont presipio exclusivement des polypes mous (muqueux ou glandulaires), ù pédicule grêle, long, peu vasculaire, le plus souvent implanté sur la paroi postérieure, assez près d<' l'aims. Les polypes fibreux, ù pédicule gros et vasi iil;iirt\ soni l'apanage de l'adulle.
Le seul traitement des polypes du rectum est rtxlirpalion. (pii se
RKCTUM (PUOLAPSLS) 535
pratique de préférence en coupant le pédicule aux ciseaux au-dessous d'une ligature à la soie. Ce procédé, très facile à appliquer si le polype est procident, met sûrement à l'abri de Ihémorrhagie, très rare il est vrai après l'arrachement à la pince, arrachement qui doit d'ailleurs toujours se faire par torsion. Cette manière d'agir convient aux polypes qu'on ne peut pas rendre procidents par un lavement et qu'on voit seulement dans le spéculum ; à vouloir les attirer au dehors, on romprait le plus souvent le mince pédicule qu'on désirait lier, et mieux vaut l'arracher par torsion que par traction.
L'hémorrhagie n'est presque jamais à craindre. Si par extraordinaire on l'observait, on la combattrait par le tamponnement du rectum.
2*^' Prolapsus. — II existe plusieurs variétés anatomiquesde prolapsus du rectum, qui sont les suivantes : 1° le prolapsus de la muqueuse seule ; 2° le prolapsus complet de la partie inférieure du rectum (invagination à deux cylindres, sans sillon entre l'anus et la tumeur); 3° l'invagination de la partie supérieure dans l'inférieure (invagination à trois cylindres, avec sillon de séparation entre l'anus et la tumeur). Signalons encore les invaginations du côlon ou même delà région iléo-cœcalevenantjusqu'à l'anus. Mais, en dehors de cette dernière variété, qui doit être rattachée à l'étude de l'occlusion intestinale (voyez T?sTESTix), on peut dire qu'on n'observe guère chez l'enfant que le simple prolapsus de la muqueuse. Le prolapsus total, à un ou à deux cylindres, s'observe, par exception, comme résultat de certains rétrécissements congénitauxdu rectum (Bœckel) et doitalors être traité par l'excision de la partie rétrécie, suivie dentérorrhaphie circulaire; ou bien il est entraîné à la suite d'un polype du rectum, dont l'ablation s'impose ; ou bien enfin il est le résultat d'un ancien prolapsus partie], pendant longtemps négligé.
Le prolapsus de la muqueuse est fréquent chez l'enfant, et presque toujours on en vient à bout avec du soin et de la patience, sans opération chirurgicale. Tout d'abord, il faut réduire le prolapsus immédiatement, chaque fois qu'il vient à se produire : cela se fait en le refoulant avec les doigts, à travers une compresse enduite de vaseline. Les divers appareils recommandés pour maintenir le prolapsus réduit, sont peu efficaces. Le point le plus important consiste à régulariser les selles de façon à rendre la reproduction du prolapsus aussi rare que possible. Pour y parvenir, il faut éviter à la fois la diarrhée et la constipation, en usant, alternativement et suivant les besoins, de l'opium (pilules de 0,01) et des laxatifs. En outre, on recommandera à la mère de ne pas laisser l'enfant sur le vase pendant longtemps et en lui ordonnant de pousser, ainsi que cela se pralicpie trop souvent, mais
536 HECTUM (PUOLAPSIS). ItKlXS
de le faire aller à la selle à heure fixe dans une serviette, couché sur le côté, de façon à réduire les efforts au minimum. Si le prolapsus sort, on le réduit séance tenante. Qu'il sorte ou qu'il ne sorte pas, il est bon que l'enfant reste couché après chaque <;"arde-robe pendant quelques heures, et dès lors, il est préférable de cherchera provoquer la selle quotidienne le soir, au moment du coucher.
L'emploi de suppositoires astringents, au tannin, à l'extrait d^ ratanhia, pour tâcher d'obtenir un resserrement des tissus relâchés, ne semble pas d'une utilité bien grande, mais il sera quelquefois indiqué de le prescrire, l'hygiène simple ne contentant pas toujours l'entourage du malade. On pourra encore, sans y attacher grande importance, faire des injections hypodermiques de sulfate de strychnine, à dose de 1 ou 2 déci-milligrammes (la seringue de Pravaz contient 20 gouttes, soit un milligramme de solution à i pour 1000).
Pour agir localement sur le sphincter, s'il est relâché, on a l'électrisation et les injections d'ergotine dans l'épaisseur même du sphincter. Tous les moyens précédents constituent l'ensemble du traitement médical; presque toujours ils amènent chez l'enfant la guérison, et il est rare que chez lui on ait recours aux moyeiis cliirurninniv, souvent indiqués chez l'adolescent, l'adulte et le vieillard.
Le plus simple des moyens chirurgicaux est la cautérisation — on pointes ou en raies longitudinales — au fer rouge ou à l'acide nitrique. Si elle échoue, on pourra rétrécir l'anus par une excision en ^' à sommet postérieur. L'extirpation du prolapsus à l'instrument tranchant, avec suture circulaire, la colopexie inguinale, la reclopexie périnéale sont des procédés parfois employés pour les prolapsus de l'adulle. mais je ne sache pas f|u'ils aicnl élé mis en œuvre chez l'enfant.
REINS — 1" Contusion. — La contusion rénale parait avoir chez Icnfaiit une gravite s|)cciait',cc qui tiemlraità la rré(|uence avec laquelle serait déchiré le péritoine, jilus adhérent à la glande que chez l'adulte. S'il n'y a pas d'hémorrhagic inenarante, on se bornera à prescrire le repos, à calnu-r les soulTrances par des pitp'ires de morphine ; si l'obstnn lion par des caillots nécessite le cathétérisme delà vessie, on veillera aux précautions anliscpli(|ues avec un soin tout particulier, pour éviter rinfeclit)n secondaire du foyer trauniatique par cystite et urétérile ascendante. S'il y a hémorrhagic menaçante (hématurie abondante, hémorrhagie périrénale diffuse, héniorrhagie interne, le péritoine étant d<''chiré), on fera une longue incision verticale sur le bord externe de la masse sacro-hunbaire et, selon les lési(»ns conslalées du côté du rein et de son pédicule, on arrêtera le