TESTICULES
glante, qui consiste en massages avant pour but d'exprimer pour ainsi dire le testicule hors de l'anneau inguinal, et cela fait, on peut le saisir à travers la peau de façon à agir par traction. Quelquefois il sera indiqué dintervenir ainsi sous le chloroforme. Le testicule une fois descendu de la sorte, on l'empêche de remonter en appliquant sur l'anneau inguinal la pelote d'un bandage. A notre sens, on doit être ménager de ces manœuvres de mobilisation, car très souvent une hernie se produira et devra être opérée : or la descente artificielle est une complication à peu près nulle de la cure radicale de la hernie. En règle générale, il vaudra donc mieux attendre les approches de la puberté et à cette époque intervenir opératoirement si la migration ne s'est pas spontanément achevée, avec ou sans hernie.
Lectopie intra-abdominale peut être abordée chirurgicalement, mais la descente artificielle dans ces conditions ne sera pas toujours possible, loin de là, d'autant mieux qu'il est le plus souvent impossible de diagnostiquer à l'avance si le testicule est près de l'anneau interne ou au contraire haut situé dans le ventre.
Le rnaiiuel opératoire de la descente artificielle ou orchidopexie est le suivant. Après incision sur le trajet inguinal, on cherche le testicule, on le met bien à nu, on ouvre la vaginale et on dissèque, comme pour une cure radicale de hernie, le canal péritonéo-vaginal, presque toujours ouvert, qu'on lie au niveau de l'anneau interne. Cela fait, les éléments du cordon sont presque toujours dissociés, le crémaster et la fibreuse commune ayant été fendus de bout en bout ; on voit s'il ne reste pas quelques adhérences fixant soit le testicule, soit une anse du cordon et lorsque celte dissection est achevée, puis complétée par quelques tractions, le testicule peut presque toujours être amené hors de l'anneau externe ; cet anneau et le canal inguinal tout entier sont alors reconstitués au-dessus de lui par une suture en capiton faite avec soin. De la sorte, le testicule ne pourra plus remonter dans le canal, mais sa position hors du canal sera variable. D'abord, pour le loger dans le scrotum, il faut lui faire dans cette poche cutanée une place, à laide du doigt ; souvent même cette manœuvre est insuffisante, car la cavité scrotale est fermée à sa base par une membrane fibro-êlasticpie, due à l'appareil fibr(j-êlasti(|ue, fju'il faut inciser aux ciseaux puis efiondrer avec le doigt et la sonde cannelée. Mais le testicule ne pourra être descendu dans le fond du scrotum, et surtout ne pourra y être maintenu que si le cordon est suifisaininent long ; on ne peut j)as lutter contre la brièveté anormale du cordon, cas auquel le testicule reste, secondairement au mnin.'^, fixé contre l'anneau externe. Pour éviter cette ascension du testicule.
TKSTICULKS 581
est-il Ijien utile de poser un point de suture entre lui et le fond du scrotum (orchidopexie proprement dite) ? La chose est douteuse. car le testicule ne trouve là aucun point fixe.
Qu'il y ait on non hernie concomitante, il sera exceptionnel que la brièveté du cordon soit suffisante pour s'opposer à la descente du testicule à la racine des bourses, cas auquel la castration serait indiquée. Si le testicule reste accolé à l'annea^ externe et cause des douleurs, on fera secondairement la castration ; mais cette éventualité est rare. La plupart du temps, au contraire, le résultat s'améliore avec le temps, surtout si on y aide par le massage.
2" Orchites. — a) On observe quelquefois Y(''pididij)aite aiguë blfennorrhagique. Elle sera traitée par le repos au lit, les bourses étant soulevées sur une planchette.
b) Les ordiites proprement dites, liées aux diverses maladies infectieuses, aux oreillons surtout, seront traitées de même. Quelquefois elles s'accompagnent d'un épanchement très tendu dans la vaginale, d'où des souffrances notables : il est alors indiqué de ponctionner la vaginale. Il faut ajouter que lorchite ourlienne est rare avant la puberté. Lorsqu'elle a abouti à l'atrophie de la glande, on aurait eu quelques bons résultats par l'emploi des courants continus.
3" Tuberculose. — La tuberculose testiculaire chez l'enfant doit être traitée par le repos, l'ouverture des abcès au fur et mesure de leur production, la médication générale. Les indications de la castration (fistules multiples suppurant abondamment, fongus) sont exceptionnelles.
4'' Syphilis héréditaire. — Le diagnostic se porte d'après la dureté, la régularité, l'indolence parfaite de la glande. Il va sans dire que ce diagnostic doit être suivi immédiatement du traitement spécifique. Le point important, lorscju'il s'agit de syphilis héréditaire tardive — dont c'est d'ailleurs une localisation rare, — consiste à ne pas croire à un cancer ; dans les cas douteux, avant de pratiquer la castration, on étudiera l'effet de la médication antisyphilitique.
5" Tumeurs liquides des bourses. — Voyez Hydiiocèle. Pour les hydrocèles symptomatiques, le traitement est celui de la lésion causale (syphilis, tuberculose, tumeur).
6° Tumeurs. — Les tumeurs du testicule seront traitées par la castration, dont le manuel opératoire n'a rien de spécial chez lenfant. Presque toutes ces tumeurs sont malignes et mêjne dans le jeune âge leur malignité est particulièrement grande ; on aura donc soin de
582 TÉTANIE. TÉTAXOS
sectionner le cordon aussi haut que possible, tout en sachant que l'absence de récidive est exceptionnelle.
Outre les tumeurs proprement dites du testicule, nous signalerons les iiystcs dcrmoïdcs ou inclusio}ïs scrotales. Ces kystes, dont la structure est en général complexe, sont le plus souvent situés dans le scrotum, mais hors de l'albuginée, en sorte que l'on peut assez fréquemment extirper la poche sans sacrifier le testicule. Il convient d'ajouter que ces tumeurs, quoique d'origine congénitale, ne se manifestent d'ordinaire qu'après la puberté.
TÉTANIE. — On combattra les troubles digestifs, s'il y en a, notamment la diarrhée, par le régime et par les médicaments appropriés (bismuth, benzonaphtol, acide lactique, ratanhia associés à l'opium.
On essayera le traitement anthelminthique au cas où l'existence de vers intestinaux sera démontrée ou même vraisemblable.
On emploiera comme antispasmodiques, l'antipyrine et les bromures ; chez les enfants notoirement hystériques, la valériane, l'hydrothérapie, l'électricité statique, la métallothérapie.
S'il s'agit de fillettes de 12 à 15 ans non réglées, on essayera de provoquer l'apparition du flux menstruel par des bains chauds, l'apiol. le salicylate de soude.
TÉTANOS DES NOUVEAU-NÉS. — La pnopuvLAxiE consiste à panser antiseptiquement la plaie ombilicale (voyez Coudon). Les accidents tétaniques une fois déclarés, on peut essayer les médicaments suivants, auxquels ont été dues quelques guérisons : chloral en lavements 5 à 10 centigr. dissous dans du lait et répétés plusieurs fois par 2^i heures; extrait de fève du Calabar 5 à 10 milligr. en une injection hypodermique qu'on réitère jusqu'ù rémission ; chanvre indien, 5 centigr toutes les deux heures. Alimentation forcée par le nez au moyen de la sonde.
THOMSEN (Maladie de). — Voyez Mai.adik.
THORACOPLASTIE. — Lorsqu'après l'incision d'une pleurésie purulente, il reste une fistule rebelle, on a imaginé, depuis Letiévant et Estlandcr, diverses opérations fondées sur les ré.stH'lions costales larges et multiples, pour pernicltro i\ la paroi thdracique désossée et assouplie d'aller à la rcnconlrc du pomnon ])ri(i<'' par nue fausse membrane plus ou moins ("paisse.
Dans r(q)(''rati(»n ty[)iquc (riCsllander, on dtHennine exactement par
THORACOPLASTIE. THORACOTOMIE 583
le cathétérisme quelles sont la situation et les dimensions de la poche où conduit la fistule, et on résèque, chacune par une incision spéciale, toutes les côtes qui la recouvrent, dans l'étendue où elles la recouvrent ; puis on laisse à la rétraction cicatricielle progressive le temps d'agir. Les résections costales sont sous-périostées. On peut, tout en conservant le même principe, mettre à nu, en relevant un lambeau, toutes les côtes que l'on veut réséquer.
Un autre procédé consiste, après avoir réséqué les côtes, à fendre la plèvre pariétale, de façon à l'appliquer immédiatement sur la plèvre viscérale.
Quel que soit le procédé employé — et le choix dépendra pour beaucoup des lésions trouvées à mesure qu'on opère — le point important pour réussir est de ne pas méconnaître des clapiers plus ou moins étroits qui feraient persister la fistule. Très souvent, on ne réussit pas du premier coup à tarir la suppuration, et des interventions successives seront nécessaires. Chez l'enfant, on est surpris de la rapidité avec laquelle les côtes se régénèrent, sous formes de plaques osseuses plus ou moins irrégulières, qui peuvent être très gênantes à la seconde ou à la troisième opération.
THORACOTOMIE. — Opération qui consiste à ouvrir la plèvre. Nous avons déjà résumé ses indications (voyez Pleurésie purulente), et il nous reste à faire connaître son manuel opératoire, qui est d'ailleurs fort simple. On pratique dans un espace intercostal une incision parallèle aux côtes, en se portant vers la côte inférieure pour éviter l'artère. Certains auteurs conseillent de toujours réséquer immédiatement une ou deux côtes, ce qui nest pas indispensable, mais ce qui n'a aucun inconvénient et peut avoir quelques avantages pour faciliter le drainage. En présence d'une pleurésie généralisée, le lieu d'élection est le septième espace intercostal, en ligne axillaire. Si la pleurésie est enkystée, on incisera bien évidemment là où la ponction exploratrice aura révélé l'existence du pus.
Lorsque le pus a été évacué, beaucoup de médecins ont coutume de laver la plèvre avec une solution tiède et faiblement antiseptique. Cette pratique a quelques dangers (syncope, mort subite), et n'a à nos yeux aucun avantage, pas plus d'ailleurs que pour les abcès chauds en général. Le lavage immédiat doit, à notre sens, être repoussé, et il faut sen tenir au drainage avec deux gros drains, fixés de façon à ne pouvoir être perdus dans la plèvre (suture à la peau ; épingle de nourrice). C'est seulement plus tard, si la fièvre persiste, si le pus s'écoule mal et devient fétide, qu'on aura recours aux lavages, avec grands ménagements.