ALBUMINURIE
ALBUMINURIE. — La reclierclie de l'albumine dans les urines ciiez l'enfant est trop souvent négligée. 11 est vrai qu'il est difficile de recueillir l'urine des enfants très jeunes ; on y arrive pourtant en installant un petit sac en baudruche au-devant du méat.
Avant de donner des indications thérapeutiques, il convient do rappeler les conditions multiples dans lesquelles on constate l'albuminurie chez l'enfant.
Albuminurie chez le nouveau-né. — Considérée par les uns comme une conséquence de la durée du travail, par d'autres comme physiologique, elle est probablement l'effet de la stase veineuse. Le nouveau-né, dontla circulation subit brusquementdes changements profonds dans les territoires pulmonaire et hépatique, a un équilibre vasculaire instable, qui explique les engorgements capillaires dans certains territoires, l'augmentation de pression dans l'artère rénale, l'irruption de globules sanguins dans les canalicules urinifères (tubulhématie) et l'albuminurie, d'ailleurs favorisée par une sorte de mue épithéliale, de desquamation passagère du revêtement encore trop peu résistant des glomérules.
Cette albuminurie est légère, elle s'accompagne pourtant de la présence de cylindres hyalins, de débris épithéliaux et d'urates dans le sédiment. Elle n'apparaît quelquefois que le deuxième ou le troisième jour et ne dure guère plus de huit à dix jours.
On se préoccupera seulement d'éviter plus particulièrement aux nouveau-nés albuminuriques les excitations cutanées, surtout celle du froid, et l'irritation du tube digestif; on conduira leur allaitement avec la plus grande prudence. 11 ne sera pas mauvais de leur donner une irrigation intestinale quotidienne avec de l'eau bouillie pour augmenter légèrement la diurèse et hâter ainsi l'évacuation des canalicules urinifères encombrés de débris épithéliaux et de sable uratique.
Albuminurie des enfants. — Les différents auteurs qui ont cherché l'albumine chez les enfants bien portants, sont arrivés à des résultats assez différents suivant le réactif qu'ils ont employé. En se basant sur les moyennes, on peut admettre que chez les enfants de 2 à 15 ans dans des conditions particulières, l'albuminurie n'est pas rare et qu'on l'observe de 6 à 40 fois sur 100. Mais les enfants chez lesquels la recherche a été faite, appartenaientàdes hospices d'Enfants Assistés, qui, même lorsqu'ils sont exempts de maladies nettement caractérisées, sont presque tous soumis à des perturbations de la santé. Lecorché et Talamon. qui font cette judicieuse critique, citent avec raison les troubles gastro-intestinaux, les diarrhées, les bronchites, les angines, les stomatites, l'impétigo du cuir chevelu, l'eczéma