‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 31 sur 189 · AMYGDALES · texte numérisé non relu

AMYGDALES

la plus grande importance : si, ayant soumis à la chaleur une urine dans laquelle l'acide a produit un précipité, je vois celui-ci se rétracter en une masse compacte ou en nombreux flocons flottants dans Turine redevenue limpide, j'incline à suspecter l'intégrité du rein et il faut bien dire qu'une enquête minutieuse sur le passé pathologique dii sujet permet presque toujours de retrouver une des nombreuses maladies aiguës, subaiguës ou chroniques réputées capables de déterminer une néphrite.

Si le précipité albumineux reste uniformément diffus dans lurino. je porte mes investigations du côté des appareils capables de vicier la nutrition, c'est-à-dire de communiquer au sérum sanguin une diffusibilité anormale ou de modifier les conditions de la pression dans les capillaires des glomérules : le tube digestif; l'appareil circulatoire, cest-à-dire chez l'enfant le cœur, puisque chez lui les artères ne sont que bien exceptionnellement altérées; le système nerveux.

L'albuminurie intermittente, cyclique n'est presque jamais rétractile. Elle est le plus souvent la conséquence d'une perturbation fonctionnelle passagère et périodique de l'estomac, de l'intestin ou du foie. Il ne suffit pas d'avoir constaté une fois l'albuminurie, il faut examiner l'urine plusieurs fois à des heures différentes, celle qui est émise à jeun le matin, celle qui est excrétée pendant la digestion; après une marche ou un exercice gymnastique. Il faut doser la quantité de l'albumine, tenir compte de la quantité totale d'urine émise en vingt-quatre heures, doser l'urée, l'acide urique, les chlorures et les pliosphates, enfin examiner au microscope les sédiments, s'il y en a. afin de rechercher les éléments épithéliaux et les cylindres.

Au point de vue thérapeutique il n'y a aucune indication générale à poser du fait seul de l'albuminurie, si ou n'en a pas déterminé avec précision les conditions pathogéniques dans chaque cas donné.

L'albuminurie des états infectieux (scarlatine, diphthérie, rougeole, varicelle, érysipèle, fièvre typhoïde, coqueluche, oreillons et amygdalite) sera étudiée aux Néphrites aiguës.

Les intoxications par l'acide phénique, la résorcine le baume du Pérou et les auto-intoxications principalement d'origine intestinale donnent lieu à des albuminuries apy rétiques.

Pour le traitement des albuminuries d'origine gastro-hépatique, voir Estomac, Foie.

AMYGDALES. — 1' Amygdalite aiguë (voyez Angines).

2'^ Hypertrophie. — On observe des hypertrophies où l'amygdale est dure et qui sont consécutives à des amygdalites répétées,

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simples ou plilegmoneuses. Cerf amytiihilites chroniques paroxysliques peuvent exister à tout âge; dans l'enfance, elles se constituent parfois après une angine scarlatineuse : plus tard, elles peuvent avoir pour cause les congestions amygdaliennes répétées de la puberté ; souvent elles se greffent sur l'hypertrophie molle de l'enfance à la suite des poussées inflammatoires auxquelles celle-ci prédispose. Cette hypertrophie molle de l'enfance n'est qu'un élément d'une lésion complexe qui occupe tout le pharynx, et surtout le naso-pharynx (voyez Adénoïdes, végétations).

Qu'il s'agisse de la forme dure ou de la forme molle, les amygdales hyperti'ophiées doivent être excisées ou détruites sur place.

L'arnygdalotomie se pratique soit avec un bistouri boutonné à long manche, seit avec l'amygdalotome. Pour opérer au bistouri, on saisit l'amygdale dans une i)ince de Museux à dents latérales, on l'attire en dedans et avec le bistouri spécial on coupe Ijien verticalement sa base, de préférence de bas en haut, pour que, au cas où il faudrait s'y reprendre à deux fois, le morceau encore adhérent ne vienne pas tomber sur l'orifice du larynx. Ce procédé a l'inconvénient d'exposer, si l'enfant est indocile, à la blessure des piliers, de la base de la langue. Mais il est à peu près seul applicable aux amygdales enchatonnées. D'autre part, l'amygdalotome peut se briser pendant l'opération : il est donc prudent d'avoir toujours à sa disposition le bistouri spécial et de savoir s'en servir.

La plupart du temps, on opère à l'amygdalotome : le type le plus connu de ces instruments est celui de Fahnestock. L'examen de la ligure ci-jointe tient lieu de toute description, et pour l'instrument et

p(Mir son maniement : illc fait comprendre comment, l'amygdale étant introduite dans l'anneau, en poussant la fourolie qui l'embroche on la fait saillir, en même temps que l'anneau tranchant la sectionne.

Il fauten général opérer les deux côtés le mémejour. Si l'enfant est indocile, on lui donne du chloroforme.

La caulérisation iynre se pratique soit au galvano-caulère, soit au thermocautère. Le galvano-cautôre a le grand avantage de rayonnt-r moins et de pouvoir être introduit froid jusqu'au contact de r.imygdale, mais ce n'est pas un instrument usuel cl pour s'en servir il faut en avoir l'habitude. Les praticiens non spécialistes emploieront donc de préférence le thermocautère. Avec l'un comme avec l'autre

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de ces instruments, il faut attaquer l'amygdale profondément, pour dilacérer ses cryptes, la détruire en partie et, après chute des eschares, amener la sclérose des parties restantes.

Que l'on ait eu recours à l'amygdalotomie ou à la cautérisation, on aura soin de prescrire pour les jours suivants des gargarismes antiseptiques, soit à l'acide borique, soit au chloral à 1 0/0.

Le choix entre les deux méthodes est sujet à discussion. Tandis que chez l'adulte, en raison de la fréquence relative des hémorrhagies, la cautérisation doit être à peu près seule employée, chez l'enfant la question est plus complexe. En effet, la cautérisation, dont les résultats sont excellents, exige plusieurs séances ; ces séances sont assez longues, malgré l'emploi de la cocaïne elles sont douloureuses, et souvent l'enfant s'y prêtera mal, au lieu qu'avec l'amygdalotomie, en s'aidant au besoin du chloroforme ou du brOmure d'éthyle, on termine en une séance. Et comme, chez l'enfant, Ihémorrhagie est presque toujours insignifiante, facile à arrêter en quelques minutes, avec des gargarismes à leau vinaigrée, j'avoue que pour ma part je suis resté fidèle à l'amygdalotomie ; et jusqu'à présent je n'ai pas eu à m'en repentir.

Quant aux autres complications (déglutition de l'amygdale, inilammation des moignons et œdème de la glotte), elles sont insignifiantes ou trop exceptionnelles pour entrer en ligne de compte.

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