ANÉMIES
que les 3 derniers doigts relèvent l'angle de la mâchoire, manœuvre à laide de laquelle on peut presque toujours éviter d'attirer la langue au dehors avec une pince.
Lorsqu'on opère sur la cavité buccale et en particulier lorsque Ton fait une restauration de bec-de-lièvre ou une uranostaphylorrhaphie, il va sans dire que la méthode précédente devient inapplicable. On est obligé de faire donner le chloroforme à doses massives et intermittentes, sidérant à plusieurs reprises l'enfant, chaque fois qu'il commence à se réveiller. Pour l'uranostaphylorrhaphie en particulier, on profitera des moments pendant lesquels le chirurgien exerce de la compression sur les avivements et les incisions libératrices pour en assurer l'hémostase.
Pendant l'anesthésie, il n'y a guère de particularités à signaler chez l'enfant, sauf la rareté de la cyanose, des vomissements, si le chloroformisateur y prête attention. Lorsque les inhalations sont terminées, on est souvent frappé du sommeil calme et assez prolongé où entre l'enfant. A cette période, il est tout à fait inutile de vouloir réveiller de force le sujet en lui flagellant la face : il faut simplement le laisser dormir en le surveillant. Comme pour l'adulte, il faut autant que possible anesthésier l'enfant à jeun.
Un autre agent d'anesthésie générale est le bromure cVétliyle ; celui-ci est employé à doses massives et produit, en somme, une sorte d'asphyxie pendant laquelle on peut faire des interventions de courte durée. Son avantage est qu'après son action il n'y a pas de long malaise; presque aussitôt après l'intervention, le sujet se réveille et peut marcher. En outre, on peut sans danger endormir le sujet assis. On conçoit dès lors que ce soit un agent précieux pour anesthésier les malades que l'on opère à la consultation de l'hôpital sans les hospitaliser. Une des interventions pour lesquelles ce semble être l'anesthésique'de choix est l'ablation des végétations adénoïdes naso-pharyngiennes.
Les accidents du chloroforme sont traités exactement comme chez l'adulte, et surtout par la respiration artificielle.
ANÉMIES. — Le traitement des anémies infantiles comprend d'abord la restauration de 1 intégrité des fonctions digostives. si elles ont été altérées ; car c'est à l'alimentation plutôt qu'aux médicaments que nous pouvons demander la guérison à cetàge. D^msVaiu'mic par fj'àsiro-entérite on combattra, suivant les cas. la diarrhée ou les vomissements par la régularisation des tétées ou des prises de lait, par les alcalins, l'eau de chaux, les préparations de bismuth associées aux antiseptiques (benzonaphtol), parracidechlorhydriqueuniàlapapaïne,
120 ANÉVRYSMES
puis parles phosphates et le lait phosphaté naturel, dont l'emploi commence à se répandre.
C'est aux phospliates, au lait chloruré, aux bains salés que l'on demandera la réparation hématique dans Vancmio des rachitiquef^.
A l'nnâmie par perte desanfi on pourra opposer les préparations d'hémoglobine soluble. le chlorure ferreux, l'iodure et le tartrate de fer.
Dans Vanémiotuhcrculoise, silenfant atteint la fin delà première année, on pourra adjoindre au lait le jaune d'œuf et la poudre de viande, en soumettant l'enfant aux inhalations de vapeurs de crt'osote. Chez l'enfant plus âgé on peut utiliser l'injection hypodermique d'huile créosotée (un à quatre cent, cubes d'une solution au quinzième).
L'a ??''m if' e»f/r'»f//vVpa /'/<•} s (/^>/u'^' .s requiert le traitementspt'cifique (les frictions mercurielles, la liqueur de Van Swieten). Le mercure aide plus que le fer à la rénovation globulaire chez les syphilitiques. On voit diminuer de jour en jour dénormes splénomégalies sous rinihience hydrargyriquc seule ou avec l'iodure associé.
Dans Yanénne palustre avec splénomégalie la quinine a uneaclion nettement favorable; le quinquina (sirop, teinture ou poudre) doit être donné conjointement ou aUeriiativemeut. L'arsenic m'a d<»nné un beau succès dans un cas d impaludisme héréditaire ; Mosler et Bing ont conseillé dans ces cas la teinture d'eucalyptus. On associera à tout traitement interne les frictions de la peau avec l'alcool, les lotions froides, les bains salés.
Le phosphore a été conseillé dans Yamhnie loucéDiuiue par plusieurs auteurs ; on emploierait l'huile phosphorée comme le fait Kassowilz dansle rachitisme ; Vehsemeyer semble s'être au contraire assez mal trouvé du phosphore; il aurait obtenu de bons effets de la teinture de Berberis vulgaris(Epine-vinette) et de la solution alcoolique de sulfate de berbérine (0 gr. 0.3 : 35 gr. d'alcool dilué). V gouttes par jour plusieurs fois par semaine chez un enfant de 0 mois.
ANÉVRYSMES. — Anévrysme artérieL — Les ané-
vrysnirs iiili ricls sont tout i^i l'ait exceptionnels chez l'enfant et sont très rares chez l'adolescent. Si l'on prend , en effet, le relevé de Crisp, portant sur 10.') cas, on ne troiive que 1 cas au-dessous de 10 ans, et .') cas de 10 h 10 ans. Lu outre, chez l'enfant on observe surtout desanévrysmes traumatifjues, c'csl-A-dire. au point de vue pratique, avec intégrité du reste de l'appareil circulatoire.
La compression indirecte, ù distance, digitale et insirumcnlale serait inapplicable h cause de l'indocilité de l'enfant, si elle n'était même chez l'adulte une méthode (pion tend de plus en plus à abandonner; et i»our les an<'vrysmes accessibles on n'a à choisir qu'entre
AXKVnVSMES 121
l'extirpation et la Uj^ature en amont (méthode d'Anel). Les faits sont trop rares chez l'enfant pour qu'on puisse prendre parti dans ce débat, non encore résolu chez l'adulte. Si on observait un anévrysme inaccessible (aorte, gros troncs de la base du cou), on agirait comme chez l'adulte par le traitement médical (iodure de potassium), par la ligature selon la méthode de Brasdor; mais dans ces cas la thérapeutique chirurgicale est bien médiocre.
Anévrysme artério-veineux. — L'anévrysmeartério-veineux est rare chez l'enfant, relativement moins, toutefois, que ranévrvsme artériel, ce qui s'expliqua par son origine en général traumatique. Le véritable traitement consiste dans l'extirpation, comme s'il s'agissait d'une tumeur, après application de la bande d'Esmarch si la région s'y prête.
ANÉ'VRYSME GIRSOÏDE. — L'anévrysme cirsoïde n'est pas, à vrai dire, une maladie de l'enfance, car il n'apparaît guère avant l'âge de 15 ans. Mais lorsqu'il est lié à un traumatisme, on cite des faits où ce traumatisme remonte à l'enfance; d'autre part, lorsqu'il est spontané, il résulte de la transformation d'un angiome. Aussi, sans nous étendre sur ce traitement, en esquisserons-nous les indications principales.
La compression exercée sur la tumeur ou sur les artères afférentes. peut être indiquée d'urgence pour arrêter une hémorrhagie, mais sa valeur curative est nulle.
La ligature des artères afférentes ou des gros troncs dont ces artères sont tributaires, doit être repoussée.
Les injections coagulantes, l'électropuncture, la cautérisation, sont des méthodes infidèles ou dangereuses.
Le véritable traitement est Yextirpntion'hasée sur certaines notions d'anatomie et de physiologie pathologiques, récemment bien mises en relief par F. Terrier. L'analyse des signes physiques et fonctionnels des anévrysmes cirsoïdes a conduit depuis longtemps à conclure que dans ces tumeurs il y a une communication anormalement large entre les artères et les veines; or, dans deux cas étudiés par F. Terrier, il y avait en un point bien localisé de la tumeur, les signes physiques de la phlébartérie (souffle continu avec redoublement, thrill), et dès lors, la tumeur fut traitée comme un anévrysme artério-veineux. par l'extirpation limitée à ce point. L'examen de la pièce vérifia le diagnostic, et après l'extirpation, les dilatations vasculaires périphériques disparurent rapidement.
La conclusion thérapeutique est que dans tout anévrysme cirsoïde,
122 ANCINES
011 devra chercher les signes dune phlébarlérie limitée, et si on les trouve, pratiquer l'extirpation franche en ce point.
Si on ne les trouve pas, on pourra agir soit par Texcision partielle, dont nous parlerons à propos de certaines angiomes (voyez ce mot), soit par l'amputation, si la tumeur siège sur un membre. Pour les anévrysmes cirsoïdes des doigts, sauf le pouce dont on connaît la haute importance, onneregretterapastrop l'amputation si l'exérèse avec conservation du membre est impossible. Mais quand il faudra amputer la jambe ou lavant-bras pour une tumeur diffuse, ce ne sera évidemment qu'en dernière ressource, lorsque les hèmorrhagies seront menaçantes ou lorsque la tumeur aura une grave tendance à l'envahissement.
ANGINES. — Le traitement des angines, de quelque nature qu'elles soient, suppose réalisées un certain nombre de conditions propres à l'enfance, du moins aux premières années de la vie. Ces conditions sont l'exécution des manœuvres (irrigations, attouchements) destinées à porter au contact des surfaces malades les topiques appropriés et par conséquent Youvcrtare large de la bouche pendant un temps sullisant et Yiminobililr, malgré le désagrément causé par les manœuvres en question. Or, il est exceptionnel qu'on puisse trouver chez les enfants de moins de 10 ans une docilité suffisante; le premier examen est encore souvent facile par surprise ; mais, à la seconde tentative, le petit malade est sur la défensive et serre les mâchoires désespérément, tout en poussant des cris et en se débattant. Pour éviter une lutte qui est fort désagréable, surtout quand on arrive pour la première fois dans une famille, le mieux est de procéder suivant la méthode que je vais décrire.
'J'UKIIAI'EL'TIQUE DES ANC.IXES EN CÉXÉnAL. L'cufaut CSt TOulé daUS
un drap ou une serviette, les bras le long du corps; il est assis sur les genoux d'une personne qui, étant elle-même assise sur une chaise à dossier droit, ne peut se reculer et lui mainticMit la tète immobile contre sa poitrine, en l'entourant de ses deux mains au niveau du front.
Une autre personne lient une cuvette sous le menton et un irrigateur chargi' de la solution aiilisepli(|iu'.
Pour oblig<'r l'enfant à ouvrir la bouche, on |»cnl se contenter sonvent de lui pin<fi' le ne/ on (l"ap|)Myci' luMis(|iiciiit'iil et assezvivement l'index au-dessous du cricoïde; gi'néralenii'ut la bouche s'entr'ouvre, ne fnt-cf (pi'nn instant, dont on prolile |)our glisser cuire l(>s arcades dt'ulairrs iin nioicciui de bois (bu-, ni.iis lisse, pour niiiiiilcnir l'éi'artement des mâchoires, sans ristpuT d'cxcoriei- la coinniissure juiccale. On peut encore se servir très ulilenicnt d'un écarteur des mâchoires.
imaginé par Legroux, et qui se compose d'un dilatateur à deux branches courbes réunies par une crémaillère à crans. La forme de cet instrument permet de glisser les branches courbes entre la faceinterne de la joue et les arcades dentaires jusqu'après la dernière dent. L'extrémité étant insinuée entre les gencives, on n'a qu'à faire jouer l'écarteur doucement, cran par cran. Les mâchoires ne peuvent pas ne pas s'écarter au degré désirable.
L'écartement des mâchoires obtenu, on dirige vers les différents points de l'isthme- du gosier la canule de l'irrigateur, le robinet étant ouvert assez pour fournir un jet suffisamment énergique. En elîet, si le jet est trop faible, l'enfant avale une partie du liquide et, comme il crie, risque de suffoquer par pénétration de liquide dans le larynx, tandis qu'un jet vigoureux provoque un réflexe de contraction du pharynx buccal, par suite duquel le liquide injecté reflue aussitôt dans la bouche et s'écoule au dehors sans que l'enfant ait le loisir de faire un seul mouvement de déglutition.
La manœuvre précédente, exécutée avec décision, s'accomplit en quelques minutes, en évitant à l'enfant surpris beaucoup de cris et l'agitation fatigante, que lui font éprouver des tentatives maladroites, infructueuses et réitérées d'examen de la gorge.
Si l'enfant est très petit, on pourra, pour faire les irrigations, le placer horizontalement le ventre tourné vers le plancher et le visage au-dessus de la cuvette.
Les gargarismes ne peuvent être utilisés avec quelque succès que par les enfants déjà grands. Encore ne valent-ils pas les grands lavages avec l'irrigateur, les vraies douches (juiturales. Les liquides employés pour l'irrigation devront être à une température de 30° à 38".
On se trouvera bien d'employer deux sortes de solutions : d'abord des solutions nlculiiiPS pour déterger la muqueuse des mucosités qui en masquent le vérita])le aspect, et qui empêcheraient le contactdirect des topiques modificateurs avec la surface malade : ces solutions alcalines pourront être au chlorate de soude ou au borate de soude, de 2 à 3 p. 100.
Ensuite on se servira de ■solutions iintiscpii<iues; les plus actives sont celles à l'acide phénique (0 gr. 50 à i p. 100), au sublimé (0 gr. 05 p. 1000). On peut employer encore d'autres antiseptiques, isolés ou associés : acide borique, thymique, salicylique, coaltar saponiné, etc.
On peut choisir comme véhicule soit l'eau filtrée bouillie, soit des infusions ou décoctions calmantes (orge, guimauve, laitue, coca), ou astringentes (feuilles de ronces), ou antiseptiques (eucalyptus).
Les irrigations seront renouvelées fréquemment, toutes les heure* en général, et en particulier après chaque repas pour débarrasser soi-
gneusement la muqueuse des débris alimentaires, dont la fermentation fournit aux microbes un excellent milieu de culture.
On fera les nppUcatioiis topiquex après les irrigations détersives. On peut employer un tampon de coton hydrophile roulé autour d'un petit bâton ou mieux tenu entre les mors d'une pince à forcipressure un peu longue. Pour ces attouchements on emploie les antiseptiques ou modificateurs de la muqueuse en solutions plus concentrées que pour les solutions : ainsi la solution de Van SAvieten (bichlorure 1/1000), la teinture diode pure ou atténuée par le mélange avec la glycérine, la glycérine phéniquée, le naphtol camphré, le phénol sulfo-riciué, le slérésol (association d'acide phénique à la gomme laque et au baume de 'j'olu formant un vernis qui adhère aux muqueuses).
Nous ajouterons comme complément à la ihérapeutique générale des angines, l'emploi de Yantisepsie rjastro-intestinalo, avec les préparations de naphtol et de salol, de l'antisepsie générale (pour chercher à obtenir celle-ci nous ne possédons guère que la quinine, le benzoate de soude, Ihyposulfite de soude.
Nous allons maintenant passer en revue les diverses espèces d'angines:
Los angines catarrhales aiguës (;)/(/|/;/(/;(/</e cniarrhalo. pharyn(jitc) sont justiciables du repos avec enveloppement des membres inférieurs dans des bottes d'ouate recouvertes de taffetas gommé, renouvelées chaque 24 heures.
On fera évaporer dans la pièce de la teinture de benjoin en la versant par cuillerées dans une casserolée d'eau maintenue à ébullilion sur une lampe à alcool.
Les gargarismes et irrigations seront faits avec les solutions antiseptiques précitées, comme par exemple :
Feuilles de coon. ^0 K'"-
Faire infuser dans
Eau bouillante 1000 gr.
AJoulei'
IJor.ito (le soude 30 à 40 gr.
Les angines phlegmoneuses itrimitives sont relativement rares chez les enfants. L amygdalite suppurée en particulier est exceptionnelle dans la première enfance et peu commune dans l'adolescence. On peut voir plutôt les suppurai icuis pèri-amygd.diennes qui surviennent insidieusement au cours d'infections générales (rougeole, scarlatine) et qu'il faut rechercher lorsque les sujets sont dans un état d'adynanii*'. Si on a cependant à condiatlre une amygdalite phlegmoneuse. f)ii appli(piera au niveau des angles des njàchoires de larges
cataplasmes aussi chauds que le malade pourra les eudurer, on les renouvellera toutes les demi-heures le jour ; pour la nuit on fera des onctions avec l'onguent napolitain belladone, qu'on recouvrira d'ouate non hvdrophile et de taffetas gommé. L'administration d'un ipéca combattra l'état saburral, la céphalalgie si violente souvent. On fera une ponction lorsqu'on pensera pouvoir aborder le foyer de l'abcès, avec un bistouri dont la lame aura été enveloppée de diachylum presque jusquà la pointe.
Pour les autres angines aiguës, voir Scaulatine, Rougeole, FiiiVRi: typhoïde, Ervsipèle, etc. Pour les angines chroniques, voir Arthui-
TISMK, DiATHKSES, ScROFULE, LuPUS.
Infection amygdalienne subaiguë prolongée. — Certaines amygdalites aiguës primitives, dont la nature infectieuse n'est plus ù démontrer, précèdent des états subaigus, dans lesquels les amygdales, en apparencehors de cause, entretiennent pourtant une infection prolongée, se manifestant par l'albuminurie à répétition et des troubles généraux (anorexie, catarrhe gastrique, dépressionnerveuse).
Il existe aussi quelquefois dans ces cas un retentissement ganglionnaire, qui peut provoquer un torticolis double et faire songer à quelque ostéopathie ou arthropathie cervicale.
Dans le premier cas, la destruction du foyer amygdalien par l'ignipuncture ou la discission, dans le second la révulsion au niveau de la.dénopathie et la chaleur obtenue par l'ouate en permanence autour du cou sont les meilleurs moyens thérapeutiques : on leur devra, dans le premier cas, la disparition de l'albuminurie et des troubles généraux toxi-infectieux; dans le second, la résolution sans suppuration et la guérison du torticolis symptomatique.
Angine diphthérique. — Dans l'angine diphthérique les indications thérapeutiques sont les suivantes :
1° Débarrasser par un écouvillonnage minutieux, mais sans faire saigner la muqueuse, la gorge des fausses membranes au sein desquelles le bacille de Lôffler sécrète incessamment le poison qui, résorbé, va intoxiquer tout l'organisme ;
2° Empêcher par des irrigations fréquentes les fausses membranes de se reproduire et entraîner le plus souvent possible avec les microbes le poison fabriqué par eux.
Voici comment j'ai cherché dans ma pratique à remplir ces indications. En 1887, j'ai préconisé le traitement suivant :
Trois ou quatre fois par jour, attouchements sur toute l'étendue des fausses membranes et un peu au delà avec une solution de sublimé à 1 p. 100 dans l'alcool.
Toutes les deux heures, irrigations abondantes, suivies de pulvérisations, avec une solution satun-e d'acide borique (4 p. 100) chaude. Les pulvérisations doivent être faites même plus souvent dans les ■cas les plus graves. On obtient assez facilement des enfants qu'ils se tiennent pendant quelques minutes la bouihe ouverte devant le jet du pulvérisateur à vapeur.
La fré(iuenc(' des irrÏQntions et le soin avec lequel elles sont pratiquérs sont d'une iniporiance capitale.
On pouvait faire au sublimé dissous dans l'alcool le reproche d'être très désagréable et même douloureux au bout de quelques attouchements, bien que les irrigations et pulvérisations boriquées chaudes, calment beaucoup la douleur des attouclioments mercuriels.
Plus tard, j'ai substitué au sublimé le biioihire de mercure dissous à laide de Viodure de potassium, et la douleur était moindre.
En 18cS<S, j"ai mis à l'essai le napJitol. Plusieurs fois par jour, après avoir enlevé soigneusement, mais sans violence, les fausses membranes, avec un tampon d'ouate sèche manœuvré au bout d'une longue pince, je badigeonnais toute la surface envahie, avec la solution suivante :
Naphlol fî 5 gr.
Alcool ô »
Glycérine 100 »
La sensation éprouvée au contact du (jliicêrolr naphiolê est d'abord celle dune chaleur un peu cuisante ; mais au bout de quelques minutes elle fait place à une sensation de fraîcheur intense qui rappelle celle de l'alcool de menthe ; cette réfrigération s'accompagne d'aneslliésie de la nuKiueuse, car, si à ce moment on fait une nouvelle application de naphtol, la sensation de la chaleur cuisante du début n'est généralement plus per^-ue. La plupart des enfants supportent parfai tement ces attouchements, après la surprise et la protestation inévitable de la première séance.
Ce topi([tie ne provoque pas de rraclion iullammatoire ; grâce i\ la glycérine, le naj)ht(tl reste adbérent ù la surface malade et exerce son action anlisepliciue. l^a dt'glulilion en est sans inconvénient, puisque le naphtol peut être donné par la voie gastrique à des doses de 0 gr. 50 à 2 grammes par vingt-quatre heures suivant l'àgo. Toufcs les deux heures on faisait des irrigations avec de l'eau naplilolée à 0 gr. 20 pour 1000. .l'ai enqiktyé ensuite le iiajiJiIol cnmphrr.
Puis j'ai reconnu la supériorité des //M'/.n/f/fs r/c phrnol avec du campltn' on l'Un de. L. dauchi-r, utilisant l'enqjloi du cain|»hre plié-
nique qui avait été proposé par Soûlez (de Romorantin), a créé vraiment une méthode qui mérite de porter son nom.
L'expérimentation a d'ailleurs prouvé à Roux et Yersin que l'acide phénique est l'antiseptique qui gène le plus le développement du microbe de Lœfller.
Voici la formule du topique de Gaucher :
Acide tartrique 1 gr.
Acide phénique pur 5 »
Alcool à 36° 10 »
Camphre 15 »
Huile d'amandes douces 20 »
Pour obtenir une solution limpide, faire dissoudre en chauffant arec précauh'ou au bain-marie l'acide phénique et le camphre dans l'alcool ; ajoutez l'acide tartrique et l'huile.
A la formule de Gaucher je substitue depuis quelque temps la suivante, où la glycérine remplace l'huile.
Acide tartrique 1 gr.
Acide phénique 5 »
Alcool à 36o 5 »
Camphre 10 »
Glycérine 20 »
Enfin j'ai employé le plus souvent dans ces dernières années la solution de pliénoldans l'acide sulfo-ricinique,SLla. dose en apparence énorme de 20 à 30 p. iOO(Ruault et Berlioz).
Le sulfo-ricinale de phénol à 30 pour 100 n'est pas irritant, il est moins douloureux que le camphre phénique et s'emploie de la même façon. Ses deux inconvénients sont la saveur de Ihuile de ricin, qui fait vomir certains enfants, et la formation au contact de la salive d'une sorte de voile filamenteux qui gène un peu l'inspection des parties sous-jacentes.
Technique pour récouvillonnage. — L'écouvillon peut être un peu d'ouate enroulée autour de l'extrémité d'un petit bâton ou dune pince à longues branches ; je me sers aussi d'un pinceau-brosse en blaireau, un peu dur, ou en soies de porc, manche en bois blanc, armature en fer blanc, tel qu'on en trouve chez tous les marchands de couleurs (grosseur n° 12).
L'enfant, étant littéralement empaqueté dans un drap qui lui tient les bras serrés le long du corps, est placé entre les jambes d'une personne qui lui maintient solidement la tête immobile sur sa poitrine. Cette personne doit être robuste et inaccessible à l'émotion.
Les ouvre-bouches les plus perfectionnés et les bâillons m'ont
toujours paru gênants et même nuisibles; l'enfant se blesse à leur contact et les blessures sont recouvertes bientùt de fausses membranes. Une cuiller en argent solide est le plus commode abaisselangue.
il sullit de pincer le nez de l'enfant en lui levant un peu la tête pour qu'il crie en entrouvrant la bouche ; vous glissez le manche de la cuiller sur la langue et entre les arcades dentaires et l'y maintenez solidement, puis vous abstergez soigneusement la gorge avec des tampons d'ouate sèche tenus au bout de pinces, afin de bien vous rendre compte de la topographie des fausses membranes.
Alors vous commencez la friction avec l'écouvillon imbibé de la solution antiseptique, mais égoutté avec soin. Vous frottez plus ou moins vigoureusement les points malades, assez pour bien enlever les fausses membranes, mais pas assez pour excorier la muqueuse sous-jacente. C'est un juste milieu ou doigté dont l'expérience s'acquiert vite. Les fausses membranes restent adhérentes à votre écouvillon sous forme de débris plus ou moins ténus, de lambeaux plus ou moins longs.
Lavez lécouvillon dans l'eau pliéniquée, imbibez-le de nouveau de camphre phéniqué ou de sull'o-ricinate de phénol, et recommencez jusqu'à ce que toutes les fausses membranes aient été enlevées ou détruites, puis touchez une dernière fois les surfaces dénudées avec la solution antiseptique.
Recommencez matin et soir.
Dans l'inlervalle, faites aussi souvent que possible des pulvérisations deau boriquée saturée chaude, si l'enfant s'y prête, — en tout cas, toutes les deux heures, des irrigations soit avec l'eau boriquée saturée ou naphtolée. si l'enfant est jeune, soit avec l'eau pliéniquée au centième s'il est assez Ttgé pour qu'on n'ait plus à redouter l'intoxication pliéniquée. Pour faire les irrigations chez les enfants très jeunes, la meilleure position ù leur donner est de les tenir sur le ventre, le visage au-dessus d'une cuvette, pour qu'ils n'avalent pas trop de liquide et n'aient pas d'accès de sufTocalion.
Pour le traitement général et hygiénique, voir Diimitmiciuf,.
Dans les angines hypertoxi(|ues avec énormes adénopathios, dont l'agent est le streptocoque, on peut tenter de pratiquer dans l'épaisseur des amygdales des injections avec une solution pliéniquée à l/lOO ou de sublimé à l/JOOO en se servant dune seringue de Pravaz munie d'une longue aiguille.
Les adt'nopathies suppurées requièrent l'intervention chirurgicale.
Pour les autres conq)licati<»ns, voir BiutNCHo-PNr.OKtNii , Paiia-