‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 35 sur 189 · I.YSIK · texte numérisé non relu

I.YSIK

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ANGIOME. — Les angiomes sont des tumeurs bénignes en ce sens qu ils ne se généralisent pas, mais ils doivent être traités activement parce qu'ils sont capables de menacer la vie par leur envahissement progressif et leur ulcération suivie d'iiémorrhagies, et parce que, siégeant avec une grande prédilection à l'extrémité céphalique, ils constituent souvent une difTormité nota])le.

Les angiomes sont presque toujours congénitaux, mais très souvent ils n'existent à la naissance que sous forme d'une petite tache grosse comme une tète d'épingle et ils subissent ensuite soit une disparition spontanée, soit au contraire une extension graduelle. De là ce précepte de ne toucher aux taches punetiformes que si on leur trouve une tendance à progresser : cas auquel il faut agir immédiatement.

Les moyens thérapeutiques proposés contre les angiomes sont innombrables, et pour les énumérer il faudrait d'abord les classifîer. Mais quelques-uns seulement méritent d'être conservés, et leurs indications respectives dépendent de létat des parties.

On peut, si l'on veut, essayer la vaccination sur la tumeur érectile, lorsque le sujet n'a pas encore été vacciné; mais il faut savoir que c'est un moyen infidèle si la tumeur est quelque peu volumineuse, et que d'autre part la cicatrice ainsi obtenue n'est pas des moins disgracieuses.

Pour ma part, si l'on juge que l'on pourra après ablation obtenir une réunion immédiate par suture linéaire, je crois que Vextirpation franche, à l'instrument tranchant, doit être le procédé de choix. Si on a soin de passer à quelque distance de la tumeur, l'hémorrhagie est presque toujours insignifiante. Cette méthode, on le conçoit, s'applique également aux taches et aux tumeurs : ses indications sont commandées exclusivement par les dimensions du mal.

Toutefois pour un petit naevus punctiforme, il n'est pas besoin d'une opération de ce genre, et la destruction sur place peut être très facilement obtenue en enfonçant au centre du petit angiome soit ime aiguille trempée dans de l'acide nitrique fumant, soit la pointe fine du thermocautère.

Lorsqu'on se trouve en présence d'angiomes trop étendus pour être extirpés, les indications thérapeutiques dépendent un peu de la nature exacte de l'angiome et de son siège.

Les simples taches de vin, qui ne forment pas tumeur et n'ont tendance ni à envahir, ni à s'ulcérer, sont des difformités, et dès lors on n'y touchera pas si elles occupent une région couverte par les vêlements, mais lorsqu'elles siègent à la face, et malheureusement c'est leur siège à peu près constant, on peut chercher à les décolorer. La plupart des moyens, il est vrai, sont impuissants, car ce n'est pas

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la peine de remplacer une coloration anormale par une cicatrice difforme. On essayera toutefois les scarifications linéaires quadrillées qui semblent avoir donné de bons résultats entre les mains de Balmanno Squire.

Contre les tumeurs, on peut agir par l'excision partielle, la cautérisation ignée ou l'électrolyse. Je ne suis pas partisan des injections coagulantes de liqueur de Piazza, méthode incertaine et dangereuse qui a causé quelques morts subites.

L'extirpation partielle débarrasse le malade dune partie de la tumeur et peut provoquer, par la sclérose cicatricielle, l'atrophie du reste. Elle expose, il est vrai, à des hémorrhagies notables, car il faut inciser en pleine tumeur. Pour obvier à ce danger, le procède consiste à passer dans la base de la partie à exciser des ligatures en chaîne, à la soie, en avant desquelles on sectionne les tissus. Ces ligatures jouent ensuite le rôle de corps étrangers irritants et après chute de l'eschare, qu'elles enserrent, on voit se produire une rétraction cicatricielle notable.

Mais il va sans dire que ce procédé n'est pas toujours applicable, et s'il est de mise aux lèvres, à la langue, on ne peut, par exemple, y recourir pour la plupart des angiomes profonds du cou. On aura alors la ressource de la cautérisation ignée ou de l'électrolyse.

La cautérisation ignée se fait au thermocautère, dont on enfonce profondément la pointe dans la tumeur, en lardant son centre et en circonscrivant sa base par des trajets rayonnes. Par ces piqûres, l'hémorrhagie est souvent abondante, mais cède bien à la compression, après (ju'on a au l)esoin tamponné l'orifice à la gaze iodoformée. Au bout de quelques jours, les eschares se détachent, puis la cicatrisation a lieu, et en deux ou trois séances on peut venir à bout de tumeurs volumineuses.

L'électrolyse, dont il me reste à parler pour terminer, consiste à enfoncer dans la tumeur des aiguilles en acier, mises en contact avec le rôle positif d'une pile h courant continu, le pôle négatif étant relié à une plaque apjjliquéc sur la cuisse ou sur k- ventre. Ou fait passer pendant 4 à 5 minutes un courant de 20 ;\ 2.') niilliampères, qu'on fait ensuite cesser progressivement. Il en résulte une réaction inllaninialoire, (pielquefois de petites eschares cutanées, et peu h peu la rétraction s'opère ; on peut faire une séance tous les 8 à 10 jours.

C'est un traitement long, qui, pour une tumeur de quelque volume, exige de noniljreuscs séances; aussi dans la plupart des cas ne peut-il pas rivaliser avec l'extirpation ou avec la cautérisation ignée. Mais pour certains angiomes dill'us, c'est un moyen précieux, capable de donner d'excellents résultats.

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ANKYLOGLOSSE. (Voyez Langue.)

ANKYLOSE. — On dit qu'il y a ankylose, lorsque les mouvements d'une articulation sont abolis ou diminués, dans tous les sens ou dans un sens déterminé. Mais à cette définition il faut ajouter la notion suivante : il n'y a ankylose que lorsque le processus morbide initial est guéri. Jusque-là, en effet, le traitement est celui de ce processus et non pas celui de lankylose. De là résulte un point de diagnostic capital pour la thérapeutique : y a-t-il encore arthrite ou y a-t-il ankylose? Ce diagnostic résulte de l'examen local attentif et précis : on déterminera bien s'il existe encore sur la synoviale ou les os de l'empâtement, de la douleur à la pression; si les mouvements communiqués provoquent une douleur passagère ou persistante; s'il existe ou non des douleurs spontanées, même légères. Les points où la douleur à la pression doit être recherchée sont les mêmes que ceux où on la met en évidence au début des arthrites soupçonnées, c'est-à-dire là où les extrémités osseuses sont superficielles, là où on peut appuyer contre elles le point de réflexion de la synoviale (voyez AnTHiuTEs).

Cela fait, avant d'entreprendre le traitement, il reste à établir quelle est la variété de l'ankylose : ankylose extra-articulaire, encore appelée fausse ou raideur articulaire ; ou intra-articulaire, encore appelée vraie.

a) La raideur articulaire, venons-nous de dire, est une ankylose extra-articulaire; cette vérité d'ailleurs n'est que relative et si les processus de rétraction dans les tissus péri-articulaires jouent le rôle principal, il n'en reste pas moins vrai que presque toujours il s'y joint des phénomènes darthrite légère. C est donc en pathologie une question de degré, mais en thérapeutique cela répond à une différence de premier ordre.

Tout d'abord, le traitement des raideurs articulaires peut et doit être préventif; à cet égard, la première précaution sera à'immohiliscr toute jointure en bonne position. Une des causes des raideurs est en effet l'immobilisation en mauvaise position d'une jointure saine, mais voisine d'un foyer morbide : ainsi de toutes les articulations des doigts pour un phlegmon de la main : de celles du pied et du genou pour une fracture de jambe, etc. L'immobilisation sera bien supportée si les doigts sont en flexion légère, le poignet à angle dorsal très obtus, le coude à angle droit, l'épaule dans la rectitude, le cou-de-pied à angle droit, le genou dans l'extension, la hanche dans l'abduction légère. A plus forte raison cette attitude devra-t-elle être choisie, sauf contre-indications spéciales, pour les jointures atteintes d'arthrite légère, ou encore à la suite de contusions, de fractures juxta-

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