‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 47 sur 189 · ASTHME · texte numérisé non relu

ASTHME

soin ; car. parmi les nombreuses maladies qu'elle peut simuler, se place l'asthme. L'heure à laquelle surviennent les accès asthmatiformes n'est pas sans importance: dans l'adénopathie. c'est aussi bien, c'est plutôt le jour, à l'occasion d'un efTort, d'un jeu ; dans l'asthme, l'accès est plus souvent nocturne. Quand on aura conclu à l'existence d'une adénopathie trachco-bronchique, on instituera le traitement approprié (voyez Adéxopathik).

Si les accès asthmatiformes masquent une tuberculose adèno-pneumoniquc, la créosote devra intervenir dans la thérapeutique sous forme d'huile de morue ou de faîne créosotée de iOà 25 pour 1000. souvent mieux tolérée par les enfants que l'huile de morue simple.

Quand on a passé en revue l'abdomen et le thorax, on doit examiner la gorge, le pharynx et les fosses nasales au point de vue de la recherche de l'hypertrophie adéno-lympho'ide de la cavité pharyngienne, de végétations polypiformes, d'une rhinite hypertrophique ou ulcéreuse.

Pour beaucoup de lésions nasales, on emploie des irrigations avec le siphon de Weber et une solution tiède de borate et de bicarbonate de soude.

Les végétations adéno'ides seront raclées ou réprimées au galvanocautère(voyez Phaiiynx) ; les amygdales hypertrophiées seront réduites par l'ignipuncture (voyez Amvc.dales).

Quand l'examen de la rate ou la notion du milieu palustre pourra faire admettre Y in finance malarique, le chlorhydrate de quinine sera administré.

Lanoi'wndlu'i'c'do-sypliirisne fera que confirmer l'emploidesiodures alcalins, mais à des doses plus élevées (jue dansTasUime des sujets non syphilitiques. Il ne semblepasqu'on aitrieu àospérer dumercure.

Enfin, si par exclusion de toutes les causes ))réeédentes de dyspnée astlimatiformo, on pense avoir alîaire à lasthme essentiel, e est-àdire arthritique et nerveux, un se trouve amené à reeouriraux nu'dicationscpii, chez les adultes, ont fait le mieux leurs preuves : dans 1 intervalle des accès \qs nlcnlins, les ithhircs. plus rarement r,i/'.S(3iiic, les hnins cVnir rn)nprinu' et les divers procédés de la imonniollu'rupif, malheureusement peu apj)li(ablcsen dehors de Paris et de (jiiehjues grandes villes.

On petit utiliser les antispasmodiques (valériane, bromures, élher, belladone), la morphine, la (Dholin inflnln sous forme de teinture (I à .') gr.j.

Le traitement de 1 accès comporte 1 iidialation de certaines substances volatiles, liodurc (irtlnjlc, les fumigations de dulufii, de papier nilréf les inhalations de pyricVuto : on peut verser ce Ii(|uide

ATHHKPSIK 163

sur la partie la plus large d'un mouchoir placé dcvanl la poitrine et attaché au cou, ou bien en placer quelques gouttes dans une soucoupe sur une table de nuit, à côté du lit de l'enfant.

Les injections hypodermiques de morphine pendant l'accès d'asthme ne peuvent être utilisées que chez des enfants déjà grands.

On fera bien d'user auec modération des révulsifs sur la peau, sinapisation, etc. L'excitation cutanée ne produit pas toujours l'inhibition des phénomènes spasmodiques chez les petits névropathes en mal d'asthme; elle les augmente quelquefois. Cependant dans des cas où en même temps que l'asthme existe un raptus congestif pulmonaire intense ou de la Ijronchite capillaire, on enveloppera le thorax de vastes cataplasmes sinapisés renouvelés plusieurs fois de suite ou de compresses humides.

Le Mont-Dore, Saint-Ilonoré, dans l'asthme bronchitique ; Royat, Néris, Bagnères-de-Bigorre, pour l'asthme spasmodique, sont les stations thermales principalement recommandées.

ASTHME des foins. — Voyez Coryza.

ATHREPSIE. — L'état ([ueParrot a dénommé ainsi et que les auteurs allemands contemporains appellent « atrophie », consiste en une perturbation générale progressive de la uutrition causée par l'atrophie de l'appareil sécrétoire (glandes) et absorbant (villosités) du tube digestif. Il frappesurtoutlesprématurés nésdébiles ou débilités dèsles premiers jours de la vie par une circonstance qui entrave leur alimentation (malformation de la bouche, coryza intense, érysipèle. œdème).

La première étape (période gaslro-intestinale ou prémonitoire) est marquée par des troubles digestifs, vomissements et diarrhée, qui reconnaissent pour cause une alimentation défectueuse par insuflisance, par excès ou mauvaise qualité.

Au bout d'un temps variable se trouve réalisée une perturbation profonde de la composition du sang et des plasmas (période hému' tique). C'est la maladie constituée et reconnaissable à ses divers symptômes : amaigrissement rapide qui rend la peau tlasque et plissée, refroidissement périphérique, cyanose, érythèmes papuleux ou vésiculeux, faciès sénile ou simiesque, endurcissement du tissu cellulaire sous-cutané, dépression de la fontanelle et chevauchement des os du crâne, cris d'abord aigus, violents et incessants, plus tard plaintifs et monotones, de détresse.

KnCm vient une période d'altérations dos divers tissus organicjues et des viscères, estomac (gastropathie ulcéreuse et diphthéruïde), centres nerveux, foie, reins, — où dominent la stéatose et les thromboses

1G4 ATHHEPSIE

(période cachectique). Elle est caractérisée cliniquement par l'encéphalopalhie athrepsique(coma. avec myosis et strabisme, entrecoupé (Je convulsions éclamptiques, générales, ou partielles comme le trismus), diminution de la sécrétion urinaire et accroissement de l'excrétion d'urée, fréquence de l'albuminurie, dyspnée croissante avec production d'une dépression sternale, ralentissement du pouls, abaissement thermique continu parallèlement à la perte du poids.

Sur la dyscrasie cachectique des infections secondaires sont qrefTées : la stomatite ulcéreuse et notamment les ulcérations de la muqueuse palatine au niveau des apophyses ptérygoïdes, le muguet avec une tendance inusitée à la généralisation (m. glottique, œsophagien et gastrique) ; la pneumonie, l'érysipèle.

La marche comporte une forme rapide, foudroyante, cholériforme ou cyanotique, et une lente, chronique.

PourprévenirTathrepsie, il faut organiser dès la naissance l'alimentation des nouveau-nés suivant les i-èglcs que nous avons indiquées (voir Allaitements, p, 28 et 36). Si on est appelé près d'un enfant qui présente des troubles digestifs, on doit y porter remède rapidement et avec énergie par le retour à une meilleure hygiène alimentaire et par des médications appropriées.

La maladie une fois réalisée, c'est dans l'analyse de ses éléments constitutifs que seront puisées les indications thérapeutiques.

Le syndrome athrcpsique découle des facteurs pathogéniques suivants : défaut d'absorption alimentaire par intolérance gastrique et intestinale, — déperdition de liquide pour l'organisme par suite du llux diarrhéi(jue, — auto-intoxication, d'abord par absorption des poisons formés dans le tube digestif, puis par impuissance du rein à éliminer ceux qui encombrent les tissus ; — enfin, infections microbiennes ou mycosiques secondaires des surfaces cutanées et muqueuses par suite de la déchéance organique.

Pour rétablir la tolérance dutuhe digestif, on peut employer les moyens suivants, par ordre d'énergie croissante suivant la gravité des troubles digestifs.

A. — Kviter les refroidissements en faisant tenir l'enfant à la chambre, le ventre et les pieds chauds.

Diminuer la quantité de lait à chaque repas.

Si la langue Ost saburrale, administrer un vomitif (5 à 10 gr. de sirop d'ipécaciiiiiiliii) ; — si les garde-robes sont nmqueuses, un purgatif (5 gr. d huile de ricin ou 5 cenfigr. de calomel).

Donner une des potions suivantes en «S prises, une avant chaque tétée :

ATHUEPSIE 16

Sous-nitrate de bismuth 1 à 2 gv.

Salicylale de bismuth 0,50 à 1 yr.

Eau de chaux 20 gv.

Eau 80 »

Ou

Acide lactique 2 gr.

Sirop de gomme 20 »

Eau ' 80 »

Si les cris et les contorsions de l'eiirant, le ballonnement du ventre avant l'émission des selles, contrastent avec le retour du calme aussitôt après, on fera bien de favoriser les évacuations par des lavements d'eau de camomille boriquée chaude.

B. — A un degré plus avancé ou quand l'athrepsie revêt la forme aiguë, il faut supprimer complètement le lait.

Donner comme alimentation et boisson, toutes les dix ou quinze minutes, alternalivcmcnt une cuillerée à café deau sucrée glacée contenant 5 pour 100 de cognac vieux ou de Champagne, et une cuillerée de bouillon de volaille ou de bœuf, fait sans légumes, absolument privé de graisse, très légèrement salé et glacé.

On donnera à intervalles de quatre, six ou douze heures, un bain de cinq minutes à 35 degrés, additionné de 50 à 60 gr. de farine de moutarde. L'enfant sera ensuite frictionné rapidement avec des linges fins, secs ou chauds, ou un peu d'alcool, puis enveloppé de langes de laine, les pieds et les jambes dans l'ouate et au voisinage d'un cruchon d'eau chaude.

Au fur et à mesure de l'amélioration (moins de selles ou de vomissements, voix moins faible, pouls plus ample et moins fréquent), on recommencera, avec prudence, à donner — dans les intervalles des boissons glacées qu'on espacera — de très faibles quantités de lait (soit le sein, soit le lait d'ânesse ou de vache stérilisé, coupé d'eau de chaux). Puis aux boissons glacées succéderont les boissons froides à la température de la chambre.

On ne prescrira jaj/îais cropincés.

Mais, pour combattre l'intoxication gastro-intestinale, on donnera le benzonaphtol (0gr.50 à lgr.)aveclesalicylatedebismuth(làlgr. 50).

Les lavements semblaient à Parrot inutiles, parce que le siège des lésions est dans l'intestin grêle ; cette critique s'applique avec justesse aux lavements topiques, mais ne vise pas les lavements donnés comme moyen de faire absorber de l'eau par l'intestin pour restituer à l'organisme l'eau qu'il a perdue et pour obtenir la diurèse en augmentant la tension dans les vaisseaux du rein. C'est là un des moyens qu'il est indiqué d'employer dans tous les cas d'insuffisance rénale. On donne alors les lavements froids.

IGO IJALANO-POSTHITi:, BASSIX

Les accidents infectieux secondaires seront combattus : la stomatite ulcéreuse, par des collutoires antiseptiques ; le muguet, par les badigeoniiages avec des solutions de borate de soude, de chlorate de potasse, de bicarbonate de soude ; l'érythème des fesses, par des lotions à l'eau boriquéo suivies de poudrage avec les poudres d'amidon, de riz, de lycopode, de talc, la vaseline salolée ou iodorormée.

AVANT-BRAS. - Voyez Fkacti ni-s.

BALANO-POSTHITE. — La balano-posthite est riutlammatioii du prépuce t.'L du gland, sous rinilucnce de causes diverses (masturbation, bleunorrhagie, glycosurie). Elle survient surtout lorsqu'il y a phimosis (voyez ce mot). L'enveloppement delà verge dans des compresses antiseptiques humides etleslavages ne sont eflicaces qu'après circoncision (voyez ce mot). On conseille souvent de s'en tenir, pendant la période inllammatoire, ;\ la simple fonte dorsale, et de régulariser ensuite les restes du prépuce. En réalité on obtient presque toujours la réunion immédiate, malgré l'inflammation du prépuce et du gland, et il faut opérer de faron à éviter au sujet une opération secondaire.

BASSIN. — 1° Ostéomyélite. — L'ostéomyélite du bassin peut occuper soit l'éijiphyse marginale, soit colle du cartilage en Y au niveau de l'ilion, de l'ischion ou du pubis. Elle sera traitée, selon sa forme et son degré d'acuité, d'après les principes généraux exposés à l'article OsTHOMYiani:. Celle de la crête iliaque donne, dans la fesse ou dans la fosse iliaque, des abcès faciles à ouvrir et h drainer. Celles du cartilage en Y sont infiniment plus graves et plus dilliciles à traiter, en raison : 1° du siège pelvien des abcès; 2° de l'envahissoment de la hanche par le pus. Les ai)cès seront ouverts, selon qu'ils viennent de l'ilion, du pubis ou de l'ischion, par une incision parallèle à l'arcade de Fallope ou parallèle ;\ l'axe de la cuisse au-dessous du pubis ou de rischion. On tâchera d'assurer l'évacuation parfaite du pus par la déclivité des ouvertures et contre-ouvertures, et, suivant les circonstances, par la résection du pubis, par la trépanation du bassin au niveau de l'abcès iliaque ou pelvien. Si la hanche est onvahio on fera rorlhrotomie, souvent même la résection, après bupicllt' ou ti-ép;mora lo cotylo pour draiuor l'abcès pelvien.

2' Tuberculose. — l''n dohors do la coxalgio et delà sacro-coxalgie, lo.s l.sioiis tiiberculouses de l'os iliaque sontraros. l'allés dminont licui\ des abcès froids qui, suivant leur siège, seront traités par 1 in-

IJEC-DE-LIÈVRE 167

cision ou par Finjection modificatrice (voyez AncÈs froids et Fosse iliaque).

T)" Tumeurs. — On observe, rarement crailleurs, les tumeurs suivantes dolos coxal : a) des exostoses ostéogéniques. que l'on enlèvera si elles causent de la gène ; h) des néoplasmes proprement dits (chondromcs. sarcomes), en présence desquels rabstenlion sera la règle. Dans les cas où l'on soupçonnera la possi])ilitt'' de l'ablation, une incision exploratrice permettra un diagnostic analomique précis.

BEG-DE-LIÈVRE. — On donne le nom générique de Ijec-delièvre à toutes les fissures faciales qui pénètrent jusqu'à l'orifice buccal. La seule que l'on rencontre en pratique courante est celle qui divise la lèvre supérieure latéralement, au-dessous delà narine. Cette fissure peut n'intéresser que la lèvre ; elle est alors appelée bec-delièvre simj^le, qui peut être partiel ou total, selon que la lèvre est divisée en partie ou en totalité de sa bauteur. Ou bien la fissure intéresse la lèvre et le squelette, et ce bec-de-lièvre complexe est partiel, s'arrêtant au rebord alvéolaire (fissure labio-alvéolaire), ou total, allant jusqu'à la pointe de la luette. Toutes ces fissures sont unilatérales ou bilatérales.

Pour toutes ces fissures, le traitement consiste à aviver leurs lèvres et à les rapproclier par la suture, après avoir pratiqué les libérations nécessaires pour que l'affrontement se fasse sans tension. iNIais, suivant la forme précise et le siège de la malformation, le manuel opératoire est variable. Nous ne nous occuperons ici que de la restauration de la lèvre et du rebord alvéolaire, renvoyant à l'article Ukanostaphylorrhaphie pour le traitement des divisions du palais et du voile.

V Restauration des parties molles. — Manuel opératoire. — L'avirement doit être complet, et c'est surtout le sommet du V qu'il faut cruenter avec soin, ce qui est facile avec un peu d'attention. Pour pratiquer l'avivemont, il faut renoncer à tous les instruments spéciaux, et s'en tenir à l'emploi d'un bistouri à lame étroite et de petits ciseaux courbes (ciseaux à strabisme). Quelle que soit la variété de la fissure, on mobilisera avec soin la lèvre, des deux côtés, vers la joue et la narine surtout, au bistouri ; on a ainsi un peu de sang, que la compression arrête presque toujours ; si elle échoue, on touche les suifaces au thermocautère.

L'avivement simple suflit pour les fissures de la joue, mais quand on doit reconstituer le bord libre de la lèvre il est invariablement suivi dune encoche disgracieuse, duc à la rétraction cicatricielle. On recourra donc aux procédés à lambeau. Pour tailler un lambeau, on

nEC-DE-MJ:VRE

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BEC-DE-LIKVIti: 169

latéral, il suffit d'un seul lambeau, que l'on taille le plus souvent sur le bord externe delà fissure; le bord interne est avivé en enlevant aux ciseaux courbes la muqueuse seule ; cet avivement sera prolongé à la face horizontale du bord libre sur une longueur égale à celle du petit lambeau (procédé de Mirault) (voyez p. 168, fig. D).

La suture sera faite au crin de Florence. On mettra d'abord un crin solide allant de l'angle mousse du côté sans lambeau à l'angle formé avec la lèvre par le lambeau rabattu ; le second lil aura pour objet de reconstituer avec soin la narine, si la fissure est totale, (^ela fait, on affronte exactement le reste des surfaces cruentées. Les fils de la lèvre doivent prendre les 3/4 de l'épaisseur de cette lèvre, de façon à passer en arrière de la coronaire, et de la sorte la suture est hémostatique. A la face muqueuse, on met quelques fils fins ou superficiels, en soie ou en crin.

Pour le bec-de-lièvre bilatéral (qui presque toujours est complexe) le manuel opératoire dépend de l'état du lobule médian.

Si ce lobule est bien développé, on exécute des deux côtés le procédé de Mirault, avec lambeaux externes suturés tout autour du lobule sur lequel on pratique un avivement épidermique, aux ciseaux courbes. Si le lobule est petit, atrophié, il sert, après refoulement du tubercule osseux, à reconstituer la sous-cloison du nez, et au-dessous de lui les deux lambeaux sont suturés sur la ligne médiane, comme dans le procédé de Clémot.

Pendant l'opération, on empêche rhémorrhagic en prenant chaf|ue lèvre, près de la commissure, dans une pince-longuette à mors garnis d'un tube en caoutchouc. Avec un peu d habitude on s'en passe aisément et il sullit de pincer la lèvre entre deux doigts.

Le pansement consiste en un badigeonnage de toute la lèvre au collodion, en y emprisonnant des filaments d'ouate disposés transversalement. On aura soin de respecter l'orifice des narines.

Le succès est à peu près constant. Quehpiefois cependant la réunion immédiate échoue, et à cet égard l'existence d'un coryza préalable est un iacteur important pour 1 infection de la plaie : il peut donc y avoir là un niolit' pour diflércr l'opération. La bénignité des restaurations simples de la lèvre est parfaite, et on est en droit d'intervenir chez un enfant de (|uelques jtuirs, s'il est solide, bien nourri ; mieux vaut toutefois attendre jusque vers le .'}" mois. Passé le d", on attendra la fin de la dentition.

f.ertains l)ecs-de-lièvre anatomiquement simples, c"est-à dire sans fissure osseuse, sont chirurgicalement complexes, c'est-à dire exigent une opération longue et une perte notable de sang. Ainsi lorsque sont nécessaires les grands décollements vers la joue, lorsque le pro-

170 LITHIASE UII.IAIlîK

monloire fait une saillie qu'il faut réséquer. Dans ces conditions, on a^ira comme pour un bec- de-lièvre complexe.

T' Restauration du bord alvéolaire. — On n'a càs'en occuper que s'il y a saillie du promontoire ou du tubercule osseux.

Pour le bec-de-lièvre simple avec saillie du promontoire, on résèque simplement cette saillie à la pince coupante.

Pour le bec-de-lièvre complexe unilatéral, le mieux est de fracturer le promontoire d'un coup de ciseau et de le refouler dans la brèche alvéolaire, où il est fixé par la suture osseuse après avivement des deux surfaces en contact.

Pour le bec-de-lièvre complexe bilatéral, on a conseillé d'aviver simplement le tubercule médian. Mieux vaut le refouler à sa place, au niveau des sus-maxillaires ; cela est facile après résection triangulaire sous-périostique de la cloison vomérienne. S'il est trop large, on le réduit par réseclion de ses extrémités latérales. Il faut restaurer en une seule séance le rebord alvéolaire et les parties molles.

Ces interventions laborieuses et donnant beaucoup de sang sont dangereuses chez l'enfant en bas âge, et on ne les pratiquera guère avant l'Age de 6 mois.

3" Restauration de la voûte palatine. — Voyez Uhano-

STAI'IIVI.oiîl!il.VI>niI,.

BILIAIRE (Lithiase). — La lilhiase biliaire n'est pas si rare (|u"f»ii le dit chez l'enfant ; elle se montre de préférence chez les petites fdles nerveuses et arlhrilifiues à partir de 7 à 10 ans et on la méconnaît souvent, en la cpudifiant de dyspepsie ou de gastralgie. Le diagnostic fait, on institue le traitement suivant. L'enfant prendra pendant dix jours par mois :

1° Une heure avant les deux [uincipaux repas, un paquet de bicarbonate de soude de 1 gr. dans un verre d'eau de Vittel.

2" Au milieu des repas, 1 ou 2 perles d'éllier et 1 ou 2 pei-les de térébenthine ou autant de perles d'éther amylvalérianique.

On doit interdire les ragoûts, les sauces grasses, le beurre sur le pain, le boudin, la cervelle, la tomate, l'oseille, les acides, notamineul le vinaigre, le vin pur, le café et le thé.

Repas moins copieux et plus fréquents. Boissons assez abondantes.

Sulfalc de soude à dose purgative deux fois par mois (voir {]oi.iqi;k iiicpAi lori).

Obstruction. — Vincent (île Lyon) a jjiiliiic un cas de lunieur biliaire ayant nécessité la cholécystolomic chez un enfant de 8 ans.

BLÉPHAltlTi;. BOUCHE 171

Il hésite comme étiologie entre un calcul ayant échappé ou un ascaride ayant obstrué l'ampoule de Vater.

BLÉPHARITE. — L'enfant scrofuleux est particulièrement sujet à la blépharite chronique, très souvent associée à la kérato-conjonctivite phlycténulaire. Dans ces conditions, il faut prescrire le traitement général de la scrofule (voyez ce mot).

Localement, si le bord ciliaire est très croûteux, s'il y a en même temps de la gourme, on commencera par des applications de compresses boriquées tièdes. Lorsque la rougeur et l'inflammation sont tombées, on appliquera de la pommade à l'oxyde jaune de mercure :

Vaseline 10 gr.

Oxyde jaune de mercure 0,20 centiyr.

Quelquefois, on usera de l'oxyde rouge :

Vasehne 10 gr.

Oxyde rouge de mercure 0,05 eentigr.

Ces applications se font par onction du bord ciliaire matin et soir. Très souvent, il est indiqué de traiter les lésions kérato-conjonctivales par la même pommade. (Voyez Cornéii.)

BLENNORRHAGIE. — Voyez Urèthrk.

BOUCHE. — 1' L'atrésie de l'orifice buccal peut présenter diverses variétés : i" L'atrésie simple, sans adhérences aux mâchoires et sans perte de substance ; 2'' l'atrésie précédée de perte de substance ; 3'' l'atrésie avec perte de substance et adhérence aux mâchoires.

Vatrcsie simple peut être congénitale (phimosis buccal)ouacquise ; dans ce dernier cas elle résulte quelquefois, chez l'enfant, d'une ulcération commissurale se cicatrisant parle mécanisme des plaies angulaires. Le traitement consistera à exciser à chaque commissure, bien symétriquement, un fragment de peau triangulaire à sommet externe. Dans l'aire de ce triangle, la muqueuse est fendue selon la bissectrice, puis elle est exactement ourlée à la peau.

L'atrésie avec perte de substance et adliércnces s'observe chez l'enfant à la suite de brûlures graves de la face et surtout à la suite de noma (voyez ce mot). Elle s'accompagne à peu près fatalement de constriction des mâchoires, et son traitement est avant tout celui de cette difformité (voir CoxsTiucTiox des machoiiu-s cicatricielle). Pour éviter la re[)roduction des adhérences divisées, il faut recourir aux autoplasties à lambeaux muqueux, et surtout cutanés.

172 nnoxcHiTEs aicuks

2'^ La macrostomie est la larf^eur exagérée de l'orifice buccal. C'est une malformation congénitale, souvent appelée bec-dc-Hèvre commissural. Elle sera traitée par l'avivement simple et la suture.

3" Stomatites. — Voyez ce mot et Dentition.

4° Gangrène. — Voyez Stomatites.

BRANCHIAL (Appareil^ — Les malformations de l'appareil branchial sont étudiées aux articles Bec-de-Lièviu-, Cov, Face, Kystes dermoïdes.

BRONCHITES AIGUËS. — Les bronchites ont toutes comme cause prochaine des microbes, même celles qu'on appelait a frigore. Les unes ont pour agent patliogèno un microbe spécifique (rougeole, grippe, cociueluchc), les autres sont causées par des microbes vulgaires vivant normalement dans les voies respiratoires ou dans l'atmosphère, mais qui ne peuvent devenir offensifs qu'à la faveur d'une modification préalal)le de lavitalité des épithéliums protecteurs, c'està-dire d'un trouble circulatoire actionné par l'innervation vaso-motrice ou résultant d'un mauvais fonctionnement du cœur.

Dans la prophylaxie comme dans la thérapeutique à opposer aux bronchites, nous devons envisager les deux éléments que nous révèle la pathogénie : le microbe et le terrain. Tantôt c'est aux antiseptiques que nous nous adressons, en nous efforçant de les amener au contact de l'agent infectieux par la voie sanguine ou par la voie aérienne ; tantôt c'est aux modificateurs de la nutrition générale ou aux moyens capables de régulariser la circulation et la nutrition de la muqueuse bronchique en améliorant la fonction des apj)areils qui peuvent les inlluencer.

La plus commune des hi'onchiles aiguT'S chez l'enfant est la bronchite dite .1 frigoro. 11 fout entendre par là que rinHuence de l'air froid sur le système nerveux a momentanément iidiibé son rôle défensif.

Le traitement de la bronchite aiguë chez l'enfant se compose presque exclusivement de nu'-dicamcnts peu énergiques et de précautions assez simples, dont il faut user avec à propos et discernement.

il faut éviter le refroidissement, sans fatiguer les petits malades par unelenij)ératurc trop élevée. On aura soin deconseillerrenvelo|>penient des jambes et des pieds dans des bottesd'ouate, quicntretiennnil une moiteur constante <lans ces régions, et dérivent l'adbix sanguin thoraci(jue.

Dans les cas biMiins, on restreindra à peine la luiurrilure; dans

BHONCHITES AI(;L:jiS 173

d'autres plus sévères, on permettra seulement le lait, le bouillon, les potages. Toutefois, dans les deux premières années, il est indiqué de relever les forces en faisant prendre avec le lait un peu d'eau de-vie ou de rhum, de 5 à 20 gr., selon l'âge et la vigueur du sujet.

Dès que les râles deviennent humides, et chaque fois que l'inflammation s'étend par brusques poussées, l'ipéca, à dose vomitive, produit un excellent effet, à moins que l'enfant ne soit très jeune et très débile. Il ne faut pourtant pas en abuser. La diarrhée qu'il provoque, l'affaiblissement passager qu'il cause, sont peu graves, mais encore ne faut-il pas les entretenir indéfiniment. En tous cas, jusqu'à six ans au moins, il faut absolument proscrire le tartre stibié.

Bien que les tisanes soient très démodées, beaucoup de familles en réclament enc(»re pour leurs enfants malades. Outre les tisanes simples, on peut choisir une des tisanes composées suivantes :

1° Racines de polygala / , , ^

Fleurs de coquelicots ^ "^ ' ° '

Faire infuser pendant une demi-heure dans

Eau bouillante 1 litre

Édulcorer avec

Sirop de capillaire 40 gr.

2« Racines d'année \

Feuilles de lierre terrestre àà 10 »

Fleurs de tussilage

Eau 1 litre

Edidcorer avec

Sirop de Tolu 40 gr.

Les sirops béchiques, dans lesquels entrent en proportions variables l'eau de laurier-cerise, l'opium, la belladone, le baume de Tolu, sont l'accompagnement ordinaire des tisanes.

Les pâtes pectorales les plus usitées sont celles de lichen, de jujube, de guimauve, de réglisse. Il n'en faut pas permettre l'abus pour prévenir la dyspepsie.

Les juleps, les looclis et même les laits de poule servent d'excipients aux médicaments actifs.

Les trois médicaments vraiment actifs sont : YopiiDii, l'alcoolature de racines d'aco;i(i,et l'eau de hmrier-cerise.Ce dernier médicament est très bien supporté par les enfants. L'aconit doit être surveillé. surtout quand il s'agit dé lèinture de racines, la plus active. Quant à l'opium, il ne convient qu'après la première année ; on enqiloie le sirop diacode, le sirop de codéine.

C'est au symptôme toux (jue s'adressent particulièrement les

174 BKOXCHITKS AUÎLES

opiacés et l'aconit. Certaines variétés de bronchites, par leur siège ou h cause du tempérament du malade, provoquent la toux avec une intensité extrême. Ainsi la trachéo-broncliite, la broncliite chez les enfants hi/stèriqaes et uérropathes. La toux est inévitable dans la bronchite ; elle est à un certain degré utile, puisqu'elle est un moyen naturel dediminuermécaniquementrallluxsanguinetdeproduire l'expectoration; mais, quand elle est excessive, elle empêche le sommeil, fait naître la congestion du cerveau et détermine la céphalalgie, peut troublerraliinentation et provoquer les vomissements après les repas. On doit donc alors la modérer. La belladone est souvent préférable aux opiacés chez les enfants qui, toute proportion gardée de poids, supportent mieux la belladone que l'adulte. 11 ne faut pas cependant négliger de surveiller la dilatation pupillaire, la sécheresse de la gorge, la rougeur scarlaliniforme des téguments.

Un bon médicament est lextrait de jusquinnie ; on peut le donner à la dose de 1 à 5 cenligr.

Les inhalations de vapeurs d'infusions narcotiques ou émollientes (eau de guimative et pavot), les fumigations balsamiqueset aromatiques (teinture de benjoin) peuvent être utilisées.

On peut chercher à faire cesser le cliatouillement pharyngien qui précède et provoque lesquintesdetouxpar des attouchements dufond de la gorge avec une solution decoca'ine ou de bromure de potassium. Comme N. G. deMussy, on pourra se servir encore de la muqueuse nasale pour faire absorber les calmants, et faire aspirer par chaque narine, dans des cas rebelles, plusieurs fois par jour, une pincée de la poudre suivante :

Poudre de gomme arabiquo 10 gr.

Poudre de racine do lielladoiic 0 gr. 05 à 0,25 cenligr.

Chlorhydrate de morphine 0 gr. 01 à 0,05 centigr.

Le bcnzoafp de soudo (tiré du benjoin, et non préparé avec l'acide hippurique) est im bon médicament t\ employer dans les bronchites. Je l'associe aux uns ou aux autres des calmants précités dans une formule du genre de celle-ci :

iJouzo.ilf de soude (du benjoin) 1 ;'i 4 gr.

Sirop (li.icixh- 5 à 30 gr.

Eau df jjiurici'-fi'risi' .'» à lO gr.

Alcoolnltu'c (le racines d'iK^oiiit 1 ;'i X gouttes.

.Iiil('|) ;4niiim('n\ (>0 à 120 gr.

Ou ('uq)l(iifi'a comme n'-vulsifs les cataplasmes sinapisés, les badigeonnages à la teinture d'iode, les ventouses sèches. On n'enqdoicru jamais le Ihapsia. .l'ai renoncé tout h fait au vésicaloirc.

'llliONCHlTKS COXGESTIVE, CAlMI.I.AIlii; 175

Pour modllier la, sécrétion bronchique, quand Texpecloration est très grasse et très abondante, l'oxyde blanc dantimoine, de préférence au kermès, remplit l'indication ; on le donne à la dose de 0,20 à 0,80 centigrammes, selon l'âge de l'enfant. On peut employer encore le polygala (sirop, teinture).

Quand la résolution complète se fait attendre, les balsamiques interviendront à propos, le sirop ou l'émulsion de baume de Tolu, de bourgeons de sapin, de goudron, de térébenthine, la terpine.

Les eaux minérales sulfureuses à faibles doses, un verre à bordeaux dans une tasse de lait, chaque jour, peuvent aussi rendre des services. Chez les enfants scrofuleux surtout, dont les bronchites sont longues et tenaces, les sulfureux sont utiles.

On en augmentera l'efiicacité par Ihuile de foie de morue, le sirop iodo-tannique.

Bronchite congestive. — Quand la bronchite s'accompagne de poussées de congestion pulmonaire, il faut insister sur les révulsifs : larges cataplasmes sinapisés enveloppant tout le thorax ; ventouses sèches en nombre suffisant pour couvrir la poitrine en avant et en arrière. On peut les réitérer aussi souvent que le besoin s'en fait sentir sans aucun inconvénient.

L'ipéca, manié avec prudence, modère l'élément congestif.

Mais un moyen plus énergique consiste à envelopper le thorax dans des compresses froides recouvertes de ta.iïetas gommé ; on renouvelle cet enveloppement humide d'abord tous les quarts d'heure, puis de demi en demi-heure. (Voir page 18.3.)

Bronchite capillaire. — Le traitement doit être surtout prophylactique ; surveiller toute inflammation qui tend à gagner les bronches de petit calibre et combattre les poussées congestives avec l'ipéca, les ventouses sèches et les grands cataplasmes sinapisés, l'enveloppement froid du thorax.

Mais, dès que l'adynamie se manifeste, et surtout si les symptômes d'asphyxie apparaissent, c'est aux excitants eia.\.\xstimulaiits diffusiblcsqn'û faut avoir recours: en particulierà l'acétated'ammoniaque, à la teinture de cannelle, àlaliqueur d'Hoffmann (éther) . à la strychnine ; et surtout à l'alcool qui, sous forme de 40 à 60 gr. de vieille eau-devie par jour, dans des gi'ogs. sous forme de Champagne ou de vin de Malaga coupés deau, est le remède indispensable.

Il faut aussi sans tarder pratiquer des injections hypodermiques d'éiher et de caféine alternativement.

On ne négligera pas les frictions sur les extrémités inférieures avec l'alcoolat de Fioraventi, les bains sinapisés très courts.

17G HRONCHITES CHHOMQLKS

Les nourrissons doivent être plutôt tenus dans les bras que laissés dans le dt-cubitus.

Les indications relatives aux bains froids ou ticdcs seront exposées à l'article BnoxcHO-pxEUMO.ME.

BRONCHITES CHRONIQUES. — Lorsqu'on est appelé à soigner une Itroncliilo chez un enfant {|ui en a déjà eu plusieurs, il y a lieu de se demander d'où vient celle tendance aux récidives. La même question se pose au sujet de la cause qui fait qu'une bronchite se perpétue au delà du temps ordinaire, tourne à la chronicité.

La réponse à ces questions sera obtenue par l'examen des divers organes et appareils, par une enquête sur les maladies antérieures, sur l'hérédité, sur l'hygiène de l'enfant.

11 est logique de commencer par l'examen des voies respiratoires.

D'abord, les fosses nasales et le pharynx devront être explorés.

Il est fréquent de voir des bronchites à ré[)étilion chez des sujets ayant de la rhinite chronicjue. du catarrhe chronique et des végétations du pharynx nasal. C'est en créant une imperméabilité du nez et en obligeant l'enfanta respirerhabituellemcnt parla bouche (jue lesmala dies des fosses nasales favorisent l'apparition des catarrhes bronchiques. On s'efforcera donc derétablirla perméabilité des fosses nasales par des lavages appropriés avec l'eau boriquée saturée tiède, ou mieux pardesapplicationsbi-quotidiennesdevaselineboriquéeà 1/10. par des cautérisations avec le galvano-cautère ; on combattra la pharyngite par les attouchements avec des solutions iodo-iodurées ; s'il y a des végétations adénoïdes du pharynx nasal, on les enlèvera.

La bronchite peut être provoquée ou enlretenue par une alTeclion chronique du poumon, de la plèvre ou du médiastin. II faudra donc s occuper de porter directement les efforts tliérapeuliques du côté de l'organe primitivement atteint. Ainsi l'adénopathie trachéo-broncliique, (|ui ré.sulte le plus souvent de poussées réitérées de bronchite, peut par un cercle vicieux contribuer à en provoquer de nouvelles ; l'cxistencedune pleurésie chroniipie, d'une sclérose du poumon fourniront des indications tliérapeuticpies. L emphysème, qui résulte de la broncho-pneumonie, des accès d'asthme nombreux, engendre et entretient le catarrlie bronchiipu'.

C'est parla persistance d'un agent infectieux au fond des bronches dilatées f|ni; sexpliipie la reviviscence périodique de la bronchite chez des siijt'ts ayant en delà broncliei'lasic à lasnitednne cocpu'lnciie prolongée, d'nnt; broncluj-piu'uinonie de longue durée. On soumettra dés lors le malade à une antisepsie aussi complète <pie possible par

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