‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 49 sur 189 · CÉPHALÉE DE CROISSANCE · texte numérisé non relu

CÉPHALÉE DE CROISSANCE

un peu de dyspepsie, des rapports anormaux entre les différents éléments dans la composition des urines, divers troubles nerveux : lassitude constante, apathie, diminution de la mémoire, etc. Chacun de ces troubles pris isolément, étant trop peu accusé, n'explique pas à lui seul la céphalée, mais leur réunion prouve que l'organisme tout entier est en soufîrance, que plusieurs parties du système nerveux se plaignent, que la nutrition intime de la cellule est défectueuse.

Une enquête attentive sur les conditions dhygiène du sujet révélera d'ordinaire quelles sont défectueuses de quelque manière : trop de sédentarité, cest-à-dire, trop peu d'air pur et de lumière, trop peu de mouvement, une alimentation mal comprise, quehjuefois insulli* santé d'une manière absolue, plus souvent mal réglée, n'offrant pas les matériaux les plus nécessaires à l'organisme en voie d'accroissement et en particulier le phosphore.

Si on fouille les antécédents de famille, on rencontre presque toujours les tares de la famille neuropathologique, le plus souvent l'hystérie et les diverses névroses, et même l aliénation mentale ; assez souvent l'alcoolisme du côté paternel s'y trouve associé aux névroses du côté maternel.

Alors une voie nouvelle sera ouverte à la thérapeuti(pie : il faudra se proposer de corriger toutes ces défectuosités de 1 hygiène alimentaire et générale.

Pour l'alimentation on se conformera aux indications données page 40. On fera suspendre tout travail intellectuel pendant plusieurs semaines au moins. L'enfant sera envoyé à la campagne, et de préférence à la montagne dans une altitude modérée (GOOà i,(>00 m.). Stimulations cutanées. Hydrothérapie.

Comme médicaments, on donnera nlternntivemenl les phosphates calcique, sodique et potassique ; l'arsenic, le tartrate ferrico-potassique; de temps en temps la strychnine.

T.irtralc l'fiTico-polassique 10 grammes.

IMiosphale de soiule 15 »

Phosphate de potasse ir> »

Sirop d'écnrces d'oranges 200 »

"Vin de Banyuls SUO o

lu verre ;i liqiieiii' ou à inadêrc e/ lu fui îles re|(as.

.Sulfalc (h; slry<'hnine là 4 cLMiligranunes.

Phospijate de suiide 5 à 10 granmies.

Eau 100 »

I)('iix a trois cuillerées à cnfr p.ir jour, eliacuiu: conleniinl un th-miinilligraunne à '1 milligramnies de sel stryeiini(|ue.

CIÎPHALKMATOMI-, CERVEAU 193

CÉPHALÉMATOME. — On appelle de ce nom une bosse sanguine formée au niveau du crâne, et plus spécialement celle qui est due aux violences exercées sur le crâne au moment de l'accouchement. Son siège de prédilection est la bosse pariétale gauche. Le traitement se bornera à protéger la bosse sanguine avec un peu d'ouate, la résorption spontanée étant à peu près constante. Si elle tarde trop on pourra. lorsque l'enfant sera âgé de quelques semaines, faire l'évacuation par une incision antiseptique.

Chez l'enfaiit, on observe quelquefois, à la suite de contusion, des bosses analogues, également sous-périostiques ainsi qu'on s'en rend compte par la constatation d'un bourrelet périphérique continu avec l'os et franchement fluctuantes. Il n'est pas rare qu'on les prenne pour des abcès froids et qu'on les incise comme tels, ce qui est inutile, mais ce qui n"a pas d'inconvénient si l'on opère aseptiquement ; et cela évite la lenteur toujours grande de la résorption. Kn règle générale, le traitement se bornera à la compression ouatée.

CERVEAU. — i" Lésions trauraatiques. — En dehors des considérations communes à l'enfant et à ladulte, signalons la fréquence des lésions du cerveau, avec issue de matière cérébrale, dans les fractures du crâne chez l'enfant : le traitement est celui de ces fractures (voyez Crâne) et la plaie cérébrale est, au point de vue opératoire, reléguée au second plan. Les corps étra-ngers^ sauf indication spéciale, ne seront pas recherchés s'ils ne sautent pas, pour ainsi dire, immédiatement aux yeux.

2° Abcès. — Les abcès du cerveau sont de deux variétés, suivant qu'ils sont consécutifs à un traumatisme ou à une suppuration des os du crâne, à une otite moyenne surtout. Au point de vue symptomatique, ils sont de deux ordres, selon qu'ils portent ou non sur une zone répondant à des localisations fonctionnelles connues.

a) Les nbcès cV origine traumatique ne seront que rarement ouverts par un chirurgien qui se guidera sur les signes de localisation. On les reconnaîtra la plupart du temps à la fièvre accompagnant des symptômes cérébraux diffus, et on ira à leur recherche en ouvrant soit la plaie, soit la cicatrice. Quelquefois cependant, s'il existe des signes nettement en désaccord avec le siège de la lésion traumatique extérieure, on sera autorisé à trépaner de parti pris en dehors de cette lésion, en se fondant sur les données de la topographie crâniocérébrale.

6) Les abcès cVorigine auriculaire siègent presque toujours dans une zone latente du cerveau (lobe temporal ou cervelet). On les sopu-

THKi;Ai'i;i-Ti(iri-. ini-a\tii,e. i;;

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çonnera en constatant, chez un enfant atteint d'otorrhée chronique, des accidents cérébraux (céphalalgie, coma, convulsions) accompagnés do fièvre. On commencera, dans ces conditions, par trépaner l'apophyse mastoïde (voyez ce mot), où la rétention du pus peut causer des symptômes analogues ; et si les accidents persistent, on trépanera le crâne. Chez Icnfanl, vu le peu de hauteur de l'apophyse mastoïde, on se souviendra que l'abcès est presque toujours temporal, et non cérébelleux. On a conseillé, pour le trouver, de trépaner à environ 1 cent. 1/2 à 2 cent, au-dessus et en arrière du conduit auditif externe, par conséquent par une couronne de trépan indépendante de la brèche déjà faite à la masto'ide. Mais de la sorte, outre l'inconvénient de pratiquer sans nécessité deux trous au crâne, on passe au-dessus de la poche, â peu prés constamment située entre l'os et la dui'emère et sei'vant d'intermédiaire entre la lésion auriculaire et la lésion cervicale ; or, pour obtenir un résultat durable, il faut drainer également cet abcès. Enlin, s'il est nécessaire d aller vers le cervelet, il faudra une troisième trépanation. Or les faits démontrent que par la voie masto'idienne, en se laissant guider au fur et à mesure par les lésions osseuses constatées, on peut drainersuivant les besoins l'abcès sousdural, l'abcès cérébral et l'abcès cérébelleux. Outre les cas où un pertuis fistuleux conduira jusque dans l'encéphale, on explorera les centres nerveux lors(pi'on verra la dure-mère bomber sans battements au fond de la brèche osseuse.

Quelle que soit la variété de l'abcès, ou va à la recherche du pus à l'aide d'un trocart. Quand on l'a trouvé, on débride, puis on draine. Le drainage de ces cavités doit être très prolongé.

'6" Tumeurs. — Les tumeurs cérébrales sont (luelipu'fois justiciables d'un traitement chirurgical, qui ne s'applitpie naturellement qu'aux cas où la lésion occupe une zone ù localisation comme (voyez l'!iMLi:i>siK jacksomk.n.nk). On est alors parfaitement autorisé à pratiquer la trépanation exploratrice et à agir contre le néoplasme si on croit que c'est possible et prudent. Los cas les plus favorables sitnt ceux où l'on rencontre une poche kystique que Ton ouvre et que l'on draine. Il en est ainsi dans certaines hémiplégies spasmoditpies infantiles où l'atrophie cérébrale s'est (-(nupliiiuée d'une formation kystique qui, s'accroissant et comprinuint le cerveau, cause des accidents dépilepsic jacksoniennc surajoutée.

4" Hémorrhagie. — L" jdus snuvent impossible à diagnosti(|uer, (picl(|uuf(»is latente, elle se traduit, au cours d'une maladie jiriinilive des cenires nerveux (thrombose des sinus, méningite, etc.), d tine dyscrasie béniurrhagi[)are, d'une alTection amenani la stase

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veineuse dans l'encéphale (coqueluche, adénopathie comprimant les veines du thorax et du cou), par le coma, les coxvulsions, les contractures, exceptionnellement l'HÉMiPLÉciiE (voyez ces mots).

5° Hydrocéphalie, Encéphalocèle, Méningocèle. —Voyez ces mots.

6" Sclérose. — Diffuse et aboutissant à l'hypertrophie du cerveau, ou engendrant l'atrophie lobaire et la porencéphalie, elle peut se traduire cliniquement par Tidiotie, par I'hémiplégie spasmodiqle, le tares spasmodique. les convulsions épileptiiormes^ Iathétosk (voyez ces mots).

La période d'excitation (irritation cérélyrale. J. Simon) qui précède souvent ces divers symptômes, commande l'institution d'une hygiène particulière (écarter toutes les influences extérieures et alimentaires capables d'exagérer l'excitabilité nerveuse, éviter la constipation) ; soumettre l'enlant à l'usage fréquent des bains tièdes de tilleul, des bromures, des préparations de valériane.

Les iodures, à doses faibles, par cures successives de quelques semaines, seront essayés.

7" Tubercules. — Quand on aura des raisons d'en soupçonner l'existence, on fera vivre l'enfant à la campagne, dans les meilleures conditions d'hygiène, sans aucune excitation intellectuelle. On instituera la suralimentation, on donnera alternativement l'huile de morue créosotée, l'iodure de potassium, le calomel.

CHLOROSE. — Lorsqu'on constate, chez unetillette au moment de la puberté, ou même de 6 à 10 ans, dans les familles où la chlorose se montre héréditaire, les symptômes rationnels et les signes physiques de l'anémie, il faut d'abord s'assurer qu'il n'existe aucune de ces anémies symptomatiques d'une maladie organique (poumon, cœur, tube digestif) qui peuvent en imposer pour la chlorose. Il est utile de compter les globules, de doser l'hémoglobine, afin de juger l'intensité de la lésion sanguine et de pouvoir suivre par des examens ultérieurs les progrès et les temps d'arrêt dans la réparation.

Le traitement ne doit pas se borner à administrer du fer, bien qu'il soit prouvé que l'intervention de ce médicament est indispensable à la guérison rapide et surtout définitive (Hayem).

Il y a lieu de considérer sous quelle forme le fer doit être prescrit, à quel moment de l'évolution morbide, quelle médication doit précéder la médication martiale, pour lui assurer le maximum d'activité, ou l'accompagner, pour en assurer la tolérance.

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