‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 50 sur 189 · CHLOROSE · texte numérisé non relu

CHLOROSE

Presque toutes les chlorotiques sont dyspeptiques, mais il y eu a qui le sont à un degré assez faible pour qu'on puisse espérer que le traiten)ent direct de la chlorose fera disparaître cette légère dyspepsie, sans qu'il soit nécessaire d'opposer à celle-ci un traitement spécial et préalable. La plupart des clilorotiqu3s ont une atonie gastrique, qui va souvent jusqu'à la dilatation de l'estomac, accompagnée d'hypochlorhydrie. Quelques-unes cependant ont une hyperchlorhydrie, au moins inlcrmillenle, avec crises douloureuses paroxystiques quand l'eslomac est à 1 état de vacuité ; celles-ci sont exposées à l'ulcère de l'estomac. Il pourra être utile dans les cas douteux d'explorer le chimisme stomacal, mais jamais lorsqu'on peut craindre qu'il y ait un ulcère gastrique.

Aux chlorotiques qui ont l'atonie gastrique et les symptômes d'hypochlorhydrie — lenteur de ladigeslion sans douleur pendant les trois ou quatre premières heures, puis éructations fades ou aigres ou nidoreuses, quelquefois douleurs tardives (4 à 5 heures après les repas) dues à la formation des acidesorganiquesau sein des résiduschymeuxslagnantsdans l'estomac inerte, — àcelles-là conviennent : 1° avant les repas les amers simples (gentiane, quassia), ou les excito-moteurs de la contraclilité des libres musculaires lisses (strychnine, brucine, sous les formes de gouttes de Baume ou de teinture de noix vomique) ; 2" à la (in des repas ou une demi-heure après, la limonade chlorhydrique au titre de 3 ou 4 gr. pour 1000, et à une dose variant du verre à bordeaux au grand verre.

La limonade chlorhydrique peut être aspirée avec un tube de verre ou un chalumeau, si on vent protéger les dents, dont l'émail est très sensible à son action ; ou bien l'ingesliou peut être suivie d'un rinçage de la bouche avec une sohition ah-aliac.

Aux chlorotiques avec gastreclasie peuvent convenir le napbtol, le salicylate de bismuth, l'eau chloroformée 3 à 4 heures après le repas.

Aux chlorotiijues chez qui il y a lieu d'admetlre l'byperchlorhydrie on doiuiera le bicarbonate de soude et les poudres absorbantes antiacides, une heure et demieou deuxhcures après le repas, sans craindre de pousser jusqu'à la dose ellicace jxmi' faire cesser la gastralgie.

Bicar])onalc do soude ■

Craie préparée I àà .'5 j^|-;iiiiin,.s. Mrli'/. pDiii- fairo 10 carluMs.

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Le choix cb'S iilimciit.-i reposera sur ce ddidtlf jtrincipe : laisser la clili)i(iti(pie numger ce ipii la leulc, liorniis les cas où il y aurait

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imprudence notoire (friture, acides en cas d'hyperchlorhydrie). L'alcool, le vin pur et, par suite, tous les élixirs sont nuisibles aux clilorotiques gaslropatlies ; le lait, pur ou coupé d'eaux alcalines, la bière leur conviennent mieux.

On veillera à ne pas épuiser le peu de forces dont disposent ces malades en leur imposant, sous prétexte d'exercice, de longues promenades ou de la gymnastique. Le repos au grand air, et parfois la position horizontale après les repas, de courtes promenades graduées en terrain plat leur conviennent mieux.

Les frictions générales, sèches et aromatiques, quotidiennes faciliteront la circulation cutanée, combattront la tendance au refroidissement, stimuleront les centres nerveux par voie réflexe.

Une grave erreur, trop répandue, consiste à envoyer les chlorotiques au bord de la mer ou dans des altitudes excessives ; le résultat en est généralement une aggravation rapide de Fasthénie, une destruction croissante des globules. La plaine d'abord, puis les forêts, plus tard des altitudes niédiocres, 500à 600 mètres, quand lamaladie est en voie de guérison ; voilà ce qui leur convient le mieux.

Les inJialations d'oxygène sont utiles, et aussi les bains d'air cornjirimé dans les villes où existent des établissements d'aérothérapie. Jai vu des guérisons remarquables, rapides et définitives, par cette cure d'air comprimé, dans des cas où les autres traitements avaient échoué ou n'avaient pu empêcher les rechutes.

Arrivons au fer. Les règles qui doivent présider à son administration sont le choix d'une préparation facilement assimilable, la nécessité de varier les préparations (il n'en est aucune qui puisse continuer à être utile jusqu'à la fin de la cure), la précaution de faire toujours prendre le fer au milieu des repas, pour préserver autant que possible la muqueuse gastrique de son contact.

Les préparations à base de chlore, leprotochlorure ferreux, le perchlorure de fer sont parmi les bonnes.

M. Hayem, après bien des essais, est arrivé à la conviction que le protoxalateestdes meilleures. Les sels ferreux à base d'acides organiques sont très avantageux : tartrate ferrico-potassique, teinture de Mars tartarisée, citrate, lactate de fer. Les préparations à base de peptones ont été fort vantées. Le fer réduit a donné de bons résultats.

Les eaux minérales ferrugineuses. Forges. Spa. etc., peuvent être utilisées.

La constipation doit être surveillée et combattue par les laxatifs végétaux (cascara, rhubarbe, podophyllin), parles excito-motours de la contractilité intestinale, qu'on associe aux ferrugineux et par les irrigations du gros intestin.

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Teinture de Mars tartarisée 10 gr.

Extrait iluide de cascara sagrada ô »

Teinture décorées d'oranges 5 »

Gouttes amères de Baume '2 »

Donner 10 à 20 gouttes de cette mixture dans un peu d'eau sucrée ou d'eau rougie.

Tarlratc ferrico-potassique 5 gr.

Extrait de noix voniiquf 1 »

Extrait de gentiane . / . . „

Extrait de rhubarbe ^

F. s. a. 100 pihiles. En donner 1 à f> pai'jour en 2 ou 3 fois.

U hydrotliérapic est un précieux auxiliaire, depuis la lotion froide et le drap mouillé, jusqu'à la douche en jet simple ou brisé. Cependant il faut en être ménager chez les chlorotiques trop débiles ou trop excitables. Les bains sulfureux et salés rendent aussi de grands services. Mais j'ai dit qu'il fallait se défier des bains de mer.

CHOLÉRA INFANTILE. — On peut voir apparaître le svndronie cliolériforme tantôt brusquement chez un enfant en apparence bien portant, tantôt insidieusement dans le cours dune diarrhée jusque-là bénigne. Le choléra infantile est le syndrome cliin'que révélateur d'une intoxication causée soit par un bacille pathogène décrit par Lesage, soit par le bacterium coli commune devenu virulent.

L'observation journalière démontrant avec évidence que le choléra infantile ne frappe guère que les enfants soumis à l'alimentation artificielle, la meilleure propJiyhixio consiste à faire prévaloir l'allaitement au sein, à éviter le sevrage prématuré ou brus(iuc. Si l'enfant est nourri au sein, il faudra obtenir que la mère ou la nourrice lave le mamelon avant chaque tetéc avec l'eau boriquée, qu'elle ne laisse l'enfant leter ni plus souvent ni plus longtemps qu'à l'ordinaire, lorsque, sous l'influence du travail de la dentition ou d'une indisposition quolcfuique. il est tourment»' par la soif. Mieux vaut en pareil cas le rafraîchir avec quelques cuillerées d'eau de Vais fraîche. Si l'enfant est au biberon . il faut n'employer que le lait stérilisé ou tout au moins bouilli, conservé dans un endroit frais, dans des vases dont la propreté soit minutieuse, c'est-à-dire lavés préalablement à l'eau bouillante.

Que les accidentschnh'-ri formes d(''I)utent brusquement en j)lei ne santé ou au cours de troubles digestifs déjà existants, les indications thérapeutiques sont : 1" de suspendre l'alimentation par le lait ou par tout'- autre substance alimentaire de nature à fournir de la matière

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