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EXAMEN DE LA NOURIUCE AU POINT DE VUE PATHOLOGIQUE

quefois la syphilis ; si vous percevez l'odeur propre à l'ozène, vous serez dispensé de pousser plus loin rexamen.

En mènie temps vous avez palpé la nuque et la région cervicale pour y chercher l'état des gangUons et vérifié l'absence de cicatrices écrouelleuses.

La bouche et la gorge valent un examen attentif.

J'attache beaucoup d'importance à l'état de la dentition : avec une dentition en mauvais état il est rare qu'on ait un bon estomac et des digestions correctes ; d'ailleurs, l'existence d'une carie dentaire réserve à la nourrice des fluxions et des névralgies, très capables de troubler de temps en temps son appétit et son sommeil, ce qui est préjudiciable à l'enfant.

L'hypertrophie aniijgctalienne très développée n'est pas sans inconvénient, parce qu'elle appelle les angines aiguës à répétition (|iii causent un vrai trouble de la santé pendant plusieurs jours.

La recherche des plaques muqueuses buccales, ou de la gorge, est élémentaire.

Si l'auscultation du cceur révèle une affection organique mitrale ou aortique bien caractérisée, c'est un cas rédhibitoire.

Mais c'est l'examen de Vappareil respiratoire qui importe surtout. Il faut écarter absolument toute nourrice suspecte de tuberculose, non seulement celle qui présente des signes de lésions avancées, des craquements après la toux, par exemple, mais même celle qui n'est atteinte que de tuberculose commençante. D'après les travaux de mou maître, M. le professeur Grancher, l'existence d'une inspiration faible, rude et basse à un sommet, alors môme qu'il n'existe pas encore de submatité, suffit à faire soupçonner la germination de tubercules. Admettons qu'à un premier examen cette nuance d'auscultation puisse être trop délicate à saisir ; mais, si on trouve la matité, l'exagération des vibrations vocales, la bronchophonie, l'inspiration râpeuse et saccadée, l'expiration prolongée, il ne faut pas accepter une telle nourrice. C'est son intérêt d'une part, car les fatigues de l'allaitement aggraveraient son état. D'autre part, c'est l'intérêt de l'enfant ; car, s'il est vrai que les bacilles ne passent en général dans le lait qu'au cas de lésions tuberculeuses des conduits galactophores, lésions relativement rares, les toxines tuberculeuses peuvent passer dans le lait. D'ailleurs le lait des femmes tuberculeuses « perd une grande partie ou la totalité de son sucre, est moins riche en graisse et en caséine » et devient peu propre à nourrir un enfant délicat (West).

Le moment est venu de faire étendre la nourrice pour palper l'estomac, qui ne doit pas être douloureux à la pression (ce qui doit faire soupçonner de la gastrite), ni donner lieu à un brait de clapo-

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tage dans une limite trop étendue, parce qu'une grande dilatation de l'estomac est rarement compatible avec une santé parfaite; — le foie, qui ne doit pas être trop gros ni trop sensible à la pression (présomption délliylisme). — les régions hypogaslrique et ovariennes, où la palpalion pourra faire soupçonner quelque affection de l'u/erus ou de SCS annexes, dont le toucher vaginal donnera au besoin la confirmation, — enfin les régions inguinales au point de vue de la recherche des pléiades ganglioiuiaires.

On aura examiné les téguments au puint de vue des éruptions syphilitiques ou des cicatrices suspectes.

Il n'est pas inutile do se préoccuper de l'existence des stigmates hystériques; ydï connu une famille à laquelle une nourrice, dont l'hystérie grave n'avait pas été soupçonnée, a causé les ennuis les plus grands.

Ajouluns, pour être complet, que l'analyse des urines devra être faite lors de l'examen de contrôle, quand la nourrice aura été installée dans la famille.

Mais, me dira-t-on peut-être, tout cet examen est bien long, et d'ailleurs quelle nourrice pourra trouver grâce devant vous, si vous èles si minutieux et si exigeant"? — D'abord cet examen peut être en réalité fait en un quart d'heure, si on a quelque habitude de la cliniijiie. Ensuite il ne faut pas oublier que la responsabilité qui nous incombe est considérable, au moins moralement, et que nous avons le devoir d'être exigeants, au nom des familles.

Il;>f|ién«* nlinirnlnire «l<>s iioiirriees <>t «les nit^rcw qui nlIniteiK.

II serait 1res inijH)rliint (|Uf le médecin cuninH exactement les modifications «pie peut subir la conq)osition du lait par suite do l'alimentation, des niiiladios ol de l'usage dos médicaments. Malheur-eusemcnt cette étude est médiocrement avancée, malgré les rocherches fxpérinionlalrs [)ar lescpiolK's un a chcrcht' à c»)nq)lêli'r les modestes résultats accpiis par l'obsorvalitui.

Influence de l'ulinu-nlulion et <les digestions de la nourrice sur lacomposition du Init. — La (luantité des aliments et leur rii-hesse en prin<ii)<'S nutritifs ont corlainomont di- I inlliionco sur l'abondance du lait.

La pratique journalière nous fiiil voir ces |)auvrcssos maigres aux soins vifjos, (pii viennent aux hi'tpit.iux (Tenfanls montrer aux nu''decins de petits affamés, qu'elles ne peuvent jilus nourrir, j)arco (pie l'insufii>ance d'aliments a tari leur lait.

INFLUENCE DE l'aLIMENTATION SUR LE LAIT 19

Par contre, quand une alimentation brusquement plus substantielle est donnée à une nourrice jusque-là piètrement alimentée, la quantité totale de son lait ne tarde pas à augmenter. La caséine et le sucre sont en plus forte proportion; pour faire augmenter le beurre et les albuminoïdes, il faut plutôt compter sur une alimentation modérée que sur un régime très plantureux. Car, si on donne une nourriture surabondante à une nourrice, on l'expose à éprouver promptement des troubles dyspeptiques et le résultat de la suralimentation est inverse de celui qu'on cherchait : la santé de la nourrice est moins bonne, elle maigrit tout en mangeant beaucoup, son lait cesse d'être aussi abondant et en outre il devient nuisible à l'enfant.

Le lait de femme trop riche en matières grasses peut exercer une influence fâcheuse sur l'état de santé du nourrisson ; or. une alimentation copieuse et trop exclusivement azotée augmente considérablement la teneur du lait en matières grasses, diminue la proportion de sucre de lait et influe peu sur les autres éléments constituants. Il est possible que les boissons alcooliques, la bière notamment, aient des effets analogues. Au moyen d'un régime modérément azoté, on peut donc modifier jusqu'à un certain point un lait trop gras et le rendre plus assimilable pour l'enfant.

Malgré l'intérêt qui s'attache à certaines données expérimentales, recueillies par les éleveurs au sujet de linfluence exercée sur la qualité du lait par la nature des aliments, comme il règne un désaccord assez accentué entre les divers observateurs et que les résultats acquis demeurent vraiment trop vagues, le médecin praticien ne peut guère jusqu'ici les appliquer à l'alimentation des femmes qui nourrissent.

Ce qu'il y a donc de plus raisonnable à dire sur cette matière jusqu'à plus ample informé, c'est que l'alimentation des nourrices doit être conduite de manière à ce qu'elles se portent aussi bien que possible. Il n'est pas nécessaire qu'elles mangent beaucoup ni qu'elles engraissent. Mais il ne faut pas qu'elles maigrissent, et pour cela il faut qu'elles digèrent parfaitement et assimilent correctement.

On devra se préoccuper de mettre leur alimentation en harmonie avec leur passé et leur genre de vie présent. Quand la nourrice est une paysanne venue à la ville pour se placer, il faut songer que l'appétit très développé qu'elle avait aux champs pouvait alors être satisfait sans inconvénient, parce que l'exercice et les travaux physiques au grand air soutenaient sa capacité digestive et le taux de sa nutrition. Alors elle pouvait impunément, elle devait même, pour faire de la chaleur et de la force mécanique, ingérer surtout des hydrates de carbone, des féculents, du lard et du pain. Mais quand elle est enfermée à la ville dans un appartement, ne faisant plus que des promenades,

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c'est-à dire dépensant pen de force physique, il convient plutôt que son alimentation soit bien équilibrée, sans prédominance des aliments qui font la force et la chaleur : il lui faut de la viande, mais aussi certains léo-umes verts très cuits, certains fruits pour combattre la cons • tipation qu'engendre la sédentarité. 11 faut proscrire surtout les excitants, les faux toniques, le café comme les liqueurs et le vin pur. Le vin coupé d'eau aux trois quarts et la bière conviennent comme boissons ; la quantité n'en peut être rationnée exactement, leurs habitudes antérieures portent sfénéralement les nourrices à user de boissons abondantes. 11 faut obtenir autant que possible que ces boissons soient prises à intervalles réguliers, au moment des rt'pas et non pas au hasard des caprices (1).

(1) Conseil» à donner a tix parents à projets des nnurrices sur lieu. — Les bonnes nourrices, devenant de plus en plus rares dans les grandes villes, se montrent (le plus en plus exigeantes pour leurs gages. Les frais nécessités par les bureaux de placement augmentent encore la somme d'argent à dépenser, si bien que le médecin de familles médiocrement fortunées hésite de plus en plus tk conseiller de changer une nourrice, quand elle n'est pas très mauv:iise. Il faut donc tâcher de conserver autant que possible les nourrices dans les places où files sont entrées, et, pour obtenir ce résultat, il faut éclairer les familles sur le meilleur moyen de faire •m'une nourrice bonne ne devienne pas médiocre, ou qu'une médiocre ne deviinuf pas mauvaise.

Or, nous avons tous vu ce phénomène se produire sou-: nos yeux : une femme qui entre dans ime place avec un lait satisfais.int lomme (juantité et comme qualité, mais qui, au bout de quelques semaines, de trois mois au plus, ne suffit plus ;\ sa tâche. Qu'est-il arrivé ?

Très souvent cette transformation fâcheuse a été l'ouvrage inconscient des parenis. Ils ne savent pas éviter un double écueil : traiter la nourrice comme un animal de louage, dont les sentiments ne sont pas à prendre en considération et auquel on n'est tenu qu'à donner une nourriture suffisante pour en tirer tous les services possibles: — ou bien modifier intemi)estivement d'une manière si radicale ses habitudes physiques, que sa santé s'altère et que sa sécrétion la té»' perd ses qualités, l'es deux sortes d'erreurs se commettent presque aussi communément dans des milieux sociaux d'ailleurs très différents.

La prtiiiicre chose que devraient faire des parents qui prennent une nourrice jxiur leur enfant, e'vi^i d'étudier et de tâcher de comj>rendre la nature j)hysique et morale de cette femme qu'ils introduisent â leur foyer. Nous avons le devoir non seulement de les y aider, s'ils nous le demandent, mais même de le faire, sans y être invités; car c'est l'intérêt <lu nourrisson qui est en jeu.

Il faut ne pas effaroucher la nourrice par un trop gran<l nombre de reconjmandationsct d'ohservationi» faites les premiers jours. Il faut n'imliquer d'abord que les prescriptions indispensables relativement aux heures des tétées et i\ la propreté des seins.

l'uis i»eu li peu on réfonnera ce qui est défectueux dans les habitudes alimentaire», dans les soins généraux du corps. Les observations doivent être faites avec bienveillance, mais avec fermeté.

En dehors de» n)orocnts où la nourrice donne le sein A son nourrisson et lui fait »»•« toilettes, il faut savoir l'oecuper sans la surmener : dans certjiins petits mrf'nnge» die e^t traitée eonime une Ijonne à tout faire ; il ne faut [«s non

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Quand la nourrice est la mère et que celte mère n'était pas douée dun excellent estomac avant son accouchement, il faut redoubler d'attention dans la surveillance de son régime alimentaire.

Recommandez la régularité dans les heures de repas; trois repas sufTisent en général; quelquefois à deux repas importants deux petites collations peuvent être adjointes, à la condition d'être légères : un œuf, une tasse de lait, ou bien quelques gâteaux secs et un verre de bière.

Il faut que la dentition soit bonne ou que des réparations dentaires soient faites pour permettre une mastication correcte.

Les viandes grillées, les purées de viande, les poissons bouillis, les purées de légumes secs, les pâtes, les farines, le riz très cuit, les œufs, le laitage, les crèmes, les marmelades de fruits l'hiver, les

plus la laisîer dan.s Foisiveté et le désccuvrement comme dans certaines familles riches.

Il est bon de s'intéresser à ses affaires, à la santé de son enfant à elle, afin de gagner sa confiance ; mais il faut se garder d'une complaisance excessive cjui dégénère facilement en exploitation, si la nourrice est une rouée capable de terroriser la famille par la menace permanente d'une retraite qui pourrait élre préjudiciable au nourrisson.

Nous devons en pareil cas, si les parents sont faibles par inexpérience, les avertir d'i danger des concessions trop fréquentes, parler avec sévérité à la nourrice et lui faire comprendre qu'on ne cédera pas à ses exigences et qu'on ne s'opposera pas à son départ.

En général il est préférable de faire manger la nourrice à part, si c'est possible, à des heures régulières ; si elle mange à la table des maîtres, elle sera souvent gênée pour peu qu'elle soit timide, parce qu'elle se sentira sans cesse surveillée ; si elle mange avec la cuisinière ouïes autres domestiques, elle risque de manger à des heures variables ou trop précipitamment. Elle ne doit pas manger avec son nourrisson sur les genoux ; il faut choisir un moment où celui-ci repose ; car ou bien la nourrice sera dans une situation incommode pour manger ou, si le nourrisson est déjà en âge de s'intéresser à l'alimentation, elle lui laissera prendre ou lui donnera, pour le faire taire en l'occupant, des aliments solides et parfois des plus indigestes.

11 y a des nourrices qu'on oblige à boire de la bière, quand elles ne l'aiment pas, sous prétexte que cette boisson leur donnera plus de lait ; ou bien on trouve des gens qui veulent leur imposer de la bière à un repas et du vin à l'autre ; la vérité consiste à prendre pour point de départ les habitudes antérieures et les goûts de la nourrice, s'ils n'ont rien d'excessif.

Il faut d'ailleurs leur donner l'exemple de la franchise et se bien garder d'organiser autour d'elles un système d'espionnage par l'intermédiaire des autres domestiques, système cher à certaines grand'mères et qui donne en généml les plus mauvais résultats.

Ce qui doit toujouis être exigé, c'est la propreté. Il est révoltant de voir une nourrice, qui traîne de longs rubans de soie à son bonnet, découvrir, pour donner le sein, une chemise sale et un coi set sordide, et passer sur les gencives du nourrisson un index dont l'ongle noir doit receler les germes de bien des stomatites.

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fraises, les pêches et le raisin dans la saison, tout cela convient à une nourrice. — Mais on doit lui interdire ou permettre rarement les rap^oùts épicés, les condiments irritants, la cliarciilerie, leltoudinla friture, la salade, les pâtisseries insuHisammenl cuites, les fruits crus de consistance trop ferme, comme la poire, la pomme, les noix ; les liqueurs et les boissons riches en alcool.

Chez des enfants dont les nourrices abusaient des boissons alcooliques, on a vu de lairitation, de l'insomnie, on a signalé même des convulsions, tous accidents (|ui ont disparu après la substitution d'une nourrice sobre.

11 sullit (pirl<piefi)is d'un écart de régime très passager de la nourrice pour incommoder assez sérieusement reniant.

Substances chimiques organiques et minérales, alimentaires ou médicamenteuses, qui passent dans le lait. — Si Yalcool ingéré en excès parla nourrice trouble la santé de reniant, est-ce parce qu'il passe en nature dans le lait ? Les expériences des physiologistes sur ce point ne sont pas concordantes.

D'ailleurs, la question du passage dans le lait des sulistances chimiques ingérées par les nourrices est très controversée

Ainsi la (piestion n'est pas tranchée de savoir si le gramme de quinine qui donne un goût amer au lait, existe dans le lait à l'état de quinine ou sous y\nc autre forme ; on ne décèle pas facilement dans le lait l'alcool, l'opium ou la morphine, tandis que des métaux et des niétallo'ides : fer, iode, mercure, sodium et potassium, s'y retrouvent avec assez de constance.

Fehling a été amenf'- à entreprendre sui- ce sujet d"inqi(U'lantes recherches à propos il un enfant (|ui mourut subitement après (pu^ la nourrice eût pris une très petite dose de morphine. D'après lui, on pont, sans inconvt'uient pour l'enfant, faire à la nourrice des injections sous-cutanées de 0.01 à 0,02 centigrammes de morphine. On [tout également donner sans scrupule â celle-i'i du laudanum on lavement ou j>ar l'csionnu; à utu^ dose moyenne.

I.e passage de ïatropinc dans le lait est li-ès ra|):(le et l'enfant ne farde pas A en subir rinfluencc.

l'aiini les narcotiques, on peut donner sans crainte I à 2 gr. île ililnr:il ;i une nourrice, surtout si l'enfant ne lette qu'une heure et demie on denx lienres après l'ingeslion du mi'-dicament p ir la nourrice.

I.e sidifi/lnto dr sinnli' jiasse pour augmenter la sécrétion du lail, mais on n'en pont donner |»bis de 2 gr. 25 ('i."» grains) à la nourrice sans inconvénient pour l'enfant.

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