‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 51 sur 189 · CHOLÉRA INFANTILE · texte numérisé non relu

CHOLÉRA INFANTILE

putrescible aux agents infectieux; 2° d'évacuer le plus tôt possible le contenu du tube digestif, au sein duquel s'est élaboré le poison dont les effets se révèlent par le syndrome cholérique; 3° de favoriser l'élimination hors de l'organisme, par les différents émonctoires, de la quantité de poison qui a déjà passé de lintestin dans le sang; 4" d'arrêter le flux diarrhéique et de remédier à ses conséquences directes : réfrigération, sclérème, paralysiedu système nerveux; 5" de combattre ses conséquences indirectes, c'est-à-dire les infections secondaires, auxquelles sont imputables les diverses complications.

Les moyens de réaliser ces indications se trouvent exposés avec détails aux articles : Antisi-psie du tuiîe digestif (voyez p. 80, 941, Diarrhées, etc. Nous nous contenterons de les résumer presque schématiquement :

I. — Diète hydrique, c'est-à-dire suppression de toute Silimentation. Comme boissons : eau de Vais pure, eau albumineuse (1 blanc d'œuf, eau bouillie 500 gr.), eau glacée additionnée d'un peu de café, de Champagne, d'eau-de-vie, le tout très froid, par petites quantités à la fois.

II. — Lavage de l'estomac. — Lavements abondants et antiseptiques : eau boriquée, naphtolée, etc. (voir page 94).

Réaliser autant que possible Vantisepsie du tube digestif en donnant d'abord le calomel (0 gr. 05 à 0 gr, 20 suivant l'âge), ensuite la potion suivante par cuillerées à café de quart d'heure en quart d'heure.

Benzo-naphtol 0 g-r. 50 à 1 gr. 50

Salicylate de bisnuitli 1 à 3 gv.

Julcp gommeux 100 gr,

ou bien :

Acide lactique 2 gr.

Sirop de gouinie 20 »

Eau 80 » (Hayem).

III. — Frictionner les membres et le corps avec de l'alcool, le liniment de Rosen; alterner les bains sinapisés cliauds avec les lotions d'eau alcoolisée froide, suivies de Venveloppement dans des linges chnuds.

IV. — Stimuler les centres nerveux par les injections sous-cutanées d'éther et d'huile camphrée, soutenir la contractilité cardiaque par la cnféi)ie.

S'abstenir de tout médicament stupéfiant : oiVmm, de. ^suriouldès que les urines sont rares, à plus forte raison si elles sont supprimées.

Encas d'AxuRiE. insister sur les lavements ; au besoin faire l'injection sous-cutanée ou intra-veineuse de sérum artificiel, comme dans le choléra vrai.

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Quant aux complicafions, nous renvinons pour chacune d'elles aux articles spéciaux, nous conlenlanl do les énumérer : Bfionchite et Broncho-pm-amome, Erythèmes, Albimim liiE, Abcès, Entérite CHROMoi E, Péritonite, Thrombose des sinus, Etat hydrocéimia- LOÏDE. CoNVri.SIONS. Kérato-con.ionctivite.

CHOLESTÉATOME. — Voyez Mastoïde.

CHONDROME. — Voyez Doict, Enchondrome.

CHORÉE de Sydenham. — Je considère lacliorée comme une névrose cérébro-spinale liée à la période de croissance, mais n'alTectant pas indistinctement tous les enfants, frappant au contraire avec une préddection très nette les individus de souche neuro-arthritique. A ces divers éléments pathogéniques j'adjoindrai une nutrition défectueuse, un certain degré de surmenage nerveux prolongé ou accidentel, linlluence quelque peu durable du froid humide, et quelquefois des émotions vives, jouant le rôle de cause occasionnelle.

Ces divers éléments sont à prendre en considération au point de vue de la prophylaxie et de la thérapeutique.

Chez les enfants issus de rhumatisants et de nerveux, s'ils ont surtout pri'senté déjà eux-mêmes depuis leur naissance des manifestations d'arthritisme ou de nervosisme, on apportera un soin méticuleux, pendant les étapes de leur croissance, à surveiller l'équilibre du système nerveux. On leur évitera autant que possible les grands elTorts de mémoire, qu'entraînent trop souvent nos programmes scolaires surchargés, les veillées, les spectacles de nature à surexciter leur imagination.

On s'assurera que leur alimentation est assez réparatrice, particulièrement riche en phosphates, éléments récrémentitiels indispensables aux tissus nerveux.

On ne permettra pas Ihabilation dans un logement humide, on déconseillera les villégiatures dans les pays bas et marécageux et même sur certaines plages voisines des estuaires lluviaux.

Lorsque surviendront les premiers symptômes de la chorée, on fera cesser tout travail. On instituera une hygiène rigoureuse des fonctions de la peau (frictions sèches et alcooliques quotidiennes, usage constant de la llanelii'), une aliim-ntation d'où seront exclus tous les excitants. On se trouvera même bien, les gesticulations choréiques étjint assez accentuées, de confiner l'enfant au lit pendant queUpies jours. S'il y a (pi('l(|iii' cmbiUM'as gastritpie, oir administrera un purgatif légrr l'ii lin voniilif. Puis on instituera la im' lii.ilioii arsenicale,

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par les granules d'arséniate de soude ou la liqueur do Fowler, à doses lentement progressives. Mais, en général, les mouvements clioréiques continueront à devenir plus intenses. Alors s'impose l'usage des médicaments dits nervins, ou sédatifs de l'excitabilité exagérée des centres nerveux ; les meilleurs sont, à mon avis : lantipyrine et le chloral surtout, accessoirement les liromures, les préparations de valériane.

Le ddoral a été particulièrement vanté, il y a peu d'années, par M. Joffroy, qui prescrit, au-dessus de 10 ans, 4 gr. de chloral en 3 prises administrées après les repas : 1 gr. vers sept heures du matin, 1 gr. à midi et 2 gr. à six heures du soir. Pour les enfants de 6 ou 7 ans, on se contente de doses plus faibles des 2/3 ou de 1/2, mais qui doivent être toujours suffisanles pour procurer sûrement le sommeil quinze minutes après lingestion de la dose. Pour dissimuler la saveur acre du chloral, M. Joiïroy a conseillé de faire préparer une solution aqueuse concentrée dhydrate de chloral pur qui, mélangée à de la gelée de groseilles épaisse, forme une confiture au chloral, contenant 1 gr. de médicament actif par cuillerée à bouche, c'est-à-dire pour 20 gr. environ de gelée. On peut poursuivre l'administration du chloral pendant quinze jours, un mois même, sans interruption, en assurant ainsi au choréique plusieurs heures de sommeil par jour, goûtées en plusieurs fois, et dans l'intervalle de.squelles il continue cependant à pouvoir se lever, sortir et jouer. M. Joffroy n'a jamais eu à noter d'autres inconvénients que quelques éruptions chloraliques, rubéoliformes ou urticoïdes, éphémères. Pour éviter l'urticaire chloralique, il ne faut pas donner de vin aux enfants.

Puis \ini ïantipurine. .M. Legroux, i\l. Ollivier, M. Moncorvo, ont publié des statistiques favorables à son emploi, l^es doses auxquelles on peut pousser l'antipyrine chez les choréiques à partir de 5 à 7 ans paraissent surprenantes aux personnes qui n'ont pas l'habitude de la médecine infantile ; c'est par des doses quotidiennes de 3 à 6 gr. continuées pendant deux et trois semaines que Moncorvo a triomphé de plusieurs cas sévères.

Pendant mon clinicat aux Enfants-Malades, j'ai traité comparativement et sans parti pris deux séries de chorées, les unes par l'antipyrine seule, les autres par les traitements anciennement usités, notamment l'arsenic à dose croissante, joint aux douches et aux bains sulfureux, et la médication stibiée de Gillette pour certains cas rebelles. Il ne m'a pas semblé qu'une seule méthode méritât franchement d'être toujours préférée aux autres. Je me suis ainsi constitué une méthode mixte, dans laquelle je prescris l'antipyrine et le chloral alternativement pendant les premiers temps de la maladie, et à

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