‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 61 sur 189 · CORSETS. CORYZAS · texte numérisé non relu

CORSETS. CORYZAS

lescence. Chez le garçon, on essaiera lexlraction par les voies naturelles, mais en règle générale il faudra recourir à la taille. Chez la fille, la dilatation de l'urèthre permettra presque toujours l'extraction par les voies naturelles.

CORSETS. — Ou construit des corsets orthopédiques très compliqués, avec des vis, des écrous, des engrenages, des crémaillères pour tâcher de redresser les gibbosités; avec des béquillons pour transmettre directement au bassin le poids des parties supérieures du corps. Tous ces appareils sont fort dispendieux, et en outre, dune etTicacité douteuse ; on tend de plus en plus à les remplacer par des corsets moules, appliqués par le chirurgien lui-même sur le malade suspendu. Ces corsets peuvent être faits en plâtre, en feutre, en bois. Le plus répandu est le corset plâtré dit corset de Saj/re. Voici sommairement son mode dapplicalion. On commence par faire revêtir à l'enfant une chemisette de tricot sous laquelle on glisse trois petits coussins d'ouate : deux triangulaires, derrière les omoplates qui auront ainsi du jeu dans l'appareil; un rectangulaire à l'épigastre, pour permettre à l'estomac de se distendre un peu après le repas. Cela fait, l'enfant est suspendu, et on fait autour de lui un véritable bandage roulé avec des bandes de tarlatane, larges de 15 à 20 cent., roulées dans du plâtre fin à mouler, puis trempées dans l'eau ; les bandes, modérément serrées, sont mises dans l'eau verticalement, et on les y laisse tant qu il sort des bulles d'air du rouleau. On ne doit faire ni plis, ni renversés. Au fur et â mesure, un aide lisse l'appareil avec les mains et l'égalise avec de la bouillie plâtrée. On a un appareil solide avec 10 à 15 tours de bande; on peut aisément aller à l.")et20; il y a, il est vrai, l'inconvénient de faire alors un appareil assez lourd. Lorsque le corset est sec, il est facile de le transformer en un appareil amovo-inamovible en le coupant sur la ligne médiane antérieure ; les lèvres de la section sont ensuite garnies d'une lanière de cuir nuuiie de crochets. Les corsets en feutre moulé sont bons; il est utile de les renforcer avec {[uelques nervures en acier. l'inlin, à Vienne, on fait des corsets avec des copeaux de bois agglutinés â l'aide de colle forte de menuisier additionnée de glycérine.

CORYZAS. -A. Aigus. — fLecorvza Aic.rsi.MiM.i: immmitii c/jrc li's 111)11 rrissDils jicut ii'vêlir un aspect assez alarmant. L'enfant respire très dillicilement. on ilu moins ne ])ent respirer (|ne jiar la bouche; de teni|)S en tenij)S, sa lignre devient violacée coinnu' celle d'un enfant dans les voies aérieinn s (Iu(|uel s'engagent des li(|nides ou des mucosités, on entend dans la gorge une sorte de ronilement sterto-

COliYZAS AICLS 245

reiix, puis la crise se juge par des éternuements violents et la projection par la bouche ou par les narines de mucosités visqueuses et verdàtres. Vous lui faites présenter le sein devant vous, lenlant s'y jette d'abord avidement, puis, après avoir fait une tentative de succion, se retire suffoquant et bleuissant. On essaye de lendormir ; mais à peine commence-t-il à s'assoupir f|u'orî entend dans sa gorge des bruits singuliers, mélange de ronflement guttural, de sifflement et de reniflement nasal, et il se réveille paraissant étouffer, et en criant. Tant qu'on le tient assis sur le bras ou droit, il respire encore avec assez de facilité, la bouche ouverte ; mais, dès qu'on le place sur le dos, l'accès de suffocation apparaît et ne prend' fin que quand on le remet verticalement. Les symptômes sontd'autantplus accusés, siTenfant a les fosses nasales particulièrement étroites.

Le traitement est le suivant. On prend une sonde en caoutchouc rouge de petit calibre, communiquant avec une carafe par l'intermédiaire d'un tube de caoutchouc plus long. On met dans la carafe de l'eau tiède, additionnée de borate de soude. Cette espèce de siphon est amorcé par succion, puis, la tête de l'enfant étant inclinée fortement au-dessus d'une cuvette, on introduit la sonde dans une des fosses nasale;^. La première tentative est suivie d'abord du reflux du liquide par la même narine, et quelques gouttes coulant dans ie pharynx provoquent un accès de toux et des éternuements assez violents qui chassent quelques mucosités. Mais à une nouvelle tentative d irrigation, le liquide, franchissant l'autre fosse nasale, chasse devant lui un vrai paquet de mucosités glutineuses et verdàtres.

Cette irrigation, prolongée encore un peu, est suivie d'une accalmie notable, et l'enfant, à qui on présente le sein, peut teter pendant quelques minutes, en s'interrompant de temps en temps ; enfin il s'endort. Recommandez d'envelopper ses extrémités inférieures dans l'ouate et le taffetas gommé, avec boule d'eau chaude aux pieds, de le coucher sur un plan assez incliné, la tète élevée pour que les mucosités nasales aient moins de tendance à couler dans le pharynx, et conseillez de recommencer des irrigations, lorsque l'enchifrènement, redevenu plus accentué, ramènera quelques accès de suffocation.

Au bout de 24 ou 36 heures, le catarrhe commence à diminuer, et tout rentre dans l'ordre.

Henoch déclare expressément avoir vu, dans certains cas très aigus, la dyspnée résultant de l'obstruction nasale atteindre un degré tel, qu'on pouvait confondre l'affection avec le croup.

Dans le cas où la dyspnée résulte de l'oblitération des fosses nasales par la turgescence de la muqueuse sèche, on pourrait songer à utiliser le pouvoir vaso-constricteur si énergique de la cocaïne, qui,

246 CORYZAS DKS NOlItlUSSOXS

en solution assez concentrée, amène en quelques minutes chez l'adulte un retrait de la muqncuse turgide et rend les narines perméables à lair. Il faudrait surveiller de près l'emploi de ce moyen, car l'absorption d'une certaine quantité de Talcaloïde pourrait n'être pas sans danger pour de très jeunes enfants.

Bouchut avait conseillé d'introduire dans chaque narine un petit tube d'argent de 3 millim. de diamètre, long de 5 centim.. et légèrement recourbé à son extrémité gutturale pour le fixer sous le nez avec le tube de la narine du côté opposé. M. Pliilipoteaux plus simplement s'est servi avec succès d'une sonde n" 7 de la filière ordinaire. MM. Barthez et Sanné conseillent aussi d'introduire au besoin, au moins pendant que l'enfant tette, deux petits bouts de sonde eu gomme élastique qui permettent à l'air de passer.

Mais on n'admettra certainement jamais lévenlualité extraordinaire dont parlait Valleix, celle d'une trachéotomie (!).

Bouchut a signalé la possibilité, chez certains enfants atteints de coryza, d'une complication susceptil)lc de produire l'asphyxie et qu'il a vue plusieurs fois, c'est Vn.'^pirntion et le rotrait do la langue en arrière chez les nouveau-nés. L'air pénètre incomplètement par les narines et passe surtout par la bouche restée béante à cet efïet. Il entraîne la lèvre inférieure en arrière comme une soupape, il fait de même pour la langue qui se redresse et applique sa face inférieure sur le voile du palais, de façon à obstruer la cavité buccale. Plus les enfants sont all'aiblis et plus le phénomène est apparent. Il en résulte un obstacle à l'hématose, qui s'ajoute aux effets produits par la dilliculté de la succion des mamelles. Sous l'inlluence de ces causes de dépérissement, les enfants maigrissent, deviennent pâles, blêmes, froids, perdent le pouls et ne tardent pas à succomber. Ilonsell et Kiissmaul admettent aussi cette aspiration de la langue, qui fut telle, dans uu cas rapporté par ce dernier, chez un enfant do six mois, (pi'on dut le nourrir pendant toute uni; semaine à l'aide de la sonde (csophagienne.

Dans les cas de coryza très aigu, Ilenoch conseille de donner du calomel ù la dose de 0,01 centigr. à 0,15 milligr. toutes les deux heures, même si la syphilis n'est pas en cause. J'ai insulllé plusieurs fois avec quelque utilité dans les fosses nasales une poudre ainsi composée :

Acide horicjue pulvi'-rist'

Résorcine àà 1 partie

Sucre en ])ou(h'e

On doit se prt'oecuper surtout de lalimeiitaliou île l'enfaul.

CORYZAS DLENNOliRHAGIQUJ:, PSEUDO-MEMBIIANEUX 247

Si on ne réussit pas à lui faire reprendre le sein, malgré l'emploi des moyens indiqués plus haut pour rétaljlir la perméabilité nasale, il faut lui verser tout doucement dans la bouche, à la cuiller, du lait extrait de la mamelle ou du lait de vache, jusqu'à ce qu'il puisse recommencer à teter.

J'ajoute qu'il importe, en vue d'éviter le coryza aux nouveau-nés, de recommander aux mères de ne pas les sortir prématurément dans la saison pluvieuse et de ne pas provoquer le rhume par un lavage de la tête maladroitement fait. Ne pas oublier que les fils d'arthritiques ont une prédisposition notoire aux fluxions catarrhales aiguës des muqueuses, notamment de la pituitaire.

2" On peut constater chez certains enfants, quelques heures après la naissance, un couyza purulent d'emblée, qui, comme l'ophtalmie purulente, paraît dû quelquefois à la contagion directe, la mère ayant une blennorrhagie et l'enfant s'étant inoculé au passage vagino-vulvaire ; c'est vraiment un coryza blennorrhagique.

D'autres fois, ce coryza est moins grave et, s'il est dû aussi à l'introduction dans les narines de sécrétions vaginales, il semble qu'il soit simplement catarrhal, et non spécifique, puisqu'il est susceptible de guérir seul assez rapidement. Néanmoins il est urgent dans tous les cas de le soigner immédiatement.

La résorcine en solution à 1 p. 100 est un très bon antiseptique à employer dans ce cas. On peut faire les irrigations nasales avec le siphon, ou par le procédé ordinaire, après avoir fermé les orifices postérieurs des fosses nasales, en introduisant à l'aide d'un porte-tampon courbe, en arrière du voile du palais, un petit tampon d'ouate; laver chaque fosse nasale successivement.

La prophylaxie de ces coryzas par infection maternelle réside dans l'emploi rigoureux de l'antisepsie des voies génitales avant et pendant l'accouchement; dans un cas suspect, il serait peut-être bon d'absterger avec soin l'entrée des fosses nasales dès la naissance avec une boulotte de coton hydrophile imbibée d'une solution antiseptique, eau boriquée ou liqueur de Van Swieten dédoublée.

3"^ Le CORYZA Ai(;u sy.mptomatique peut ne pas signaler seulement le début d'un pur et simple catarrhe des voies aériennes. Il se rattache alors à l'invasion ou à l'évolution d'une msiladie infectieuse aiguë (grippe, rougeole surtout, etcliphthérîe). Les deux premières variétés de coryza, si elles étaient assez intenses pour produire les phénomènes de suffocation dont nous avons parlé, ne réclameraient pas une autre intervention que le coryza primitif.

4*^ Le CORYZA pseudo-memuraxeux, qui évolue en même temps que l'angine diphthérique, requiert plus que tout autre des irrigations

Page 1