CROISSANCE
€ussion assez récente de l'Académie nous a montréque, cliezles adolescents, la céphaléese montre avec des caractères spéciaux de ténacité et de fréquence ; cette douleur de tète a des causes complexes qu'il appartient à un clinicien sagace de dépister (troubles de l'accommodation visuelle, lésions de la muqueuse nasale, albuminurie intcrmittentecyclique.dyspepsie ou surmenage, etc.); mais, toutes ces causes mises à part, il reste une catégorie de douleurs de tète, sans lésion appréciable d'aucun organe accessible à nos moyens dinvestigulion et dont la cause réside vraisemblablement dans un trouble de la nutrition du tissu encéphalique. (Voir Céphalée de croissance.) Enfin on trouvera à l'article Cœur (iialpitntioits) les indications thérapeutiques relatives à ces troubles cardiaques si fréquents cliez les adolescents en voie de développement.
Mais, en dehors des indications particulières à chacun de ces accidents, il en est de générales, que soulève toute croissance s'accomplissant dans des conditions défavorables. Il faut à tout enfant, dans les périodes oîi l'accroissement de son corps s opère avec rapidité, certaines conditions d'aération, d'alimentation, d'exercice et d hygiène cérébrale. Ces conditions sont certainement utiles à tout âge, mais leur utilité devient une nécessité absolue lorsque l'organisme subit une poussée subite et intense d'accroissement.
La croissance ne s'accomplit presque jamais d'une façon uniforme dans le temps ; elle s'opère par poussées successives, sépai-ées jiar des temps d'arrêt, intervalles de repos pendant lesquels l'organisme semble se recueillir. Lorsque ces temps de repos sont suffisamment longs, lorsque les poussées d'allongement ne se font pas trop rapidement, la croissance est normale, physiologique. L'organisme a le temps, dans chaque période intercalaire, d'emmagasiner les matériaux nutritifsen quantité sullisante et de qualité convenable pour faire ensuite de bons tissus nouveaux. Mais, si les périodes intercalaires sont trop courtes, si les matériauxnutritifs que le corps a eus à sa disposition pendant ces périodes sont trop peu abondants ou de m.T.ivaise qualité, la phase d'accroissement suivante s'opérera dans des conditions défavorables; elle ne cessera pas de s'accomplir, mais les tissus nouveaux seront construits avec de mauvaises matières premières.
Les circonstances qui excitent le plus la croissance sont les co/m-.jli'scfiic('!< (le //*,//;ir/i('S uiijKi's. Aussi est-il très préjudiciable à un enfant desubir en un court laps de temps plusieurs assauts infectieux. Lorsque ceux-ci se jjroduiront, il y auia donc pour le ni(''(lecin l'obligation do surveiller avec un soin méticuleux les convalescences, eu mettant 1 Organisme ilans les meilleures conditions possibles de réparation rapide.
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Outre les maladies infectieuses, il y a lieu de redouter particulièrement, dans les périodes de croissance. Vnct'ioii fâcJieuse des influences /ie/'edi/ai/'e.s. Les enfants de parentsayant sujji une de ces intoxications ou infections clironiciues qui altèrent profondément leur nutrition (syphilis, alcoolisme, saturnisme, tuberculose, dyspepsie et dilatation gastrique), ayant eu des manifestations nombreuses de dystropbie diatbésique (goutte, rhumatisme chronique), de névroses longues et profondes (neurasthénie grave, psychoses), ou ayant engendré à un âge trop avancé, — tous ces enfants-là sont exposés plus que d'autres à des troubles de la nutrition aux périodes actives de leur croissance. Ils ont apporté en naissant une tare latente qui manifeste alors son action, si leur organisme ne trouve pas à ces moments toutes les conditions favorables à son développement. Aux maladies des parents énumérées plus haut, et dont lintluence pèse lourdement sur la croissance des enfants, j'ajouterai la chlorose, pour peu qu'elle ait été intense et prolongée.
Quelles sont donc les conditions requises pour que la croissance de ces sujets tarés s'opère aussi normalement que possible ? Nous avons dit qu'il faut queleur organisme dispose d'abondants matériaux nutritifs et de bonne qualité. Sufiira-t-il donc de leur donner une alimentation copieuse? Non, le problème est plus complexe.
Pour que la récrémentition s'accomplisse dans des conditions favorables à l'accroissement physiologique des tissus, il faut que les aliments soient introduits en quantité suffisante, mais non excessive. Sans cela, on provoquerait la dyspepsie, l'auto-intoxication par stagnation de résidus alimentaires dans le tube digestif. Il faut, pour la même raison, que ces aliments soient d'une digestion facile et d'une composition chimique telle, que 1 organisme puisse y trouver les multiples principes immédiats nécessaires à la constitution de cellules nouvelles : l'azote et les hydrates de carbone en proportions convenables, le phosphore, le soufre, le chlore, la potasse et la soude, qui sont indispensables, les uns à la constitution du squelette chimique des éléments anatomiciues, les autres à la formation des humeurs, ou destinés à servir d'intermédiaires dans les échanges chimiques interstitiels ou intracellulaires. Citons comme types d'aliments utiles, outre la viande et le j)oisson, les œufs, le lait, les céréales, les légumes verts et les fruits ; mais il faut se garder d'augmenter trop la proportion de la viande et des autres substances azotées ; elles ne seraient pas utilisées sans le concours des hydro-carbures, des phosphates et des chlorures.
Il faut une quantité sulllsanto, mais non exagérée, de boissons pour que l'assimilation des aliments s'opère.
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Il faut que les oxydations soient favorisées, et, pour introduire l'oxygène dans lorganisme il faut que la ro^ipirnfion s'accomplisse avec une activité suffisante, il faut que l'air ambiant soit assez souvent renouvelé et assez riche en oxygène ; d'où la nécessité de l'exercice physique, qui accélère le nombre de respirations et augmente leur amplitude, de l'habitation dans des locaux assez vastes et bien ventilés.
Il faut quele temps consacré au sommeil ne soit pas abrégé : huit et neuf heures sont indispensaljles.
Le travail iniellectuol ne doit pas être excessif, et doit surtout être séparé par des temps de repos fréquents.
Mais, si le surmenage intellectuel et stomacal est mauvais, si l'exercice est utile, l'abus des exercices physiques trop violents est nuisible aussi. Le moment est venu pour les hygiénistes et les pédiatres d'attirer l'attention du public et des pédagoges sur l'excès d'un engouement trop peu mesuré en faveur de certains exercices physiques. L'e.vercjce ef/csjeu.xsonf toujoui's utiles: le sport atliU'iiquc, pour employer l'expression à la mode, est nuisible. L'idéal àatteindre n'est pas de former quelques étalons humains exceptionnels en sacrifiant bon nombred'individus tarés, commeonle fait dansl'élevage des chevaux, mais d'obtenir le plus grand nombre possible de sujets bien portants et d'un développement moyen, llfaut donc s'élever contrôla prétention dangereuse qu'ont tous lesenfants ou adolescents de selivrer aux mêmes jeux violents, et surtout contre l'émulation excessive que d(mne l'organisation des luttes de force et de vitesse dans l'âge du développement rapide. C'est après la puberté, dans la jeunesse, de 18 à 25 ans, que les exercices athlétiques doivent être cultivés, et nous tombons dans un abus préjudiciable au développement harmonieux des généralious actuelles par la précocité del'entraîncmentsporlique.
Enfin il ne faut surtout pas oublier que des catégories doivent être faites parmi les enfants au point de vue de leur aptitude ;\ tels ou tels exercices si on tient compte de leur hérédité, de leur conformation congénitale, des maladies qu'ils ont eues plus ou moins récemment.
CROUP {Lnrijiirjilc iliplitUrriiiuv). — Le traitement du croup est malheureusement réduit à peu de moyens vraiment efficaces en dehors des interventions chirurgicales.
L'étroitcsse du hirynx et l'impossibilité d'obtenir de l't'ufaut une docilité sullisante interdisent de porter directement des topiques modificateurs sur la mucpieuse envahie par l'exsudat diphthériquc.
\jiiii jntlri'-risiiitions ne pi'iiètrent guérie dans le larynx; elle ne peuvent le faire tpie .si le niiilade tient la bouche largement ouverte, en