D'APPARITION
6 mois 1/2
i 2 mcisives médianes supérieures. ./„ , ^
, , . . . , . . I . • OalOmois
' 2 incisives latérales supérieures. . .^
i 2 incisives médianes inférieures.. ./
' 4 prémolaires ^
Temps d'arrêt de 4 mois.
les canines
4 molaires
12 mois
I)K LA POr^^ÉE
10 jours 1 mois
1 à 2 mois
18oul9m. 2 mois 24 mois I 2 mois
Un enfant doit avoir à 15 mois. 12 dents. » » 21 )) 16 »
Sans rappeler tout ce qui a été écrit, pour, sur ou contre les liens entre la dentition et les accidents pathologiques qui coïncident avec elle, nous dirons seulement que Tun des derniers auteurs qui aient abordé la question. Séjournât, a dégagé les conclusions suivantes d'une étude approfondie.
Suivant lui, les enfants élevés au sein font leurs dents de 5 i> 6 mois plus tôt que ceux qui sont allaités artificiellement; ils ont moins d'accidents au moment de la dentition que leurs frères élevés au biberon ou avec des soupes. Les seuls accidents incontestés sont locaux^ c'est-à-dire la douleur, la congestion de la gencive, la stomatite: l'existence d'une fièvre dentaire, qu'admettaient Grisolle et Trousseau» est douteuse, quand il n'y a pas d'accidents digestifs ou respiratoires.
Les urines sont assez souventlaiteuses pendant la dentition, commedans l'embarras gastrique.
Les convulsions ne se présentent pendant la dentition que chez les enfants dont les parents ont eu des convulsions, dont la mère est hystérique, dont la nourrice s'adonne à la boisson, ou dont l'alimentation est défectueuse; il en résulte que la dentition joue seulement le rùle d'agent provocateur.
Parmi les troubles respiratoires qui coexistent avec l'évolution dentaire, on ne peut accepter comme accident rétlexe qu'une tou.x sans signe d'auscultation.
Les manifestations cutanées, plaques d'érylhème. papules de strophulus, se montrent chez les enfants dont les parents sont dermopatlies, sujets à l'urticaire, à Teczéma.
En résumé, les accidents d'origine dentaire sont un produit dont la dentition n'est le plus souvent qu'un des facteurs, les autres étant l'hérédité, le tempérament inné, l'alimentation.
La conclusion au point de vue de l'hygiène, c'est qu'il faut surveiller avec une attention toute spéciale, à l'époque de la dentition, les fonctions digestives chez les enfants issus de névropathes, de dermopathes, et d'arthritiques.
Les soins de la bouclie (voyez Dknts) éviteront bien souvent la gingivite et la stomatite. L'hygiène alimentaire de la nourrice sera aussi étroitement surveillée. Au moindre trouble digestif on appliquera le traitement approprié.
La douleur de la gencive sera combattue par des collutoires analgésiques (cocaïne) et des analgésiques généraux (bromures), la congestion de la muqueuse par des astringents (borax, alun, chlorate de potasse).
Les partisans et les adversaires de Yincision de la (jencive sont à peu près égaux en nombre et en autorité : contre était Trousseau ; pour, Archambault.
Traitement de la stomatite de dentition.
lo Faire de fré(|uentes irrigations et pulvérisations sur toutes les parties de la bouche, quand la muqueuse est pldogosée, avec la solution :
Acide borique 20 gr.
Décoction de racines de giiiiuauve ôOO »
2» Dans les intervalles, appliquer sur les gent-ives. avec un ])iiK'oau d'abord trempé dans l'eau l)()iiill;iiite, le collutoire suivant:
Chlorhydrate de cocaïne '^ gr. 10
Chlorate do soude 1 »
Glycérine t • • m
■^ aa 10 »
Eau ^
30 Donner à l'intérieur la potion suivante, s'il y a insomnie et agitation :
Hromiu-e de sodium 1 y^y.
Sirop de fleurs d'oranger 20 »
Julcp gommeiix -10 »
L'époque de la dentition met certainement bon nombre d 'enfants <lans un étal d'()[)porlunilé nu)rbide qui les rend j)lus vulnérables aux causes morbiliques : l'hypersécrétion salivairc, (jui est constante alors, trouble un peu la digestion, le catarrhe inlcstiiud exalte la virulence
IMIEMIEUES DKXTS 2/Ô
des microbes intestinaux, notamment du coli-bacille, et il n'y a pas lieu d'être surpris, si quelque broncho-pneumonie ou quelque accident méningé est de temps en temps la conséquence de l'infection colibacillaire. A ce point de vue, il n'est pas ,si déraisonnable de dire que certains accidents cérébraux peuvent être indirectement liés à la dentition.
DENTS. — H]j(jiëne des joremières dents. — Il arrive exceptionnellement, on le sait, que des enfants naissent avec une ou plusieurs dents.
Parmi les dents prématui-ées, i\ y en a d'absolument rudimentaires ; il en est d'autres, au contraire, normalement constituées, véritables dents de lait, qui deviennent très solides et persistent jusqu'au moment où elles sont remplacées par des dents permanentes.
Quand l'enfant est nourri au sein, la présence de cette dent est souvent une cause de gène, parfois même d'it?cera/io/i du mamelon. On décide alors de sacrifier la dent. Beaucoup de personnes, des médecins même, considèrent cette opération comme absolument inoffensive pour l'enfant. Il n'en est rien et on a publié un certain nombre d'observations dliémorrJi agios abondantes ou prolongées, aux suites desquelles les enfants ont succombé. En pareil cas il faut déconseiller l'extraction, pallier les inconvénients que peut causer la présence de la dent par l'adjonction d'un bout de sein ou partout autre moyen analogue. Si l'opération était néanmoins décidée, il faudrait l'entourer de toutes les précautions nécessaires.
Beaucoup de parents croient que, les dents de lait devant faire place aux dents permanentes, il est absolument inutile de s'en occuper. C'est là une erreur absolue et des plus regrettables.
D'abord, il faut nettoyer les dents de lait. Le moyen le plus simple consiste à faire laver la bouche des enfants après chaque repas, de façon à enlever mécaniquement les résidus alimentaires qui séjournent au collet des dents, sur leurs faces latérales ou sur la face triturante, résidus qui, tôt ou tard, doivent amener la production de la carie. Si ces lavages ne suflisent pas, il est du devoir d'une mère attentive d'enlever elle-même, à l'aide d'une brosse à soies ilexibles, d'un cure-dent ou d'un brindesoie tloclie, les débris d'aliments restés adhérents aux dents. Si l'on prend ces précautions, l'enfant n'a pas de caries, les dents peuvent remplir leur olTice jusqu'au jour où elles tombent naturellement. Si ces précautions sont négligées, la carie apparaît avec toutes ses conséquences : nuits sans sommeil pour l'enfant et pour la mère, iluxions répétées, difficultés de l'alimentation.
TIIUK\.l'i:LnQUK I.SFAXTILE. 18
274 DENTS (cauie)
Carie dentaire. — Pkophvlaxir. — La carie dentaire est d'origine microbienne; car, si elle relève aussi d'influences chimiques, ces actes chimiques sont ^eux-mêmes sous la dépendance de fermentations qui ont pour agents des micro-organismes. Le premier stade de la carie dentaire est constitué par une décalcification du tissu de la dent, résultat chimique de la présence des acides produits par les fermentations de la bouche, surtout des fermentations lactique, acétique et butyrique; dans un second stade, ce sont les micro-organismes qui pénètrent dans le tissu ramolli de la dent et le détruisent.
C'est laccumulation des résidus alimentaires sucrés ou gras qui fournit la matière feimentescible aux agents microbiens des fermentations lactique, acétique et butyrique. C'est en enlevant soigneusement ces résidus, c'est en neutralisant les acides auxquels ils donnent naissance, qu'on institue la prophylaxie la plus simple et la plus ellicace. Mais, à une période avancée de la carie, les cavités dentaires pleines de produits putrides, les fistules périostiques alvéolaires fourmillent de micro-organismes de tout genre ; les microbes de la suppuration et ceux de la putréfaction donnent chacun leur noie (abcès, fétidité de l'haleine).
Les antiseptiques trouvent ici une application évidente. Le sublimé à 1 p. 1000 ou même 1 p. 5000 serait la meilleure eau dentifrice. Seulement les solutions mercurielles ont une saveur styptique qui les rend assez désagréables, et d'ailleurs on ne saurait les employer chez les enfants que dans des circonstances exceptionnelles qui ne ressortissent pas à l'hygiène. L'acide borique, le borate de soude, le salicylate de soude, l'acide thymiquo, l'acide benzoïque et le benzoale de soude, l'eucalyptus offrent une gamme d'antiseptiques plus applicables à l'hygiène buccale chez les enfants.
Pour prévenir autant que possible la carie dentaire chez les enfants qui y sont prédisposés ou chez lesquels elle a commencé à se manifester, dalippe emploie et préconise la méthode des obturniions pr('ro)itir<'S pour les grosses molaires, dont il conseille de combler la cupule avec du ciment (|ui peut rester en place plusieurs mois; s'il s'use, on peut le renouveler jus([u'à ce que la dent ait été remplacée.
Galippe a généralisé l'emploi de ces obturations préventives et les a appliquées aux premières et aux secondes grosses molaires permanentes, lorsqu'il a des raisons jxiur croire (ju'elles sont menacées de carie.
Il y a lii'u d'insister sur ce l'ail que la carie dentaire déj)end non seulement (le causes locales, mais aussi de causes générales : Iroiddes de la luitrition dérivant dune alimentation insullisante ou Iroj) peu
DEXTs (carie) 275
riclie en matériaux minéraux, qui sont les éléments de résistance du squelette et des dents (chaux, magnésie, acide pliosphorique), du défaut d'exercice et d'aération, d'une hérédité morbide, du tempérament lymphatique (les blonds ont plus facilement des complications de la carie et des complications graves que les bruns).
Chez les enfants appartenant à des familles où les tares neuropathiques sont accentuées (hystérie, épilepsie, aliénation mentale), on observe souvent la forme ogivale delà voûte palatine. Cette forme est souvent une conséquence des végétations adénoïdes. L'étroitesse du maxillaire oblige alors les incisives à chevaucher les unes sur les autres et leurs interstices se prêtent particulièrement à la rétention des substances alimentaires qui favorise l'éclosion de la carie.
Les anomalies de position sont curables quand le sujet est jeune. Ou redresse facilement une dent qui pousse et difficilement une dent poussée. Les redressements se font plus aisément dans le jeune âge qu'à 14 ou 15 ans. Donc, il faut examiner, tous les trimestres au moins, la bouche des enfants.
Lorsque l'évolution dentaire est à peu près terminée, il faut encore compter avec l'influence nuisible d'un travail intellectuel exagéré et dune sédentarité contraire aux lois de l'hygiène.
Chez des écoliers soumis à un travail cérébral intensif, la carie est très fréquente.
INIalheureusement, les soins de la bouche sont trop généralement négligés dans les établissements d'instruction.
Pour précenir la carie dentaire, il faut, nous l'avons dit plus haut, chez les plus jeunes enfants même, laver la bouche et les dents après les repas. A plus forte raison, dès quel'enfant commence à s'alimenter avec des aliments solides, laissant des résidus entre les interstices des dents, on devrait, par des lavages après chaque repas, chasser ces résidus; puis apprendre à l'enfant, dès qu'il est en état de le faire lui-même, use rincer soigneusement la bouche non seulement après chaque repas, mais chaque fois qu'il a mangé entre les repas du pain, des gâteaux et des sucreries.
Le pain bis, un peu dur. vaut peut-être mieux pour les enfants que le pain blanc et mollet; car, outre l'avantage d'être plus riche en éléments minéraux (acide phosphorique, chaux, magnésie), il agit mécaniquement d'une façon favorable sur les dents.
La brosse à dents doit avoir des soies flexibles, mais pas trop molles.
Il ne faut pus employer les pâtes et les opiats. additionnés de matières sucrées, miel ou glycérine, dangereuses parce qu'elles fermentent au contact de la salive et altèrent l'émail.
276 DENTS (carie)
Une poudre dentifrice doit être alcaline et antiseptiqiœ, de façon à neutraliser ou à arrêter les fermentations acides qui se produisent au collet des dents ou dans les interstices dentaires. Les substances qui y entrent ne doivent être en aucun cas capables d'altérer l'émail en le rayant, comme le font le charbon ou la pierre ponce.
Voici une formule de poudre dentifrice antiseptique, que j'ai préconisée dans mon Traité pratique d'antisepsie appliquée à la thérapeutique et à l'hygiène (1) :
Acide borique finement pulvérisé 2 gv. 50
(llilorato de potasse 2 i>;i'.
Poudre de gaïac 1 gi-. 50
Craie préparée ) . > .
Carbonate de magnésie jiulvérisé ) ^ '
Essence de menthe Q. S. pour aromatiser.
Pour les lavages de la bouche, on peut conseiller l'eau de Vichy ou l'eau additionnée d'une pincée de borate de soude et aromatisée avec quelques gouttes d'eau de Botot. Dans les cas de suppuration gingivale ou alvéolaire, d'érosions buccales quelconques, on peut employer des solutions plus antiseptiques, comme celle-ci :
Acide thymique 0 gr. 10
Acide benzoïquo 3 gv.
Teinture d'eucalyptus 10 gv.
Eau 1.000 gr.
Si le lavage ne suflit pas à enlever les substances engagées dans les interstices dentaires, il faut habituer les enfants k recourir au cure-dents. C'est un préjugé de croire que l'usage du cure-dents déchausse les dents.
Pendant les maladies airjui's fébriles, on doit surveiller la propreté des dents avec une sollicitude particulière ; car la salive devient alors acide, et en outre les enduits saburraux constitués par des amas de cellules organiques en voie de df'-composition oiïrent un terrain de j)ullulali()n aux microbes. Ou devra donc au cours de ces maladies laver fréiiucuinient la bouche et nettoyer les dents avec une solution alcaline.
Ti{aiti:.mi;nt. — Les soins prccédcnls sont rarement pris, et c'est une des causes pour lesquelles les caries constituées sont très fréquentes chez l'enfant, l'allés portent surtout sur les molaires et, quoi(|u'()n en ait dit. doivent être traitées.
Les caries non pénétrantes doivent être obturées, après régularisation et aseptisalion de la cavité; on emploiera l'i cet eiïet le ciment
(1) G. SU-inhril,C-«litetir, is.H^l.
DEXTS (f.XTIIACTIOX). DKIIMATITE EXFOLIATIîICK 277
OU le] plombage. Il est rare, d'ailleurs, qu'on arrive à temps pour voir ces caries non pénétrantes, ce qui s'explique par la faible épaisseur de l'ivoire. Aussi est-il bon de faire surveiller, à intervalles rapprochés, la bouche des enfants.
Lorsqu'il existe une carie pénétrante, on ne peut guère songer à l'obturer et d'autre part, pour l'évolution régulière de la seconde dentition, il est bon que la dent malade conserve sa place le plus longtemps possible. Mais cette conservation ne doit être faite que si on soumet l'enfant à une surveillance attentive, de façon à arracher la dent dès que l'on voit débuter une complication inflammatoire. En effet, chez l'enfant, les caries pénétrantes sont la cause banale des adénophlegmons du cou, des nécroses de la mâchoire, des fistules dentaires, toutes lésions qui ne guérissent qu'au prix de cicatrices disgracieuses.
Quelle que soit la complication et son degré, le traitement spécial qu'elle exige doit toujours être complété par l'arrachement de la dent malade. Quant aux fistules, elles guérissent d'elles-mêmes après cette extraction, et pour toute fistule périmaxillaire ou cervicale, on aura soin d'examiner le système dentaire.
L'extraction des dents se fait au davier : c'est une opération très facile, si on a soin de saisir la dent au-dessous du collet. Celle des racines se fait en les luxant au levier.
Après ces opérations, on assure l'antisepsie buccale dans la limite possible, à l'aide de lavages à l'eau boriquée, ou mieux au chloral à 1 p. 100.
Signalons les RnomRUes dentaires (dents surnuméraires; dents hors rang, canine surtout), qui seront traitées par l'extraction.
Les dents trop serrées de la 2'' dentition sont souvent justiciables de l'extraction de 4 dents saines (canines ou premières molaires) pour faire de la place, et cela pour deux motifs : pour éviter le chevauchement disgracieux des incisives, et parce que les dents trop serrées sont prédisposées à la carie.
DERMATITE EXFOLIATRICE. - Cette maladie, très rare chez l'enfant, décrite pour la première fois par Ritter qui l'observa à l'état épidémique dansun hôpital d'Enfants Trouvés à Prague, consiste essentiellement en un érythème diffus débutant souvent par la face, d'autres fois par quelque autre point du tégument, pour l'envahir ensuite tout entier ; au fur et à mesure, l'épiderme s'exfolie et se détache en larges squames dont la cliute laisse voir un épiderme de nouvelle formation. En certains points se forment des vésicules et des bulles, après l'excoriation desquelles se forment des croûtes minces, puis, par infections secondaires, des furoncles ou des phlegmons
278 niAIlKTK SVCIiK
circonscrits. Les muqueuses peuvent être envahies, les ongles et les cheveux tomber. Cette dermatose apparaîtde la seconde à la septième semaine de la vie, dure trois à quatre semaines, peut évoluer sans fièvre, sauf le cas de complications suppuratives ou viscérales.
Le traitement doit consister à assurer la meilleure alimentation possible, à supprimer le prurit, et à prévenir le refroidissement de lépiderme en voie de rénovation, grâce à l'enveloppement de tout le corps dans du coton hydrophile, après une onction de vaseline boriquée. On changera cette ouate une fois par jour, on en profitera pour lotionner avec une solution antiseptique non irritante les parties qui s'excorient, et pour poudrer avec de la poudre d'amidon, mélangée d'un dixième de sous-nitrate de bismuth, les parties qui sont le siège d un frottement et d'un suintement.
DIABÈTE INSIPIDE. — Voir Poi yiiuk.
DIABÈTE SUCRÉ. — Le diabète est exceptionnel chez les enfants, particulièrement au-dessous de deux ans; la glycosurie passagère n'est pas très rare, ainsi qu'on peut s'en convaincre par 1 examen systématique des urines chez tous les enfants malades.
La plus fréquente des glycosuries accidentelles est celle qu'on observe dans les cas où existent des perturbations des fonctions digestives (dyspepsie gastro-intestinale, avec torpeur du foie). Puis vient la glycosurie passagère de certaines aiïeclions nerveuses. Enfin celle qu'on rencontre chez des enfants obèses ; celle ci est particulièrement inquiétante, à cause de la parenté entre Tobésité et le diabète. Cependant il ne faut considérer comme diabète vrai que la glycosurie permanente, et malheureusement celle-ci est chez l'enfant du plus mauvais pronostic.
Si l'enfant chez lequel on constate des urines sucrées est dyspeptique, gourmand de sucreries et de fécvdents, on commoncora i>ar régulariser son hygiène alimentaire en supprimant les idinicnls sucrés, farineux et féculents, en espa(;ant convenaljlcment les repas; si le foie est congestionné, on donnera ([uelques dosesde calomel, do sulfate de soude, des amers; on ap|diquera des ventouses sèches réitérées, des cataplasmes sinapisés sur la région liéj^alicpie.
S'il s'agit d'un enfant n(''vro|)alhe. on le soumcllra aux frictions cutanées quotidiennes, à riiydntllu'rapie froide ou écossaise, au massage ; on donnera avec discrétion ranli|iyrine, les bromures, la valériane. Si c'est un ol)èse, on adjoindra à ces moyetis l'exercice régulier au giand air, l'usage des alcalins, les bains chauds salés, un ]t(Mi ]iroloiig(''S, les inhalalions d'oxygène ou d'aircomprimé.
DIAIJJiTE SUCIîK 279
Quand la persistance de la glycosurie malgré les modificalions au régime, la polyurie, l'azoturie existent, le diagnostic de diabète n'est plus douteux ; malgré le régime et le traitement le mieux conduit, malgré la polyphagie, l'amaigrissement se produira au bout de quelques semaines ou de quelques mois, avec tout le cortège symptomatique du diabète maigre, qui est la forme clinique ordinaire dans l'enfance, et la mort surviendra par le coma diabétique ou la phlbisie, si quelque complication intercurrente n'abrège pas la marclie naturelle des choses.
Quoi qu'il en soit, chez \encmrrisson diabétique, on ne pourra supprimer le lait, mais on fera prendre à chaque tetée une cuillerée d'eau de Vichy; si l'enfant est alimenté artificiellement, on étendra le lait d'eau alcaline, en y ajoutant une certaine quantité de crème pour le rendre plus riche en matières grasses.
Quand le temps sera venu de sevrer l'enfant, au lieu de lui continuer jusqu'à deux ans l'usage du lait de vache, on lui organisera une alimentation composée de bouillon, d'œufs, de beurre, de jus de viande, de poudre de viande ou de pulpe crue râpée.
Dans la seconde enfance et Vndolescence, comme chez le diabétique adulte, les aliments interdits sont le sucre et les mets sucrés, les féculents, c'est-à-dire : pain ordinaire, pâtisseries, pommes de terre, haricots, pois, lentilles, châtaignes, riz, macaroni, nouilles; les racines sucrées : carottes, betteraves, oignons, navets ; certains légumes, comme l'oseille, la tomate, l'asperge ; — le lait, le chocolat; — les fruits sucrés : raisins, prunes, abricots, poires et pommes, figues, fraises, cerises et groseilles, melons ; les vins sucrés, les sirops, la bière, le cidre.
Les aliments permis sont le bouillon, les viandes et volailles grillées et rôties, les œufs, les poissons, les corps gras (beurre, lard), les légumes herbacés, épinards, chicorée, laitues, choux et chouxfleurs ; comme desserts, les fromages, les olives, les noix, les amandes, les noisettes, les pistaches. On donnera 20 à 60 gr. de glycérine, mélangée à du vin blanc et à de l'eau de Vais. Comme boisson, le vin rouge ou blanc, non sucré, coupé d'eau. On laissera l'enfant boire à sa soif, par quantités modérées à la fois, souvent réitérées. Si l'enfant les tolère, on essayera le pain de gluten, le pain d'amandes de Pavy. le pain de soja ; si ces pains artificiels l'empêchent de manger, on lui permettra un peu de croûte de pain ou une pomme de terre cuite à l'eau. On se gardera, d'ailleurs, d'exiger une rigueur absolue dans le choix des aliments pour ne pas entraver l'alimentation par le dégoût, puisque l'anorexie est la perle amenée à bref délai du diabétique, (pii court à la consomption par autopliagie.