‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 71 sur 189 · DOIGTS · texte numérisé non relu

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après sacrifice du squelette, les téguments serviront à couvrir les doigts restants. Parfois, enfin, il sera indiqué de faire des transplan-

tations par la méthode italienne modifiée. Ces deux méthodes sont plus souvent encore indiquées dans les syndactylies acquises (cicatrices de hrûlures).

2" Cicatrices vicieuses. — Après excision du tissu cicatriciel, on a recours à Fautoplastie italienne, en prenant de préférence le lamheau à la face antérieure du thorax.

3° Lésions traumatiques. — L'écrasement de la dernière phalange dun doigt dans une porte est une lésion banale chez l'enfant. On rapproche les parties autant que possible, et on applique un pansement sec, en se gardant bien de toute régularisation imm.édiate des lambeaux. Si la plaie est infectée, on fera des pansements humides.

4° Lésions inflammatoires. — Lepanaris proprement dit est rare chez l'enfant. Mais ce qui est vulgaire chez lui, c'est le panaris épidermique, surtout autour de l'ongle {tourniolc). Cette lésion est trop souvent négligée, devient croiiteuse, sert de porte d'entrée pour des adénites suppurées et même pourdes infections plus graves (ostéomyélite). Il faut ouvrir la petite phlyctène purulente, exciser l'épiderme à la pointe des ciseaux et appliquer un pansement humide au sublimé : on obtient ainsi la guérison en quelques jours.

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La tuberculose des plialanges, vulgairement connue en raison de son aspect extérieur sous le nom de spinaventosa, sera traitée au début, outre le traitement gc-néral, par la compression à laide de bandelettes d'emplâtres de A igo. Dès qu'on verra les fongosités se ramollir, on incisera pour évacuer les produits caséeux et évider la pbalange; puis la cavité sera touchée au cliioruro de zinc. Ces incisions seront laites sur la face latérale, de façon à ménager soigneusement le tendon extenseur ou ses débris. L'amputation sera ainsi presque toujours évitée. L'envahissement des articulations voisines et de la gaine du tendon lléchisseur est rare.

La dactylite de la sijpliilis héréditaire peut ressembler beaucoup au spina-ventosa. Le traitement sera exclusivement médical, sauf s'il y a nécrose de la phalange, cas auquel il est indiqué d'extraire les séquestres.

5° Tumeurs. — Les phalanges peuvent être le siège dliyperostoses et d'cxosioses de croissance capables d'être très disgracieuses et même très gênantes. Une espèce spéciale de ces exostoses, est Yexostose sous-ui^guénlo. beaucoup plus rare d'ailleurs qu'au gros orteil. On en fera l'ablation en respectant la continuité de l'os sur lequel elles s'implantent.

Ij'enchondrome est lui aussi une tumeur du jeune Age : presque toujours il est liénin, mais il a malheureusement tendance à frapper plusieurs doigts à la fois. S'il est unique, on n'hésitera pas à amputer la phalange atteinte. Mais pour les enchondromes multiples on cherchera autant f|nc possible à conserver la phalange.

DYSENTERIE. — La colite ulcéreuse, qui constitue anatomiquement la dysenterie, aiïecle deux formes principales, qu'on jttMit considérer comme deux étapes : la première simplement calarrhale et congestive, la seconde vraiment ulcéreuse. Quand elle scvil ;i l'élat épidémique, elle est certainement causée par un agent infectieux (|ui se transmet par contagion et par l'intermédiaire des garde-robes des dysentf''ri(jues. Mais il existe des ('/,(/s dysoiléi-ifonnes sponidifiues. qui dépendent probablement de la virulence passagèrement exaltée de quelques microbes, hôtes vulgaires du gros intestin ; les causes qui pi-édisposent l'intestin à subir les attaques de l'agent infectieux, spécifique ou banal, sont (pielf|ue faute d'alimentation, surtout dans les temps chauds et humides, l'abus des fruits ou l'usage de fruits non mi'irs, l'ingestion des eaux de mauvaise (jualité. Les états dysenléri(pios peuvent êln; secoiuhiires A des inllammalions des autres parties du lube digestif, ou survenir au décours de maladies infectieuses gém'-rales. De ces notions étiologiques découle la Pito-

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PHYLAxiE : Hygiène alimentaire plus rigoureuse pendant les chaleurs, emploi d'eau bouillie ou minérale, désinfection des garde-robes dysentériques dans les agglomérations d'enfants, antisepsie intestinale au cours des états dyspeptiques primitifs et des infections générales.

L'évacuation de garde-robes d'abord glaireuses, puis de masses membraneuses, de raclures de chair, contenant du sang en quantité variable, du muco-pus ou du pus véritable, précédées de violentes douleurs et suivies de ténesme. s'accompagnant de fièvre, enfin aboutissant rapidement à un état cachectique, voilà le tableau d'ensemble.

Au début de TafTection. comme dans tous les troubles digestifs, on se préoccupera d'évacuer le contenu de l'intestin en voie de décomposition, et de ne plus fournir d'aliment à la fermentation. On donnera donc d'abord un évacuant, l'huile de ricin ou le calomel.

Les coliques sont calmées par l'application de glace ou de collodion élastique sur le ventre, et par l'opium par la bouche ou en lavement, si l'enfant a dépassé la première armée.

De grandes irrigations intestinales chaudes, avec de l'eau boriquée saturée ou avec de l'eau naphtolée.

Suppression du lait ou des aliments solides, diète hydrique ou eau albumineuse glacée.

Le benzonaphtol sera administré par petites doses réitérées, associé au salicylate de bismuth.

Si. après 24 heures de ce traitement, il n'y a pas d'amélioration, il faut employer l'ipéca en potion et en lavements. On fait bouillir 1 à 2 gr. de poudre dans 100 gr. d'eau pendant quelques minutes, on filtre et on ajoute deux à dix gouttes d'élixir parégorique et 10 gr. d'eau de cannelle. Les lavements seront faits avec 5 à 10 gr. d'ipéca concassé bouillis quelques minutes dans 60 à i.oO gr. d'eau.

Les laxemenis SiU. nitrate d'argent, 5 kiO centigrammes pour 100 gr. d'eau, sont aussi un excellent moyen contre les hémorrhagies intestinales abondantes.

L'alimentation comporte, suivant la période de la dysenterie : au début et dans les phases aiguës, l'eau albumineuse. la décoction blanche de Sydenham ; puis le bouillon de poule, de veau, de bœuf dégraissé, le lait stérilisé coupé d'eau de chaux, d'eau d'Alet ou pur ; dans les phases de chronicité, le lait et la pulpe de viande crue râpée. Au fur et à mesure de lamélioration, les œufs, la viande grillée ou rôtie, certains poissons, pour ne revenir qu'après la guérison parfaite aux farineux, aux autres légumes et aux fruits,

DYSPEPSIE. — A. Des nourrissons. — Les causes qui

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font qu'un nourrisson présente des troubles digestifs sont nombreuses.

Si l'enfant est au sein, il faut incriminer ou la mauvaise qualité du lait par suite de troubles dans la santé de la nourrice, ou la trop 4irande quantilc de lait, absolue ou relative ; cartelenfant,qui di2;érait bien 60 gr., 100 gr. de lait toutes les deux heures, ne peut plus le faire si la température extérieure plus élevée ou le travail de la dentition ont diminué la quantité ou modifié l'activité de ses sécrétions digestivcs.

Si l'enfant est au biberon, outre la quantité et la qualité du lait, il peut y avoir place parmi les causes de troubles digestifs pour la malpropreté des récipients et l'adultération du lait par des germes extérieurs.

La pathogénie des troubles gastriques et intestinaux des petits enfants est complexe : quelques-uns des processus morbides nous sont connus, il y en a qui demeurent obscurs.

Nous avons appris par les recherches de Damaschino et Clado, qu'une certaine espèce de diarrhée verte est en corrélation avec la présence ou la pullulation d'une bactérie spéciale; puis MM. Ilayem et Lesage nous ont montré que, les garde-robes étant alors neutres ou alcalines, il sullit de moditier la réaction du contenu intestinal par l'acide lactique, pour arrêter la pullulation de la bactérie pathogène et faire cesser la diarrhée.

De tout temps, on a connu les garde-robes vertes à réaction acide, par polycholie, qui traduisent la congestion hépatique due à un excès d'alimentation ou à la décomposition des aliments ingérés. Les médecins ont appris empiriquement à leur opposer l'emploi des alcalins.

Mais, outre ces formes bien tranchées, combien d'autres sont mal établies !

Les troubles gastriques qui .surviennent chez certains enfants à l'occasion de Tt-ruption des dents, et qu'on appelle tour à tour, suivant leur marche aiguë ou subaiguë, leur intensité plus ou moins grande, indigestion, embarras gastritjue, catarrhe stomacal, ou ceux qu'engendre progressivement une alimentation défectueuse soit comme qualité, soit comme quantité : dyspepsie, gastrite, atonie et dilatation de l'eslomac, — quelle en est la pathogénie?

Il y a |)art dans leur genèse pour des facteurs divers. A l'origine il s'agit souvent d'une perturbation du système nerveux d'origine réflexe: c'est la gingivite dentaire, c'est un coup do froid ou une excessive chaleur (jui diminuent l'activité des sécrétions gastriques, la richesse du suc gastri(pie en acide chlorhydriipie. par exemple. Les aliments ne sont plus protégés ct)ntre les microbes, hôtes Iiabi-

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tuels de l'intestin, qui pullulent, y déterminent des fermentations putrides et fabriquent avec excès des poisons : indol, phénol, crésol, scatol, ammoniaques, hydrogène sulfuré, ptomaïnes. etc. (^es substances toxiques résorbées vont imprégner le système nerveux, et localement les acides gras irritent la muqueuse, dont l'hypercrinie et le catarrhe encombrent le tube digestif de mucus et d'épithélium en desquamation.

Ainsi lintluence du système nerveux, les modifications chimiques des sécrétions physiologiques, la stagnation des matières indigérées, le parasitisme et linfection, entin lauto-intoxication sont les stades principaux ou les facteurs variables de ces états morbides du tube digestif, que nous offre à chaque instant la première enfance.

La plupart des médecins ont compris certaines données du problème pathogénique, mais non toutes. Ce que trop peu saisissent, c'est XopportHiiit^' de telle ou telle thérapeatiquekiemv. D'a.'û\eu.Ts les indications changent vite dans ces états morbides : ce qui était convenable le matin, ne l'est quelquefois plus le soir et, s'il y a des maladies dans lesquelles il faille suivre de pp.ès le malade, c est certainement dans celles-là.

Quand on compare les ordonnances des médecins appelés à soigner les troubles digestifs, on s'aperçoit qu'elles se divisent en deux catégories : il y a celles qui ne font intervenir que les alcalins, les astringents, les opiacés ; il y a celles où on ne voit que les antiseptiques. Peu de médecins savent faire à propos l'application de l'une ou l'autre de ces médications. Bien moins encore savent organiser la diététique, qui est cependant la clef de la guérison.

Il faut prendre des exemples concrets pour préciser.

Un enfant d'ordinaire bien portant, tétant régulièrement et de bon appétit toutes les deux heures le jour et deux fois dans sa nuit, commence à vomir une partie de son lait une demi-heure ou une heure après l'avoir pris ; ses garde-robes contiennent des grumeaux de lait reconnaissables, il ne digère donc pas complètement : il prend cependant le sein avec la même avidité ; il se plaint même, s'agite et le réclame avant l'heure habituelle, parce qu'il a .<oif.

L'indication à ce moment est bien simple: diminuer l'nlimentatioii, c'est-à-dire espacer les tétées ou laisser prendre moins de lait à la fois. — Alcaliniser légèrement le lait pour le faire coaguler en plus petits fragments, qui seront plus vite et plus facilement digérés ; quelques cuillerées d'eau de Vais ou de Vichy répondront à cette indication et calmeront la soif.

Si on n'est appelé qu'à un degré plus avancé, qu'il y ait ou non vomissements, — s'il y a garde-robes vertes, puis fétides, séreuses.

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multipliées, riziformes. ventre ballonné, bouche sèche, soif vive, — l'intoxication est ici manifeste. Les indications se posent autrement. La première de toutes est de supprimer V alimentât ion, de suspendre momentanément toule introduction de substance fermenlescible dans le tube digestif, dévacuer lo contenu putride de celui-ci pour entraîner le poison formé, et de réaliser l'antisepsie pour empêcher la production de fermentations nouvelles.

C'est alors que le calomel donne un très bon résultat (0 gv. 05 t\ 0 p^r. 10); il y a lieu ensuite à l'emploi d'un antiseptique donné par la bouche et de lavements antiseptiques (voir page 80).

On peut varier les antiseptiques et les associer aux alcalins ctaux poudres inertes, craie et bismuth. Les antiseptiques insolubles son préférables, benzonaphtol, bétol, salicylate de bismuth, etc. Dans les cas graves, on aura recours au lavage de l'estomac (voir page 79).

C'est seulement quand le contenu putride du tube digestif aura été évacué, c'est-à-dire au bout de quelques heures, qu'on pourra essayer de nouveau d'introduire de l'aliment, mais en très petite quantité, en siirveiUant l)ien les garde-robes qui suivent.

S'il est permis de laisser plusieurs heures l'enfant sans lait, il ne faut pus le laisser sans boisson, car il est indispensable qu'on rende à ses tissus l'eau que la diarrhée leur a soustraite, il faut que l'urination continue pour entraîner les poisons absorbés. L'eau des lavements y pourvoit pour une part, ainsi que l'eau alcaline qu'on donne parla bouche, ou l'eau contenant quelques principes tonicpies stimulants (vieille eau-de-vie, café).

A un degré plus avancé des accidents morbides, on observe l'hypothermie, ventre plat, urines rares ou nulles, convulsions ou adynamie et coma. Pour combattre la déshydratation des tissus et l'anurie. les injections sous-cutanées deséruni artificiel (cidorure de sodium 7 gr.. eau bouillie 1000 gr.). Puis, c'est aux stimulants du si/stènu' nerveux qu'il faut alors s'adresser avec énergie et décision. Alors point d'évacuants, point d'antiseptiques : injections sous-cutanées d'éther, de camphre(camphre 0,00, alcool, eau àà 5 gr., injecter à la fois une demi-seringue de i'ravaz), ou decaf(''ine ; frictions cutanées, sèches et aromali(|ues ; bain sinaj)isé, bain de camomille ù .tô", bain de vin. De (|uart d'heure en quart d'heure, une cuillerée à café d'u'.ivin généreux ((■lianq)agne, porto, sherry, nialaga) coupé d'eau. Lavements d'eau boriqui'c, suivis de lavenienls de bouillonet devin.

Puis. (|uand le danger de mori iiiiiniiicnle est un peu écarté et (piOii essaiedintroduirc (les substances alimentaires, si la digestion stomacale est surtout (Icfcctueusc, il ne faut |)as commencer |)ar le lait, mais |tar di-s lavements de bduilloii dcxlrinc, de la (b'Toiliuu d'orge.

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