FIÏ:VI5ES DE CROISSANCE
nous redoutons au contraire la toxicité de l'acétanilide et de la llialline.
f.es troubles digestifs que cause la fièvre consistent en anorexie, diminution des sécrétions salivaire. gastrique, peut-être pancréatique, certainement biliaire, et modification des qualités de ces sécrétions (bouche acide, suc gastrique moins riche en IICl). On doit donc réduire Talimentation à l'usage des aliments de la digestion la plus facile, ne nécessitant pas lappétit et la mastication : le lait, le bouillon de volaille ou de bœuf, les tisanes nutritives avec les décoctions de céréales et les sucs de fruits (orge miellée), répondent à ces indications de contenir une certaine quantité d'azote, de substances hydrocarbonées et en particulier de sucre. Ce dernier corps est nécessaire au foie pour accomplir sa fonction de destructeur des poisons, comme Va montré G. H. Roger.
La nécessité de faire fonctionner les émonctoires pour aider l'organisme à éliminer le plus promptement possible les déchets de la fièvre en même temps que les toxines microbiennes, impose l'administration de boissons abondantes. C'est aussi un des mérites de la médication réfrigérante physique (bains froids) d'augmenter la diurèse et de favoriser par ce moyen l'expulsion des poisons de l'organisme.
FIÈVRES DE CROISSANCE. — Lorsqu'un enfant présente des accès de lièvre irréguliers ou une lièvre continue dont l'explication n'est pas évidente, qu'il accuse ou non des douleurs dans les membres, il faut examiner attentivement ceux-ci et les divers points du squelette au niveau desquels peut se manifester la congestion osseuse, prélude de l'ostéite juxta-épiphysaire, et lieu d'appel pour les agents infectieux en circulation.
Si la pression en ces points, les mouvements articulaires provoqués, causent de la douleur, il faut imposer le repos absolu au lit, l'enveloppement des régions suspectes dans des compresses humides essorées, recouvertes de taffetas gommé. La fièvre tombera srénéralement par ces simples moyens.
Si la langue est saburrale. on donnera le calomel. Il sera utile de continuer ce commencement d'antisepsie intestinale par l'usage des naphtols.
Lantipyrine, la quinine ne sont généralement pas nécessaires, mais peuvent être données si la fièvre persiste .
S'il y a douleur spontanée, a fortiori gonflement, chaleur, rougeur des téguments au niveau des points précités, voir, pour la conduite à tenir, Ostéite, Ostéomyélite.
FIÈVRES ÉRUPTIVES. — Prophylaxie. Elle comprend
THÉllATEClIQUE INFANTILE. 21
322 FIKVRKS ÉIICPTIVKS
deux ordres do moyens : l'isolement ciVantisepsie ou désinfection.
A. L'isolement doit être envisagé dans la famille, à llinpital, à l'école. Dans le plus grand nombre des familles, l'isolement d'un enfant atteint de lièvre éruptive est dinîcile, sinon impossible à réaliser. Pour la rougeole, la plupart des familles sont plutôt opposées à 1 isolement du malade, l'opinion étant généralement répandue que la rougeole est très bénigne, qu'il est dilTicile de ne pas la contracter un jour ou l'autre à cause de sa fréquence, et qu'il est préférable que les enfantsacquièrentl'immunité par linfeclion. (]e raisonnement n'est pas dénué de bon sens. On ajoute encore que le plus souvent, quand le médecin est appelé, la rougeole étant contagieuse dès les prodromes, il est trop tard pour isoler. Le devoir du médecin est cependant i\o rappeler que la rougeole peut être grave, même dans la seconde enfance, sinon par elle-même, du moins par quelques-unes de ses complications ou séquelles. Il doit en tout cas insister pour obtenir l'isolement quand il y a un nourrisson dans la maison. Le moyen le plus elTicace de prévenir la contagion est de faire partir l'enfant ou les enfants sains dans une autre maison. Si la configuration et la grandeur do l'appartement le permettent, on peut tenter l'isolem ':it dans l'appartement même. Il est prouvé que le coulage rubéolique ne se transmet pas à grande distance.
Pour la scarlatine, l'isolement est plus important et plus facile à réaliser, puisque la contagiosité est surtout accentuée à la période do desquamation.
Il est nécessaire que le nombre des personnes qui soignent l'enfant soit aussi restreint que possible ; car elles doiveul ne plus communiquer avec les autres enfants ou ne peuvent le faire (piaprès avoir pris des précautions minutieuses (cliangemenl cuinpk-t de vêlements, ablutions anlisepti(|ues).
Dans un linpital il doit y avoir un service d'isolement pour clia(|iio catégorie de fièvres éruplives ; un personnel spécial sera alîeclé à co seul service, sans communication avec le personnel des autres salles ; clia(|uc service doit se composer de salles ne comprenant pas plus de (i à 8 lits ; quelques cbami)res distinctes, de 1 à .'5 lits, doivent être réservées aux cas compli(|ués (rougeole avec bronclio-junnimonie. scarlatine avec angine pseudo-membraneuse), l'^idin il doit y avoir dans cliaque hôpital des salles destinées à mellre en ohserfation les cas dontcnx et les suspects, c'est-j'i-dire les enfants ayant été en contact avec un infectieux et devant êlre survcillésjustprà la fin <l(' la p(''riode d'incubation maxima.
Les recherches contemporaines ayanl inoiiln'' (pic l.i couliigion dc's fièvres ériq)livcs s'opère rarement par l'air, mais le plus souvent par
FIKVni'S ÉRVPTIVES 323
le contact direct ou médiat, on a pu avec cliances de succès essayer de pratiquer l'isolement dans les salles communes, en obligeant le personnel médical et infirmier à des précautions d'antisepsie minutieuse. Depuis 18S9, M. Grancher a institué dans son service de l'hôpital des Enfants-Malades un système de grillages mobiles, dont on entoure chaque lit de malade suspect ou douteux, jusqu'à la fin de la période d'incubation ou d'incertitude. Toute personne, médecin, élève ou infirmier, qui pénètre dans le box grillé, doit revêtir une ample blouse spéciale placée sur le lit ; elle la cpiitte avant de sortir et doit se laver, avec une solution antiseptique préparée en permanence, toutes les parties, visage ou mains, qui ont été en contact avec le malade. (Voyez pages 95 et suiv.)Tous les objets qui servent au malade ne servent qu'à lui et sont stérilisés chaque jour, ainsi que les excrétions. Les lits sont construits de façon à être démontés et porté.s dans l'étuve à désinfection, dès qu'ils sont devenus vacants.
.4 l'école l'isolement doit être régi par la connaissance de la durée de la période d'incubation dans les maladies contagieuses.
Voici quelques chiffres empruntés à un travail de M. le professeur Layet (de Bordeaux) sur la prophylaxie des maladies infectieuses transmissibles dans les écoles. /.l/edecnie moderne, 19 juin 1890.)
DtliÉK UK LA PÉRIODE d'iXCUBATIOX DES MALADIES IXFECTIEUSKS COU-
UANTKS. — Voici le relevé des opinions des auteurs français et étrangers sur la durée de la période d'incubation vraie de la coqueluche, de la diphthérie, de la varicelle, de la rubéole et des oreillons :
Coqueluclie. — Les auteurs anglais varient de 6 à 14 jours. — En France, on admet généralement 8 jours avec Bouchut ; en Allemagne, de 7 à 8 jours d'après Eichhorst, 10 jours d'après 0. Muruh (JaJirb. f. Kindevlieilkunde, J880).
Diphthério. — En Angleterre, 2 à 5 jours (Murchison) ; 3 jours (Vacher) ; 3 à 6 jours (Hichardson) ; 2 à 5 jours (Slephcnson. Dukcs etNewsholme) ; en France : 2 à 7 jours (H. Roger) ; 1 à 3 jours (Sauné) ; l à 2 jours (Bard, de Lyon). — En Allemagne : 2 à 7 jours (Eichhorst).
Varicelle. — Les auteurs anglais varient entre 10 et 14 jours ; en France on admet 12 à 17 jours ; en Allemagne, 14 à 15 jours (Gerhardt, Traité des maladies de l'enfance) ; 13 à 10 jours (Eichhorst).
Rubéole {Rôtheln des Allemands). — 13 jours (Vacher); de 10 à 21 jours (Squire) ; 12 à 20jours (Dukes) ; 12 à 18 jours (Newsliolme) ;
14 à 21 jours (Eichhorst).
Oreillons. — 14 à 21 jours (Richardson) : 10 à 24 jours (Dukes, Newsholme) ; 10 à 20 jours (Rilliel) ; 10 à 14 jours (Trousseau) ;
15 à 21 jours (Wagner) ; 12 à 20 jours (llallopeau).
FIEVRES EUUPTIVES
Mise ex OBSEIIVATION gU.VIt.VNTENAIUE DES ÉCOLlEnS SITSPECIS. —
Un point que permet de résoudre ce que nous savons maintenant de la durée réciproque des périodes d'incubation et d'invasion, c'est le temps pendant lequel les enfants sains, qui ont séjourné en classe ou à côté des malades, doivent être tenus en suspicion, soit à partir du dernier cas observé, soit à partir du licenciement général des écoliers. Ce temps est naturellement déterminé par la durée des deux stades d'incubation et. d'invasion qui, ensemble, constituent une période prééruptive dont la durée sert à mesurer celle de la mise en observation des écoliers suspects.
La période de mise en observation quarantenaire peut être résolue en ajoutant à la durée de la période prééruptive un coeflicienl de prévention supplémentaire.
Les cliilTres auxquels s'est arrêté dans la pratique M. le professeur Layet pour les écoles de Bordeaux se trouvent réunis dans un tableau où se trouvent ainsi compris tous les éléments de la jjropliylaxie de début.
lU'adniissiou autorisée
Scarlatine 7 -f 2 -[- 3 = 12
Rougeole !i + 4 -|- 3 = Ki
Coqueluf.lie.... 12 -f S -f 4 = 24
Rubéole Kî 4- •' -f 2 = 2r,
Diphthéiie .") + 2 + 3 =r lo
Oreillons IS -f 2 + 4 = 24
Varicellf 14 -f 2 + 4 = 20
.s'il n')- a pas d'angine.
s'il n'y .a pas de phénomènes catarrhaux.
id.
id.
s'il n'y a pas d'angine.
s'il n'y a pas d'angim^.
s'il n'y a ])as de phénomènes, catanliaiix.
Enfin il nous paraît utile de reproduire des instructions i\m\ d'api'és rAcadtmie de médecine , nos ministres de l'instruction puJjlique ont adressées aux recteurs, de IS.S.S à 18U0, en regard des règles admises en Angleterre par l'Association des médecins sanitaires des (''coles en J88(>. Pour la rougeole, la co(|ueluclu\ les oreillons, la dernière circulaire ministérielle (1S!);5) a réduit la durée de la période d'isolement.
FIÈVHES ÉRUPTIVFS 325
DUHÉi: DE l'isolement DES ÉCOLIERS MALADES. FIN DELA PERIODE
d'iNFECTIVITÉ. — ÉPOQUE OU LEUR RÉADMISSION EST AUTORISÉE.