‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 99 sur 189 · LÈVRES · texte numérisé non relu

LÈVRES

Les absences totale ou partielles des lèvres sont justiciables de la cheiloplastie, exactement comme les pertes de substance acquises.

2» Vices de conformation acquis. — L'ectropion de la lèvre inférieure est quelquefois paralytique (idiots), mais presque toujours il est cicatriciel, et les brûlures sont chez l'enfant sa cause ordinaire. En dehors des cas simples, où une petite bride peut être extirpée, les bords de la plaie étant ensuite suturés, cette difformité exige en général des opérations assez complexes. Ontentera d'abord le procédé de AVharton Jones, qui consiste à circonscrire par une incision en V la cicatrice que l'on dissèque ensuite, de façon à suturer en Y l'incision en V ; ou bien, par deux incisions verticales on divise la lèvre en trois segments dont les deux latéraux, larges chacun d'un quart de la largeur de la lèvre, sont suturés sui- la ligne médiane, le lambeau moyen rendant à la lèvre la hauteur nécessaire.

Enfm, pour les cas graves on comblera la plaie avec un lambeau pris au thorax.

3° Lésions inflammatoires. — Uhypertrophie de lalèvrechez les scrofuleux porte surtout sur la lèvre supérieure, où elle est liée à une lymphangite chronique ayant pour point de départ les éruptions impétigineuses situées autour des excoriations, les écoulements de coryza : le vrai traitement sera donc prophylactique, s'adressantà ces lésions. De même à la lèvre inférieure pour la fissure médiane ulcérée souvent observée dans ces cas. Quand l'induration de la lèvre est rebelle, on peut être conduit à faire des pointes de feu, des excisions : mais ces éventualités sont exceptionnelles.

(Voyez aussi [^upus, Perlèche.)

4° Angiomes (voyez ce mot).

5° Macrocheilie ou hypertrophie congénitale. — La compression est inellicace : on peut tenter l'ignipuncture. La méthode de choix est 1 excision à l'instrument tranchant ; et le meilleur procédé est celui, qui consiste à enlever entre la peau et la muqueuse un coin transversal à base supérieure. Mais on saura que dans cette région l'asepsie parfaite de la ligne des sutures est impossible à maintenir et que d'autre part, dans ces tissus à espaces lymphatiques abondants (lymphangiome), l'infection se propage rapidement.

LÈVRES (grandes). — Voyez IIydrockle du canal de Nuck et VuLvi..

LICHENS. — Le lichen plan se trouve très amélioré et même

404 LICHEN. I.OMRHICOÏDKS

guéri par les douches chaudes ou tièdes et l'enveloppement ouaté. Le lichen agrius, ou lichen des scrofnleux, requiert un traitement général antistrumeux et des onctions avec l'huile de foie de morue. On emploie encore les frictions avec le glycérolé tartrique 1/20, le glycérolé cadique, Thuile de bouleau, la pommade soufrée et l'onguent styrax.

LIPOME. — Le lipome est une des tumeurs de l'enfance, quelquefois même il est congénital. C'est une tum.eur bénigne, dont l'extirpation est facile et efiicace. On n'oubliera pas qu'elle est quelquefois en relation avec un angiome (angiome lipogène) , cas auquel elle est abordée par de gros vaisseaux dont il faudra faire soigneusement l'hémostase.

LITHIASES. — Rénale. — Voyez Gii-vvELLE. Coliqlt. NÉPunÉ- Tigri:.

Biliaire. — Voyez Biliaiiu"., (^oi.iqim: ih';p.\tiqi;e.

LOCOMOTRICE (Ataxie héréditaire;. — Maladie ue FiiiEDi'.EicH. Traitement des scléroses encéphalo-méduUaires.

LOMBRICOÏDES (Ascarides). — Piioimivlaxii:. — Pour éviter l'iielmiiilhiase intestinale, on ne doit laisser boire aux enfants que de l'eau filtrée ou bouillie. Les symptômes qui peuvent attirer l'attention sur ces helminthes sont les coliques, les accidents d'occlusion intestinale ou le méhcna, les troubles réflexes tels que : amaurose et surtout mydriase, éclampsie, accidents hyslériformes, choréiformes ou pseudo-méningitiques. Mais le seul signe pathognomonique est le rejet de loiubrics par voniissoments, ou dans les garde-robes, exceptionnellement à la suite d'un efl'iu-f de toux ou par un abcès, si les ascarides ont fait dos migrations insolites dans les voies respiratoires ou à travers une perforation intestinale jusqu'aux téguments.

Le TRAiTi-.MKN'r consiste à administrer d ahdi'd un j)iirgatif huileux; puis à donner pendant trois jours de suite la siiutuninc :

0 gr. 05 centigr. au-dessous de 3 ans ; 0 gr. 10 centigr. jusqu'à 10 ans ; 0 gr. 15 centigr. jusqu'à IG ans.

Il existe des pastilles qui contiennent chacune 25 milligr. Le ficmc II -contra se donne de (),('•() à l '^v.

On donne le troisième jour du calornel ou du ialap, de la scammonée ou du séné.

LUKTTE. LUPUS 405

LORDOSE. —Voyez Rachis.

LUETTE. — On peut être consulté pour les lésions suivantes de la luette : 1'' Tliypertropliie congénitale, quelquefois très remarquable ; 2° l'engorgement inflammatoire consécutif à des angines à répétition ; 3° de petits polypes souvent associés à Thypertroplne amygdalienne et aux végétations adénoïdes ; 4° des angiomes simples ou caverneux limités à cet organe. Toutes ces lésions seront traitées par l'exxision de la luette. On a inventé pour celte petite opération des instruments spéciaux : il suflltdune paire de ciseaux et d'une pince à grifles. Quelquefois il peut en résulter une hémorrhagie notable, dont on viendra, il est vrai, facilement à bout par la cautérisation ou la forcipressure. Pour en être sûrement à l'abri, on emploiera l'anse galvanocaustique, si on en a une à sa disposition.

LUPUS. — Lelupus est une des formes de la tuberculose cutanée ; dans la majorité des cas il débute pendant l'enfance. La face est son siège de prédilection. Un point important consiste à en bien établir le diagnostic avec la sypbilis liéréditaire tardive, car on conçoit les conséquencespronostiqueset tbérapeutiquesquienrésultent. Outre le TRAITEMENT MEDICAL (Ic lii scvofule (voycz ce mot), le lupus exige

un TRAITEMENT CHIRURGICAL.

En présence d'une lésion limitée, le mieux est de pratiquer l'extirpation au bistouri, suivie de réunion immédiate. Lorsque la perte de substance est trop large pour être suturée, on a conseillé de faire suis're l'exérèse de greffes épidermiques par la métbode de Tbierscli, mais dans ce cas il vaut peut-èlre mieux recourir à des métbodes moins radicales, et surtout à lemploi de lignipuncture. Pour un tout petit nodule occupant la face, la cautérisation profonde (galvanocautère, thermocautère) est le procédé qui donne le moins de cicatrice. Pour les surfaces plus larges, c'est une méthode lente, mais certainement elTicace. et à la face c'est la méthode de choix. Mais aux membres, pour peu que la lésion soit étendue, on praticjuera la rugination à la curette tranchante suivie d'une cautérisation au chlorure de zinc à 1/10 et d'un pansement sec à l'iodoforme. On obtient ainsi la cicatrisation en 'A semaines environ. Après cela il faut être bien averti, comme après n'importe quelle méthode de traitement, que la récidive est la règle ; on surveillera donc attentivement la région, de façon à attaquer au fer rouge les nodules derepullulation aussitôt qu'ils apparaîtront. Pour certains lupus ulcéreux, la scarification, suivie de pansements humides au sublimé à I/lOOO, donne des résultats remarquables. La variété grave, à ulcération rapidement destructive, appelée lupus

406 LrPUS. LUXATIONS

exedens. est liée à des infections mixtes par des microbes pyogènes; on la traitera par les scarifications, les attouchements au chlorure de zinc et les pansements antiseptiques humides.

Non seulement le lupus est toujours prêt à récidiver, à durer pendant des années, mais encore il entraîne fatalement la formation de cicatrices toujours difformes, souvent vicieuses, causant à la face des ectropions.desatrésieSjdes pertes desubstance. Dans ces derniers cas, il y a indication à des opérations plastiques, dont le résultat définitif sera aléatoire tant que le processus lupique ne sera pas radicalement guéri, ce qui malheureusement est la règle.

LUXATIONS. — Les luxations sont de trois espèces: 1° traumati(jues ; 2" pathologiques; 3'' congénitales. De leur côté, les luxations pathologiques se divisent en deux grandes classes suivant qu'elles sont liées à une arthrite, avec ou sans lésions osseuses, ou à une paralysie atrophique des muscles périarticulaires. Ces luxations doivent être étudiées, au point de vue thérapeutique, avec les processus qui leur donnent naissance (voyez Auticcl.vtioxs, Paualysie infantile), et à propos des jointures en particulier (voyez Coxalgie, Genou, Hanche). Quant auxluxations congénitales, on ne les observe guère qu'à la hanche (voyez ce mot) et une étude générale n'a pas sa raison délre. ?Sous ne parlerons donc ici que des luxations Iraumatiques.

A titre de rareté, on peut trouver chez l'enfant des luxations diverses ; mais deux variétés seulement sont fréquentes, les luxations du coude et celles de la hanche. Nous ne nous occuperons que de celles-là, en disant un mot de celles du pouce, renvoyant pour les autres aux traités concernant hi cliirurgie des adultes.

1" Luxations du coude. — n) Luxations récentes. — Avant d'étabUr hi ihi r;q)euti(|ue et le jtronostic, il faut d'abord avoir porté un diagnostic complet, avoir établi s'il y a fracture ou luxation ; en cas de luxatiiui, s'il y a ou non fracture concomitante et quels sont exactement le sens et la variété du déplacement. Étant donnés le gonflement en général intense et les mouvements de défense de l'enfant, il en lésulte que la plupart du temps ce diagnostic ne pourra être posé qu'après aneslhésic chloroformique, dailleurs pre.'^quc toujours indispensable pour instituer le lraitemi>nt. Après avoir endormi l'enfant, on explorera donc avec soin toutes les saillies osseuses (oléoràne, tète du radius, épitroclilée et épicondyle) en étudiant leurs rapports récipro(|iies et en cherchant sur chacune d'elles la nutbilité anormale. Cela fait, et une fois déterminée la vuriéle de la luxation (en arrière,

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