FIÉ VUE
tus, le perchlorale de potasse, l'apiol et l'acide picrique (lîabuleau).
1339. A côté delaquinine et jouissantd'une action analogue, il faut placer la véralrine. Bien qu'elle paraisse agir surtout sur le système musculaire, et qu'elle ait été considérée comme un poison du cœur (Bezold), elle n'est pas sans influencerle système nerveux; elle paralyse les muscles après lesavoirexcitésetméme tétanisés. Aux doses thérapeutiques, qu'il est toujours bon de fractionner, pour en mieux surveiller l'effet, et éviter les vomissements (de 3 à 10 pilules de i milligramme par jour), elle ralentit la circulation et la respiration et elle abaisse la température. En un mol, elle est antipyrétique, parce qu'elle diminue le pouvoirexcito-moteur. Aussi, Wachsmuth la regarde-t-il comme capable de provoquer le collapsus nerveux plutôt que comme un antipyrétique proprement dit.
1340. On peut encore rapprocher de ces agents, tous ■ceux qui jouissent de facultés paralyso-molrices. Tels sont les sels de la plupart des métaux, qui, à haute dose, sont des poisons musculaires. Les sels de potassium en particulier, et surtout le nitrate de potasse, ont des effets qui peuvent être utilisés contre la fièvre ; ils ralentissent le cœur, Abaissent la chaleur, et provoquent une sorte d'algidité, pourvu qu'on en élève assez la dose. — Les nitrates ont de plus une action fluidifiante, dont il faut tenircompte. Citons ■encore ici le chlorure de potassiumetle chlorate dépotasse.
A cette classe, se rattachent encore l'aconit et l'aconiline. L'aconit, que l'on donne de préférence en alcoolalure (1 à 4 grammes), détermine la dépression du système musculaire, le ralentissement de la respiration et de la circulation. C'est donc un agent que son action rapproche du curare (Rabuteau), de même que la slaphysaigre et la delphine, de môme encore que la ciguë et lacicutine. Cette dernière substance, qui agit surtout sur le système nerveux, est beaucoup moins fidèle dans ses effets dépressifs. Toutes ■d'ailleurs, en diminuant l'activité fonctionnelle, réfrènent l'activité nutritive et peuvent avoir quelque effet antipyrétique.
1341. Cette médication, que l'on peut appeler encore la méthode tempérante nerveuse, est celle qui prévaut pour
lutter contre les formes nerveuses de la fiôvre,mais non pas contre tous les accidents nerveux des fièvres. Elle convient seulement à celles qui dénotent un exc^s d'activité nerveuse, contre les formes hypersthénique?, et dans les cas où l'ataxie se complique déplus d'excitation que de dépression fonctionnelle.
§ 5. — Médication tempérante.
1342. La médication tempérante est celle donl les effets calmants portent plus spécialement et plus directement sur les actes vasculaires. On conçoit quelle a dû être de tout temps l'importance de celte médication contre la fièvre, c'est-à-dire contre un état dans lequel la perturbation vasculaire est, du début à la fin, si considérable qu'elle u été regardée longtemps comme essentielle. On sait, en effet, qu'au spasme vasculaire du début de la fièvre, ne tardent pas à succéder des oscillations de spasme et de dilatation, après lesquelles la dilatation demeure en permanence. Aussi, la médication tempérante est-elle, encore aujourd'hui, la médication la plus employée et la moins dangereuse.
Les antidénutrilifs sont des agents qui, en s'attaquant directement à la vie nutritive, réclament une certaine délicatesse dans leur maniement. Les réfrigérants, qui ne s'attaquent qu'aux effets thermiques, peuvent Ctre insuffisants ; les paralyseurs, agissant par l'intermédiaire des fo.'.ctions motrices, ne peuvent avoir qu'une influence indirecte et fort limitée ; les tempérants du système vasculaire, moins dangereux et plus directs dans leur action, seront donc bien souvent utiles.
1343. Le plus employé et sans contredit le plus efficace d'entre eux, c'est la digitale. J'ai déjà étudié l'influence que cetle substance possède sur le cœur et sur la circulation (516-403-448). Le ralentissement qu'elle commando au pouls, s'accompagne d'un abaissement de température, qui peut atteindre plusieurs degrés et descendre au-dessous de la normale. Souvent elle a paru provoquer la défervescence ou du moins en Mter l'arrivée ; et alors même qu'elle ne saurait la déterminer, elle la prépare en s'opposanl à la
FIÈVllE.
progression de la période ascendante, qu'elle remplace par des oscillations dans les chiffres de la température et du pouls (Ilirtz).
Tels sont depuis Cullen et Rasori, jusqu'à Schœnlein et Traube, Thierfelder, Hirtz et Ûulmont, les effets obtenus de l'administration de la digitale, effets si précis, si faciles à obtenir, et à ne pas dépasser, qu'ils font de cet agent le premier des antifébriles. Le meilleur mode d'administration consiste à donner OefjTS de poudre de digitale dans une infusion de 100 grammes à prendre par cuillerée et par heure. Le moment est celui de la période croissante, et surtout, de l'acmé ou du fastigium fébrile.
1344. Auprès d'un tel agent, la plupart des aulres moyens tempérants ne sont que d'imparfaits succédanés. On peut cependant considérer comme adjuvarfts utiles, les boissons acidulés. Le froid a aussi un rôle à jouer dans une telle médication, et peut-être est-ce à ses effets modérateurs et tempérants, bien plus qu'à l'action réfrigérante proprement dite, qu'il faut attribuer les résultats heureux qu'il produit. La meilleure manière de le mettre en œuvre est certainement l'hydrothérapie à l'eau froide, soit par les bains frais, soit par l'enveloppement, soit, mieux encore, par les lotions froides.
§ G. — Médication contro-stimulante.
1345. lin réunissant aux effels de la médication teùipcranle vasculaire, ceux de la médication calmante ou paralysante, on a l'ensemble des effets qui constituent le contro-stimulisme, c'est-à-dire, un état où la vie nutritive est réfrénée à tel point que l'activité fonctionnelle en est suspendue.
^ Cet état est bien le contraire de l'état fébrile, dans lequel l'activité fonctionnelle est provoquée et excitée par l'exagération du mouvement d'échange nulrilif; cela semble prouvé doublement par la facilité avec laquelle s'établit alors la tolérance médicamenteuse et par le parti que la thérapeutique en peut tirer. L'agent contro-slimulant, en attaquant d'emblée raclivilé nutritive des éléments, épuise avec elle la cause de l'excitation fonctionnelle et ramène
iTe'sntiT l'é^iétique à haute dose,
vons .u . agi', comme nous l'a^
el aZ' n de nutrition pour l'enchaîner,
et avec lui, ne tardent pas k tomber la température lé pouls et tous les troubles symptomatiques '""P^'^^''^'
1346. Toutefois, si cette médication peut convenir à la période croissante de la fièvre, et dans les types à réaction vive surtout dans les fièvres inflammatoires, et chez de" sujets de forte constitution, elle expose trop au coll psus pour être impunément employée dans les fas oppo éf où a fièvre est adynamique, le sujet sans ressort, et où a maladie de longue haleine, exige que l'on ménage les L^es nutritives D'ailleurs, s'il est bon d'enrayer le mouvemen de dénutrition et de modérer la formation exTgérée d" déchets organiques, il faut éviter de suspendre l'élim ! nation de ces déchels une fois formés.
§ 7. — Médication spoliatrice.
1347. Rien déplus rationnel que de soustraire à la nutrition les sources où elle puise, si l'on veut enrayer le mouvement excessif qui l'entraîne dans la fièvre. C'est à quoi doivent repondre la diète (1321) et le régime des fébdcitants. Ma s ce n est là qu'une suppression négative ; et on a tenté de la rendre pluspositive, en attaquant la source principale de. ces échanges, qui est le sang, soit par les émissions sanguines directes, soit en appauvrissant celte humeur par une évacuation abondante des sécrétions qu'elle fournit, c'està-dire au moyen des agents diacritiques, et en particulier des purgatifs.
1348. I a saignée est rarement pratiquée aujourd'hui dans les fièvres. Le fait est qu'elle ne remplit qu'une partie ûu but quon lui demande d'atteindre dans ce cas. On ne saurait perdre de vue que c'est l'élément anatomique qui se brûle dans la fièvre, et qu'en lui enlevant les éléments de sa réparation, on n'a pas éteint l'incendie ; mais seulement, lait pour ainsi dire, la part du feu. Nul doute cependant qu U n y ail avantage à ne pas jeter dans le foyer de nouveaux combustibles et à tempérer le plus possible leur apport.
Aussi la saignée, quoique rarement utile, pourra-t-elle
FIÈVRE
le devenir chez les sujets robustes, qui conservent vivaces les sources de l'hémopoièse, à la période d'acmé de la fièvre et au moment où elles peuvent favoriser la défervescence (Traubo). Sans doute, l'abaissement de température produit parla saignée n'est que momentané, celle-ci peut même s'élever après elle,plus qu'elle n'avait fait auparavant ; mais,pratiquée au moment môme où la crise vase produire, elle peut en favoriser la solution, sans exposer à une réaction consécutive. C'est une question d'opportunité délicate, mais que les courbes connues de la chaleur morbide peuvent rendre soluble. Enfin, elle peut modifier avantageusement les congestions viscérales secondaires, par un simple abaissement de la tension vasculaire ; mais c'est encore là un effet fugace et un expédient, bien plus qu'une solution.
1349. Les raisons qu'on a de ménageries saignées tiennent non-seulement à l'état général des sujets, à la faiblesse que la fièvre ne larde pas à produire, mais surfout, aux accidents <le putridité dont souvent elle se complique. Aussi, s'en absliendra-t-on au début des pyrexias longues, qui sont susceptibles d'user les forces-et de produire des éléments d'iuloxication seplique. Enfin, en abaissant la tension vasculaire, il semble que la saignée diminue l'efTort diacritique, qui va souvent aboutir à une élimination favorable et même critique. Aussi, ne doif-on saigner, au moment de la crise, que lorsque le système vasculaire tendu à l'excès ne voit s'ouvrir devant lui aucune issue de sécrétion, et semble, ■au conlrairé, en fermer les portes, comme celles d'une écluse trop bandée.
1350. La spoliation par les divers émonctoires n'a pas les mûmes inconvénients; au contraire, en multipliant les éliminations, elle accroît la chance que court le malade de rejeter au dehors un plus grand nombre de déchets organiques, et notamment d'éléments pyrétogènes.
La fréquence et le degré de l'état saburral des premières voies, dans la fièvre en général, nous révèle assez, avec l'inertie des sécrétions spéciales (769), l'utilité qu'il y a à en provoquer le flux et l'élimination. L'usage d'un émétocathartique, dès le début de la fièvre, est une pratique fort répandue et que justifient très-bien ces considérations.
Le vomitif, en effet, par le conlro-slimulisme qu'il détermine toujours plus ou moins, convient au mouvement fébrile; il convient et parla diaphorèse, et par les flux biliaire et gastrique qu'il provoque, et par les éliminations elspoliations qui en sont la conséquence. Nul doute, en effet, que dans beaucoup de fièvres, la stagnation dans les premières voies des produits de sécrétion ne soit une source de putridité. L'émétique est des plus aptes à réaliser toutes ces indications; souvent on l'associe à l'ipéca, qui complète son action sur l'estomac et la soutient davantage.
1351 .Les purgatifs à employer le seront surtout en raison des indications secondaires de la fièvre . Toutefois, en dehors môme de celles-ci, ils peuvent être prescrits, à la fin de la fièvre, pour en compléter les évacuations critiques, en rejeter tous les vestiges au dehors, et rappeler, avec les sécrétions normales, l'appétence et les aptitudes digestives. Ceux que l'on préférera, dans ce cas, sont les purgatifs salins, qui, par leurs effets dialyliques, semblent les plus aples à atteindre le but proposé.
Au début de la fièvre, au -contraire, il y aura souvent avantage à éviter les sels, qui sont toujours absorbés en partie, favorisent une constipation consécutive, et peuvent même, à la dose où ils sont pris, favoriser la dénutrition fébrile au lieu de l'entraver. Enfin, ils peuvent, par leurs effets dialyliques divers, contrarier les éliminations qui se préparent et détourner de leurs voies d'élimination des produits qui seraient en train de s'y rendre. On leur préfère alors les purgatifs doux et huileux (831), ou encore, mais avec plus de réserve, les drastiques.
1352. Quant aux autres évacuations élirainatrices, les plus utiles sont les sueurs et les urines; parfois l'expectoration a paru jouer le môme rôle. Comme elles peuvent être critiques, il importe souvent de les favoriser; on ne peut sans doute les provoquer à volonté, et le pût-on faire, on ne saurait leur attribuer l'influence critique qui souvent alors leur fait défaut. Cela n'enipêche pas qu'elles soient utiles pendant tout le cours de la fièvre, quoique l'opportunité seule puisse en faire des phénomènes critiques.
FIÈVRE
§ 8. — Médication substitutive.
1354. Bien qu'elle n'ait pas lieu d'ûtre souvent employée contre la fièvre, maisplu tôt contre les conditions pyrélogènes, la médicalion substitutive peut, à défaut de mieux, trouver «on utilité dans certains cas où l'élimination pathologique est laborieuse etl'effort qui la prépare insuffisant. La fièvre provoquée alors artificiellement, peut remplacer utilement celle qui est venue seule, et la première peut donner à la seconde la solution dont celle-ci semblait incapable.
Le fait se rencontre dans certains traumatismes, par insuffisance de la réaction du support, dans beaucoup de cachexies, ou encore dans l'évolution de quelques maladies constitutionnelles, dans les cas où, par une cause quelconque, la forme de leurs manifestations demeure molle et torpide, sans eflbrt suffisant de réparation ou de réaction.
Les agents de cette indication sont tous ceux de' la médicalion stimulante (V. ce mot). C'est par ce moyen qu'agissent souvent les alcooliques, alors qu'ils n'ont pas été administrés à dose suffisante pour produire des effets antipyrétiques. Tous les agents qui s'en rapprochent peuvent avoir le mûme effet. Tous les agents phlogogènes peuvent agir aussi par substitution, non-seulement sur la lésion locale, mais encore sur la fièvre qu'ils provoquent en lui imposant le type inflammatoire.
§ 8. — Médication altérante.
1354. La plupart des agents antipyrétiques, lorsqu'on les donne à dose légère, perdent leur efficacité spéciale, pour rester dans le domaine commun des altérants, susceptibles d'imprimer aux éléments un mode nutritif, qui peut être plus actif et surfout qui diffère du mode spontané (905). Ce sont les substitutifs de l'activité nutritive ; leur action peut OAve utilisée dans certaines fièvres sympto'matiques, où l'effort dénutritif semble devoir être favorisé comme utile à la solution de la maladie primitive. '
Dans les maladies inflammatoires chroniques, dans certaines cachexies fébriles, les altérants sont utiles à ce titre Ils n'agissent pas contre la fièvre à cette dose, mais contre
les lésions qui paraissent entretenir la fiôvre, et, en provoquant leur disparition, ils aident à la curation de la fièvre. Aussi est-ce déjà une indication indirecte.
Toutefois, si le danger de la fièvre est moins dans la production exagérée que dans la rétention des déchets organiques, on conçoit comment la plupart de ces agents, qui sont en même temps de puissants éliminateurs, pourront rendre les plus grands services.
ART. III. — INDICATIONS MÉDIATES
1355. J'ai indiqué comment il faut répondre aux indications essentielles de la fièvre; mais^ dans la fièvre, comme dans tout autre état morbide, il n'est pas de symptôme secondaire, si accessoire qu'il soif, qui ne puisse s'exagérerau point de prendre une importance capitale, au point de commander une intervention spécialement dirigée contre lui. Tels sont en particulier les troubles nerveux et les troubles digestifs. Parmi les premiers, j'ai du citer le délire, les convulsion?, l'agitation nerveuse, etc. ; parmi les autres, l'état saburral, déjà étudié en lui-mûme et aussi dans ses rapports avec la fièvre. Il n'est pas jusqu'à la force ou la faiblesse du sujet qui ne motivent, non-seulement un choix spécial de la médication de la fiôvre, spoliatrice chez les uns, tempérante chez les autres; mais encore ces conditions de force ou de faiblesse peuvent motiver une nouvelle indication, qui s'ajoute aux autres et nécessite une médication spéciale, déprimante ou tonique.
Je ne parle pas des indications que provoquent les complications; elles se présentent cependant fréquemment, et comme ces complications sont surtout de l'ordre nerveux, ou congestif, ou diacritique, plus rarement inflammatoire, les indications qu'elles déterminent ont été déjà étudiées. On n'oubliera pas toutefois la réserve qui convient, en face d'accidents deutéropathique?, et ces indications secondaires ne feront pas oublier les indications essentielles.
AUT. IV. — APPLICATIONS
1356. — On a dit qu'il n'y avait pas de médication anti-
FIEVRE. 613
pyrétique, parce qu'il n'y avait pas de la fièvre, mais des fièvres. C'est une assertion qui ne saurait être acceptée ; quand la fièvre serait un élément d'abstraction, un syndrome qui ne se réaliserait jamais à l'état isolé et comme maladie essentielle, cela n'empêcherait pas qu'on pût le prendre à partie en le détachant de l'ensemble morbide, comme on peut prendre à partie les autres éléments de la maladie.
Toutes les maladies aiguës sont susceptibles de fièvre. Les maladies chroniques s'en accompagnent, dans de fréquentes alternatives. Aussi, rien de plus commun que l'occasion qu'on a de mettre en œuvre cette indication. Toutefois, toutes les fièvres ne doivent pas être combattues ; il en est môme qu'on ne trouble pas sans danger. On peut dire qu'en général, on ne doit attaquer la fièvre, que quand elle atteint un degré excessif, hors de proportion avec les autres symptômes ou avec la forme normale de la maladie dans laquelle' on 1 observe.
La fièvre modérée (pouls au-dessous de 100», chaleur audessous de 39") motive rarement d'autre intervention que celle de 1 hygiène et des agents les plus doux de la médicalon tempérante. Quand la fièvre est intense, au contraire, il faut l attaquer avec la digitale, les bains, les lotions et les aftusions (Hiriz).
1357. Or, modérer l'état fébrile n'est pas la seule indication qui se présente dans les fièvres ; il y a encore, outre I indication qui relève de la cause, celle qui appartient au caractère spécial de la fièvre, au modeinflammatoire, catarrhal diacritique, nerveux, ou même gangréneux, qu'elle peutaflecter j 11 y a enfin celle qui relève de la défermina- Uoa loca e. Ainsi, une fièvre inflammatoire péripneumonique, peut motiver a la fois l'indication antipyrétique l'indication antiphlogistique et l'indication pulmonS. c. son^ es trois sources d'indication que nous avons vu appa;tenir a toute maladie définie, source physiologique, source nosologique et source anatomique.
1358. Il me reste à faire l'application de ces données aux principaux types de fièvre que rencontre la clinique Une fièvre qm suit son type régulier ne présente, à vrai dZ d autre indication que l'expectation. C'est ainsi qu'une éphémère, une synoque, une continue, caractérisées par leur
Febrand. — Thérapoutique. 35
614 IMJiCATIONS DES MALADIES GÉNÉRALES.
durée, ne présenteront, du chef môme de cette durée, aucune indication à relever. En face de semblables évolutions morbides, le rôle du médecin est d'en respecter le type naturel, et de n'intervenir que pour en modc^-er les excès et en écarter les complications. 11 en est de même des fièvres érupHves (1391).
Quant au type intermittent, ce que je viens de dire s'applique encore à chacun des accès qui le constituent ; l'indication thérapeutique est à vrai dire d'ordre nosologique, elle appartient à la périodicité, à l'impaludisme; elle a son spécifique.
Or, il n'en est pas de môme de la forme des fièvres, c'est-àdire des localisations qu'elles déterminent et des processus pathologiques qu'elles affectent, et qui, étudiés à part, leur sont communs avec les autres étals morI)ides. C'est là qu'est la véritable source des" indications qu'elles reconnaissent.
§ l^'. - Fièvre tvaumatique .
1359. La fièvre traumatique est la moins spécifique des fièvres, celle qui, par conséquent, détermine le plus exclusivement une indication physiologique; il semble qu'il y ait des cas dans lesquels on doive la désirer, sinon la provoquer. Ne vaut-elle pas mieux^ en effet, que cet état de stupeur qui suit les délabrements excessifs et surtout les plaies par armes à feu ? — De là, l'utilité, fréquente dans ces cas, d'une médicationsubstitulive qui provoque l'inflammation et la fièvre, en attendant qu'on soit obligé de modérer l'essor de l'une et de l'autre.
1360. La fièvre traumatique a été récemment identifiée avec les fièvres de résorption (Billroth, Weber). C'est dans cette vue, que l'on en est arrivé peu à peu à bannir de sa thérapeutique toute spoliation, comme capable de faciliter cette résorption. Les émissions sanguines ont été particulièrement proscrites. La méthode évacuante est, au contraire, préconisée à cause de ses effets révulsifs. On s'attache, enfin, à nourrir le malade, et môme à lui prodiguer les excitants à l'intérieur (Lucas Championnière).
Or, s'il est dangereux de suivre celte ligne dès les premiers
FIÈVRE
jours du traumatisme, il est certain qu'à une période plus avancée, la fièvre du blesse peut reconnaîlre cette pathogénie, et motiver l'emploi des excitants antiputrides, sans crainte des efTets incendiaires qui eussent résulté de leur usage prématuré. Ceux-ci seront adressés aux humeurs que sécrète la plaie ; tels sont la glace, les pansements antiputrides, et surtout les méthodes d'occlusion (Chassaignac, Lister, A. Guérin). Mais c'est surtout dans le sang qu'il faut aller chercher et combattre cette disposition infectieuse {Y. Septicémie.)
1361. En résumé, la fièvre traumatique n'est pas seulement la suite d'une infection, et souvent, à son début surtout, il y a lieu de la combattre comme la fièvre inflammatoire proprement dite ; l'indication antiputride ne venant qu'en second lieu.
§ 2. — Fièvre inflammatoire.
1362. En dehors du traitement de l'inflammation locale, la fièvre inflammatoire offre l'indication antipyrétique et l'indication antiphlogistique. — Il y aura donc avantage à choisir parmi les agents destinés à combattre la fièvre, ceux qui peuvent avoir en même temps quelque influence antiplastique et fluidifiante.
1363. On considère généralement la fièvre inflammatoire comme une fièvre angéioténique, c'est-à-dire, dans laquelle l'irritation vasculaire, qu'elle soit primitive ou consécutive, joue un rôle considérable; delà, l'utilité des tempérants et l'efficacité de tous les calmants de la circulation, qu'ils agissent directement, ou par l'intermédiaire du système nerveux. La digitale a ici sa plus grande efficacité ; en agissant sur la circulation pour la réfréner, elle abaisse la température et diminue la fièvre. Nul doute qu'elle ne domine aussi par là la maladie locale, que l'excès fébrile peut aggraver, et que le frein apporté à la circulation ne peut qu'atténuer et guérir. - 0",50 à 1 gr. de poudre, dans 100 gr d'infusion, constitue la meilleure préparation à donner par grandes cuillerées et par heure. '
Avec la digitale, il faut noter l'aconit, tous les contro-stimulants, et les agents capables d'une action analogue. La vé-
Jîpn nn' inr'"- employées à tour de rôle, bien qu elles agissent primitivement sur le syslème nerveux D Ipech et Lallemand ont employé dans ces cas l'anlimoin; à haute dose. On peut suivre cette môme marche tant que les forces du sujet demeurent capables de subir l'assaut du contro-slimuhsme.
1364. C'est dans la forme inflammatoire de la fièvre alors que les déterminations locales tendent à passer à la période d organisation plastique, que l'on s'adressera aux altérants. Les mercuriaux et le calomel sont prescrits souvent, surtout dans les fièvres inflammatoires dont la détermination porte spécialement sur les séreuses.
11 faut y ajouter les alcalins, qui peuvent être employés à doses variables : à dose légère, si l'on se propose d'obtenir une simple modification altérante; à plus haule dose si 1 on recherche une dépression véritable de l'activité nutritive.
1365. La médication spoliatrice, pratiquée au moyen des émissions sanguines, peut avoir la plus grande utilité- Une saignée faite dès le début de la fièvre inflammaloirej surtout si elle est suivie de quelques adjuvants, tels que les spoliateurs diacritiques (purgatifs, etc.), ou môme d'émissions sanguines locales, peut avoirla plus grande utilité pour diminuer la fièvre, et surtout, pour en atténuer les localisalions, dans leur étendue, dans leur profondeur, et dans le degré de leur phlogose (V. Inflammation].
Les révulsifs, au contraire, ne pourront intervenir activement, sinon après qu'une détermination locale se sera produite, à laquelle la révulsion puisse s'attaquer. — Avec les purgatifs, il faut noter comme spoliateurs des plus utiles, les diaphorétiques et môme les diurétiques, dont l'effet tempérant s'ajoute à la révulsion et à la spoliation.
1366. Quant aux réfrigérants, le danger desphlegmasies locales commande de les employer avec la plus grande réserve, bien qu'il ne les fasse pas bannir. Ce sont surtout les réfrigérants indirects qu'il faut préférer, ceux qui ont moins pour effet de refroidir le malade, que de le mettre en situation de se rafraîchir lui-même graduellement.
FIEVRE
§ 3. — Fièvre catarrhale.
1367. La fièvre catarrhale comporte, outre l'état pvrétique, la forme catarrhale ou diacritique, et une détermmalion locale qui, le plus souvent, affecte les muqueuses respiratoire, depuis celle du nez jusqu'aux petites bronches, liile peut s étendre aux autres muqueuses, parfois môme se
''"^^''^^ du gros intestin, et envahir les séreuses elles-mêmes.
clfjT a' P"""P^"^ '^îé^ents d'indication de la fièvre les a J f^n ?i '.^PP^^'i^^' à ses déterminations locafv T ' P'^'P"' d^'^^'^ses et des hypercri-
IZ^Z' , r '^f «''''^«^ ^«^«'-''^^ bronchique, etc., et en genéial, les flux des muqueuses 748 et des séreuses 727). On choisira de préférence, à la première période, les purgatifs doux, qui évacuent sans révulser et ne sont
eTfes u'^'r"'^-^^^^'^^^^" cle sécrétion d'^résu ent les éléments qui devront être éliminés un peu plus
S'duT on^nP gvave'par'son
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le s^l^Lr^e' rul\^ A^^ébu?^?:^^ ef^cacemen?;:? ^îues légers qn'i co^^i^nn^n^L' 'conit^e^ "le^^t^r ' erSa'e^'d"^^^^^ '^''^'^ Probablement /ar ia digitale. ««^ement on aura lieu de recourir à
comme empéraSl , Mn .^ T '"'"'"«^
tion huileuse sont souvent utiles au début, pour modifier le le catarrhe gastrique, ou révulser le catarrhe bronchique, à la fin, au contraire, une purgation saline aura le meilleur effet pour achever les éliminations, évacuer les produits de sécrétion que l'intestin aura pu conserver, et rendre aux sécrétions elles-mêmes leurs qualités normales.
§ 4. — Fièvre muqueuse.
1370. La fièvre muqueuse ne diffère guère de la précédente; car on peut dire que l'expression de fièvre catarrhale signifie plus spécialement la fièvre muqueuse des voies aérienne?, et que celle de fièvre muqueuse signifie plus spécialement la fièvre catarrhale des voies digeslives. Ily a toutefois encore cette différence, que la fièvre muqueuse implique une diacrise commune et généralisée, et la fièvre catarrhale, une diacrise portant davantage sur des sécrétions spéciales.
La détermination locale motive, encore mieux que dans la fièvre catarrhale, les indications d'expulsion et de substitution ; il y a peut-être plus encore à insister sur lamé- ■ thode évacuante, en raison des dangers que présentent la rencontre et l'accumulation des produits de sécrétions di- , verses dans l'intestin, et des complications de fermentation j et de putridité qui peuvent en résulter. — Aussi, après l'éméto-cathartique, auquel il y aura quelquefois lieu de revenir, emploiera-t-on les purgatifs salins et neutres (826) de préfL'rence aux purgatifs doux et huileux, ou alternativement avec eux, si l'on craint l'irritation topique.
1 371 .Jamais l'état fébrile n'offre, dans la fièvre muqueuse, les écarts et l'éréthisme qui sont fréquents dans la fièvre catarrhale. Aussi, rarement aura-t-on lieu d'employer contre elle les antipyrétiques. Plus souvent, on observera des phénomènes d'adynamie, quelquefois même d'ataxie, avec I ou sans pulridité apparente ; il faudra les attaquer avec les « toniques antiseptiques, et, en première ligne, avec le quin quina.
Plus tard, il y aura lieu de solliciter les principales sécrétions à se rétablir dans leur état normal : on y emploiera avec avantage, les eupeptiques et les toniques amers, parfois même des agents légèrement astringents.
FIÈVRE
§ 6. — Fièvre typhoïde.
1372. Presque toutes les indications que j'ai déjà passées en revue jusqu'ici, peuvent se rencontrer dans la fièvre typhoïde; nous en trouvons qui relèvent des troubles fonctionnels et des (roubles nutritifs, et il n'est pas d'appareil auquel elles ne puissent appartenir.
Il y a toutefois, dans cette maladie, trois sources capitales d'indication : la fièvre, l'entérite et la putridité.
1373. La fièvre motive une intervention thérapeutique, en raison de l'élévation de la température, de la fréquence du pouls, et des troubles nerveux qui l'accompagnent. Chez les sujets jeunes et de constitution robuste, elle a son maximum dans le premier septénaire et revêt souvent la forme inflammatoire plus ou moins franche.
Ce cachet de réaction inflammatoire, qui se manifesie plus par les caraclères généraux de la fltî,vre (angéiolénique) que par la phlegmasie locale (entérite), motive, dans une certaine mesure, l'usage des antiphlogistiques. Il n'est pas rare, à la campagne surtout, de voir les malades se trouver au mieux d'une émission sanguine locale (sangsues sur le ventre, de à 30 selon les sujets). La saignée sera quelquefois indiquée par l'aspect de turgescence congestive des malades ; mais il faut en Être des plus sobres, en prévision de la putridité et de l'adynamie qui les attendent el vontse manifester à la période suivante. Tous les émol- ■lients, au contraire, peuvent être employés sans réserve : boissons douces, tempérantes, acidulés et fraîches; fomentations, etc.; la diète doit être absolue pendant quelques jours et le repos complet. Le plus souvent, dans les villes, et surtout aux hôpitaux, ce caractère manque à la fièvre, qui n'en prend pas moins une grande intensité et motive alors une indication franchement antipyrétique.
1374. C'est du reste ce qui arrive communément à la deuxième période, même chez les sujets qui ont présenté tout d'abord, la forme inflammatoire la plus accusée. C'est alors que la digitale peut intervenir avec grande utilité. Il y a heu de l'administrer toutes les fois que la température du soir dépasse 40» à 2" de poudre de feuilles,
de 120. Elle a, en outre, l'avanlage de faire disparaître certain accidents secondaires de la fièvre, notamment le dél re Tout au p us, peut-elle augmenter le catarrhe gastrique' Enfin, tou en modifiant la tension vasculaire, ellfn'e pas aux hemorrhagies. et n'amène pas le collapsus, qui est à cramdre avec beaucoup d'autres anlipvréiiquês I ne faut pas oublier cependant, que les typhique "ont très sensibles à l'action de la digilale, plus que le^pneumo niques (Hir(z). ,1 faut surveiller l^s'effets qV le' p oTu U
TJ oTJ^-Tr' «^èsIesecon'dTu de son adm nisfration, il y a lieu d'en diminuer la dose On s en aperçoit à l'abaissement de température, à la chute et parfoLTJr^^ «'^'^"^ détermine
si l on réitère 1 usage du médicanœnt. Toutefois, il semble que des doses élevées, mais passagères, soient moins dangereuses que des doses faibles longtemps continuées (Ferber) • elles pourraient même juguler la maladie àsa première période, quand la localisation intestinale est faible (Loederich).
1375. Dans une maladie àtendance adynaraique aussi prononcée, Il y aurait imprudence à employer des agents susceptibles de provoquer le collapsus fonctionnel et la dégénéralion nutritive. C'est pourquoi la digitale est recommandée de préférence aux autres antipyrt'tiques. C'est pourquoi encore 11 faut bannir de cette médication tous les contro-slimulants etles altérants à haute dose. Le calomel a cependant été fort conseillères Anglais, Lombard de Genève, Rœsch). Trousseau en a retiré quelques bons effets; il est vrai qu'il l'employait chez les enfants, c'est-à-dire sur des malades, dont la fièvre affecte volontiers le type inflammatoire, et peut, dès lors, être plus avantageusement modifiée par ce genre d'altérants. Toutefois, sachant quel est communément l'état du foie chez les typhiques, sa congestion passive et sa tendance à la dégénération graisseuse, je ne conseillerais le calomel qu'avec la plus grande
réserve, et, en général, je lui préfère les autres antipyrétiques.
1376. Le vin et l'alcool, et, comme succédanés, les es-
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sences aromatiques, sont des plus utiles dans la fièvre fyplîoïde; ils le sont moins sans doute, à titre d antipyréliques, que par leur action tonique, excitante mûme, et par leurs effets antiputrides. Le quinquina et le sulfate de quinine y peuvent aussi rendre service, au môme litre et en dehors de toute périodicité. Le sulfate de quinine a une valeur considérable comme antipyrétique (Liebermeister), mais son action est moins sûre que celle de la digitale ; toutefois, le rôle antiputride qu'il peut jouer, en fait un agent précieux à la seconde période de la maladie.
En un mot, dans le traitement de la fièvre typhoïde, quand il s'agit de combattre la fièvre, le moment de la digitale, c'est la première période, ou période angéioténique; le moment du sulfate de quinine, c'est la seconde, ou période de putridité. Les alcooliques auront aussi, sous ce rapport, double effet et devront être utilisés à ce double titre.
A côté de ces agents, la vératrine (Vogt), qui n'a qu'une action plus infidèle et plus fugace, ne pourrait rendre qu'un service passager, par exemple, pour lutter contre un éréthisme momentané. Les sels alcalins, au contraire, ont une action trop lente et qui ne trouve pas, dans ce cas-ci, son application.
1377. Les pratiques hydrolhérapiques ont ici toute leur efficacité ; on leur demande à la fois l'effet réfrigérant, l'influence tonique et sédative. Les lotions fraîches, simples ou légèrement alcoolisées ou vinaigrées, l'enveloppement, l'immersion dans un bain tiède ou refroidi, combattent surtout l'élévation de température ; on doit en graduer la forme selon le degré d'abattement des forces, et en répéter l'usage en raison de la permanence ou de la reproduction de la chaleur (Liebermeister, Griesinger, Brandi). — (V. Hydrothérapie). C'est la médication la plus directe delà fièvre; elle convient à tous les moments où celle-ci devient excessive. Je n'ai pas à revenir sur ce que j'ai dit déjà relativement à la méthode de Brandi, à ses exagérations et à ses dangers. Dans la fièvre typhoïde en particulier, elle expose le malade à la diarrhée, à l'entérorrhagie, aux complications inflammatoires et au collapsus (Bordier, Huchard). ^
Les congestions viscérales de la fièvre typhoïde ne sont
pas une conlre-indicalion à l'emploi de ces moyens : on est: allé jusqu'à combattre ces complications au moyen desdouches froides, etc. C'est une pratique dangereuse sansdoute ; mais pour ce qui est des lotions fraîches, oni peut toujours les mettre en œuvre, du moins, tant que lescomplications viscérales et surtout pulmonaires, n'affectent' pas un caractère nettement inflammatoire.
Le régime est celui des fëbricilants (1321). On évitera, toutefois de prolonger une abstinence excessive, en présence des dangers qui peuvent venir des accidents putrides.
1378. Après la fièvre, les indications se tirent de la localisation intestinale. Elles sont bien secondaires: ce sont celles de l'entente en général, avec celte particularité que l'entérite est folliculeuse, qu'elle tend à l'ulcération, expose à l'hémorrhagie, et plus souvent à une tympanile pénible, parfois même excessive. Les purgatifs doux el dialytiques sont, à beaucoup de titres, indiqués par l'état de l'intestin; el si l'inflammation ne prend pas de caractèire alarmant, on se trouvera bien de les répéter fréquemment el de faire alterner les purgatifs huileux avec les purgatifs salins neutres, qui joindront à l'évacuation les effets d'une légère substitution.
Les lavements constituent un adjuvant précieux ; ils seront frais, émoUients ou légèrement détersifs. Tousles agents carminatifs seront donnés pour combattre la lympanite ; la camomille, l'anis étoilé et mfime les stimulants plus actifs pourront y élre utiles. J'ai employé avec grand avantage le cathétérisme du rectum, au moyen de sondes volumineuses et longues.
Sur le ventre, on fait des applications émoUientes, résolutives, ou révulsives, selon le degré de l'inflammation et de la douleur. L'huile de camomille, les liqueurs aromatiques et alcooliques, le Uniment ammoniacal camphré, sont la base des fomentations les plus usitées.
1379. Reste la putridité, troisième indication essentielle de la fièvre typhoïde. Elle est l'indication dominante de la seconde période de la maladie, et en particulier, du troisième septénaire. Elle peut se développer dans les trois départements où nous l'avons étudiée déjà (969). D'abord, dans les premières voies, par la réaction des produits altérés des
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sécrétions intestinales ; c'est à la fermentation putride de ces produits que se ratache le plus souvent la production des gaz, qui donnent au début le gargouillement, plus tard le méléorisme. Elle peut se continuer dans le sang, et c'est la source de tous les accidents que Ton doit rattacher à la septicémie typhoïde, y compris les troubles nerveux ataxoadynamiques qui en sont la conséquence. Enfin, on la voit atteindre les tissus et s'y manifester par les dégénérations et par les gangrènes véritables.
1380. La pulridité intestinale est combattue, dans la fièvre typhoïde, par les purgatifs évacuants, par les sel3 neutres, et par les boissons acidulés. Il y a souvent lieu de débuter dans le traitement de cette maladie, par l'administration d'un e'méto-catharlique, et de continuer ensuite à donner, à de courts intervalles, et mâme tous les deux jours, des purgations plus douces : limonade magnésienne, et sels neutres fractionnés (13 à 20*' de sulfate de soude, 4*' de magnésie calcinée, 15 à de crème de tartre ou de sel de seignette, etc.). Comme adjuvants, on conseille les boissons acidulés de citrons, d'oranges, de cerises, de groseilles, de grenades, d'ananas, d'eau vineuse, etc., dont l'acidité modère les fermentations intestinales; de plus, ces acides organiques se transforment dans le sang en carbonates, qui jouent vis-à-vis de la sécrétion urinaire, le rôle d'éliminateurs. ,
On combat encore la putridité intestinale, par les lavements, répétés tous les jours, lavements détersifs et évacuants (à l'huile, au savon, etc.), ou légèrement modificateurs (lavements froids, de camomille, etc.), ou plus nettement antiseptiques (au camphre), ou môme astringents, si les sécrétions sont en même temps excessives (feuilles de noyer, quinquina).
1381. La septicémie typhoïde doit être attaquée par les antiseptiques du sang (1049). J'ai déjà indiqué l'action efficace des hyposulfites et des chlorures; mais, en raison de l'état d'ensemble des sujets à cette période, et du danger qu'il y a d'affaiblir, par une médication alcaline trop active, des malades déjà fortement déprimés, il y aura lieu de préférer à ces agenis, ceux qui joignent l'effet tonique à l effet antiseptique. C'est ce que l'on peut réaliser encore
au moyen des acides, et au moyen des Ioniques proprement dits. Aussi, le quinquina, est-il le médicament par excellence de cette seconde période, en raison de son efficacité antiseptique bien connue ; comme le sulfate de quinine, il trouvera souvent son indication à cette seconde phase de la maladie. C'est encore ce que l'on a cherché à obtenir en donnant la créosote (Pécholier) et môme l'acide phénique.
1382. Enfin, quand la putridité est devenue tertiaire pour ainsi dire, qu'elle se manifeste par les stases humorales, les ulcérations et les gangrènes, il faut encore la combattre et ne pas oublier qu'on y peut réussir. Quelque profond qu'il soit, en effet, le mal n'est pas irrémédiable, et il n'est pas rare de voir des convalescents de fièvre typhoïde réparer très- heureusement les pertes de substance les plus larges et les plus profondes. II faut, à cet effet, remplir d'abord des indications mécaniques, celles que j'ai signalées à propos des stases sanguines passives (518), varier les positions du malade, éviter la déclivité pour les parties menacées, et les soustraire à une pression prolongée. Les coussins d'air et surtout le matelas d'eau sont alors fort utiles, par la répartition de pression qu'ils rendent égale sur toute une surface, à l'avantage des points saillants que celle-ci peut offrir. Les applications locales toniques : la poudre d'amidon et de quinquina, les lotions alcoolisées, avec la précaution de bien sécher les surfaces mouillées, les baumes excitants et toniques sont encore indiqués (520).
1383. Enfin, il y a tout avantage dans ces cas, à réveiller l'activité nuiritive des tissus, par l'usage des substances stimulantes et surtout des essences aromatiques et diffusibles. Tout ce qui peut d'ailleurs faciliter la réparation, depuis les eupeptiques, jusqu'aux excitants de l'assimilation, peut être mis en usage avec succès (939 à 949). L'hydrothérapie est encore à cet égard pleine de ressources précieuses, en ce qu'elle sollicite l'activité des forces sans l'épuiser, et parce qu'elle agit directement sans qu'il soit nécessaire de mettre en jeu l'absorption, etc. C'est, avec le massage, la médication la mieux appropriée pour combattre le collapsus (Hirtz).
1384. Les indications secondaires ne manquent pas, en
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général dans la fièvre typhoïde. Elles relèvent des localisations particulières que la maladie peut offrir, et dont quelques auteurs ont fait à tort des /bmes de la maladie. Tels sont les accidents encéphaliques, médullaires, pulmonaires, cardiaques, rénaux ou hépato-spléniques. Quelle qu'en soit d'ailleurs la localisation, ces accidents consistent 'dans une perturbation nerveuse, circulatoire ou diacritique de ces divers organes, et déterminent par conséquent des indications qui ont été déjà étudiées et dont on trouvera la formule en se reportant aux chapitres antérieurs.
1385. Une remarque d'ensemble est cependant possible à ce sujet. Laplupart de ces manifestations morbides ont quelque chose de commun. Quelle que soit leur détermination locale, elles affectent les formes morbides les plus rudimentaires; elles sont congestives, diacritiques, nervosiques môme, mais bien rarement elles sont inflammatoires. Enfin, dans ces formes mômes, on peut relever un cachet qui leur est commun, c'est la passivité des processus qui les constituent. En effet, s'il s'agit de troubles névrosiques, c'est l'asthénie qui y domine; s'il s'agit de congestions, elles sont hypostatiques; les diacrises ont lé môme caractère, elles gangrènes elles-mêmes ne reconnaissent pas toujours une compression mécanique pour cause déterminante.
Cette remarque est importante à faire, parce qu'elle peut modifier totalement l'indication qui appartient à ces phénomènes, et môme en renverser le sens. Aussi, faut-il, dans le choix des médications à leur opposer, s'arrêter de préférence aux moyens toniques, stimulants môme, aux antispasmodiques énergiques, aux excitants de la circulation et des sécrétions, et aux agents susceptibles de relever le mouvement nutritif. La substitution sera encore la méthode à employer contre ces manifestations. Il faudra se garder de les attaquer au moyen des modérateurs quels qu'ils soient. '
Voir pour l'état adynamique (203-305-418) pour l'a taxie (205-338-466), pour l'état des forces (491), pour les congestions (501-563), pour les hémorrhagies (603-681) - pour les diacrises diverses (700), enfin, pour les troubles de nutrition et les déchéances organiques (932 jusqu'aux gangrènes 962). '
§ 6. — Typhus.
1386 Celle maladie, qu'on a appelée encore le typhus petechial en Angleterre, le typhus exanlhématique en Alemagne et, d'après ses causes, fièvre de famine, bien que rès-spécifique dans sa physionomie, ne reconnaît pas de' traitement spécifique. Comme la fièvre typhoïde d'ailleurs dont 11 se rapproche tellement qu'on a pu les confondre, le typhus reconnaît des indications tirées de l'étal fébrile et de 1 asthénie. Comme elle, au début, il peut comporter'un iraitement antiphlogistique; et moins qu'elle, il semble réclamer l'emploi des évacuants et des purgatifs.
Des trois éléments essentiels de la fièvre typhoïde la fièvre, les troubles intestinaux et la putridilé, il n'y a plus de réellement essentiel, dans le typhus, que la fièvre et la putndité. Quant aux accidents secondaires, ils sont à peu près les mêmes et motivent les mêmes indications. Ce rap- ■ prochement me dispense d'y insister plus longuement- la rareté de cette afTection dans nos climats justifiera d'ailleurs cette concision.
§ 7. — Peste.
1387. J'en dirai aulantde la peste, que nous n'avons jamais occasion d'observer dans nos contrées. Cette maladie contagieuse et épidémique, dont les manifestations sont de siège lymphatique, de forme gangréneuse, accompagnées d'hémorrhagies et d'un ensemble typhoïde, manifeste bien par là sa spécificité, en môme temps qu'elle nous livre le secret de ses principales indications (V. Tvvhus et Charbon). ^
§ 8. — Fièvres bifieuses.
1388. La synoque bilieuse, telle que nous la rencontrons souvent dans nos pays, est une fièvre qui ne motive guère d'autre indication que celle de l'état bilieux, et se juge par les moyens appropriés à cet état, lesquels varient d'ailleurs selon qu'il s'agit d'une acrinie (838) ou d'une hy-
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percrinie (797) de la bile. Jamais la fiùvre ne s'élùve assez pour moliver une indication antipyrétique; et jamais non plus, les éléments rémittent et hémorrhagique, qui ont été reconnus lui appartenir, ne prennent assez d'importance, pour devenir la base d'une indication.
1389. Il n'en est pas de môme de la fièvre bilieuse rémittente des pays chauds, dans laquelle se rencontrent ces divers éléments : fièvre, état bilieux, rémittence périodique. Ce dernier semble même l'emporter au point d'en faire une maladie spécifique de l'ordre des fièvres à quinquina. Mais tous les accidents secondaires de la fièvre bilieuse peuvent s'y montrer el y acquérir une importance suffisante pour motiver les indications qui leur appartiennent.
§ 9. — Fièvre jaune.
1390. La fièvre jaune n'est pas non plus une maladie de nos contrées; c'est le typhus de l'Amérique, lequel affecte d'occuper exclusivement le littoral du nouveau continent.
Outre les indications prophylactiques, qui relèvent du caractère épidémique et de l'influence contagieuse de la maladie, les indications thérapeutiques sont les suivantes : elles relèvent de la fièvre qu'il faut modérer (tempérants, antiphlogistiques, et mieux, antipyrétiques) ; de l'élat bilieux qu'il faut juger (vomitifs, purgalions) ; de l'influence paroxystique souvent fort accusée (sulfate de quinine) ; des hémorrbagies qu'il faut prévenir et combattre, en attaquant la dissolution du sang et la putridité ; enfin de l'asthénie générale.
§ 10. — Fièvres éruptives.
1391. Les fièvres éruptives ont des indications communes qui re event de leur caractère pyrétique, et des indications spéciales qui relèvent de la forme de leurs éruptions; les premières sont de beaucoup les plus importantes. C'est surtout de la variole et de ses formes diverses, de la rougeole et de a scarlatine qu'il sera question ici, mais les principales données qui leur conviennent peuvent encore s'appliquer a toutes les fièvres exanlhématiques.
Malgré leur spécificité bien accusée, puisqu'elle se traduit par leur manifestation éruptive, par leur type fébrile, et par leur produit spécial et virulent, les fièvres éruptives ne reconnaissent pas d'agent spécifique pour les combattre ; le plus souvent môme, il faut se garder d'en entraver l'évolution par une intervention quelconque, et lorsqu'elles restent dans la mesure, que leurs symptômes conservent leurs rapports normaux, et leur type sa régularité, l'expectation est le seul traitement qui leur convienne. Aussi, doit-on souvent se borner vis-à-vis de tels malades, aux prescriptions hygiéniques : le lit, une chaleur suffisante, la diùte, les boissons douces, le repos du corps et de l'esprit; tels sont les seuls conseils utiles alors, avec ceux qui ont trait à la liberté des évacuations alvines.
1393. Les indications thérapeutiques peuvent naître de l'exagération dangereuse de l'un des phénomènes appartenant à la marche naturelle de la maladie, ou bien elles ressorlissent aux complications que celle-ci peut olfrir et aux phénomènes secondaires qu'elle peut entraîner.
1393. La prophylaxie consiste, pour la variole, dans l'usage de la vaccine, moyen sûrement efficace quand il est employé avec opportunité. On a proposé encore, comme prophylactique de la variole, l'usage du sarracenia purpurea; comme prophylactique de la scarlatine, l'usage de la belladone; et comme prophylactique de la rougeole, l'usage du camphre, du soufre et de la belladone. Rien de sérieux ne justifie l'emploi de ces diverses substances. La seule pratique efficace consiste dans l'isolement des malades et leur séparation d'avec tout sujet qui n'a pas encore eu la maladie; on sait quelle est, en effet, l'immunité de ceux qui en ont été une fois atteints.
1394. Pendant l'incubation, l'absence de symptômes implique l'absence d'indications. Il en est une cependant qui, pour être théorique, n'en est pas moins utile : elle consiste à favoriser les actes éliminateurs, et en particulier les diacrises sudorales, lesquelles peuvent rejeter tout ou partie du miasme infectant, avant qu'il n'ait imprimé à l'économie l'impulsion d'où va résulter l'évolution pathologique d'une affection proprement dite.
1395. Les véritables indications commencent avec la
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période d'invasion; l'une relève de l'excès de la fièvre, l'autre de l'exagération des phénomèmes sympathiques et en particulier de l'état saburral et des accidents nerveux (délire, convulsions). Les antipyrétiques qui conviennent en cette occurrence sont, pour les cas modérés, l'aconit et quelques tempérants. En raison de l'utilité qu'il y a à respecter la diaphorèse, on ne donnera qu'à bon escient les réfrigérants, et môme les boissons acidulés et froides; mais, s'il faut agir avec plus d'énergie, on emploiera hardiment la digitale, qui est, à cette période, le meilleur des antipyrétiques (1343). L'état saburral relève du vomitif; pour peu qu'il se montre, on ne doit pas craindre de le supprimer par ce moyen. Loin d'entraver l'éruption, on ne peut, par là, qu'en faciliter l'essoi', surtout si l'on y emploie de préférence l'ipéca, beaucoup moins contro-slimulant que l'émétique, ce dernier agent devant ÔIre réservé aux cas où l'on peut désirer voir se produire, avec le vomissement, une certaine dépression de la fièvre ou des réactions sympathiques. Quant aux accidents nerveux, ce sont des phénomènes d'excitation, dont les indications ont été détaillées plus haut {Délire, Convulsions), Il en est de môme des vomissements, etc. (V. ces mots).
1396. A la période d'éruption, les indications sont plus fréquentes et plus multij)liées. La première consiste à favoriser le mouvement d'expansion, de détente vasculaire périphérique, qui ouvre la voie à l'éruption. C'est l'effet que l'on obtient au moyen de la chaleur et des stimulants généraux, surtout des stimulants diffusibles (ammoniaque, essences aromatiques, etc.). On choisit de préférence, parmi ces agents, ceux qui portent à la diaphorèse cutanée; les boissons chaudes, la bourrache et tous les sudorifiques (850). Celte indication n'est pas tellement urgente cependant qu'il ne faille y surseoir, quand Texcilation fébrile est déjà intense, et menace de s'exaspérer encore sous cette influence. Souvent môme, la fièvre étant excessive, la fréquence du pouls et la chaleur s'élevant avec impétuosité, l'indication antipyrétique passe au premier rang, et motive jusqu'à l'usage des réfrigérants, des lotions, de l'enveloppement et môme du bain frais. Quand le pouls restant fort et développé s'élève à 120 et môme 140, que la température marque 40° et 41% il en doitûtre ainsi. Et souvent, il aura suffi d'appor-
ter momentanément à l'évolution fébrile un frein modérateur pour que le travail éruptif auparavant entravé par l'excès lebrile, retrouve sa liberté et s'achève sans retour d'effervescence On peut d'ailleurs choisir alors, dans les procédés liydrolhérapiques,ceux qui, tout en soustrayant la chaleur exercent à la peau une vive révulsion, par la réaction congestiye dont ils sont suivis (V. Hijdrothérvpie).
1397. On a été au delà de ces tentatives; et, la méthode révulsive a été employée pour provoquer à la peau une congestion capable de dégorger les viscères; et cela, en vertu de cette loi qui veut que l'éruption s'accumule dans les points congestionnés par une irritation antérieure, capable d'appeler à elle la poussée éruptive. On a essayé ainsi de déplacer le fluxus erupuf qui se porte au visage, en déterminant en un autre pomt, sur la poitrine par exemple, au moyen d'une rubéfaction, ou même d'une pustulation arfificielle, l'afflux du travail exanthématique. C'est une méthode employée en Chine. On s'en sert avecbeaucoup d'efficacité, pour atténuer les inconvénients de l'énan thème ou éruption des muqueuses et le combattre quand il devient excessif. Mais c'est surtout pour lulter contre les congestions viscérales (563) que la méthode révulsive est efficace.
1398. Outre les moyens indirects que nous possédons pour refréner la poussée éruptive, il y a encore des moyens directs, tels que les émollients locaux, les modificateurs, et enfin les abortifs. Ce que j'ai dit de ces diverses médications à propos de l'inflammation (1083) me dispense d'y insister ici; je ne ferai que citer, comme émollients, les fomentations de décodés mucilagineux, d'huiles, de glycérine, etc., les applications d'axonge fraîche ou de pommades diverses, les bains locaux et la suppression de la lumière; comme modificateurs, les astringents, les lotions froides, alcalines, alcoolisées, les résineux, le collodion.
Les abortifs méritent plus d'attention, nul doute que si l'on peut appliquer à l'éruption la méthode abortive, il ne faille du moins, pour éviter tout danger, en circonscrire l'effet à une surface restreinte, et la réserver pour les cas simples et bénins. Le plus simple est l'emplâtre de Vigo, ou, ce qui est d'un usage plus facile, l'onguent de Vigo ramolli par de l'huile d'amandes douces ; on en fait pour le visage
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ua masque qui doit respecter le nez et les yeux (Briquet). On y emploie encore l'onguent mercuriel épaissi avec de l'amidon, l'application de la teinture d'iode sur chaque pustule naissante, enfin la cautérisation par le nitrate d'argent (Serres).
1399. La plupart de ces procédés impliquent la suppression des excitants normaux, l'air et la lumière; mais il est probable qu'ils agisjent aussi par leurs effets altérants et même cathérétiques; aussi les préparations mercurielles, seules ou unies au coUodion, sont-elles le plus souvent choisies. Je ne saurais rien dire sur l'usage peu connu du vaccin à haute dose (Eichorn). Ce n'est du reste que contre la variole que ces tentatives sont mises en œuvre ; quelquesunes le sont encore contre l'érysipèle, mais avec des résultats plus douteux encore. L'essence de térébenthine compterait cependant de nombreux succès (Schutzenberger). (V. Érysipèle.)
1400. D'autres faits encore peuvent se présenter à cette période, qui se lient à la fluxion éruptive; tel est le gonflement de la face et des extrémités, chez les varioleux ; etces phénomènes fluxionnaires peuvent coïncider ou alterner avec des phénomènes diacritiques divers, tels que la salivation et la diarrh(^e. Lorsqu'il y a lieu de modérer ces accidents, on y emploie avec succès les substitutifs ou la révulsion. Chacun d'eux d'ailleurs a été étudié en lui-même, et ses indications ont été déterminées dans le chapitre auquel il appartient (752-776).
1401. lien est de mûme des angines et du catarrhe laryngo-bronchique. Il n'est guère de fièvre éruptive qui ne porte, et il n'est pour ainsi dire pas d'exanthème qui ne puisse porter sur la gorge. Or l'exanthème pharyngé ne comporte d'intervention médicale, qu'en raison de sonintensité et de sa forme ; selon qu'il est simplement congestif et fluxionnaire (563j,ou bien inflammatoire (1072), ou même gangreneux (962) et diphthéritique (V. ce mot), que ce soit la muqueuse respiratoire qui soit atteinte (rougeole), ou le pharvnxseul (scarlatine), l'indication relève de la localisation sans doute ; elle relève surtout de la fox-me morbide et varie selon qu'il s'agit d'une congestion ou d'une phlegmasie, etc.; enfin, elle relève avant tout de la nature exan-
thématique de la maladie : et ce dernier cachet, si important pour le pronostic, nous défend encore d'espérer du traitement local et topique, une efficacité analogue à celle, qui appartient à ce mOme traitement, dans l'angine protopattiique. C'est dire que l'utilité du traitement local est primée par l'état général des malades.
1403. Il est un organe dont les lésions, non moins fréquentes que celles de la gorge, dans les exanthèmes, motivent les mêmes réflexions: c'est le cœur. L'inflammation du cœur et de ses enveloppes, et sa dégénération, sont un fait fréquent dans les fièvres éruptives, et la source des indications qui s'y rapportent. On y répond en modérant l'élévation de la température générale (1319), en tempérant l'activité du cœur (403), puis en la relevant lorsqu'elle vient à fléchir (448); enfin, on s'efforce de déplacer, par la révulsion, le travail de nutrition morbide (912) ; et comme ce travail aboutit, en général, à l'ulcération et à l'infection, c'est aux modificateurs de la nutrition du cœur, et aux antiputrides généraux qu'il convient d'avoir recours.
1403. Les phénomènes secondaires, qu'ils se passent du côté de l'éruption ou du côté des phénomènes généraux, sont l'occasion d'un grand nombre d'indications. La suppuration, lorsqu'elle vient i se produire, doit être limitée au moyen des émollienls, puis évacuée s'il y a moyen. On a proposé la ponction, avec une aiguille, de chacune des pustules de la variole ; ce traitement, qui a été parfois scrupuleusement exécuté, a été suivi d'un plein succès et, en prévenant l'ulcération de la pustule, il contribue à prévenir les dépressions cicatricielles.
Les modificateurs déjà énumérés ci-dessus, seront utiles ensuite pour favoriser la cicatrisation; ils devront en tous cas respecter la période de dessiccation par laquelle passent un grand nombre de varioles modifiées. L'ulcération ne motive pas autre chose. Les abcès consécutifs n'offrent rien de spécial dans leur traitement, si ce n'est que leur torpidilé doit engager à employer contre eux des topiques substitutifs excitants, pour en favoriser la réparation. Enfin, la gangrène si fréquente après la rougeole, ne reconnaît d'indication prophylactique que dans l'état général du sujet; c'est donc surtout une question de régime et de traitement ana-
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leplique. Quant à ses indications locales, ce sont celles qui ressortissent à toute gangrène (967, etc.).
1404. Dans ces divers accidents, un élément commun se présente, qui en est le principal danger et que le médecin doit toujours avoir en vue : c'est la putridité, soit qu'elle se produise dans les foyers locaux, ou dans le sang, et le plus souvent, dans l'un et l'autre siège (965). L'indication doit en tenir compte, et ne pas oublier davantage l'objectif principal, les forces du malade.
1407. Enfin, il faut noter les indications qui peuvent relever de l'anasarque (729), des népbrites (1281), des douleurs rhumatoïdes (237), des maladies du cœur (687) et enfin des diverses variétés de la tuberculose (V. ce mot), si l'on veut résumer toutes les indications, qui peuvent naître des conséquences des fièvres éruptives.
§ 11. — Erysipèle.
1406. Au point de vue des indications qu'il provoque, l'érysipèle se rapproche des fièvres éruptives ; il en est beaucoup qui leur sont communes. C'est d'abord l'indication antipyrétique, et l'indication émétique. On ne craindra pas d'employer ici le tartre stibié de prc'férence à l'ipéca; il n'y a guère à craindre, en effet, d'entraver le mouvement éruptif, et il y a toute utilité à recueillir les effets contro-stimulants de l'émétique, dans une affection où l'éréthisme nerveux et vasculaire domine la scène. Aussi, donne-t-on souvent l'émétique fractionné, en lavage surtout, afin d'utiliser en môme temps ses effets évacuants et ses effets dépressifs ou modérateurs. Les purgatifs ont la môme utilité, mais plus mesurée. Enfin, les accidents nerveux, môme au début, ne sont pas toujours sympathiques dans l'érysipèle; c'est une distinction qu'il faut faire avant d'établir leur traitement (V. Délire des fièvres, 167; Délire, nerveux, 162, et Méningite, 1196).
1407. A la période éruptive, les moyens émollients et môme antiphlogistiques sont encore plus indiqués. La saignée, prescrite par Chomel, Blache, Andral, n'est à préférer aux sangsues (Broussais) que dans le cas d'une com-
plication inflammatoire aiguë. La digitale (Kopp) peut élre fort utile à titre d'antipyrétique (1342).
Quand l'éruption érysipélateuse est pâle, molle et sans phlogose aucune, il y a souvent lieu d'y provoquer plus d activité. Beaucoup de stimulants ont été employés à cet égard, à l'intérieur : les infusions chaudes et aromatiques les huiles essentielles, l'huile de térébenthine (Harry-Cox)' l'acétate d'ammoniaque (Autenrieth), etc., et, en général tous les diaphorétiques. '
Quand, au contraire, l'éruption est violente, menace de passer à la suppuration et à la gangrène, ou de s'étendre à de vastes surfaces, les émolliens et les antiphlogistiques locaux seront opportuns : les fomentations d'eau de sureau les onctions grasses (F. Barlhez, Marlin-Solon), la glycérine et le collodion, plus rarement les cataplasmes de fécule D'autres préfèrent les poudres sèches, toujours comme moyen protecteur, vis-à-vis de l'air et de la lumière On a préconisé les scarifications (Hutchinson, Stoll), aujourd'hui à peu près abandonnées, les piqûres superficielles (Lassis Bright), la compression recommandée par Velpeau les onctions mercurielles, l'alcool camphré, l'eau blanche le perchlorure de fer, et même l'eau froide, tous moyens qui joignent à un effet astringent, une influence modératrice altérante et antiseptique. Pour ce dernier motif, il faut les préférer au vésicatoire et aux cautérisations linéaires, dans lesquelles on s'est flatté d'enfermer l'érysipèle (Piorry). Le nitrate d'argent y serait peut-être plus efficace. Les caustiques, en général, unissent à leur puissance modificatrice, une action antiseptique qui peut être favorable. Enfin, urî topique qui m'a paru plus doux à employer et aussi efficace, c'est l'éther camphré, qui, étendu sur les surfaces malades, joue le rûle de réfrigérant, de tempérant, de protecteur et d'antiseptique (Delpech).
1408. La putridité est, en effet, l'objet d'une indication qui domine le traitement de l'érysipèle à toutes ses périodes, aussi bien la putridité des premières voies que celle du sang (septicémie) et celle des tissus (gangrène, etc.).
1409. L'érysipèle a aussi ses exanthèmes, dont les indications, comme celles des exanthèmes des fièvres éruptives, relèvent de la localisation (angineuse le plus souvent)
FIÈVRE
et de la forme morbide (inflammatoire, fluxionnaire, phlcgmoneuse, catarrhale, buUeuse, etc.). Sans rien affirmer sur l'érysipèle des séreuses, je dois noter les coïncidences qui portent c\ y croire. Enfin, le cœur aussi peut éire l'objet d'indications spéciales (Sevestre).
Les phe'nomènes secondaires, tels que le phlegmon, les abcùs, la gangrène, ont leurs indications connues, et relèvent des médications que j'ai dit leur être applicables.
Quant aux divers sièges occupés par l'érysipèle, ils ne motivent aucune indication particulière. Encore faut-il mettre un peu plus de réserve dans l'usage des moyens abortifs, quand c'est à l'érysipèle de la face qu'on les adresse, de crainte des accidents de répercussion méningitique.
1410. La médication qui doit avoir le premier pas sur toutes les autres, c'est celle qui relève de l'état général des sujets et des forces qu'ils possèdent. Les narcotiques et les antispasmodiques ont souvent leur indication dans les formes éréthiques ou ataxiques de cet étal général. Et la médication qui trouve le plus souvent son opportunité, aussi bien dans la faiblesse des sujets que dans la malignité de l'affection, c'est la médication tonique, par le quinquina par le vin et par l'alcool. " '
1411. Vérysipèle des nouveau-nés ne motive guère l'emploi que des topiques doux et surtout des poudres sèches. On a donné le sulfate de quinine, qui n'a ici rien de spécial, et qui peut être conseillé aussi bien aux adultes, et comme antipyrétique et comme antiseptique. On a donné encore, comme altérants, les préparations mercurielles qui conviennent surtout aux formes lentes et insidieuses Enfin, on a administré la belladone (Yvaren), mais il faudrait se garder de croire en elle comme en un spécifique
§ 12. — Pseudo-Exanthèmes.
1412. Sous ce titre, de pseudo-exanthèmes, je veux résumer les indications communes aux éruptions fébrile«< la mihaxre, Vurticaire, les érythèmes, etc., dont le type se rapproche beaucoup de l'érysipèle et qui présentent des mdications à peu près semblables.
1413. La première est celle qui relève de l'état des fondions digestives. On sait combien souvent ces affections exanthématiques se lient à un trouble gastro-intestinal. Que celui-ci soit primitif ou secondaire, il est le plus souvent de forme diacritique et consiste, en général, dans l'hypercrinie muqueuse jointe à l'acrinie des glandes spéciales (V. Embarras gastrique). Aussi, fourni(-il l'indication d'un émétocathartique ou bien d'un purgatif salin (824). Une fois cette modification produite, il y aura lieu d'en soutenir l'effet, au moyen des agents capables de maintenir l'activité gastrique à son taux normal ; les amers et les alcalins y seront les plus efficaces ; on y joindra les poudres tempérantes et absorbantes (charbon, magnésie), s'il y a lieu.
1414. 11 faut ensuite modérer l'irritation que ces manifestations provoquent à la peau, irritation qui les entretient et y appelle de nouvelles poussées. Les lotions, les bains, les topiques doux, et surtout les poudres sèches sont employées dans ce but. Elles auront encore un autre effet, qui est de combattre les sensations pénibles ou douloureuses, prurit, cuisson, etc., dont s'accompagnent ces maladies (268) et les troubles vaso-moteurs qui les suivent parfois (413).
Il importe, par les soins de propreté, par les onctions douces, savonneuses et chaudes, par quelques frictions, de conserver à la peau sa souplesse et toutes les fonctions d'élimination auxquelles elle doit concourir.
1415. Enfin, comme ces maladies de la peau sont bien souvent symptomatiques, ou d'intoxication, ou d'affection constitutionnelle, on trouvera là la source d'indications nosologiques auxquelles il importe de satisfaire, si l'on ne veut se contenter de blanchir le malade, mais bien le guérir, ou du moins prévenir de nouvelles manifestations diathésiques, soit à la peau, soit ailleurs.
§ 13. — Fièvre puerpérale.
1416. La fièvre puerpérale qu'il faudrait rattacher aux intoxications, plus peut-être qu'aux pyrexies ; offre au clinicien les indications les plus complexes; — toutefois, après ce que j'ai déjà dit de la métrite (1188) et de la
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péritonite puerpérales (1224), j'aurai peu de chose à ajouter ici, car ce sont les localisations les plus importantes de cette affection et, par conséquent, la source des plus urgentes indications. Je rappellerai seulement que c'est dans l'ordre des antiphlogisliques, des évacuants, des calmants, des altérants et des révulsifs, qu'il faut surtout puiser les moyens à mettre en œuvre et ne pas craindre de les employer activement au début.
Mais ces divers moyens ne tardent pas à devenir insuffisants. 11 importe même d'abandonner rapidement l'usage de toute médication spoliatrice, en raison des facilités que celle-ci peut offrir à la résorption putride ; et si les antiphlogistiques doivent être employés tout d'abord, pour tarir la source phlogosique des produits septiques, il importe de l'abandonner avant qu'elle soit susceptible de favoriser la dissémination de ces mûmes produits,
1417, La putridité étant l'élément essentiel de cette affection, celui qui la rapproche des pyrexies et des intoxications, il importe de la combattre dans sa source. Celle-ci a été placée parfois dans des organites spéciaux, bactérie, microccus (Orlh), qu'il faut détruire, pour arrêter la propagation du mal. Pour cela sans doute, il faut s'attacher à diminuer le travail inflammatoire; mais, une fois le début passé, il faut le faire de préférence, au moyen des altérants (frictions mercurielles à haute dose) et des révulsifs (vésicatoires à l'hypogastre). L'eau glacée (Béhierj, le collodion (Robert de Lalour), les larges cataplasmes sont des procédés gui peuvent encore convenir, selon la forme de la maladie et la tolérance des malades. Les révulsifs intestinaux seront employés avec réserve; mieux vaudra, en général se borner aux simples évacuants alors qu'ils sont indiqués, dans la crainte d'ajouter à l'irritation de la séreuse, par l'intermédiaire de la muqueuse dont elle est doublée.
1418. La putridité de l'utérus sera attaquée tout spécialement au moyen des injections et des lavages faits largement, avec de l'eau alcoolisée ou phéniquée, ou encore mieux, chloralée. Et, quand elle devient de la septicémie, on 1 attaquera comme il a été indiqué à ce sujet (1050) On a précomsé en particuher l'usage du sulfate de quinine à haute dose (Beau). Je ne saurais dire quelle efficacité
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peut avoir l'essence de térébenthine (Brunau, Kirneir).
Enfin, les phénomènes nerveux d'adynamie et d'ataxie constituent encore une des bases essentielles de l'indication (203-486).