PREMIÈRE PARTIE
DES INDICATIONS DE LA SANTÉ
69. Le médecin appelé auprès d'un malade n'a pas seulement à tenir compte de la maladie; il a encore, et peutêtre avant tout, à tenir compte du malade lui-môme, à relever soigneusement les conditions dans lesquelles il se rencontre du fait de sa constitution, de son tempe'raraent, de son Age , des imminences morbides sous l'influence desquelles il se trouve. Il n'est pas jusqu'aux caractères de race, d'hérédité pathologique, jusqu'aux habitudes hygiéniques et professionnelles, enfin jusqu'au régime habituellement suivi par le malade, que le médecin ne doive connaître; chacun de ces éléments pouvant avoir une grande influence, et sur la détermination de l'indication, et sur la mesure dans laquelle il faut agir, enfin et, surtout, sur l'opportunité qu'il y a à intervenir à tel moment plutôt qu'à tel autre.
70. Telle est l'imporlance de ces divers éléments, qu'ils jouent un rôle considérable dans la constitution de la maladie. Rien ne ressemble moins à la pneumonie d'un adulle, que celle d'un enfant ou celle d'un vieillard, surtout au point de vue des indications ; la fièvre typtioïde du paysan n'est pas celle du citadin et ne reconnaît pas
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la même ligne thérapeutique. Or, rechercher quelle influence peuvent avoir, dans la constitution de la maladie, ces divers éléments physiologiques et les indications qu'ils commandent, tel est l'objet de cette première partie.
71. Aucun traité de thérapeutique n'a envisagé la question de ce point de vue ; plus préoccupés du remède et de la maladie que du malade, leurs auteurs n'ont tenu de celui-ci qu'un compte fort insuffisant. C'est seulement dans les traités d'hygiène que sont exposées les quelques applications qu'on a cru pouvoir faire des notions afférentes à ces divers étals physiologiques, qui, d'un moment à l'autre, peuvent passer à l'état morbide, et ont, en tous cas, leur rôle, dans tout élal morbide.
72. Ce sont là, parmi les éléments constitutil's de la maladie, les plus physiologiques qu'il y ait à reconnaître, ceux par conséquent dont on peut le mieux apprécier la mesure, la pathogénie et les conséquences, ceux aussi, et pour la même raison, que l'on peut le mieux atteindre et modifier, au moyen de la thérapeutique. Aussi, chacun d'eux est-il l'objet d'indications spéciales, faciles à. préciser et généralement faciles à remplir.
Ces éléments physiologiques ne sont pas seulement des conditions en vertu desquelles les sujets qui les présentent soient exposés plus spécialement à telle ou telle maladie; elles sont cela et autre chose encore : c'est-à-dire qu'en présence d'une maladie donnée, elles lui impriment une forme physiologique spéciale, en rapport avec les aptitudes fonctionnelles et nutritives que déterminent ces conditions.
Lorsqu'une de ces conditions est commune à plusieurs sujets frappés de maladies différentes, elle communique à ces maladies un cachet d'uniformité apparente, lequel relève de l'élément physiologique qui leur est commun; l'un aura la grippe, l'autre une lièvre continue, l'autre une simple affectiongastrique, et, chez tous, la maladie sera de même forme, inflammatoire je suppose, ou catarrliale, etc. D'autre part, lorsqu'une môme maladie tombe sur divers sujets, chez lesquels ces éléments physiologiques sont différents, elle prend les formes les plus divor.ses chez chacun d'eux.
73. En un mot, ce qu'il nous faut étudier ici, c'est comment certaines conditions physiologiques peuvent dé-