‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 34 sur 132 · DES TEMPÉRAMENTS · texte numérisé non relu

DES TEMPÉRAMENTS

79 Le mot de tempérament répond à la prédominance d un des éléments qui sont communs à tous les appareils de l'économie: les nerfs, le sang, la lymphe. Cette prédommance, tant qu'elle permet un certain équilibre fonctionnel, reste compatible avec la santé et lui impose seulement un mode spécial, qui peut s'exagérer au point de créer une imminence morbide, et se retrouve, en tous cas dans le mode physiologique des maladies '

A côté de ces tempéraments généraux, on a décrit, sous le nom de tempéraments pc.'tiels, des étals, tels que ù temperament b^l^eux par exemple, qui peuvent sans douTo mais secondairement, affecter un caractère de général al tion, et auxquels il faut réserver le terme d'idiosyncras

INDICATIONS DE LA. SANTÉ

§ l". — Tempérament nerveux.

80. Le tempérament nerveux va généralement avec une constitulion faible; il est plus fréquent chez la fenime et assez fréquent aussi chez l'enfant. Il peut consister dans l'exagération des facultés affectives, ce qui est le cas leplus fréquent, ou se lier à une activité intellectuelle exagérée; la mobilité et la multiplicité des déterminations volontaires lui appartiennent encore.

L'hygiène de ce tempérament consiste à modérer cette triple forme de l'activité nerveuse, en modérant la force et surtout le nombre des sensations, en en réglant l'usage et en maintenant, dans la mesure du possible, l'harmonie qui doit exister, dans l'impressionnabilité, entre la sphère morale, la sphère animale et la sphère organique. Il faut se rappeler, que la suppression absolue de toute impression extérieure peut être aussi funeste que l'excès, et que l'anexcilation tourmente souvent plus qu'une excitation mesurée et surtout réglée.

On en doit dire autant de l'activité intellectuelle et des actes volontaires ; la mesure et surtout la régularité dans l'usage sont à préférer à la suppression, laquelle d'ailleurs est généralement impossible à réaliser.

81. Les dangers du tempérament nerveux sont d'entraîner toute l'activité de l'économie dans le sens des relations extérieures au détriment des actes nutritifs ; de là la faiblesse de constitulion des gens nerveux. L'impressionnabililé nerveuse s'exagérant à la fois dans la sphère morale, animale et organique, les réflexes se multiplient, les sympathies s'exagèrent et les sujets, sans être malades, sont dans cet état pénible que ron a décrit sous le nom de nervosisme (BouchuI). Chez de tels sujels, les réactions sont vives mais peu efficaces ; elles éveillent en effet l'activité de tous les éléments nerveux, mais comme la nutrition languit ou demeure inerte, ces réactions sont incapables de réparation, souvent congestives ou fluxionnaires en même temps que névrosiques, parfois fébriles, rarement inflammatoires. Dans les phlogoses, ces maladesont des complications nerveuses insolites ; en cas de pyrexies. ils en revêtent les

Page 1