TEMPÉRAMENTS
formes ataxo-adynamiques; mais leurs maladies de prédilection, ce sont les névroses, maladies où loul l'ôtre tourne àla sensation, ou bien dans lesquelles les actes perdent tout caractère effectif, pour n'être plus que les manifestations avortées d'une tendance fonctionnelle.
82. L'indication qui relève de ce tempérament est double : modérer le système nerveux dans ses exagérations, et reconstituer la vie nutritive. On y arrive par une bonne hygiène, dans laquelle les excitants font défaut, mais où trouvent place le régime tonique, l'exercice assez actif et surtout physique, enfin le rhythme et la régularité. Des trois sphères du système nerveux, la plus inférieure est celle qui peut encore être seule stimulée ; la supérieure, au contraire, réclame le calme le plus complet ; donc, quelques stimulants de la vie nutritive, aucun qui puisse porter sur la vie cérébrale. Et môme, dans l'ordre nutritif, il faut se garder d'une excitation trop vive et trop prolongée, ce qui est souvent, par exemple, le résultat de l'administration du fer à outrance aux névrosiques; on devra préférer fournir au malade, au lieu du coup de fouet de l'excitation, les éléments d'une saine réparation.
Avec les toniques, les antispasmodiques sont souvent utiles, plutôt à titre de modificateurs et d'agents de substitution que comme calmants; car ils ne seraient calmants, pour la plupart, qu'à des doses où il devient dangereux de les employer. Les modérateurs du système nerveux et même les contro-stimulants peuvent être donnés aux malades nerveux, pourvu que d'autres éléments ne viennent pas y contredire.
§ 2. — Tempérament sanguin.
83. Le tempérament sanguin va généralement avec une forte constitution. Il implique sans doute une abondance d'hématies et de sang qui peut aller jusqu'à la pléthore ; mais il implique encore l'activité des fonctions du sang et notamment l'activité de l'hémopoièse et de l'hématose, enfin l'élévation de la chaleur animale. La richesse du sang et de la circulation capillaire générale est propice à l'équilibre des grandes fonctions, depuis les actes digestifs jusqu'aux excrétions; et la régularité, qui fait défaut au
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tempérament nerveux, est au contraire la qualité du tempérament sanguin.
Le tempéi'ament sanguin est de tous le plus hygiénique (Fleury); aussi a-t-on conseillé de le conserver là où il existe, et de cberclier à le produire quand il n'existe pas. Il a cependant aussi ses dangers, qu'il faut prévenir, d'une part, en modérant la réparation de l'économie, et la tenant à une diète prudente, alimentaire et respiratoire ; d'autre part, en aidanià la dépense, par un exercice actif et soutenu. Il faut éviter les excitants de tout genre et les hautes températures. La diète végétale est généralement recommandée. En un mot, s'il est bon de faciliter l'hématose qui consomme des globules, il est bon de modérer l'hémopoièse qui les régénère.
84. Les influences morbifiques du tempérament sanguin ont été diversement interprétées : la %ilcthore (voy. ce mot) en a été considérée comme le terme le plus achevé ; avec elle viendraient les congestions sanguines et les hémorrhagies dites actives. La richesse des éléments de réparation, et l'énergie des actes nutritifs suffisent à expliquer la fréquence desphlegmasieset des fièvres, chez les sujets sanguins. Ce sont des malades à forte réaction fébrile et phlogosique, à cause de l'énergie du cœur et de l'activité de la circulation dans les capillaires. Les réactions sont vives chez eux, mais non moins effectives; souvent même, elles deviennent excessives et sans proportion avec l'affection qui les provoque, elles dépassent leur but et semblent le méconnaître. Chez ces malades, lespyrexies, surtout au début, prennent le caractère phlogosique, qui peut en imposer au premier abord, et motive souvent une intervention antiphlogistique. La facilité avec laquelle se produit chez eux l'exsudat plastique les exposerait bien souvent aux néoplasmes, si cet exsudât ne possédait une puissance suffisante pour le préserver, au moins à son début, de toute organisation inférieure et de toute déchéance régressive, et si surtout l'activité de la circulation ne venait favoriser fort heureusement sa résorption.
85. L'indication thérapeutique, outre les moyens hygiéniques indiqués, lient à son service tout un arsenal thérapeutique, dont la médecine physiologique spolialive a su large-
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ment user. Après avoir mesuré la réparation et favorisé la dépense, il faut modérer l'activité fonctionnelle et nutritive. On y arrive au moyen des tempérants, et, en premier lieu, au moyen des tempérants de la circulation, La digitale y est toute-puissante : par son action sur le cœur et sur la circulation générale, elle modère la circulation, déprime l'excitation nerveuse et enraye l'activité des échanges nutritifs.
Tous les agents de la médication calmante peuvent concourir à cet effet, et ceux-là surtout qui agissent par le contro-stimulisme. Ces diverses médications qui refrènent l'activité fonctionnelle et nutritive, trouvent donc une nouvelle indication dans le tempérament sanguin des malades auxquels on les applique.
Il en est une, toutefois, qui a, plus que toutes les autres, le privilège de répondre à cette indication : c'est la médication antiphlogistique et spoliative. Les émissions sanguines pratiquées selon la méthode du professeur Bouillaud, mais avec la mesure que déterminent les indications concomitantes, sont le traitement rationnel et efficace des malades à tempérament sanguin (v. Pléthore et Inflammations).
86. 11 est enfin une application hygiénique de la saignée au tempérament sanguin, sur laquelle il me faut expliquer. Je veux parler de la saigiiée dite de précaution, autrefois si recommandée, aujourd'hui si délaissée. Nul doute que lorsqu'une telle saignée est faite pour suppléer à un flux hémori-hagique insuffisant, qu'il soit normal ou accidentel (règles, hémorrhoïdes), nul doute qu'elle ne soit utilenul doute que la saignée ne soit utile encore, par ses effets dérivatifs surtout, lorsqu'elle est pratiquée sur un point en relation physiologique avec le point malade, et que celui-ci peut être révulsé par celui-là. En dehors de ces cas, la saignée préventive n'est qu'un leurre, une pratique plus qu inutile, puisqu elle ne diminue que très-passagèrement la tension vasculaire et qu'elle provoque niypérinose.
Mieux vaut alors la remplacer par une spoliation d'un ordre plus simplement physiologique, moins compromettante pour a vie nutritive et tout aussi efficace dans ses effets révulsifs, je veux parler des flux diacritiques et en particulier de l'effet des purgatifs. Toutes les voies
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d'émonction peuvent d'ailleurs être sollicitées ù concourir à ce résultat, et y prendre une part d'autant plus efficace, qu'elle expose moins aux réactions de sens contraire à l'efFet produit, et moins aussi, à l'anémie et à la débilité consécutives.
En résumé, chez les sujets doués d'un tempérament sanguin, les émissions sanguines locales et les purgatifs, qui joignent l'efret révulsif à l'effet spoliateur, devront, à moins d'indication urgente et excessive, être préférés à la saignée. Celle-ci sera surtout réservée aux cas où la forme et la nature de la maladie se joignent au tempérament du malade, pour en réclamer l'emploi.
§ 3. — Tempérament lymphatique.
87. Le tempérament lymphatique, qui marche avec une atonie générale des fondions (Rostan) et une constitution pauvre, malgré une sorte d'encombrement de l'économie, se lie à la prédominance des lliiides blancs, et se caractérise surtout négativement, par la pauvreté sanguine et la débilité nerveuse.
C'est le moins hygiénique des tempéraments (Fleury) ; la paresse qu'il manifeste dans les fonctions extérieures s'étend aux fonctions de nutrition ; tandis que l'apport nutritif a gardé une certaine activité, l'assimilation et surtout la désassimilalion paraissent être des plus paresseuses. Le régime hygiénique à lui opposer consistera donc, avant tout, à réveiller cette inertie fonctionnelle, et à s'efforcer de substituer au tempérament lymphatique un tempérament sanguin. Tandis que le régime devra surveiller la qualité, plus encore que la quantité des aliments, pour y rechercher l'action tonique et éviter l'encombrement; il devra se préoccuper de l'activité de l'hématose, laquelle doit faciUter la combustion des m.alériaux mal élaborés et en favoriser l'expulsion. Rendre la respiration puissante, activer les fonctions de la peau, habiter un lieu sec et élevé, sont certainement, avec le régime, les indications hygiéniques les plus essentielles.
88. Les sujets doués d'un tempérament lymphatique sont, moins que les autres, capables de résister aux