‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 36 sur 132 · TEMPÉRAMENTS · texte numérisé non relu

TEMPÉRAMENTS

influences morbiflques ; ils sont, plus que les autres, exposés aux maladies des surfaces d'éliminalion de la peau et des muqueuses. Les affections contractées par eux, surtout si elles occupent ces surfaces, lendent à prendre le caractère diacritique et vont plus rarement jusqu'à l'inflammation proprement dile ; leur évolution est lente, souvent chronique, leur durée interminable. Enfin, elles tournent facilement aux régressions en général et en particulier à la dégénéralion caséeuse : le lymphatisme, à un haut degré, prend même la valeur d'une imminence morbide, pour ce qui est de la maladie scrofuleuse et du tubercule.

En raison de l'atonie de leurs organes et du peu d'activité de leurs fonctions, de la lenteur qu'affectent chez eux l'bémopoièse et l'hématose, ces sujets gardent, dans la plupart de leurs maladies, cette physionomie torpide et cette imperfection nutritive. Leurs fièvres ont la forme muqueuse et adynamiquc ; leurs inflammations ont le même cachet, et leurs complications les plus fréquentes sont les flux muqueux et les congestions passives.

89. L'indication puisée à cette source consiste à fournir au support les moyens d'une réparation satisfaisante, à faciliter et à rendre plus efficaces les actes éliminateurs, enfin à stimuler l'activité nutritive, soit directement, soit par l'intermédiaire de l'activité fonctionnelle. Comme le tempérament nerveux, le tempérament lymplialique exige une certaine excitation de l'activité nutritive,- c'est un but qu'on doit s'efforcer d'atteindre au moyen de l'excitation fonctionnelle, provoquée par tous les stimulants de l'hygiène. Mais une telle méthode, favorable de tous points aux lymphatiques, ne saurait être employée qu'avec réserve chez les gens nerveux (81).

Outre les moyens hygiéniques indiqués, on emploiera, pour répondre à la première partie de l'indication, le traitement tonique, secondé par les eupeptiques. Le quinquina et les ferrugineux en forment la base, les amers et les antiscorbutiques leur viennent en aide. La seconde partie de l'indication nécessite l'usage des agents de facile réduction, capables de hûter l'oxydation des substances organiques : tels sont les végétaux acidulés, ou mieux en-

INDICATIONS DE LA SANTÉ

core les alcalins à très-petite dose ; en second lieu, vient 1 usage des élinainafeurs, parmi lesquels nous trouvons encore les alcalins. Enfin, la troisième partie de l'indication comprend tous les moyens capables d'entraîner l'assimilation, tous les allérants à dose légère et en particulier l'arsenic, l'huile de foie de morue, les iodures, les chlorures, les hypophosphites, etc. On ne craindra pas d'y employer encore les agents de la médication stimulante.

Le traitement des afTeclions inflammatoires, chez de tels sujets, est délicat et comprend des indications qui semblent se contredire et s'exclure : au début, à la période de formation des exsudats, l'indication est de combattre la phlogose par les antiphlogistiques et môme par les spoliateurs, et il y a lieu de la combattre d'autant plus activement, que les produits exsudés sont exposés à passer par les évolutions régressives les plus dangereuses. Mais une fois l'exsudat formé et déposé dans les tissus, il faut abandonner totalement une spoliation, qui ne peut plus que hâler le travail de dégénéralion régressive et n'employer au contraire que les toniques, les astringents et même les stimulants, pour combatlre cette dégénération et en prévenir les effets.

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