n.enquela d.g.tale porte spécialement son action
88 INDICATIONS DÈS TRljUbLISS NERVEUX.
sur la circulation, ce n'en est pas liioins un agent névromusculaire au premier chef. Seins cloute, à titre dii tempérant dii mouvemeiit circulatoire, elle doit passer pour calmant des nerfs, mais elle a de plus utife tlction directe sur le système nerveux de la vie animale, qu'elle excité lorsqu'elle est administrée à une dose moyenne, et qu'elle paralysé quand elle agit il forte dose. Dé là, l'ùsage qu'on a fait de la digitale à haute dose dans certains états d'hyporstimulution cérébrale (manie aiguë, delirium tremeiis).
Les résultats de ce traitement ne sont pas nettement établis. Tandis que les publications ariglaises nous montrent la teinture de digitale adnlinistrée aux doses de H, 10 et môme IS grammes, avec unè tolérance parfaite, amenant le sommeil et les sueurs, sans ralentissement du pouls, et sans aucun des autres efiets physiologiques du médicament (Jones de Jersey, Launay du Havre), nous voyons d'autre part, queOUlmoiitét Au^g. Voisin ont observé, dans ces mêmes cohditions, dés accidents d'intoxication tels, qu'il y a lieu de garder encorè Une grande réserve sur cè sujet.
Je hè saurais omettre les bains qui, tièdes, prolongés, combinés ou non avec iine alfusion sur la tête, produisènt en général une sédation favorable (voy. Hydrothérapie).
■155. La médication par le froid n'est pas non plUs satis avantage : la dépressidh herveuse, l'engourdissehient cérébral qui suivent l'action d'un froid prolongé, pourront être utilisés; mais n.th sans réserves et sans gfandes précautions. On sait, én effel, que toute interrùptioil prématurée dans l'usage des réfrigérants, soit locadx, soit généraux, sera suivie d'une réaction invel-se, qui ne fera qu'ajouter à l'nitensité des premiers accidents. Cette médication sera utile surtout quand, au lieu de moditier le milieu dans lequel est placé le malade, elle s'efforcera de le rafraîchir directement et surtout de le mettre en situation de se rafraîchir lui-même; C'est ce que les lotiôns et les pratiques de l'hydrothérapie permettront souvent d'obtenir.
§ 5. Médication àiltispasmodique.
156 a est plus difficile de pl'éclser les cas où lès antispasmodiques peuvent être utiles. Si l'on ténéchit cepen-
IIYPEHSTHÉNIE CÉRÉBRALE. 89
danl que la plupart des agents de cette médication sont en même temps des excitants du système nerveux, on concluera qu'une telle méthode thérapeutique, souveraine contre certains délires, ne peut convenir à ceux qui se lient à l'excitation cérébrale. Tout au plus pourrait-on les mettre en œuvre, en désespoir de cause, et leur demander un effet de substitution, dans les cas où les calmants demeureraient sans effet; ce n'est guère qu'à ce titre qu'ils peuvent être notés ici; c'est dans cette vue que, dès Avenbrugger, le camphre avait été conseillé dans la manie.
§ 6. — Médication révulsive.
157. La médication révulsive sera moins utile encore. Toutefois, les révulsifs intestinaux peuvent encore rendre quelque service. Quant aux révulsifs culanés, la mesure dans laquelle on pourra s'en servir sera délicate à apprécier, en raison des nouvelles stimulations dont ils sont l'occasion et du peu d'efficacité qu'ils promettent. A cause de la reialion sympathique qui existe entre l'activité psychique et la sensibilité frontale, on pourra demander quelque effet aux applications froides ou glacées, ou à des fomentations calmantes faites sur le front (eau de laurier-cerise, cyanure de potassium). On emploie encore de la même façon l'eau sédative et l'ammoniaque, qui sont toutefois de véritables révulsifs.
AHT. JU. — INDICATIONS MÉDIATES
158. Je n'ai pas à m'occuper maintenant des cas où l'excitation cérébrale se lie à l'état de la circulation, à une lésion inflammatoire ou autre, comme cause ou comme effet. Aucun de ces divers états ne cbntre-ihdique absolument l'usuge des moyens que je viens de passer en revue, niais chacun d'eux est, en plus, la source d'indications nouvelles, souvent plus importantes que l'indication symptoraalique. Je les étudierai à leur tour, et dans leur généralité, et dans les rapports que c6s lésions affectent plus spécialement avec l'appareil nerveux cérébral.
ART. IV. — APPLICATIONS
159. l/excitation cérébrale se rencontre dans un grand nombre d'états morbides ; elle fait le fond de quelques-uns d'entre eux que je dois passer en revue. Elle se montre au début et dans certaines phases du plus grand nombre des maladies de l'encéphale et de ses enveloppes. On l'observe dans beaucoup d'intoxications ; un grand nombre de phlegmasies viscérales ou périphériques peuvent s'en compliquer, ainsi queles fièvres proprement dites, surtout à leur début. Plus rarement on la rencontre dans les cachexies; mais c'est dans les névroses qu'elle est le plus fréquente.
§ 1". — Insomnie.
160. L'insomnie est peut-être le symptôme qui fournit l'indication la plus fréquente, de toutes celles auxquelles le médecin doit répondre. Réserve faite des indications médiates, et qui tiennent aux troubles vasculaire s{congestion, anémie), à quelque symptôme, comme la toux, ii un trouble digestif ou enfin à la douleur, l'insomnie doit souvent être attaquée en elle-même, soit qu'on ignore son mécanisme, soit que la cause dépasse la portée de nos moyens thérapeutiques; telle est, par exemple : l'insomnie nerveuse.
Après les moyens hygiéniques sus-indiqués, et qui consistent à supprimer toute excitation (repos, position couchée, immobilité, silence, obscurité), il faut enrayer le travail de l'esprit (mouvements automatiques répétés, chants monotones), et aviser aussi à ce que l'estomac soit dans le repos; il sulfit souvent du travail de la digestion, surtout s'il est quelque peu laborieux, pour suspendre le sommeil.
Les hypnotiques sous toutes les formes peuvent Otre essayés (146-147), ainsi que les narcotiques (149 à 151. L'opium et ses diverses préparations (de 1 à5 centigr. et jusqu'à 10 centig. d'extrait), le chloral (de 1 à 4 grammes) ou encore le bromure de potassium (de 2 à 6 et môme 10 grammes) sont les agents les plus effectifs. Comme moyens plus doux, on a l'eau de laurier-cerise (10 grammes), le sirop de pavois (30 iV 40 grammes) et le sirop diacode plus faible en-
IIYPEKSTUÉNIE CÉHÉBHALli.
core, selon le nouveau Codex ; puis le sirop de morphine (2U à 30 grammes), etc.
Quelque soit l'agent choisi, un conseil est encore utile: il est bon d'administrer les hypnotiques le soir, de telle sorte que le moment de leur action coïncide avec le moment 011 se pi'oduit habituellement le sommeil physiologiqne. La mCnie dose, qui, si elle est fractionnée dans les vingt-quatre heures, sera de nul effet, déterminera le sommeil au contraire, si elle est administrée en un temps plus court, à la fin de la journée.
§ 2. — Agitation nerveuse.
161. C'est là un état peu défini qui s'observe rarement en dehors des maladies nombreuses dont il fait partie, à telle phase donnée de leur évolution. Irritabilité et mobilité du caractère, loquacité et exagération de gestes, impressionnabilité excessive, impatiences motrices et impossibilité de demeurer en repos, sommeil agité, accompagné de cauchemars ou de phénomènes de somnambulisme : tels sont les premiers indices de l'agitation nerveuse.
Klle se rencontre surtout cbez les enfants, chez lessujets débiles, ou dans les moments d'imminence morbide (dentition, puberté, âge critique, etc.). Moutard-Martin, qui l'a surtout observée chez les enfants, l'a combattue avantageusement par le bromure de potassium à dose très-modérée. Elle peut motiver l'union des calmants aux antispasmodiques, lorsqu'elle se montre dans les névroses diverses et en particulier dans le ncrvosisme (BouchuI). Au début de la plupart des maladies aiguës et fébriles, elle constitue souvent à elle seule une indication, alors que le diagnostic n'ayant pu se formuler encore, le traitement définitif ne peut être prescrit.
§ 3. — Délire nerveux.
162. Délire des blessés, délire des convalescents, délire ab ine- :, ddire sympathique de Vindigestmi. - Après les indicans tirées des causes et qui consistent, par exemple, à faire pansement méthodique, à soutenir les forces épuisées, à
INDICATIONS bteS THOtJBLËS NÈhVEUX.
cesser une diète excessive, à évacuer l'estomac embarrasse ; après ces indications remplies, il faudra ericore calmèr l'ëxcitàtion cérébrale et nerveuse. Les moyens les plus doux y suffiront généralement: infusions, ou eaux distillées, de tilleul, de fleur d'oranger, de Uiurier-cerise. Toutefois le délire des blessés pourra réclamer souvent une plus énergique ititervention, et l'usage de l'opium en particulier (Màlgaigtië, etc.).
§ 4. — Manie et névroses hypèrsthéniques.
163. L'état de manie aiguë a été combattu par les moyens les plus énergiques. J'ai parlé de l'isolement et de la soustraction des excitants normaux; la digitale à haute dbse, pt-éconisée d'abord en Angleterre a paru réussir parfois. Les hypnotiques sont ici particulièrement utiles i\ cause de l'action relativement sûre et rapide qu'ils possèdent. Le chlora!, dont la dose a pu Ôtrè élevée jusqu'à io grammes, ne saurait être prescrit que graduellement et avec beaucoup de réserve, car il y a des cas de mort à celte dose. Le bromure de potassium a été conseillé jusqu'à îO grammes, et ce dosage motive la même réserve, lînfin, il faut noter l'Ënipioi des inhalations de chloroforme, soit simples, soit combinées avec les injections sOus-culanées de morphine, afin de prolonger le sommeil. Il faudra encore demander à l'usage de l'eau froide, les effets sédatifs qu'elle peut donner selon les procédés employés (voy. Hijdrolhérapie), Ces mêmes remarques peuvent s'appliquer de tout point au trailement du délire qui accompagne les grandes névroses, celui de l'épilepsie, celui surtout de l'hydrophobie, et enfin aux formes slhéniques du délire hystérique.
§ 5. — Manie puerpérale.
164 Encore un état d'excitation cérébrale, dont la pathogénie est bien variable et dont les indications changent corrélativement. Mais il en est une qui reste constante, c'est celle qui consiste à calmer l'effervescence psychique, quel qu'en soit d'ailleurs le mécanisme. Les hypnotiques proprement dits seront employés de préférence; et, au lieu de
llYPERSTlIÉNlli CÉUÉBRALIi.
s'adresser aux narcotiques, il y aura lieu d'user des modilicaleurs nerveux, en particulier des principaux antispasmodiques; la manie puerpérale étant le plus souvent un trouble dynamique et superficiel.
§ C. — Délire alcoolique et intoxications en général.
165. J'ai peu de chose à dire du délire de l'ivresse. Cet état, à sa première période, s'accompagne rnanifestement d'une hyperstimulation cérébrale ; il cède cependant à l'ammoniaque, qui, alors, joue évidemment un rôle de substitution: son efficacité d'ailleurs est fort contestée (Rabuteau). Les calmants n'auront que rarement lieu d'être mis en œuvre dans ce cas, auquel l'expectation est ce qui convient le mieux.
Le délire des ivrognes, le dcliriim tremens, n'est pas de même nature. Quelle que soitl'idée qu'on ail de son processus palhogénétique, il révèle une excilalion cérébrale des plus violentes (Magnan). Aussi, a-t-il été combattu par les plus puissants des narcotiques et des hyposlhénisants ci-dessus énoncés : la digitale ;\ haute dose, l'opium et surtout le laudanum, sont employés à doses fractionnées, mais successives et rapprochées, jusqu'à effet résolutif. On a pu donner ainsi jusqu'à tri grammes de teinture de digitale, mais c'est une m(',dication qui a ses dangers.
Les hypnotiques proprement dits sei'ont en ces cas beaucoup moins efficaces que les narcotiques et les slupéfianis; la suspension d'action nerveuse qu'ils sont capables de produire, ne pouvant apporter qu'une modification trop insuffisante et trop fugace pour effectuer la résolution de l'excitation nerveuse. On sait d'ailleurs (juelle résistance lessujels alcooliques opposent au sommeil anesthésique.
L'usage des saignées ep particulier et des anliphlogistiques en général, ne serait parfaitement légitimé que s'il était bien établi que ce délire se rattache à un état de congestion encéphalique primitive ou secondaire.
166. Dans les cas où l'on pourra soupçonnerau conirnire la soustraction des alcooliques d'être la cause du délire, enverra celui-ci disparaître en remettant le malade, prudemment, mais hardiment, au régime de ses excitants lia-
bi fuels. Dans les cas où l'on craindrait de se tromper à cet égard, on pourrait user de substitution et mettre en usage un autre agent de stimulation, le café par exemple, mais sans oublier que son efficacité sera bien moins béroïque. Enfin, môme dans le cas où le délire ne serait pas analcoolique, l'alcool donné en excès pourrait encore arriver à produire une résolution analogue à celle qui caractérise la troisième période de l'ivresse ; mais il faut avouer que, chez beaucoup d'ivrognes, il est douteux qu'on puisse atteindre sans danger cette troisième période.
105. Les autres intoxications-susceptibles de se traduire par une encéphalopatbie délirante aiguë reconnaîtront les mêmes indications, etseront justiciables des mômes moyens.
§ 7. — Délire fébrile, fièvre pernicieuse.
167. Le délire fébrile relèvera sans doute des antipyrétiques et des tempérants de la circulation. La digitale à dose légère, l'aconit seront ici tout spécialement utiles; mais ils n'empôcheront pas qu'on leur adjoigne les sédatifs directs du système nerveux.
168. Enfin, dans la fièvre pernicieuse délirante, l'indi cation nosologique dominant le tout, ces mômes agents sédatifs ne seront plus indiqués en première ligne, mais seulement, après le sulfate de quinine, qui demeure le spécifique de la maladie et de ses épiphénomènes.