La plupart des agents physiques ont une haute
104 INDICATIONS DlîS TROUBLES NERVEUX.
puissance d'excitation; ils peuvent provoquer, multipliai' et même épuiser l'activité des éléments nerveux, et en particulier celle des éléments cérébraux. Le calorique est, à cet égard, un de ceux qui se trouvent le plus souvent en cause dans la production des phénomènes d'excitation morbide et un de cèux dont là médication excitante doit tirer un bon parti. De tout temps, la langue a rapproché et confondu, pour ainsi dire, les expressions d'excitation et de réchaufTemeht, fet Ce n'est pas par le fait d'une simple vue de l'esprit. Les récentes expériences de Cl. Bernard sur le rôle de la chaleur dans les phénomènes de la vie (1872) Ont confirmé cette opinion, déjà assise sur des observations devetiues banales tant elles sont iibmbrëusés et anciennes.
Le calorique peut d'ailleurs être employé de façons bien diverses. Toutes les fois que le froid aura été la caiise de l'hypbsthéhie, il fàudra agir avet prudence, ne rappeler la chaleur que successivement étavec mesure, si l'on ne veut pas avoir bientôt à combattre des accidents d'hyperslhénie et même d'inflammation véritable. Il faut éviter aussi, dans l'usage de ce moyen, les inlermissions répétées, qui sont généralement remplies alors par un travail de réchauffement excessif, capable de faire perdre, et au delà, tout le bénéfice obtenu du refroidissement. Enfin, la soustraction du balorique ne devra pas ett'è poussée au point de produire l'àlgidité générale ou la gangrène locale, accidents rares, mais possibles, et qui nous permettent d'assimiler complètement le calorique aux autres excitants.
190. Les iliodes selon lesquels la chaleur pourra être employée sont suMout les pratiques de l'hydrothérapie et de la balrtéatioh (voy. Hydrothérapie) ; mais elle ne pourrait guère servir quë comme moyen secondaire et adjuvant cOhlre i'hypbsthénie du cerveau, à cause des difficultés que l'on rehconlre dans l'application, à cause du danger qu'il y a de dépasser la mesure voulue ou de ne pas l'atteindre, ce qui expose tout à la fois oU à ne rieii faire ou à faire mal.
Cëité indication n'est cependant pas à négliger pour ce qui regarde la température du malade lui-même, sans qu'on ail trop à se pt'éoccuper dé la température du milieu dans le-
IIYI'OSÏIIENIE CEREBHALE.
quel il est placé ; il y aura en effet souvent avantage à provoquer un certain mouvement, dans le sens pyrogène, pour lutter contre une dépression excessive de l'influx nerveux.
En résumant ce qui domine l'indication de la médication excitante, nous voyons l'importance de cette double loi : agir avec opportunité sans doute, mais surtout agir avec mesure, si l'on ne veut amener un effet inverse de celui qui est attendu et cherché.
§ i . — Médication irritante et révulsive.
191. Je réunis ensemble ces deux modes de traitement parce que la plupart de leurs agents sont communs à l'un et à l'autre. Ce n'est d'ailleurs pour ainsi dire qu'une variante de la médication excitante, avec une action plus profonde et plus tenace. Elle consiste à porter à la périphérie, sur les surfaces sensibles surtout, des agents capables d'y provoquer un travail de congestion, d'inflammation môme, et aussi d'élaboration purulente et éliminatrice : sinapismes, vésication, application d'ammoniaque sur la peau, ou en inhalalion par les muqueuses, etc.
Ces divers procédés pourront convenir doublement pour combattre l'asthénie cérébrale, quand ils auront pour but de réveiller les fonctions du cerveau, et de lutter contre la cause, congestive ou autre, qui opprime ces mêmes fonctions ; ceci s'applique encore aux cas où l'hyposthénie du cerveau se lie à un état de compression, par le fait d'un épanchement ou d'une tumeur, Or^ dans tous ces cas, il est un écueil qu'il faut connaître pour l'éviter : c'est le danger qu'il y a d'épuiser une activité nerveuse déjà trop affaiblie pour subir de vives impressions, en lui imposant une dépense qui dépasse le peu de forces qui lui restent.
§ 5. — Médication antispasmodique.
192. Ces agents dont j'aurai à parler plus tard peuvent cependant convenir à l'indication actuelle, au moins pour utl certain nombre, car la plupart sont en même temps des excitants. On ne craindra donc pas de les employer, dans les cas où l'asthénie est plus purement dynamique (musc.
valériane, camphre, etc.). Encore devra-t-on en mesurer la dose avec réserve.
ART. III. — INDICATIONS MÉDIATES
193. La pathogénie de l'hyposthénie nous ayant révélé, au delà de l'épuisement nerveux, des causes, telles que la compression du cerveau, par exemple, on conçoit que toutes les conditions qui sont susceptibles d'amener celte compression, soit par congesUon, soit par hémorrhagie, soit par hydropisie, etc., seront l'objet d'indications éliologiques indépendamment des autres. J'ai indiqué comment la médication irritante et révulsive est appelée à rendre un multiple service dans le traitement complexe de ces différents étals.
ART. IV. — APPLICATIONS
194= Ils sont nombreux les états morbides dans lesquels l'hyposthénie cérébrale joue un rôle assez important pour motiver une indication particulière ; ils se rappoiient eu général soit aux névroses, soit aux pyrexies, soit aux affections cérébrales, elles-mêmes.
% l"'. — Sommeil.
195. Rien de moins pathologique que l'aptitude au sommeil ; mais il est des cas où le besoin excessif et même insurmontable du sommeil prend les proportions d'un état morbide : c'est ce qu'on trouve à un degré extrême, dans une maladie inconnue à nos régions et à notre race, qui porte le nom de maladie du sommeil. On sait combien il est nécessaire de lutter contre la torpeur que produit un froid excessif, ou l'empoisonnement par l'opium. Il semble qu'alors, l'élément nerveux, s'il cesse d'agir, soit plus exposé à perdre ses droits à l'activité, et plus en danger de mourir.
L'exercice musculaire et toutes les précautions hygiéniques indiquées ci-dessus (181) l'usage des lotions d'eau fi-aiche, et des excitants périphériques divers, sont les moyens les plus simples. Toutes les infusions stimulantes peuvent être données dans le môme but; il n'en est aucune qui soit plus
nYPOSTnÉNIE CÉRÉBRALJi. 107
efficace que le café. Du reste, la cause du sommeil devra trahir l'indication étiologique qui lui convient.
% 1. — Syncope nerveuse.
196. La suspension qui se produit dans l'action nerveuse, soit à demi, dans la lipothymie, soit en totalité, dans la syncope, et qui se retrouve dans la commotion physique et morale du cerveau, dans l'épuisement nerveux, etc., est, pour ainsi dire, une forme aiguë de l'asthénie nerveuse encéphalique, et c'est aux excitants d'effet rapide qu'il faut s'adresser pour la combattre. On y emploie les stimulants de la sensibilité de la peau et des muqueuses : impression d'un air frais, décubitus étendu ; aspersions d'eau froide, flagellation ; inhalations ammoniacale.s, ou vinaigrées, ou alcooliques ; préparations d'éther, de mélisse, d'arnica ; frictions excitantes, et, si le mal se prolonge, lavements de même effet.
§ 3. — Asphyxie, apoplexie.
197. L'asphyxie qui peut être regardée comme la syncope arrivée à un degré plus avancé, peut aussi se montrer d'emblée, sous l'influence de certaines intoxications, car elle lient essentiellement ù l'anhémalosie du globule sanguin. On la considérait autrefois comme l'élément presque esseiitiel de l'apoplexie ; mais on sait aujourd'hui, et Trousseau n'a pas peu contribué à le montrer, que syncope et asphyxie peuvent se trouver dans cet état, plus ou moins isolées, plus ou moins associées.
En elle-même, l'asphyxie cérébrale relève des excitants du cerveau et tous les moyens cités à propos de la syncope seraient bons à employer contre elle. Il faudra de plus, bien entendu, provoquer le retour de l'oxygénation du sang comme il sera dit plus loin. Le café pourra encore être utile en raison de la faculté qu'il a d'agir tout spécialement sur l'élément nerveux.
Je dois seulement faire une réserve quant au traitement de 1 apoplexie,^ qui exige une grande prudence dans l'usage des exc. tan s, a cause de la portée qu'ils peuvent avoir en dehors de 1 clément nerveux, sur 1 élément vasculaire et
sécrétoire, agents plus immédiatement producteurs de i?apoplexie.
§ 4. «»- Intoxications, narcotisme.
198. Lape'riode de résolution qui se montre à une certaine pliase de la plupart des intoxications, ou lorsque la dose de certains toxiques a été d'emblée assez considérable, ressortit à la même indication tliérapeutiqne. Je ne reviendrai pas sur les divers agents capables de produire de tels accidents; la forme comateuse des encéphîiîopathies toxiques d'une part, le narcotisme thébaïque d'autre part, en sont les deux principaux types ; certains empoisonnements sepliques, tel que l'empoisonnement dû aux champignons, en constituent un troisième (138-139).
Tous commandent l'usage des agents stimulants, et quelques-uns à de très-hautes doses. Il semble, en effet, bien acquis, que la tolérance de l'économie pour ces agents est d'autant plus grande, que l'action dépressive du toxique a été plus considérable. Toutefois, il ne faut pas oublier que cette môme économie n'est pas seulement le champ de bataille; mais que c'est elle-même qui est sollicitée en sens divers par ces diverses influences, et que sa puissance d'impressibilité a ses limites.
Les encéphalopalhies toxiques réclameront en plus le secours des médicaments éliminateurs, et les poisons septiques devront être poursuivis par des moyens tout à la fois excitants et antiseptiques ; tel est l'alcool.
§ 5. — Névroses hyposthéniques.
199. L'hyposthénie cérébrale se, traduit dans plusieurs grandes névroses par des états qui, variés dans les apparences, n'en ont pas moins un fonds commun. Tels sont par exemple le sommeil comateux et stcrtoreux de l'épileptique à la fin de sa crise, 1-extase de l'hystérique, les étals léthargique et cataleptique, et aussi, cet état cérébral si particulier aux névrosiques, état que l'on voit surtout accompagner les névroses viscérales, et qui est connu sous le nom d'htjpochondrie.
Toutes ces expressions rappellent une débilité nerveuse,
HYPOSTDENIE CÉKÉBRALE. 109
telle qu'elle peut aller graduelleraerït et sans transition, jusqu'à la mort; aussi relèvent-elles de la médication excitante.
Les agents qui lui conviennent sont, avant tout, les excitants antispasmodiques : la valériane, l'éther, les gommes fétides, le musc, le camphre, etc., sous forme de potions, de • tisanes ou de lavements. Au moment des crises elles-mêmes, tous les agents d'excitation pourront être mis en œuvre, bien que souvent sans succès ; car le coma de l'épiiepsie, la catalepsie des hystériques en particulier, ne peuvent guère élre modifiés au moment des crises. Comme d'ailleurs leur solution spontanée ne se fait pas en général beaucoup attendre, on n'aura à intervenir que s'il en était autrement.
200. C'est chez de tels malades que la médication morale a de l'importance, parce qu'elle peut être très-utile. Combien de personnes névrosiques, qui, au début de leurs accidents, sentent la pente sur laquelle elles sont entraînées! Si alors elles savent opposer quelque résistance aux impulsions motrices qui les sollicitent et aux sensations subjectives qui les tourmentent, plusieurs pourront éviter de tomber sous la domination d'habitudes morbides des plus pénibles, et auxquelles elles ne peuvent plus se soustraire une fois qu'elles se sont pliées à ce joug. Ou bien, c'est en agissant sur les actes de la vie organique, en provoquant des mouvements instinctifs différents de ceux que détermine la crise, qu'on peut espérer d'y mettre fin. Il suffit souvent pour cela de faire déglutir la malade, soit en lui faisant avaler un peu d'eau froide, soit en pressant le cou au niveau de l'os hyoïde.
§ G. — Idiotie, démence.
201. Je ne parle que pour mémoire de ces états, dans lesquels l'hyposthénie cérébrale, congénitale ou acquise est presque impossible à combattre, et ne doit être attaquée en tous cas, que par les moyens hygiéniques, ou par une éducation patiente et appropriée, ou encore ne comportera d'aulre indication que celle des mesures palliatives.
§ 7. — Affections cérébrales.
202. Celles dans lesquelles le comasemohtre le plus sou- FERnAKD, — Thérapeutique. 7
vent, sont d'abord la méningite, puis, la congestion et l'iiémonhagie cérébrale, l'encéphalite elle-même, quand elle est arrivée à une période un peu avancée, où la substance cérébrale est déjà désorganisée, le ramollissement, et enfin les suffusions séreuses du cerveau, qui peuvent donner lieu aux formes comateuses symptomaliques.
Dans tous ces cas, la médication du symptôme sera presque impossible, la médication excitante se trouvant toujours en présence d'éléments d'une vitalité diminuée, et dont il y a à craindre un épuisement total, par le fait de l'excitation ; ou bien encore, ce sont des éléments opprimés ou détruits, mais qui sont entourés d'éléments normaux, ou même d'éléments dont la susceptibilité normale est encore accrue et exagérée, et sur lesquels la stimulation va agir d'une façon d'autant plus fâcheuse. Aussi, à part les cas réellement exceptionnels où l'asthénie sera profonde et générale, vaudra-l-il mieux s'adresser à l'indication tirée de la cause pathogénique.
Cependant, dans le cas de ramollissement chronique du cerveau, ou d'hémorrhagic déjà ancienne, on devra souvent employer les toniques névroslhéniques, afin de prévenir le coUapsus fonctionnel qui résulterait d'une débilité excessive.
Dans ces cas encore, il faudra prévenir le refroidissement et veiller à entretenir le malade dans un état de calorique suffisant à l'intégrité de ses fonctions. Mais la chaleur, comme tous les agents de la médication excitante, ne sera mise en œuvre qu'avec prudence, afin d'éviter toute reprise des conditions pathogénétiques de la maladie.
■ § 8. — Adynamie des fièvres. — Algidité.
203. Les pyrexies se manifestent souvent par un état cérébral adynamique, qui peut aller jusqu'à l'algidité; certaines affections graves peuvent arriver d'emblée à l'algidité (le choléra).
Les formes adynamiques des fièvres continues, les typhoïdes proprement dites (tù(ï)6î, stupeur), nécessitent souvent l'intervention du médecin. Celui-ci pourra puiser à cet effet dans l'ensemble de tous les moyens hygiéniques et
UYPOSTUÉNIE ClîllÉBaALE. Il,
Qiédicamenleux que j'ai indiques comme agenis d'excitation.
Piirini les excitants cutanés, on donnera la préférence aux lotions alcoolisées ou vinaigrées, s'il y a en môme temps une forte cluileur; aux ventouses, s'il y a des congestions viscérales à résoudre, etc. Les fomentations aromatiques, l'huile de camomille camphrée, le Uniment ammoniacal! les lavements stimulants de camomille, de camphre (Oef,oO à 2 gr.), d'alcool parfois ; les potions d'acétate d'ammoniaque, de musc, de castoreum ; les boissons vineuses et alcooliques; toutes les substances en un mot qui joignent à une innuence stimulante une diffusibilité qui garanlit leur absorption seront choisies de préférence. Le laudanum à doses fractionnées et légères pourra rendre aussi quelques services. - L'alfusion froide et la douche ont été aussi utilisées (V. Uydrothéraidc). Par contre, les boissons chaudes ne doivent pas être proscrites parce qu'elles ont un elfet excitant et diaphorétique.
204. Quant au coma de l'état algide, il est des plus désolants a rencontrer, parce que la suspension de l'activité physiologique dont il s'accompagne rend pour ainsi dire la médecine impuissante. Que faire à un organisme qui n absorbe plus, qui n'assimile pas, qui ne sécrète pas, dans lequel le mouvement d'échange estarrêté, et qui se inomi fie dans lindin-crence fonctionnelle en présence des excitants les plus puissants? Les cas sont rares heureusement ou lalgidile atteint un aussi haut degré et s'accompagne d une aussi complète inertie. On a cherché à suppléer au défaut d absorption, en faisant pénétrer directement dan. es veines 1 agent médicamenteux; mais on n'a pas suppléé au défaut d assimilation ; „n n'a pas surtout rendu à l'élément anatomique stupéfié l'activité, qui seule peut le faire entrer en connit avec le médicament et rend -e à celui-ci quelque chose de son efficacité.
Je n'ai plus qu'un mot à dire, et c'est à propos des fiè- 1 permcieuses, qtn revêtent ces diverses formes : comateuse algide, adynamique, etc. Là il faut avant tout s'armer du sulfate de quinine. - Les excitants ditfusibles p un^n
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