‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 53 sur 132 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

INDICATION TIRÉE DE l'aTAXIE OU PERVERSION DES FONCTIONS CÉRÉBRALES.

205. Dans son acception la plus générale, l'ataxie comporte non-seulement la disparition et le renversement des rapports qui unissent naturellement les fonctions entre | elles, mais elle se traduit encore, dans une seule et môme fonction, par la dissociation plus ou moins complète, et le défaut de mesure relative, des éléments qui participent à cette fonction. Une telle perturbation se produisant dans les synergies fonctionnelles dénote une profonde perversion de leurs rapports.

I.e désordre des fonctions nerveuses est un des traits les plus significatifs de l'ataxie. Et, parmi ces troubles, prédominent les phénomènes sensoriaux et musculaires, et surtout les phénomènes intellectuels et moraux (Georget).

ART. I". — DESCniPTION DE l'iNDI CATION.

g jer, jype élémentaire.

206. Lorsque les fonctions du cerveau sont le siège de , celle perturbation, on voit les opérations de riutelligence trahir leur désarroi. La débilité des déterminations volontaires laisse le champ libre aux représentations de la mémoire et à l'imagination, souvent encore surexcitée par une impressionnabilité morbide. Les manifestations de la pensée et de la volonté ne sont plus en rapport avec elles : la physionomie prend une expression d'incertitude et d'hésitation slupide ; la parole est lente ou brève, et, par suite du désaccord qui existe entre la phonation et l'articulation des sons, il arrive parfois qu'une partie des mots, mal exprimés d'ailleurs, est aphone. ■

Un grand nombre de .délires relèvent de cette forme del

ATAXIE CÉRÉBRALE. 1 13

perturbation; on les observe surfout dans les névroses et dans les fièvres.

207. Dans les fièvres, le délire ataxique trahira encore un certain degré d'activité cérébrale; mais souvent les formes actives et violentes feront défiiut, et le caractère decedehre sera tranquille et calme (tvphomanie), portant davantage sur la parole ; il s'accompagnera de l'obtusion des sens et de la débilité des mouvements.

Dans lês névroses, l'ataxie cérébrale sera aussi facile à constater, à l'irrégularité et au peu de tenue des détermm^lions, à la disproportion des impressions sensitives et des conceptions qui en naissent (nervosisme, hystérie), à laiatahteqm commande des actions non consenties et plus ou moins conscientes (délire épileptique).

208. L'intensité de l'ataxie cérébrale peut ainsi varier dans de larges limites; mais on conçoit que, pour l'apprécier, .1 faudra considérer, moins l'intensité de chacun des phénomènes observés, que l'écart plus ou moins considérable qm se produira, entre les divers éléments fonctionnels dissocies et troublés,les uns par défaut, les autres par excès

209. I^ataxie se lie le plus souvent aux éléments qui dénotent 1 hyposthénie. Dans cet état, se montre déjà une dissociation remarquable des divers éléments d'action • ceux-ci se séparerit les uns des autres, tout en suivant une ligne de dégradation corrélative. L'ataxie comporte cela et quelque chose de plus encore ; elle y ajoute la désharmome, la contradiction, pour ainsi dire, entre ces diverses moda lies fonctionnelles. Enfin, un état avec lequel elle coïncide souvent, dans les fièvres, c'est une élévation excessive de la emperature, sans qu'il soit possible de dire, si, de ces deux fa.is l'un est la conséquence de Tautre, e quel es celui des deux qui joue le rôle. ^

§ 2 . — Pathogénie, .ause en pai ticulier, reconnaître un mécanisme unique. Mé-

H 4 INDICATIONS DES TllOUBLES NERVEUX.

lange d'excilation et d'abexcilation, de réaclion physioloi^ique et d'épuisement, elle a été le thème d'un grand nombre de tentatives d'interprétation de la part des auteurs, qui l'ont classée, tantôt du côté de l'hypersthénie, lanlûtdu côté de l'hyposthénie, et tantôt encore l'ont conservée hors cadre.

On ne peut nier que l'ataxie ne puisse arriver parfois à se produire par la voie de l'hypersthénie; dans nombres de cas, elle lui succède, souvent même, elle comporte des phases plus ou moins prolongées, ou des alternatives d'hyperstimulation véritable. C'est de ces faits que cherchait à se prévaloir l'école physiologique; mais Bretonneau, Graves et Trousseau, ont bien établi, au contraire, que le fonds commun de ces stimulations fugaces ou superficielles, le plus souvent, sinon toujours, c'est l'hyposlhénie, thème sur lequel l'ataxie exécute ses variations. Celles-ci, d'ailleurs, ne défient pas toute analyse. Un des caractères les plus frappants de l'état ataxique des fonctions cérébrales, c'est, d'une pari, la coïncidence, sur le même malade, d'une susceptibilité excessive des sens en général, bien que les sensations soient mal, ou même pas du tout appréciées ; c'est, d'autre part, une exagération corrélative des aptitudes motrices, bien que le mouvement volontaire soit débile, au point même d'être impossible.

On peut comprendre ainsi comment l'hypersthénie et l'hyposttiénie entrent chacune pour leur part dans l'ataxie, et s'y rencontrent sans se confondre,

211. Les conditions les plus aptes à provoquer celte modalité pathologique se trouvent surtout réalisées quand une cause morbide bien spécifique a gravement atteint l'organisme. On la rencontre dans les alfections septiques, dans les maladies virulentes, dans les fièvres infectieuses; elle se voitdansles cas d'int^oxication parle fait de substances minérales, mais bien moins souvent que quand le poison est de nature organique. Elle est d'ailleurs liée bien plutôt (l la nature de l'influence nosologique, qu'à la condition el h. la manière d'être du support, ainsi qu'on le voit dans les pyrexies.

Dans les névroses, nu contraire, où la spécificité est bien moins manifeste, l'ataxie est aussi bien plus fugace et moins

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typique. Aussi, relûvc-t-elle davantage, dans ces cas, de l'état du support et de l'élément physiologique. Souvent enfin elle succède aux accidents d'épuisement qu'entraîne une évacuation excessive ou une altération sérieuse des humeurs et du sang en particulier. Il faut savoir aussi qu'il est certains sujets qui sont ataxiques physiologiquemeni, pour ainsi dire: par tempérament, par caractère et surtout par habitude.

212. il n'est pas d'ailleurs jusqu'aux localisations morbides dont quelques-unes ne paraissent spécialement en rap-

I port avec les phénomènes de l'utaxie cérébrale. Ainsi, outre I les atlections encéphaliques qui peuvent provoquer ces ac- , cidenis, il est certaines déterminations morbides viscérales, qui s'accompagnent de tels symptômes, sans qu'on s'explique le rapport qui les y unit : telle est, par exemple, la pneumonie du sommet.

Nul doute entin que l'ataxie ne puisse être au moins accrue, sinon produite, par une perturbation des facullés réflexes des centres, laquelle expliquerait et le défaut ' de mesure de ses symptômes et leur irradiation à des appaj reils en apparence éloignés.

ART. II. — INDICATION' THÉnAl'EUTIQUE.

213. On pourrait à la rigueur dire qu'il ny a pas de médication de l'alaxie, parce que c'est là une expression purement négative, qui ne signifie que le défaut d'ordre dans la succession ou dans la graduation des phénomènes. Kt cependant, ce n'en est pas moins une modalité spéciale du système nerveux, bien que son type soit, pour ainsi dire, de n'en point avoir. '

Sans doute avant de s'attaquer à l'ataxie, il faudra bien tenir compte des phénomènes qui y dominent et surtout des conditions de son origine; car il est évident que celle qui se rapporte à l'asthénie ne comportera pas les mêmes procédés tliérapeutiques que celle qui tient à l'hypersthénie. Mais, en dehors des agents qui peuvent agir sur l'acfi- I vité nerveuse pour la diminuer ou l'accroître, il en est qui se bornent à en changer l'évolution; il en est même beaucoup, parmi ceux que nous avons déj;l vus susceptibles du

'il 6 INDICATIONS DES TltOUBLES NERVEUX.

rôle d'excitants ou de sédatifs, qui peuvent encore jouer ce rôle de modificateurs simples, selon leur mode d'emploi el leur dosage.

§ 1. — Moyens hygiéniques,

214. L'impressionnabilité morbide et J'impatience mo- (l'ice, qui se voient chez les ataxiques, disent assez combien il faut éviter à ces malades toutes les provocations capables d'exagérer cette tendance el en particulier la multiplication des sensations et des mouvements. Tout travail intellectuel doit être banni ; et, pour les ataxiques, plus encore que pour les maniaques et les hypereslhésiques, il pourra être utile de tenter l'anexcilalion. Que de fois n'ai-je pas entendu J. Bouley, dans ses visites de l'hôpital Necker, nous dire le danger qu'il y avait à tourmenter, par les agents de la médication irritante, des sujets chez lesquels l'excitabilité, si disposée à entrer en activité, paraissait si débile dans ses réactions et si facile à épuiser avant de les avoir achevées !

D'après cela, la méthode de l'anexcitation, le calme des sens, la suppression de toute provocation à l'activité intellectuelle et motrice, devront être regardés comme le premier article de l'hygiène du malade (143). El, dans les actes impossibles à éviter, on devra encore, par la mesure el la régularité, demeurer autant que possible dans les termes de la loi que je viens de poser. Le traitement moral, surtout dans les névroses, aura dans ce sens un rôle important à remplir; il appartiendra à la sagacité du médecin d'en formuler les avis, et à son autorité de leur donner un poids efficace.

215. La diététique que Ton prescrira devra reposer sur ces données, et se proposer pour but de fournir à l'état des forces une réparation facile et suffisante sans stimulation. 11 faudra donc éviter les substances susceptibles, par le travail digestif qu'elles provoqueraient, d'exciter sympalhiquement de nouveaux troubles du côté de l'encéphale. Ces considérations s'appliquent, dans leur généralité, età l'alaxie aiguë des fièvres et à l'alaxie chronique des névroses; (ouïes réserves faites d'ailleurs quanta la différence d'alimentalion que commande l'état pyrélique.

Les perturbations que l'on ob lient par l'usage des prati-

ATAME CÉRÉBRALE.

ques hydrolhorapiques peuvent être utilement employées dans l'aluxie cérébrale, surtout si l'on sait eu tirer avec opportunité l'excitement ou la sédation. On sait quel est l'effet moral et physique de la douche sur les aliénés agités. Les pratiques d'enveloppement et d'immersion ont été surtout employées dans l'ataxie des tiùvres, mais plus particulièrement en vue d'abaisser la température des ataxiques, qui présentent en général une hypcrlhermie excessive (v. nijdrolhérapie).

§ 2. — Médication antisparaodique.

216. C'est la médication par excellence de l'état alaxique, cl en particulier de l'ataxie cérébrale. Les agents de cette médication sont des substances, ou des agents physiques, qui, susceptibles tout a la fois d'elfels d'excitation et d'efl'els de sédation, sont encore capables de produire un simple effet de substitution, et cela, selon les procédés mis en œuvre, et surtout selon le dosage employé. De là vient qu'ils sont regardés par les uns, comme des excilants du système nerveux, et par les autres, comme des sédatifs à ranger prés des anestbésiques.

Il y a, en général, moins à redouter qu'à rechercher au contraire l'efl'et excitant des antispasmodiques, puisque l'ataxie, le plus souvent, tient de l'hyposthénie ou s'en rapproche; et si l'analyse que j'ai présentée des troubles alaxiques est exacte, si cet état comporte en effet une mobilité tendant toujours à l'action, avec débilité et impuissance dans sa réalisation, on comprend encore l'ulililé d'un excitement assez puissant et assez soutenu, pour achever en (olalilé le mouvement ou la sensation, et ne pas laisser couimuellement le malade sous l'influence énervante d'une tentative toujours renouvelée et qui avorte toujours. Aussi devra-t-on n'être pas trop réservé dans le dosage des antispasmodiques, dans les limites toutefois qui restent en dehors des influences toxiques.

217. Les agents de cette médication capables d'une action plus particulière sur le système nerveux encéphalique sont en première ligne,le musc, puis la valériane, le camphre le castoreum, les composés cyaniques, les gommes fétides, c'ic.

Le musc déjà employé par Sarcone, à Naples, l'a été chez nous par Récamier, Cliomel et Trousseau. Ce dernier l'a considéré pour ainsi dire comme le spécifique du délire ataxique. Il faut donner le musc ù assez haute dose, un gramme environ, el pour satisfaire à la prudence, à doses filées (Récamier), par exemple, en cinq pilules de20centigr. chacune, données d'iieure en heure, ou de deux en deux heures, jusqu'à ce qu'on obtienne une rémission des accidenls. La même indication se présente et pourra être remplie de même, quand une phlegmasie quelconque vient à se compliquer de semblables accidents (Trousseau). La forme pulvérulente, en dissolution ou en suspension, pourra ûlre préférée à la forme pilulaire, en ce qu'elle est plus facile à déglutir, et plus facile à absorber aussi; deux conditions qui ne sont pas indifférentes chez la plupart des ataxiques.

Il faut rapprocher du muscles produits analogues, castoreum, civette, ambre gris.

218. Le camphre a une action qui s'éloigne peu de la précédente ; encore faut-il pour cela en bien déterminer le dosage, sans quoi l'on s'expose à produire des effets totalement opposés. Aussi, les auteurs en font, qui un excitant, qui un calmant, qui un agent pyrétogénéliquc, qui un contrestimulant. Trousseau voit dans ses elfets une confusion de tous les modes d'action réunis ; c'est de l'alaxie, ajoule-t-il : ce n'est pas là le motif de son utilité dans le cas actuel. Mais, selon qu'il saura le manier, le thérapeute pourra demander au camphre l'un ou l'autre de ces résultats.

Ce n'est pas une des moindres singularités de ce médicament, que la faculté qu'il aurait de produire de la sédation à une dose légère et des effets d'excitement à la dose toxique. Orfila rapprochait les effels toxiques du camphre de ceux des poisons narcotico-âcres. .Rabuteau, quant à ses effets thérapeutiques, le rapproche clu chloral et du bromal, de ce dernier surtout; de sorte que ses propriétés sédatives s'effaceraient beaucoup devant ses effets d'excitement. On comprend par ceci, que pour le camphre comme pour le musc, il sera bon de n'être pas trop timide dans le dosage, si l'on en attend l'effet excitant. Le camphre donné à la dose de i à 4 grammi'S en pilules ou en lavement, de 50 centigr. à

ATAXIE CÉRÉBRALE

1 gramme en potion, devra être observé de près dans son administration, si l'on veut Ctre sûr d'atteindre l'effet voulu, et ne pas s'exposer à le dépasser. Toutefois, dans l'état ataxique, où se mélangent excitation et hyposthénie, on peut attendre du camphre un effet de substitution, effet facile à obtenir d'ailleurs, d'un agent dont la diffusibilité nous garantit l'absorption et dont l'activité nous assure la portée.

Outre les effets qui sont dus à l'action directe du camphre sur le système nerveux, il faut ajouter ceux que doit provoquer l'action irritante qu'il produit sur les surfaces d'absorption, et la révulsion non moins vive dont les surfaces par lesquelles il est éliminé seront le siège. Ainsi, le camphre est sudorifique, il est diurétique, il est modificateur de la sécrétion bronchique enfin. Tous ces moyens d'élimination sont autant de voies dérivatives par lesquelles peut s'épuiser une excitation nerveuse exagérée; et peutêtre n'avons-nous pas à chercher ailleurs la clef de la sédalion qui résulte de l'administration du camphre à dose légère. Ce n'est qu'une interprétation de ces faits; mais elle n'a rien que de physiologique.

219. Avec le camphre, j'ai cité la valériane, dont l'Iiuile essentielle posséderait des propriétés sédatives et même hypnotiques (Barailler). Aussi, la valériane serait-elle plutôt employée dans les névroses, où il y a bien plus à calmer qu'à stimuler le système nerveux. Pour elle, comme pour les gommes fétides (assafœtida), il se joint à l'effet physiologique, un effet moral dû à la répugnance qu'éprouvent la plupart des malades ;\ respirer de telles odeurs, ce qui les conduit à lutter moralement contre le mal, afin d'éviter le remède.

§ 3. — Médication hypnotique.

220. Les composés cynaniques sont les plus hypnotiques de la série des antispasmodiques. L'éther joue un grand rôle dans le traitement de î'ataxie d'un grand nombre de névroses; on le donne généralement à une dose où ses ellets excitants sont seuls produits, et où ce n'est que par eux seulement qu'il peut être efficace (2 grammes a 4 grammes d'éther en potion). lîn tous cas, il y aura peu

de danger à dépasser la dose excitante, puisque l'effet hypnotique sera encore utile pour supprimer ces velléités de mouvement, ces ébauclies de sensation et d'imagination, que nous avons vues tourmenter l'ataxique. L'éthor est donc aussi un médicament précieux dans ces cas, et bien plus sûr contre l'ataxie des névroses que contre celle des fièvres.

Le bromure de potassium, si souvent utilisé contre les névroses, pour diminuer l'intensité des phénomènes réflexes qu'on y rencontre, sera bien moins favorable dans le traitement de l'ataxie des fièvres.

§ 4. — Médication tonique.

221 . Il y aura lieu souvent de mettre en œuvre les toniques contre l'ataxie, iivecla précaution de ne pas employer indifféremment les toniques fixes ou les toniques stimulants. Toutes les préparations de quinquina, l'extrait sec, l'extrait mou (rarement la teinture ou le sirop), seuls, ou mieux encore, associes aux amers (préparation d'écorces d'oranges) ou bien aux essences et aux eaux distillées aromatiques, seront le plus souvent à choisir.

§ 5. — Médiration excitante et révulsive.

222. Elle ne sera guère utile qu'exceptionnellement, d'après ce que j'en ai dit (157 et 191); et même elle ne sera pas sans dangers. Toutefois, elle pourra être parfois dûment molivée par les indications médiates.

ART. in. — INDICATIONS MÉDIATES.

223. Les causes capables d'amener indirectement l'ataxie étant peu connues et le mode par lequel elles provoquent cet état demeurant fort obscur, ce que l'on peut en dire se trouvera mieux placé au chapitre suivant.

ART. IV. — APPLICATIONS

224. 11 y a deux groupes spéciaux de maladies ataxiques : les névroses et les pyrexies; les intoxications peuvent leur

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servir pour ainsi dire de transition. On peut dire, qu'en général l'alaxie cérébrale se montre d'autant plus fréquemment dans la maladie, que l'influence nosologique y occupe une place plus importante aux dépens des éléments physiologiques. Les affections aiguës les plus spécifiques sont, en efl'et, celles qui revêtent le plus souvent la forme ataxique.

§ 1". — Nervosisme et névroses.

225. Les agents qui seront le plus efficacement employés pour combattre ce genre d'alaxie, seront ceux qui tendent surtout à déterminer, dans les fonctions de l'appareil nerveux, un effet sédatif. Le bromure de potassium en sera donc le médicament par excellence. Employé à la dose moyenne de 4 à 5 grammes en vingt-quatre heures, il produira une délente favorable du système nerveux; à dose plus élevée de 10 h 20 grammes même, il produira une résolution nerveuse totale. 11 sera surtout utile dans les névroses graves, avec exagération de l'activité du système nerveux, non pas qu'il puisse toujours guérir de telles maladies; mais sa puissance pour atténuer les actes réflexes lui donnera une notable influence sur quelques-uns des accidents qu'elles coraporlent. C'est aussi le cas de mettrc'en pratique l'hygiùne de l'anexcitation, telle que je l'ai indiquée (144).

226. Les névroses moins graves dans lesquelles l'excitation psychique joue un rôle plus considérable, celles surtout où c'est l'élément affectif qui semble exagéré, telles que l'hystérie, l'hypochondrie, le nervosisme, pourront aussi motiver l'usage des sédatifs et des hypnotiques; mais les antispasmodiques, qui jouissent au contraire d'une certaine faculté d'excilation,^ y seront plus souvent utiles (valériane, camphre, musc, asa fœtida, éthcr).

227. La médication névroslhénique aura, pour la même raison, un rôleimportant à jouer dans les mêmes cas (quinquma et fer). Je ne rechercherai pas ici, si c'est par son action sur la nutrition, en d'autres termes par une sanguificatiou plus satisfaisante, que cette médicalion est antinévrosique, et jusqu'à quel point son usage peut justifier l'aphorisme : Sanguis moderator nervonm. Je me contenterai de rapprocher les névroslhéniques des aniispasmodiques.

quant au mode et à la qualité de l'excilation nerveuse dont ils sont capables.

§ 2. — Ataxie des fièvres.

228. C'est dans les pyrexies, où l'élément nosologique occupe évidemment la scène, où l'économie malade semble dominée par l'influence morbifique, au point de n'ùlte plus susceptible que d'une réaction débile, d'autant plus fougueuse en apparence, qu'elle est plus faible en réalité, en tous cas irrégulière et inefficace, c'est dans ces cas que se ntionire la véritable ataxie pathologique. Ce trouble porte d'abord sur les fonctions cérébrales, mais ne larde pas à envahir jusqu'à la nutrition la plus intime. Celle alaxie des fièvres, on ne saurait craindre de l'attaquer d'emblée par les excitants, par les toniques fixes et par les stimulants diffusibles; car elle semble due, moins à une excitation réflexe, qu'à unQ influence directe et dépressive de la cause morbifique sur l'élément nerveux central. C'est contre elle qu'on préconise le musc, le camphre et tous les excitants dilTusibles; l'ammoniaque, qui joint à ces qualités portées à un très-haut degré le rôle d'un irritant local, et ses sels, lienncntici une place importante.

§ 3, — Fièvre typhoïde.

229. La fièvre typhoïde est la maladie dans laquelle l'ataxie cérébrale se montre sous son type le plus déterminé; elle motive l'usage de tous ces mômes moyens (voy. Ataxie organique et Fièvres).

§ 4. — Intoxications septiques.

230. Dans l'infection purulente, l'infection putride, l'infection puerpérale, dans les intoxications virulentes, dans toutes les altérations graves du sang, 1 ataxie cérébrale est un des premiers symptômes observés; et comme elle se lie toujours à une dépression considérable des forces, à une débilité fonctionnelle, elle motive plus encore que l'ataxie des fièvres typhoïdes, l'usage des stimulants les plus vifs et des plus puissants toniques. Nous verrons que ce sont les indications dominantes de la fièvre jaune, du choléra, de la peste, de la morve et du charbon.

ATAXIE CKllÉBRAI.E.

§ 5. — Pneumonie ataxique du sommet.

231. Trousseau établit que la gravité de la maladie ne tient pas à sa localisation particulière, mais à sa cause: que le délire de cette forme morbide ne tient pas ;\ la profondeur ni à l'étendue de la lésion, ni à la violence du processus; que ce délire est bien del'alaxie cérébrale, qu'il ne faut pas confondre avec la malignité, c'est-à-dire l'ataxie de la vie nutritive et des forces radicales; enfin que le musc ayant pour effet de supprimer l'ataxiecérébraletoutes les fois qu'il la rencontre, est pour ainsi dire le spécifique de cette maladie. Sans aller Jusqu'à faire du musc le spécifique de la malignité ataxique, on peut considérer que l'indication qui en relève l'emporte sur celle de l'inflam- •mation et de la localisation.

232. l.a pneunnonie n'est du reste pas la seule, parmi les déterminations locales de l'inflammation, qui puisse revêtir la forme ataxique et motiver cette indication, ainsi que l'usage du musc qui y répond ; mais comme elle est celle qui se présente le plus fréquemment ainsi, on peut la considérer comme un type, dont les maladies analogues pourront être facilement rapprochées.

On a encore employé, pour répondre à cette indication, les modérateurs de la circulalion et de l'innervation tels que l'alcool et la digitale à haute dose. '

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