IITPOSTHÉNIE DE L'INNERVATION ORGANIQUE
prévenir le retour des accès, soit encore à titre de substitutif au moment des accès eux-mêmes. '
444. Le café, et ses succédanés, le tiié et l'alcool, doivent être employés de môme, dans la médication de l'asthme, à titre d'agents préventifs, et comme luttant contre la forme paralytique de la dyspnée, par l'excitation considérable qu'ils produisent sur tout le système nerveux. Salter qui croit le café efficace contre l'accès lui-même explique cette efecacifé parla forte excitation que le café provoque sur l'encéphale, d'où résulterait la diminution de la puissance réflexe qui joue le principal rôle dans l'accès d'asthme. C'est une mgenieuse explication d'un fait plus que contestable
Le café a paru utile encore par l'action modératrice que ia caféine exerce sur la nutrition : l'arsenic et l'iodure de potassium seraient sous ce rapport ses succédanés. Mais remarquons que, à la dose à laquelle ces agents sont administrés, ils agissent sur la nutrition bien plutôt comme un aiguillon que comme un frein. Ceci s'applique surtout à lodure de potassium et aux sels alcalins; l'arsenic qui, à haute dose, est un modérateur de la nutrition, à la dose thérapeulique, au contraire, en favorise les oxydations, ainsi qu 11 résulte des expériences de Sabelin, de sorte que le sang plus oxygéné diminue le besoin de respirer et communique plus de force et d'activité aux puissances inspiratrices? Quant au cafe, son action modératrice de la nutrition qm nest que consécutive, est largement compensée d'ailleurs par son action spéciale sur le système nerveux
445 Les atmosphères oxygénées et l'air comprim'é semblent des p us aptes à agir, ne fût-ce qu'en hématosant pks richement le sang et diminuant le besoin de respirer c'es ce qui ressort des expériences de P. Bert sur l'an / J f l'air raréfié et de l'air comprimé. Quanfà 'atmo h e ra' réflée, elle semblerait devoir être plus utile dansTes crises que dans leur intervalle. Les inhalations d'acide arin que et de fumées excitantes (papier nitré) ne doivent être em p oyées qu'avec mesure et en dehors des cris s, s l'on"; veut épuiser promptement lefficacilé de l'excitation live dont elles sont capables. -^^uiiion lela-
446. 11 serait peu prudent de s'adresser à l'opium nour Im demander ses effets convulsivants ; la thébIe,Te plus
S22 INOTCATIONS DES TROUBLPS NERVEUX.
convulsivant de ses alcaloïdes, a, entre autres inconvt^nients, celui de diminuer les sécrétions bronchiques, bien plus encore que ne le font le datura et la belladone ; l'opium ne calme pas non plus la circulation, comme le font le datura et le bromure ; aussi ne sera-t-il indiqué que dans les cas où il y aurait lieu de provoquer le sommeil.
Quanta l'ammoniaque, l'excitation qu'elle provoque dans le système nerveux est tout à la fois bien vive et bien fugace pour convenir à un traitement de longue haleine ; elle pourrait toutefois être utilisée dans certains cas extrêmes, soit à l'intérieur, soit dans la gorge, en badigeon, soit sur la peau, à titre de révulsif.
447 En résumé, le traitement dos dyspnées paralytiques comporte une première indication, qui est de diminuer le besoin de respirer, en facilitant l'hématose dans tou es ses sources; une autre indication, qui consiste à augmenter les puissances respiratricos, en excitant l'appareil qui accomplit ces fonctions. Une excitation sagement modérée peut ainsi prévenir les accès de dyspnée, qui ne sont le Pl>^s souve"^ Qu'une révolte inlcrmitlente, contre la debihle et 1 insuffisance permanente ou progressive des actes respiratoires.
§ 6. — Débilités cardiaques.
448 Ce que je viens de dire des dyspnées paralytiques peut expliquer aussi comment des accès de palpita.ions se foi^nent si souvent à l'atonie permanente du cœur. Il y a S id la même distinction à faire entre f s q- so susceptibles de calmer les révoltes passagères de 1 exc tab lité cardiaque, et ceux qui doivent au -n-aire i— niveau de cette excitabilité, au taux qu il lui appartient
^^■ei:Œrd::ntraction du cœ.r tienne à^u^P^turbation de son innervation, ou à une d;^P^«P '^^^ des résistances que lui otTre la circulation ou enfin à un altcraîion organique du muscle cardiaque graisseux) la débilité cardiaque se trahit par des signes I en étu i és :faiblesse de l'impulsion cardiaque et u poul , ^ ërmittences et irrégularités, disparition des ^ouf -^^^^^^^^ rstokcs)) et elle répond à une indication bien détermmee.
nYPOSTHÉNIE DE L'INNEUVATION ORGANIQUE. 2 5 3
Elle constitue pour ainsi dire le caractùi-e essentiel de ce qu'on a nommé l'asystolic, que l'on observe à une période avancée de la plupart des maladies du cœur, et surtout en coïncidence avec les lésions cavitaires de cet organe. Elle est certainement l'élément essentiel de beaucoup de névroses cardiaques et de certaines formes d'angine de poitrine.
449. La première indication à remplir dans ces cas est de diminuer autant que possible les résistances que le cœur doit vaincre pour déterminer la course du sang dans les vaisseaux. Il importe alors de se préoccuper de l'état des circulations périphériques, pour les rendre plus faciles. Toute cause qui élève la tension artérielle, tout elTort par conséquent, toute absorption abondante de liquide, doivent être, autant que possible, soigneusement évités. Il en estde même des émotions morales et des fortes impressions physiques.
Dans le même but encore, on a proposé de petites saignées à la lancette, aux sangsues ou aux ventouses. Les sangsues peuvent être appliquées à la région précordiale, ou dans les régions qui répondent à des viscères congestionnés, ou enfin au siège; mais on ne peut obéir longtemps à celte indication par un tel moyen.
450. Guidé par le bénéfice que certains malades paraissent retirer des crises diarrhéiques,ou d'une légère diarrhée permanente, on a pensé satisfaire à cette même indication déplélive, à l'aide des purgatifs spoliateurs. Les hydragogues ont surtout été employés (purgatifs résineux, purgatifs sahns concentrés, eau-de-vie allemande). Mais ces procédés, utiles tant que les sujets conservent une certaine activité de nutrition et de résistance fonclionnelle, une aptitude suffisante à la sanguification, ne seraient pas sans nuire, à la période où i'asystolie cardiaque se complique de l'asthénie des circulations périphériques et se montre accompagnée de phénomènes passifs pins ou moins multipliés (cyanose, œdèmes, épanchements hydropiques, colliquation).
L'usage de la rhubarbe qui est eupeptique et cependant excite légèrement le tube gastro-intestinal m'a semblé quelquefois particulièrement favorable.
On a mis en œuvre, dans u n bu t analogue, les agents diacritiques ou éliminateurs, quels qu'ils soient, diurétiques, dia-
phorétiques, etc. Parmi eux, les diurétiques surtout doivent nous arrêter.
451. L'usage des diurétiques dans l'asystolie cardiaque par exemple n'est pas sans réclamer quelques réserves. Il est en effet des diurétiques qui agissent en élevant le chiffre de la tension artérielle, en augmentant par conséquent les résistances que la circulation offre au centre cardiaque; ce sont surtout les diurétiques végétaux, tels que la scille et ' la digitale, qui agissent ainsi, surtout quand on en élève trop la dose. D'autres appartiennent aux névro-musculaires et peuvent, selon le dosage, agir à titre d'excitants, mais bien facilement aussi dépasser celte mesure et devenir ce qu'ils sont plus communément, des paralyso-moteurs. Ce sont le curare et la fève de Calabar, qu'on n'emploie jamais dans cette circonstance, pas plus que l'aconit, qui est cependant un bon diurétique; c'est encore la digitale. Le nitre qui est peut-ûtre à tort employé, bien qu'il le soit si souvent, et qui est un excitant à dose légère, comme tous les sels de potasse, devient bien vite, à dose plus élevée, un agent de paralysie musculaire et cardiaque par conséquent. On conçoit avec quelle prudence il faudra manier de tels médicaments, pour ne pas remplacer la diurèse par de l'anurie, et ne rien ajouter à la débilité cardiaque.
452. 11 n'en est plus de môme des diurétiques que l'on a nommés dialyliques (Sée, Rabuteau). L'alcool, par exemple, a été reconnu capable d'éliminer des urines six à huit fois plus abondantes que ne ferait une égale quantité d'eau; et l'action diurétique augmente avec la dose absorbée. Le vin blanc, le café, sont encore des plus actifs en ce sens. Les essences de térébenthine, de copahu, d'eucalyptus, viennent ensuite. Les carbonates alcalins, ceux à base de soude surtout, pourraient encore être utiles. Et parmi les végétaux, nous pouvons relever l'hydrocotyle asiatica, la pariétaire, la bourrache, le genêt, le genièvre (Bouchardat), l'asperge et l'urée. Enfin il y a le régime lacté, que ses effets diurétiques pourront recommander encore.
453. Après tous les agents susceptibles de diminuer les résistances que les circulations opposent au cours du sang, viennent tous ceux qui sont capables de le faciliter, en augmentant l'impulsion cardiaque.
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454. Le régime ici n'est pas sans importance; c'est une sorte d'entraînement du cœur que l'on veut provoquer, et on n'y arrive que par un entraînement du système musculaire tout entier (cutrophie de Legrou.v, Campana). On prescrira les aliments qui, sous- un petit volume, renferment une quantité considérable de matières alibiles; le régime Ionique, en un mot, autant que l'estomac le pourra supporter d'ailleurs. Il y a souvent plus d'avantage à donner un régime doux mais facilement digestible, même la diète lactée. On en peut dire autant de l'exercice musculaire : j'ai vu des malades, au début de l'asthénie cardiaque, rétablir l'équilibre dans les fonctions du cœur, en prolongeant suffisamment le repos au lit (lo et même 20 heures de lit sur 24). La régularité dans les exercices et les occupations serait aussi des plus favorables dans ces cas, si j'en crois les nombreux failsque j'ai observés dans les maisons religieuses.
455. ^ La médication tonique et eupep tique trouvera son indication dans la fréquence avec laquelle on voit s'altérer la nutrition en même temps que la force du cœur.
456. Parmi les agents médicamenteux susceptibles de relever l'activité cardiaque, les stimulants généraux sont en première ligne. Senac, qui a fort bien indiqué toutes les médicationsque peuvent réclamer les affections du cœur place dans la septième classe, les toniques de l'innervation cardiaque. Les auteurs anglais, Stokes en particulier, préoccupes du dynamisme du cœur plus encore que de son intégrité anatomique, ont traité avec complaisance des agents et des procédés qui peuvent répondre à cette indication. Les mfusions, et surtout les infusions chaudes, d'ombellirères aromatiques et résineuses, ou de labiées, de crucitères e de composées analogues, ou encore les huiles esseni.eiies de ces mêmes plantes, tels sont les premiers et les plus simples parmi les excitants, et s'ils ne possèdent pas d action spéciale sur l'innervation organique, il n'eu e^t pas moms bien établi qu'ils agissent sur elle, soit i.rimitivemenl, soit secondairement; il suffit, pour s'en convain-
w<f î '°'"^!'' '^''^ "^«^"'-^^ avant et
apiôs leur administration.
fi.^r'i°?-'-'ji'"'' I^eaucoup plus efficaces seront les agonis dont j ai déjà relevé l'utilité en montrant comment,
par dialyse, ils amènent une diurèse facile et abondante. L'alcool est au premier rang; toutes les formes sous lesquelles on peut le prescrire, vin, punch, liqueurs, etc., sont employées, surtout en Angleterre, où il forme la base du traitement de toutes les débilités cardiaques. Encore faut-il le dispenser avec un peu plus de mesure que nos voisins, si l'on songe, à part toute autre considération, que l'alcool à haute dose, ralentit le mouvement de nutrition et peut mfime entraver plus ou moins l'importante fonction de l'hématose.
Avec l'alcool, il faut noter le café, qui, comme lui, peut augmenter notablement la propulsion cardiaque, qui paraît agir plus directement encore sur le système nerveux, et qui, ainsi que l'alcool, joint à ses propriétés stimulantes de précieuses facultés diurétiques.
458. Enfin, j'arrive au médicament le plus souvent employé dans ces cas, parce qu'il est névro-musculaire et spécialement cardiaque; j'ai nommé la digitale. « A titre de galvanisant des nerfs cardiaques et du système vaso-moteur en général, dit Gubler {Commentaires thérapeutiques), la digitale et la digitaline sont rationnellement indiquées, dans tous les cas où l'atonie paralytique de cet appareil nerveux complexe, constitue le phénomène morbide fondamental, ou bien l'un des éléments importants de l'affection. »
La digilale agit et sur le système nerveux et sur le système musculaire du cœur. L'action complexe qu'on lui reconnaît lient peut-être plus encore à la complexité de l'appareil sur lequel on l'étudié, qu'à l'innuence qu'elle exerce sur cet appareil. La digitale augmente la diurèse et ralentit le pouls. Celui-ci devient quelquefois dédoublé et comme d.crote,ou seulement géminé et môme trigéminé. Elle élève la tension artérielle ; il m'a paru nettement que le chiffre de la tension s'élevait ainsi, d'autant plus que la diurèse était plus tardive. Enfin, elle ralentit les batlements du cœur (opium du cœur de Rouillaud), mais en leur communiquant une régularité et une force nouvelles (quinquina du cœur de Beau). Elle en ramène la force (Lorain) comme si elle le galvanisait (Gubler). On ne voit guère dans l'économie d organes qui, soumis à une influence excitatrice, prennent une plus grande énergie d'action, tout en ralentissant leur acti-
UyPOSTHÉNIE DE l'inNRRVATJON ORGANlQUii. 227
vité; mais nous avons à lenir compte ici des nerfs d'arrêt.
Quand la digitale est donnée à dose légère (5 à 20 cenlig. de poudre, i millig. de digitaline de HomoUe, 1/4 de millig." de digitaline de Nativelle), elle produit une excitation, dont les effets sur les éléments en question peuvent être les suivants : par son action sur le muscle, elle active sa contractilité; par son action sur le grand sympathique et sur les ganglions auto-moteurs, elle rend la contraction plus énergique; en excitant le pneumo-gaslrique, elle ralentit la contraction; enfin, en excitant le système vaso-moteur, elle fait contracter les vaisseaux et élève la tension vasculaire. Supposez maintenant que l'un quelconque de ces éléments ait pris une impressionnabilité plus grande à l'action du médicament, par le fait d'une idiosyncrasie ou d'une débilité pathologique, et l'on peut expliquer toutes les variations que Ion a observées, dans les résultats obtenus par 1 expérimentation, sur ce sujet difficile et encore quelque peu confus.
A une dose forte et élevée au contraire, la digitale peut donner lieu à de véritables convubions du cœur, soit par exagération de l'excitabilité musculaire, soit par excitation excessive du système moteurganglionnaire, soit qu'elle provoque déjà la paralysie du pneumo-gastrique, le frein de 1 activité cardiaque. Elle tue alors par une paralysie qui se généralise et s'étend au muscle cardiaque et à ses nerfs sympathiques.
L'analyse ainsi établie des effets de la digitale nous permet de juger qu'elle répond bien à l'indication qui nous occupe, puisque, sagement administrée, elle peut beaucoup pour relever l'énergie cardiaque affaiblie.
Je ne dis rien des excitants musculaires, tels que l'acide carbonique et l'ergot, qui n'ont guère été employés ici, mais agissent bien mieux sur les circulations capillaires que sur le cœur lui-même.
459. Parmi les névroses cardiaques, beaucoup se compli^ quent de la débilité de cet organe et motivent l'usage des moyens indiqués. Certaines variétés d'angine de poitrine les palpitations des goutteux surtout, motiveront tout particulièrement l'usage de toniques, et des toniques plus ou moins stimulants. ^
460. Quant aux affections organiques du cœur, lorsqu'elles se compliquent d'asystolie, il est rare qu'il n'y ait pas déjà un commencement d'altération organique de la fibre musculaire cardiaque; d'où les aspects de dilatation, d'alrophie simple ou graisseuse, etc. Dans ces cas, il est évident qu'une médication simplement stimulante serait tout à fait insuffisante, et qu'il faudra avoir recours aux réparateurs les plus efficaces, aux toniques fixes les plus énergiques. La stimulation devra se mesurer avec prudence, si l'on ne veut, en provoquant une activité que ne comporte plus la substance musculaire, aggraver au lieu de la suspendre la dégénération qui s'en est emparée.
A ce titre encore, l'alcool est hautement préconisé en Angleterre. L'arsenic, qui est susceptible de manifester quelque influence sédative sur le cœur (Bouley et Reynal), possède surtout une action altérante capable de provoquer une sorte d'entraînement, et par conséquent de relever beaucoup la nutrition du cœur avec celle des autres muscles.
Enfin, je dois signaler les mercuriaux et en particulier le calomel largement prescrits en Angleterre (Stokes) et beaucoup moins employés en France.
§ 7. — Paralysies vaso-motrices.
461. Les congestions passives que l'on voit succédera la paialysie des vaso-moteurs, motivent l'usage des excitants de ce département du systi^me nerveux organique. 11 y a ceci de particulier que beaucoup d'actions réflexes dont ce système est le siège, aboutissent à une paralysie, au lieu d'une réaction motrice ; ce qui rapproche le mode d'innervation des capillaires de celui du cœur (Kuss). Les centres de ce système étant surtout groupés dans la partie encéphalique de la moelle, on conçoit combien souvent leurs troubles se lient aux altérations dynamiques ou fonctionnelles du cerveau ou de la moelle allongée (Ludwig, Tiry, Schiff).
Les agents les plus capables de réveiller la tonicité des capillaires sont d'abord les irritants topiques légers. Sous cette influence, soit par le fait d'une irritation directe, soit par le fait d'une transmission réflexe, les capillaires se contractent et chassent plus loin le sang qu'ils renferment. Le
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froid est, pour cela, un des moyens les plus efficaces à employer. La glace peut rendre de grands services, ainsi que l'éleclrisalion et toutes les applications excitantes, directement ou indirectement, comme les irritants proprement dits.
Tous les excitants que nous venons de passer en revue à propos du coeur peuvent agir aussi sur les capillaires. La digilale en particulier est capable de cette influence ; el ce n'est pas un des moindres efl'ets parmi ceu< au moyen desquels elle combat les hypérémies plilegmasiques et la fièvre elle-même. Parmi les excitants du système musculaire, il en est qui modifient très- efficacement les circulations capillaires, surtout en les excitant. C'est, avant tout, l'ergot de seigle. L'influence tonique qu'il possède sur le système vasculaire se traduit par Taugmentalion de tension vasculaire, le ralentissement du pouls et le retrait des capillaires.
L'acide carbonique agit d'une façon analogue, soit qu'on le prenne dans l'eau de seltz artificielle, ou avec les eaux naturelles de Fougues, de Châteldon, de Saint-Galmier, etc. L'excitation que le gaz fuit porter sur le nerf pneumo-gastrique, tout en ralentissant les battements du cœur et les rendant plus énergiques, peut aussi combattre les débilités capillaires. On trouvera encore dans le maniement des solanées vireuses de puissants, moyens de modifier ces circulations en plus ou en moins, selon la dose qu'on aura employée.
linfin, il est évident qu'il faudra s'attachera faire disparaître tous les obstacles qui, se présentant le long de la circulation en retour, sont une cause mécanique et fatale d'obstruction et d'atonie.
§ 8. — Anaphrodisie.
462. L'impuissance génésique, soit par absence de la sensation de besoin, soit par impossibilité de le satisfaire, peut tenir à des affections organiques de la moelle, ou résulter de pertes séminales involontaires. Une émotion vive, une préoccupation exagérée peuvent avoir le môme effet, en déplaçant, pour ainsi dire, le pôle de l'activité nerveuse.
Les toniques et les excitants sont recommandés dans ces
cas; les pratiques hydrothérapiques peuvent y élre fort efficaces; l'électricité a des effets plus problématiques. Parmi les médicaments usités on a noté ceux à base de cantharides ou de phosphore; il faut mettre beaucoup de réserve dans l'usage qu'on en fait.
Le régime épicé, l'usage des coquillages, celui d'un vin généreux, peuvent aider à remplir celte indication. Le café a une réputation opposée (liqueur des chapons).
§ 9. — Astliénie menstruelle.
463. On peut rencontrer des hémorrhagics ou des suppressions qui ne sauraient, à elles seules, faire la base d'une indication, parce qu'elles ne sont qu'un des modes de manifestation de l'atonie ou de l'hyperslhénie menstruelles. La chlorose nous présente si souvent cet état morbide qu'elle peut servir de type. Elle nous offre, en outre, la preuve que la faiblesse des sujets n'est nullement en rapport avec la quantité de sang perdue, puisque la faiblesse paraît d'autant plus grande que cette quantilé est plus réduite.
Les agents qui peuvent solliciter la sensibilité de ces parties sont les premiers à employer pour combattre l'asthénie menstruelle : d'abord les pédiluves excitants et les sinapismes que l'on promène sur les membres inférieurs; puis des bains de sic'ge, ou mieux encore, des bains de vapeur bornés à la moitié inférieure du corps. Tels sont, en y joignant l'hydrothérapie, les agents les plus susceptibles de provoquer l'activité nerveuse et congestive, qui prépare et détermine l'évolution menstruelle.
Il faut y joindre les emménagogues, qui sont tous des excitants, plus ou moins doués d'une faculté de détermination spéciale aux fonctions menstruelles. Tels sont la rue, la Sabine, le safran, l'armoise, le carbonate d'ammoniaque, l'élher, la valériane, le castoréura, et en général tous les stimulants énergiques. J'ai vu souvent une lasse de café, un peu de vin de liqueur, produire plus d'effet que bien des remèdes pharmaceutiques. Je passe sous silence les moyens chirurgicaux qui ressortissent à des indications mécaniques : dilatation, hyslérotomie, etc.
IlYrOSTIlÉNIE DE L'INNERY ATION ORGANIQUE. 231
§ 10. — Paralysies des canaux et des sphincters.
464. Tous les excitants du système nerveux et musculaire peuvent cStre mis enjeu, pour combattre ces paralysies périphériques, dont la condition pathogénique peut ûtre une anesthésie, une débilité moirice, ou une lésion des centres.
Les excitants locaux à employer de préférence sont : les excitateurs réflexes déjà étudiés (184-320), et en particulier la strychnine. On sait à quels heureux résultats on est arrivé en employant cet alcaloïde par divers procédés, notamment en injections sous-cutanées. Les solanées vireuses sont plus utilement employées pour combattre les spasmes, que pour combattre la paralysie. En effet, l'anesthésie qu'elles produisent suffit souvent à faire tomber le spasme réflexe, alors que leur eflet excitateur n'a pas encore trouvé à se manifester. Il n'en est pas de même de l'acide carbonique, qui, inhalé dans ces cas, et amené au contact des surfaces douloureuses, garde ses propriétés excifo-mofrices sans abandonner ses faculiés anesthésiques.
Souvent, d'ailleurs, l'indication, double dans son but, qui est de réveiller la sensibilité et le mouvement, se simplifie en ce sens, qu'on peut se borner à adresser, à la sensibilité seulement, des excitations qu'elle transmet par la voie réflexe aux éléments moteurs. Il suffit ainsi d'exciter la sensibilité au voisinage des orifices d'excrétion pour mettre en activité les canaux excréteurs et les éléments sécréteurs eux-mêmes. Par exemple, les excitants de la muqueuse de la bouche provoquent un flux salivaire, ceux de la muqueuse gastro-intestinaie, un flux de la bile du pancréas et des autres glandes annexées à l'intestin, ceux enfin qui excitent la muqueuse génito-urinaire déterminent un flux rénal. Cette faculté peut être utilisée dans le traitement de toutes les obstructions de ces conduits.
La belladone et l'atropine peuvent encore être utiles, par le double effet dont elles sont capables : en calmant la douleur, elles diminuent le spasme réflexe, et en provoquant une certaine contraction modérée des fibres lisses elles favorisent le déplacement et l'expulsion des concrétions cl autres obstacles, causes de l'obstruction. Avec le
chloroforme, la belladone est, dans l'arsenal thérapeutique, le médicament le plus utile contre ce genre d'accidents.
S'il est donné à l'intérieur, le chloroforme, par son action topique, provoque des flux favorables à cette expulsion, en même temps qu'il calme la sensibilité nerveuse et les spasmes qu'elle entraine. L'éther agit de môme ; il est probable que telle est la raison de son efficacité dans le remède connu sous le nom de mixture de Durande; et que ce n'est pas à une dissolution impossible des concrétions biliaires, qu'est due cette efficacité, ce que l'on avait pensé autrefois.
§11.- Algidité.
4:G5.L'alcjidUé, qu'il ne faut pas confondre avec la sensation du froid, est un symptôme commun à certaines fiùvres graves, aux fièvres inlermittentes algides, au sclérème, au choléra, à l'asphyxie prolongée, et aux simples oblitérations artérielles. Que la peau soit pale et syncopée, ou cyanosée comme dans l'asphyxie, il est évident que l'hypos" thénie nerveuse domine, et qu'elle commande tout à la fois à l'inertie vasculaire, à la torpeur nutritive, à la débilité fonctionnelle et au refroidissement, par lesquels elle se manifeste.
Ces divers élémenis de l'algidité disent assez quelles indications elle réclame. Celle qui les domine en les résumant demande la médication excitante. Aussi, depuis les pratiques externes de l'hydrothérapie, de l'enveloppement, de l'aCfusion, de la sudation, les bains excitants, les frictions simples ou irritantes (liniments alcooliques, ammoniacaux et camphrés), les inhalations stimulantes (acide carbonique avec mesure, oxygène, etc.), jusqu'à la chaleur du milieu ambiant, tels sont les premiers moyens à employer contre l'algidité. On y a récemment ajouté les injections sous-cutanées d'élher, dont j'ai pu constater l'efficacité (voy. Adynamie).
Tous les médicaments excitants doivent encore être mis en œuvre (184-320). Ici encore, il y a à préférer les excitants diffusibles, à cause de l'inertie des facultés d'absorption (voy. Ataxic, 305-338-466).
ATA.XIE DE l'innervation ORGANIQUE.