CHAPITRE
INDICATION TIRÉE DE l'ANÉMIE YASCULATRE.
566. L'a7iémie, c'est, à vrai dire, le défaut du sang en nature, ce que signifie encore mieux l'expression à'oligaimie ou de spunémie, c'est en un mot l'insuffisance quantitative du sang; à celle-ci se rattache souvent certaine insuffisance qualitative dite aglobuiie ou oligocythémie, en d'autres termes, l'anémie globulaire, et aussi l'insuffisance des matén-uu solides dissous dans le plasma : hydrémie. Ces types diver.-,
ANÉMIE VASCULAIRE
qui se rapprochent beaucoup les uns des autres, ne sau raient cependant titre confondus, et j'aurai à les distinguer chemin faisant, bien que je les réunisse ici, auprès de celui qui paraît le plus simple, sinon le plus fréquent : je veux dire l'anémie quantitative.
Celle-ci peut encore fitre générale ou partielle, et, dans ce dernier cas, prendre le nom à-ischémie. Le fait élémentaire est toujours le même, c'est-à-dire l'insuffisanre du sancontenu dans les voies vasculaires, bien que le mécanisme par lequel il se produit soit tout spécial.
ART. 1. — DESCniPTIOM DE l'inDICATIO.Y.
- Type élémentaire.
567. Lorsqu'elle se produit dans un organe, l'anémie en diminue e volume, en abaisse la température, en déter mine la pâleur. Puis viennent les troubles fonctionnels don t la physionomie est rarement spéciale. Pour beaucoup d'or-
coZlZ'Z !°"\"^^°^^' P"""'^ l'anémie soit assez complète, le trouble qm en résulte est la suspension des
Z ITrT'''' '1.'-;°"^ ''''''''' '^'-•■--«on de lu mouillé e de la sensibiliié, dans l'organe anémié • mTi. quand l'anémie est légère, la suppression du sa g'quT s! l exci ant normal des fonctions peut provoquer, de a pa de éléments anatomiques, le même mode de r action que SI 1 on avait affaire à une stimulation exagérée à de la cnn gestion par exemple (140). ' ^
S'il en est ainsi pour ce qui regarde l'activité fonction nelle des organes, il n'en est plus de mêoie IrceZ regarde 1 activité nutritive ; celle-ci déchoit tou ours, quand fait d f,mt L, circulation, qui apporte les éléments de la nutrition et emporte ceux de la dénutrition.
Ces eiïels changent d'ailleurs, selon l'intensité de V.nS mie, qui peut varier depuis la simple dimi ul on de l'a sanguin, jusqu'à sa suppression totale ^
laires'aû;q::Sdi:sTHe'.?°""^°^ ^^^-nsingulier ri ^tre c'eînr;"'' '^P'^ sente à plusieurs lit es T^''^'""* ^« P^é-
pour se réfugier dans d'autres, et élever la tension dans ces dernières ou dans l'ensemble du système ; la congestion peut se produire encoi'e comme phénomène de réaction, par un changement survenant dans l'état dynamique des vaisseaux : telle est la dilalalion active des vaisseaux, telle est encore la dilatation paralytique que l'on observe après le spaeme. Dans ce dernier cas, la congestion succède à l'anémie et la remplace, dans le point qu'elle occupait d'abord. 11 peut donc y avoir, entre ces deux faits antagonistes, relation de succession et relation de compensation, et l'on comprend quelle difficulté cette relation doit créer à la Ihét apeutique de l'anémie.
J'ai indiqué les perturbations nerveuses que peut provoquer l'anémie: phénomènes d'excitation parfois, et plus souvent phénomènes de dépression ; les troubles nutritifs seront de même nature, mais caractérisés plus exclusivement par rabaissement du taux de l'activité normale. De,là la possibilité d'une véritable déchéance nutritive dont l'atrophie, le ramollissement, la dégénérescence graisseuse et môme la mortification peuvent être les suites, selon le degré et selon la durée de l'anémie. En tous cas, un certain degré d'anhématosie en est la conséquence nécessaire.
569. Le siège de l'anémie ou de la congestion ne saurait Être exclusivement attribué aux systèmes capillaires, bien qu'en réalité il en soit le plus souvent ainsi. Le système artériel et aussi le système veineux peuvent s'anémier ; ce que l'on voit plus souvent encore, c'est que les gros vaisseaux de l'un et de l'autre système se congestionnent, tandis que restent anémiés les systèmes capillaires qui leur correspondent.
§ 2. — Pathogénie.
570. L'anémie peut tenir à l'insuffisance de l'amux du sang dans les parties anémiées (anémie proprement dite ou passive) ou bien au refus que les capillaires opposent à l'ondée sanguine qui se présente à eux (anémie active); telle est le plus souvent l'ischémie.
Quand elle tient au trouble môme de la circulation capillaire, elle peut reconnaître plusieurs mécanismes : le plus simple est une altération par obstruction, par corapres-
ANÉMIE VASCULAIRB. 2j,j
sion, e{ même par atrophie des capillaires ; ou encore par le spasme de ces mômes vaisseaux. Le spasme des capillaires se prodmt facilement sous l'influence des excitants les plus divers, du froid en particulier. Ce spasme peut encore se produire d une manière indirecte et par action réflexe, sous 1 influence d une impression venue du dehors, que celle-ci porte d ailleurs sur le système cérébral ou sur le système spinal, ou plus directement sur le système sympathique.
vtve T""^" P''^ douleur
V ve a la périphérie, un coup à l'épigastre atteignant le plexus solaire peuvent avoir le môme elfet
L'influence que les nerfs vaso-moteurs exercent sur la circulation, commande d'admettre toute une classe d'ané-
ZticTZ''' ^«"^^ — -0 excit^on va^o-
motrice, réflexe ou directe, à côté de celles qui peuvent
irmL:t"(:rd:zTr ^ «'--fdir
cuf7tfnnf !''"'n'"'^'^'"'^'"'' ^'^'^ '^""'^^ des diverses cir-
âhaZ aTy'\^ '"'"^^^ ^"'-''"^ de territoires dislincls, qui peuvent s'anémier isolément, et dans lesquels lan m.e se produit môme souvent en un ^oint, pa le fa de a congestion exagérée d'autres poinis corr s'en ant
le ds n ZTrT''' ''""'T i-"P'-"g"e,qui,pendan le irisson de la fièvre, coïncide avec la congestion dP. v;« çères: telles sont les anémies et les congSnTd n les' hy énques nous offrent les types si capricieux; tell rrXi'd^ '''' ^-^^ -"i^'ion hï 572. Parmi les agents extérieurs, la pesanteur P.f „n
ïlmosphère viciée on in«,,m.? ''""Mo^e, comme une =ondi,Lr,:r^t atZ,^"^^ les
d'un épanchemenl, toutes ces conditions provoquent l'anémie. Toutefois, il n'en est pas pour cela de plus efficace que l'hémorrhagie (voy. ce mot).
573. Les agents pathogénétiques les plus capables de provoquer l'anémie sont, après les hémorrhagios et l'inanition, la pesanteur, le froid, qui est d'un si fréquent usage dans la thérapeutique des congestions, l'électricité dont on ne connaît guère que des ell'els obtenus dans le laboratoire, relativement à la congestion et à l'anémie; enfin, toutes les substances astringentes et même les simples excitants.
Le rôle tout spécial que joue rergotine,et, après elle, l'acide carbonique, le sulfate de quinine et la belladone, sur les fibres musculaires lisses, en font des agents d'anémie (320 à 325).
La convalescence, les diathèses et les intoxications sont encore des causes d'anémie, et la source d'indications étiologiques diverses.
ART. II. — INDICATION THÉRAPEUTIQUE
574. 11 y a une indication qui relève de l'anémie, de même qu'il y en a une qui relève de la congestion ; elle | consiste à augmenter l'afflux sanguin dans la région anémiée, soit en faisant disparaître les obstacles qui peuvent s'opposer à la circulation, soit en provoquant un appel au j cours du sang, soit encore en excitant l'activité fonctionnelle f des organes, soit enfin en modifiant lacrase du liquide sanguin lui-mâme, dans ses parties solides, ou dans ses par- ^ ties liquides, ou dans sa totalité.
11 est même une remarque générale îI faire ici, c'est que la plupart des moyens employés pour combattre l'anémie, à part quelques procédés chirurgicaux, tels que la cornpression et la transfusion, ne sont guère que des reconstituants de la crase sanguine et de la nutrition en général. Tout au plus fait-on, à côté de cela, une petite place aux agents susceptibles de dilater, soit activement, soit par paralysie, le système capillaire.
§ 1".— Moyens hygiéniques. • 575, La première indication consiste à fournir au sang
ANÉMIK VASCULAIKK.
. e( à ses hématies, les malériaux d'une abondante inulliplication, qui facilitent l'hémopoièse, et ceux de l'oxygénation qui facilitent l'hématose. Le régime alimentaire reconstituant (182-435) et le séjour dans une atmosphère suflisarcment oxygénée et ensoleillée, sont les premiers ;soins à prendre par l'anémique.
De ces agents, qui appartiennent au milieu occupé parle malade, il faut encore mesurer la qualité et la dose. Un air trop oxygéné, de même qu'un régime trop plantureux, peut, en fatiguant les premières voies, diminuer l'absorption et contrarier l'effet que I on rccherche.Aussi, devra-t-on mettre, dans leur usage, une réserve dont l'allernance permettra de reconnaître l'utilité et d'apprécier la mesure. A cetle question de régime, se rattache celle du sommeil, qu'il faut rechercher dans l'anémie, comme triple moyen de restauration, en ce qu'il facilite les fonctions d'assimilation, suspend ou ralentit les pertes, et aide A une répartition régulière du liquide sanguin.
576. Ces moyens ont encore un autre effet : la plupart ne sont pas seulement des éléments de reconstitution, capables d'entrer dans la réédili cation des éléments anatomiques, ce sont encore des ngents d'excitation, qui, par l'intermédiaire du système nerveux, ou môme directement, portent sur le système vasculaire poui- en activer les fonctions. Tel serait en particulier le fer (Trousseau et Pidoux).' Piorry a montré quel est l'effet des respirations pleines et rapides, sur l'aclivité des circulations capillaires : chacun sait qu'après le repas, la circulation périphérique plus facile répartit partout une chaleur plus vive et une nutrition plus complète.
577. Les agents physiques peuvent avoir sur ces fonctions la plus grande influence : la chaleur qui relâche les capillaires, y favorise la circulation et peut mÔme passer pour un agent de congestion. Llle suflit parfaitement à faire cesser le spasme que cause le froid et l'ischémie qui en résulte.
L'hydrothérapie, si puissante à modifier les circulations capillaires, peut très-bien combadre l'anémie. Les douches chaudes et la douche écossaise y sont très-efficaces. L'électncué, difficilement usitée en cette circonstance, aurait ce-
284 INDICATIONS DES PlîRïURBATIONS VASCULAIRES,
pendant des résultats identiques ; la congestion est un des effets consécutifs, et presque nécessaire, de l'hydrothérapie et de la faradisation.
L'exercice musculaire doit être recommandé dans l'anémie, dans la limite où il peut favoriser la reconstitution des sujets ; il faut tenir compte aussi de l'altitude, puisque nous savons que la congestion des parties déclives est corrélative de l'anémie des parties situées dans un plan supérieur.
Parmi les conditions hygiéniques qui peuvent le mieux faciliter l'hématose, il faut encore noter l'altitude. Un séjour de montagne, dans une vallée élevée, de préférence aux plateaux, peut suffire quelquefois à, rendre à l'hématose toute son activité et à guérir l'anémie.
§ 2. — Médication excitante.
578. TJbi stimulus, ibi fluxus, a-t-on dit autrefois. Sans dire le contraire aujourd'hui, nous avons à distinguer. Bien qu'il y ait dans les vaisseaux des faits de dilatation active, et que la congestion puisse dans ce cas suivre directement l'application de l'excitant, le plus souvent, au contraire, on voit l'excitant produire immédiatement un spasme, auquel ne tarde pas à succéder le relâchement, d'où la congestion consécutive à l'anémie ; c'est ainsi qu'agissent les agents physiques dont je viens de parler.
Toute activité fonctionnelle paraît produire le mûme effet, et déterminer d'emblée un afflux sanguin plus considérable, dans l'appareil qui entre en activité; c'est une sorte d'appel que font les organes à la circulation, une congeslioa active, celle qui est aussi la plus opposée à l'anémie. De là le précepte de mettre au repos l'organe qui se congestionne, et d'imprimer ati contraire une certaine activité à celui qui languit dans l'anémie ; la plupart des excitants fonctionnels, en effet, sont en môme temps des excitants nutritifs, et, par suite, des excitants yasculaires et nerveux.
579. Tous les irritants sont susceptibles de déterminer dans les tissus une congestion, de môme que tous les agents dits paralyso-moteurs. Mais leur dosage est délicat et, si l'on reste au-dessous de l'efTet à obtenir, c'est l'in-
ANÉMIE VASCULAIRE
verse de ce qu'on attendait qui se produit, et l'anémie s'aggrave ; si l'on dépasse cet effet, ce n'est plus d^ la congestion, mais de la stase paralytique que l'on obtient, et une stase qui peut, à la rigueur, aller jusqu'à la mortification.
Aussi, les applications irritantes ne sont-elles employées, le plus souvent, que pour solliciter la circulation, par l'intermédiaire du système nerveux, ou, mieux encore, par l'intermikliaire de la déviation qu'elles imposent à la nutrition des tissus malades.
Il est cependant des agents qui produisent d'emblée des effets congestifs et sont ainsi des médicaments de l'anémie; telle est la chakur, que l'on emploie seule, ou en étuves ou en bains, ou môme combinée avec l'hydrothérapie. L'usage de l'oxygène ou de l'ozone aurait-il de semblables effets? L'opium, dans son mélange complexe, paraît ûtre un agent de congestion, ainsi que la morphine, son premier alcaloïde.
§ 3. — Moyens mécaniques.
580. Dans les cas où il s'agit de rendre à un organe en particulier l'espèce d'équilibre mécanique que fournit toujours la présence d'une certaine quantité de sang dans les capillaires, on peut obtenir ce résultat au moyen de la comfression d'une ou de plusieurs veines, ce qui, gênant la circulation en retour, détermine la stase dans les capillaires correspondants.
Pour remplir le môme but, dans les cas d'hémorrhagie grave, et pour remédier au danger de mort immédiate par anémie, on a proposé et exécuté la transfusion, opération peu facile, qui consiste à faire entrer directement dans le système vasculaire, du sang en nature, ou môme un liquide aqueux innocent, toutprcHà circuler dans les vaisseaux et à exciter les organes en fournissant à leurs échanges nutritifs.
ART. ni. — INDICATIONS MÉDIATES.
581. On peut encore combattre l'anémie en s'attaquant à la contractililé des vaisseaux. L'aconit et la ciguë ont pu
être essayés dans ce but ; le curare pourrait l'Être aussi. Mais les agents à employer surtout, ce seraient les sels métalliques, en particulier le bromure de potassium, et mCme la VL^ralrine.
Ces moyens pourront être souvent utiles, vu la fréquence des cas où l'élément spasmodique joue quelque rôle dans l'anémie. Il est vrai qu'il est en général difficile de s'en rendre compte.
ART. IV. — APPLICATIONS
582. L'anémie entre dans la synthèse pathologique d'un grand nombre d'états morbides et de maladies ; elle y est l'objet d'indications spéciales, souvent méconnues ou négligées, et auxquelles il importe que le médecin sache répondre; ce qui n'empêche pas qu'il doive se préoccuper des indications étiologiques et des conditions auxquelles lient l'anémie, laquelle est le plus souvent secondaire.
§ 1". — Anémie générale.
583. La plupart des indications qui appartiennent à cet état, relèvent du mouvement de la nutrition, bien plus que de l'état de la circulation. Aussi, à part les moyens hygiéniques ci-dessus notés, voit-on que la médication de l'anémie est presque exclusivement basée sur l'usage des reconstituants, que ceux-ci soient simplement des eupepliques, ou des excitants des fonctions de circulation et d'hématose, ou enfin des stimulants de l'échange nutritif qui constitue la réparation des tissus (voy. Troubles 7iulrilifs).
Je n'ai pas à revenir sur ce que j'ai dit de l'efficacité du sommeil à ce sujet.
584. Le fer, un des éléments essentiels des globules, possède tous ces divers modes d'action, à des degrés difl'érenls. Dans le tube digesliT, il est eupeplique,en provoquant un certain degré d'excitation, d'où résulte souvent la constipation, plus rarement la diarrhée, en tous cas, une sécrétion plus active des liquides digestifs, et l'absorption du chyle (Cl. Bernard) ; peut-être l'est-il encore par le rôle qu'il joue vis-à-vis de l'acide sulfhydrique, qu'il sature,
ANÉMIE VASCULAIttE. 2g7
sans lui laisser absorber le fer des aliments (Hannon) II fa vorise la production des hématies et rétablit dans l'économie la tonicité affaiblie du système vasculaire (Richler)enfin, û excite les fonctions végétatives et la force plastiqué de la réparation (Trousseau et Pidoux). L'influence élémen-
ÏÏtdeTui lï î"-
lait de lui 1 anti-anémique par excellence.
laauXil ' f °" est l'espèce à
iThél r''' u "''''^ consécutive
â 1 hemoirhag.e, celle qui est liée à la destruction des elo-
de 1 état chlorotique. Le sang d'un homme ordinaire conte nant plus de 2 grammes de fer, il importe de fournir àTa é paration de cet élément. ^
S85 Les agents plus exclusivement réparateurs M eupeptiques (voy. ces mots) seront mieux aptes à combatt '
re tîles^^ '''' -'^''^ cL^•^umi
/et^^urioni^V""?"^^^^^^' ^""^ faciès à pr' u le ter peut conlnbuer à exagérer ces divers dUrés d'ev citation fonctionnelle. On ne le donnera donc qu'a ec me sure aux sujets prédisposés aux névroses exci afrirp. ? que tourmentent de fortes névralgies on 1 T"" servir chez ceux qui sont susc ;S f fd'e 'rn^rl' f " môme passagères, comme il arrive danfcert ies di^n;;'^ notamment dans la tuberculose; enfin on ! hn ^.'""^ï^^' lument de la thérapeutique de ceux X ip . nifestenl des phénomènes^nflammatoi fs S renchymes, soit mûme à la surfarp Z P^" des raisons analogues, il faudr éX^^^^^^ Z'ZT' T les sujets affectés de maladies du cœ^r
re^\tie\^:r:rrprunr
qu'avec réserve ce médicam ^^^^^';!/^^^-' ^"P^er serait intéressé. Il agirait T , °" "'^^ "''g^ne
contre la congestion ^pltii^eTSîh^^^
587. Les préparations solubles du fer doivent être préférées aux autres, qui n'agissent probablement qu'en se transformant et devennnt partiellement solubles. On emploie le fer et ses oxydes, les seh à base de proloxyde ou de peroxyde, à acide organique ou à acide minéral; il y a même des sels doubles.
H est bien établi aujourd'hui que le fer en nature, introduit dans l'estomac, ne devient utile qu'en s'oxydaut et devenant soluble. La réaction ne s'arrête pas là en gé- ■ néral, et l'oxyde, une fois formé, se salilie ; l'acide cblorhydrique qu'il rencontre dans l'estomac serait l'agent de cette modification (Habuteau) ; avec le fer réduit, le carbonate et le sesquioxyde de fer, cet acide formerait du prolocblorure, sel soluble, absorbable, peu stable toutefois, et, capable de se transformer dans le sang, en donnant à l'hémoglobine le fer qui doit entrer dans sa composition, peut-être même en sollicitant la production d'une plus grande quantité de celte matière essentielle des globules. Le peu de stabilité et la solubilité en général plus facile des protosels, ou sels ferreux nous expliquent la préférence dont ils sont l'objet, en raison de cclto double modification qu'ils doivent subir, dans l'estomac d'abord, pour être absorbés, dans le sang ensuite pour être assimilés. Ils ont enfin cet autre avantage qu'ils ne précipitentpas l'albumine el n'exposent pas le sang à des coagulations, comme le font les sels ferriques ou pcrsels (sels de peroxyde).
588 Les autres sels de fer, tels que l'iodure, donncnl lieu généralement k un dédoublement qui se traduit pur le passage de l'iode dans les urines, et celui du fer dans les matières excrémenlitielles,par les voies biliaires. Quant aux sels à acide organique, souvent considérés comme plus facilement assimilables, il serait à craindre qu ils ne se transformassent en carbonates insolubles, capables de causer des accidents dans les tissus, à titre de corps étrangers ; mieux vaut donc ne pas les prescrire.
589. Il semble enfin que la plupart des sels ae peroxyde ou persels, introduits dans l'économie s y transforment de façon à se retrouver dans le sang à 1 ela de protosels, et le plus souvent à rétatdeprotochloiaires Ma. , selon Liebig, ce serait seulement à l'état de protoxyde que
ANÉMIE VASCULAIHE. 58g
le fer se (ixerail sur les globules, au seia desquels il s'oxyderait encore, pour passer à l'élat de peroxyde.
Quoi qu'il en soit de ces diverses in lerprétalions, les ferrugineux les plus employés sont le prolochlorure, le perchlorure I lodure, les tartrate, citrate, laclale et malate de fer, le lartrate ferrico-polassique, le pyrophosphate de fer, et les
hW r;°f!'"^'r ^«^''"gî^e^ses. pour ce qui est des préparations soiubles. Les insolubles comprennent le fer réduit el la imail le de fer, le carbonate de fer, le sesquioxyde
de mars astringent, l'éthiops martial et le phosphate de fer. fei l'o 1 '^'I "^"""'"^ ^« protochlorure de
puisque c est a cette forme que l'estomac doit amener le fer
ficuîi ''^'^ " ^ ^ dispositionspa :
même V r f '^ ^^^^^ ^«"^er prudemn'ont; souvent
deTencon.rer. r ^^^^^^^ P^"--- combinaisons, avant sorniion T- ''«'«"^^^ '«'«'^re et que reçoit lab-
oZn n f' " '"''^ recommandé de commencer touour. par les préparations insolubles. Peut-être voulait-il par
1er dans les premières voies, elTets qui peuvent en elTet su!'
n4;f -édUalion.
ôyi. 11 a est pas jusqu'au moment de l'administration dn. ferrugineux, qui ne doive êlre l'objet des soins du m d e „
Jue sont r"r^ "P"' ^'"-^ Sécrétions gastd-
on p^^s'r h ' ' 2' agentsquisont soiubles
ont le plu. de chances d'être absorbés. Quant aux orém,-, ons insolubles, c'est au moment même du r pas nu' l^L: les prescrire, afin qu^elles soient moins irri anî s nolî L muqueuse gasirique, et qu'elles soient plurfac ement i' taquées par les acides qu'elles y renconfre, t a ô s
•7ue je viens d'indiqué- '"'^ ^^ë^'''
FEnRAND. - Thérapeutique. ,7
592. On a eu l'idée de prendre le fer dans le sang même des animaux et de l'administrer sous celle forme, qui semble rationnellement devoir Otreplus facilement assimilable. On a fait boire aux malades du sang récemment recueilli de la saignée des animaux. On a employé l'extrait de sang de bœuf (Maulhner) ; on a mOme tout récemment préconisé l'usage de Vhémntine, qui n'est autre chose que le fer incorporé à la matière colorante des globules rouges du sang. Ces tentatives n'ont pas donné les résultats qu'on en pouvait attendre; peut-âlre n'ont-elles pas encore dit leur dernier mot.
593. On a proposé comme succédané du fer, et par ce motif qu'il entre aussi dans la composition des globules, le manganèse, dont le rôle serait l'analogue de celui du fer, mais avec beaucoup moins de puissance et d'efficacité (Vafi den Corput, Hamon, Pélrequin). C'est un agent de l'intervention duquel on peut se passer, mais qui peut aussi parfois seconder utilement l'influence du fer.
Tous les agents susceptibles de relever le mouvement de nutrition, l'oxygène, les hypopliosphiles et les chlorures, administrés à la dose hygiénique, ainsi que l'arsenic, sont employés encore avantageusement dans les anémies rebelles, et surtout dans les formes syraplomaliques {voj. Troubles 7iutritifs).
Avec l'aérothérapie nous avons encore à noter l'hydrothérapie, les bains de mer et tous les agents de la médication excitante, y compris l'exercice musculaire.
594. Dans les cas extriîmes où l'urgence est flagrante, il ne faut pas se priver des puissantes ressources que nous offre la transfusion, opération qui a réussi quarante fois sur cinquante-sept, entre les mains de G. Braun. Elle consiste à injecter directement, dans les veines du malade, du sang pris sur un homme sain. Des appareils ont été inventés pour que l'opération fût aussi directe que possible, et pour éviter au sang le contact de l'air et du milieu extérieur.
§ 2. — Anémie cérébrale et nerveuse ; syncope proprement dite.
595. Il y a, entre l'anémie cérébrale ella suspension d'ac- Uon du cerveau, une connexité telle, que ces deux actes élé-
ANÉMIE VASCULAIRE
menfaires peuvent jouer réciproquement vis-à-vis l'un de j l'autre le rôle de cause et celui d'effet. J'ai parlé des cas I dans lesquels c'est la suspension nerveuse qui commence et détermine l'indication (196) ; il rae resie à dire ce qu'il faut faire quand c'est le système vasculaire qui est le premier en cause et le ^ang qui fait défaut à l'aclivité cérébrale : c'esl-à-dire dans la syncope des auteurs modernes. Les expériences de Piorry nous enseignent qu'il faut I d'abord faciliter l'afflux sanguin vers la téte, en tenant le , malade dans la position horizontale, et lui faisant éviter, ] en tous cas, de soulever la tête. Il faut encore délier ou cou- I partout vêtement un peu serré autour du cou et du tronc. On peut, au contraire, surtout en cas d'hémorrhagie, faire, sur les membres, de fortes ligatures, qui compriment les artères et refoulent vers les centres le sang qui lendversles extrémités. Au cou, la compression devrait porter sur les veines jugulaires et s'attacher cl laisser libres les carotides, si cette opération pouvait être facilement réalisée ; encore faut-il savoir, cependant, que la stase veineuse du sang est bien moins efficace que l'afflux artériel, pour combattre les effets de l'anémie.
Dans les hémorrhagies graves, c'est généralement d'a- ' prés l'intensité des troubles cérébraux, révélant le degré ' de l'anémie cérébrale, que se mesure l'opportunité de la i transfusion.
596. A côté des agents hygiéniques qui peuvent faciliter I l'aftlux du sang vers la tète, il faut noter les agents médicamenteux qui peuvent produire le môme résultat. Les paralyso-moteurs déjà cités peuvent Être essayés à cet effet, aussi bien que les m(^dicamenls dits vasculaires. Il est bon de remarquer, loulefois, que l'effet excito-moteur et l'anémie qui en résulte, devant se produire à une phase ou à un degré déterminé de l'administration de ces médicaments, il sera fort difticile de les prescrire dans l'anémie du cer- :veau, avec la certitude qu'ils n'apporteront à ce trouble morbide aucun accroissement.
597. Il sera plus sûr d'employer des agents notoirement ^connus pour la congestion qu'ils provoquent dans l'encéphale ; tels sont, par exemple, les narcotiques en général et l'opium en particulier. Du reste, tous les agents susceptibles
2!>2 INDICATIONS DES PIÎRTUttBATlONS VASCULAlhliS.
de causer le sommeil, depuis les hypnotiques simples jusqu'aux anesthésiques complets, tous ces agents sont susceptibles d'amener, à un moment donné, de la congestion du cerveau. Le sommeil n'est pas lié nécessairement à la congestion de l'encéphale, le repos fonctionnel qui en est la condition essentielle s'accommode au contraire d'un certain degré d'anémie ; mais, quand le sommeil devient profond, il coïncide en général avec la congestion du cerveau f 195-535). Aussi, y a-t-il tout avantage à laisser sommeiller longtemps les anémiques, les convalescents, les gens affaiblis, CL'UX-là surtout chez lesquels la syncope se produit fucileraent, par le défaut de la circulation cérébrale.
598. Il est évident que, si l'anémie cérébrale tient à une suspension ou à une débilité de l'action du cœur, c'est à cet organe qu'il faut demander l'indication à remplir (448- 456). Si elle tient à une hémorrhagie, le traitement redevient celui de l'anémie en général (583).
C'est pour le système nerveux surtout, et pour le cerveau, qu'est exacte la relation qui unit l'excitation fonctionnelle à l'excitation nutritive et vasculaire. De là l'usage que l'on fait, dans les cas de lipothymie par anémie nerveuse, des excitants du cerveau et de l'innervation (184-428).
Quant aux anémies partielles du cerveau, les indications auxquelles elles donnent lieu varient selon que l'on a affaire à la forme lente et sénile qui aboutit au ramollissement chronique, ou à la forme apoplectique (voy. ces mots).
599. La stimulation fonctionnelle modérée est encore le seul moyen, tout imparfait qu'il est, que nous ayons de provoquer la formation d'une circulation collatérale, pour suppléer à l'ischémie. Encore faut-il, pour cela, qu'il n'y ait pas de phénomènes d'irritation (céphalalgie, contractures, etc.), qui seraient une contre-indication à l'emploi de ces moyens. On trouvera plus loin ce qui appartient dans ces cas à l'indication palhogénique ou étlologique.
600. Nous n'avons guère que des données expérimentales sur l'anémie de la moelle, et sur les agents capables de provoquer ou de combattre cette anémie (Brown-Séquard). Les phénomènes de paraplégie auxquels elle peut donner lieusont passibles d'abord des excitants de l'innervation excilomolrice (320). Quant aux agents vasculaires conseillés par
ANÉMIE VASCULAIRE, 293
Brown-Séquard, la strychnine et la belladone, leur efflcacité clinique reste fort douteuse, d'autant plus qu'ils n'ont aucune spécialité d'action sur la vascularisation spinale en particulier.
11 me reste à dire un mot des accidents que l'on a décrits sous le nom de syncope locale (Raynaud), et qui sont caractérisés par la suppression de la circulation dans les points malades. La différence qui sépare ces accidents de la syncope proprement dite, c'est que celle-ci est caractérisée par une suspension de fonction, sans trouble grave de la nutrition; la syncope locale, au contraire, comporterait déjà une lésion de nutrition, bien proche de la gangrène, à laquelle elle aboutit. Aussi, est-ce parmi les excitants de la nulrition que l'on a cherché les moyens de la combattre. Aération, oxygène, caléfaction, etc., tels sont les moyens locaux que l'on a surtout employés dans ce but (voy. Troubles nutritifs).
§ 3. — Anémies viscérales.
601. Je n'entrerai pas dans le détail de ces diverses anémies, qui, le plus souvent méconnues pendant la vie et généralement consécutives, n'ont qu'une importance secondaire. — On peut distinguer toutefois, comme pour la congestion, l'anémie des muqueuses, de l'anémie des parenchymes viscéraux.
^ I/anémie des muqueuses ne pourrait guère motiver que l'emploi des substances excitantes, capables d'action topique, soi! au contact direct, soit, ce qui arrive encore plus souvent, au contact indirect, au moment de l'élimination.
L'anémie viscérale, celle du foie, par exemple, ou'celle des reins, ne comportent pas non plus d'autre indication • cependant on peut alors utiliser l'action des médicaments vasculaires et favoriser la circulation dans un point aux dépens des autres. '
Mais le véritable slimulant de la circulation viscérale c'est l'excitation fonctionnelle, lîn stimulant la sécrélion biliaire, on appelle la congestion du foie; et il en est ainsi de tous les viscères. Ajoutons toutefois que ce résultat ne se produit qu'autant que l'activité normale de l'organe n'est pas épui.^ée par Texcilant, sans quoi l'on s'expose i arriver a un résultat opposé.
§ 4. — Anémie utérine.
603. L'anémié utérine, autrement dit, l'aménorrhée par anémie, est un accident si fréquent qu'il mérite de nous arrêter. On le combat au moyen des emménagogues, qui sont pour la plupart des excitants et en particulier des excitants de la circulation.
On s'efforce d'appeler la fluxion sanguine vers les organes pelviens, en faisant des applications irritantes ou môme des émissions sanguines légères (pédiluves, sinapismes, sangsues, aux membres inférieurs; fumigations humides ou sèches, bains de vapeur delà moitié inférieure du corps, hydrothérapie, etc.). J'ai souvent employé avec succès les lavements belladones (5 à iO gouttes de teint, dans 1/4 lavement). Enfin, citons les préparations de rue, de sabine, d'armoise, etc. (voy. Hyposthénie menstruelle, 463).