‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 96 sur 132 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

INDICATIONS TIRÉES DE L'aTROI'UIE.

932. La diminution tle l'activité nutritive se traduit par des processus divers: ou bien les éléments anatomiques oma^e aflumés, diminuent de volume et tendent à dl'a: lailre (alrophie simple), ou bien ces éléments se translbrment en des types inférieurs d'organisation, avant de se

de tissu, Il y a, dans chaque tissu, l'atrophie de la cellule e de la substance intercellulaire ; le processus varie s lo qu .1 débalo par l'un ou par l'aulre ; mais comme 'u entraîne l'autre, en général, on arrive toujours Tu m me résultat; dans la cellule elle-même, l'ordre de disnadtion va du contenu, au noynu, puis à l'em-eloppe '^^P""'"^"

AN ec 1 alrophie on compte comme altérations m,,' rapportent les infiltrations séreuse et aZml

grène), qui s'éliminent, ou se moraifientj en s'i;iflUrant de produits anorganiques.

ART. 1°'. — DESCRIPTION DE l'inDICATION.

§ 1". — Type élémentaire.

933. Ceci posé, on comprend que l'atrophie se caractérise par la diminution de volume de l'organe atrophié. La multiplicité des granulations semble être le premier terme du plus grand nombre des atrophies; souvent môme, c'est tout un nouveau tissu qui se forme dans les interstices des éléments propres au tissu primitif, pour dégénérer aussitôt, tant son aciivilé nutritive est misérable ; ou bien c'est la graisse, c'est l'amyloïde, c'est la granulation pigmentaire, ce sont des sels minéraux, cristallisés ou amorphes, qui viennent prendre la place du tissu sain.

La lésion peut aller ainsi depuis le simple amaigrissemen I, jusqu'à la disparition totale de l'organe. Débutant, en général, par le tissu commun, l'atrophie ne tarde pas à s'étendre aux éléments anatomiques spéciaux, et à les altérer, à les transformer, avant de les faire disparaître.

934. On conçoit combien une semblable lésion de la nutrition doit entraver l'activité fonctionnelle, et quelles conséquences graves elle peut avoir, pour peu qu'elle occupe un appareil organique de quelque importance. Mais, outre cela, la circulation s'appauvrit de plus en plus dans cet appareil, l'innervation y languit, et, qu'elle soit cause ou effet, la disparition de ces deux éléments vasculaire et nerveuv est un des premiers phénomènes de l'atrophie.

935. L'alrophie est liée, le plus souvent, à une vascularisation insuftisanle, et surtout à un défaut dans l'apport du sang artériel. La suspension de l'inQuence nerveuse y pourrait avoir aussi sa part, bien que les nerfs Irophiqucs ne soient guère considérés, par ceux-là même qui les admettent, que comme un appareil de perfectionnement, dont le travail nulrilif peut à la rigueur se passer. Elle se lie encore aux autres troubles de nutrition, notamment à l'hyperplasie, à laquelle elle succède souvent, soit que l'élément produit avec excès étouffe ses voisins, soit que ce •

ATHOl'HIE. /, /,3

mtîine élément, doué d'une organisation imparfaite, entre en dégénération et en atrophie, peu après sa formation (cirrhoses atrophicjues) et entraîne avec lui le tissu spécial dans son mouvement régressif.

§ 2. — Pathogénie.

936. Ceci nous fait comprendre comment l'atrophie tient souvent à l'anémie ou plutôt à l'ischémie, comment elle peut tenir à une pcrturhation nerveuse (Schiffj, comment enfin elle tient plus immédiatement encore à l'action propre de la cellule vivante. Ce dernier fait apparaît clairement dans l'atrophie sénile, qui peut ne pas reconnaître d'autre cause. La compression a les mômes effets, pour les mêmes motifs. C'est encore ainsi qu'agissent les affections sepliquos graves (f. jaune, f. typhoïde) et beaucoup d'altérations toxiques du sang (phosphore, plomb et altérants divers).

Il est remarquable que les altérants les plus actifs sont tous des agents qui, donnés à dose légère, hâtent le mouvement nutritif, à dose plus élevée le modèrent, et à dose toxique le suspendent, si bien qu'ils provoquent des atrophies avec dégénérescence (Kerrand) (905).

La suspension fonctionnelle, l'immobilité favorisent l'atrophie pour des motifs inverses à ceux qui font que l'activité et le mouvement provoquent l'hypertrophie (892).

937. Enfin, il est certain que l'atrophie peut venir d'un excès de la dénutrition des tissus, ou d'un défaut dans la réparation de ces mûmes éléments. Or, on peut dire (Sarazin) que SI les éléments diminuent de volume sans changer dé nature, c'est que l'atrophie lient ou à un défaut de rassimilation ou à un excès de la désassimilalion ; si les éléments dégénèrent en s'atrophiani, c'est que l'arrêt de nutrition porte à la fois sur l'entrée et sur la sortie des produits qui ks dimentenl, et sur le travail intime qui réunit l'une à

Aussi les dépenses excessives de l'économie, fatigues excès, pertes humorales, sont-elles doublement des cause^ efficientes e l'atrophie, et par la soustraction de forces et d éléments qu'elles réaliseni, et par la débilité danTl , quelle elles laissent l'activité n ilriiive

ART. II. — INDICATION THÉRAPEUTIQUE

938. La plupart des indications fournies par l'état atrophiqiie se tirent de son étiologie et de sa palhogénie. Mais il reconnaît aussi des indications propres; elles sont Tinverse de celles que reconnaît l'hypertrophie.

L'atrophie étant un commencement de mort, les indications qui lui appartiennent, conviennent aussi, pour la plupart, à la nécrose élémentaire et à la gangrène des organes; avec cette diflérence toutefois, que la nécrose et la gangrène étant une mort confirmée, l'indication n'a plus cà se préoccuper des éléments qui en ont été atteints, mais seulement de ceux qui les avoisinent.

§ 1". — Moyens hygiéniques.

939. Le régime est le moyen le plus approprié pour lutter contre l'atrophie simple générale : il consiste à restreindre la dépense des organes et à, en favoriser la réparation.

On se rappellera qu'un exercice musculaire modéré, qu'une activité fonctionnelle mesurée, si elle entraîne quelque dépense, si elle précipite les combustions en activant l'hématose, a cependant une grande puissance pour solliciter la réparation et donner l'essor à l'assimilation, que l'inertie tend à suspendre.

Le régime alimentaire sera riche, abondamment réparateur, surtout facilement digestible et assimilable. Il sera important de le composer selon la dépense à laquelle il doit particulièrement répondre : c'est ainsi qu'au coureur on prescrit une diète plus stimulante que plastique, au lutteur une diète plastique, pour cultiver davantage chez le premier le ressort nerveux, chez le second la puissance musculaire. Ce sont, au contraire, les aliments gras que l'on ordonne aux émaciés.

940. Il faut se rappeler cependant que cette influence du régime a ses limites, et que le résultat ne répond pas toujours à ce qu'on en attend.

11 est, dans le règne animal, dos races qui sont propices à l'engraissement, d'autres chez lesquelles on peut considéra-

blemenl développer le système musculaire, aux dépens môme du système osseux; il en est d'autres qui résistent à l'enlraînement et qui dépérissent plutôt que de se modifier ainsi. De môme dans Thumanité, il est des sujets rebelles aux pratiques de l'hygiène, chez lesquels le régime engraissant porte aux dégéncrations ; chez d'autres, le régime stimulant épuise l'excitabilité nerveuse; chez d'autres, enfin, le régime plastique, le plus innocent en général, peut encore élre nuisible, ne fût-ce qu'en fatiguant les premières voies.

La variété et la mesure moyenne sont donc la loi ordinaire du régime hygiénique, et la thérapeutique ne devra s'en écarter, que sur une indication bien déterminée, et dans une mesure qu'une prudenle observation pourra seule établir.

941. II est à cet égard un moyen facile de se rendre compte des etfets obtenus : c'est la pesée, .pratique si utile pour apprécier l'état de nutrition des petits enfants et qu'il faut joindre aux expériences dynamométriques et thermométriques, si l'on veut apprécier l'état de la nutrition en général.

§ 2. — Médication reconstituante.

942. La médication reconstituante a pour objet de fournir aux éléments analomiques et à leurs aptitudes fonctionnelles, les matériaux nécessaires à leur réparation. On peut diviser en deux groupes les agents qu'elle comporte, selon qu'ils agissent en favorisant l'hématose, ou en provoquant la reconstitution plastique des tissus. Les uns et les autres demandent d'ailleurs à être employés dans une certaine mesure, en deçà de laquelle ils sont inefficaces, et au delà de laquelle ils risquent de produire un effet inverse de celui qu'on en altend.

943. L'excitation de l'hématose, lorsqu'elle est poussée trop lum, hate les oxydations et les multiphe, au point de provoquer une exagération de la dénutrition ; et les agents excitateurs de la réparation plastique peuvent arriver aux miimes résultats, c'est-à-dire à des effets qui vont contre le but pour lequel on les emploie.

Les excitateurs de l'hématose sont d'abord l'ovygène oui sans doute, agit dans le .^ang, sur les hématies {\. Asphyu^ie),

aussi, et plus encore, sur les tissus, auxquels les hémalics sont chargées de 1 apporlcr. Sous l'influence des inhalations d'oxygène, l'hématocausie devient plus active, le besoin do respirer moins fréquent, et, si l'on élève la dose du gaz inhalé, on voit s'accroître les dépenses organiques (Gubler). A dose moyenne, l'oxygène rend la moelle et les nerfs plus excitables; il réveille aussi l'irritabilité musculaire (Brown- Séquaid), et diminue l'excrétion de l'acide urique (Kolmann), pour augmenter celle de l'urée; el, si l'on en élève la dose, il devient toxique (P. Berl), probablement par épiiisonient de l'excitabilité des éléments.

L'air comprimé a pour effet d'offrir k l'absorption pulmonaire une plus forte dose d'oxygène, et ce peut être là une de ses indications; d'autre part, l'air raréfié, qui facilile l'exhalation d'acide carbonique,' peut, par un mécanisme tout différent, avoir des résultats analogues, c'est-à-dire faciliter l'hématose.

944. Ce que j'ai dit des ferrugineux (584), à propos de la reconstitution des globules sanguins, me dispensera d'y revenir ici, si ce n'est pour ajouter qu'en mullipliant les hématies, ils activent les oxydalions dont elles sont l'agenl. Aussi, pourvu qu'ils soient donnés dans la mesure thérapeutique, tout en activant les combustions, en élevant le chiffre des excrétions de l'urée et de la température, ils augmentent cependant le poids du corps (Ponrowki); ( e qui prouve que l'assimilation l'emporte sur la désassiniilation. Le fer produit d'ailleurs sur l'activité fonctionnelle, le même effet que sur l'activité nutritive ; il augmente donc les forces radicales et les forces agissantes, les pre mières surtout.

Les clilorures jouissent de propriétés analogues. Le chlorure de sodium, qui est un élément important de nos tissus et de nos humeurs, est à ce titre un aliment. A part ses . propriétés eupeptiques, il retarde la coagulation du sang (Hewson) et le rend rutilant ; il augmente le nombre des hématies (Plouvier, Poggiale), mais c'est probablement en les empêchant de se détruire (Voit); aussi, s'il rend les combustions plus actives (Rabuteau), comme il n'augmente pas le poids des sujets (Boussingault), il nécessite une plus abondante alimentation. D'où il suit que, pour peu qu'on

en élève la dose,on s'expose à favoriser la dénutrition, plus encore que l'assimilation, et à déterminer l'alrophie/

Les hypophosphiles agissent de même. Ils ont, de' plus comme le fer, une propriété hématogène, qui leur fait muUipher les globules, au point de produire une pléthore arlifîcielle. Aussi, activent-ils beaucoup les combustions et élùvenl-ils la température, tout en conservant à l'économie les allributs d'un bon équilibre de nutrition.

945. Il nous faut noter encore les phosphales qui, selon Lehmann,eMslcnt en quantité dans les liquides où sié^e une generaliun active d'élémenis analomiques (lymphe plastique, sperme), et que Scbmidt retrouve en grande proportion dans les tissus de formation récente. Boussingault a montré la relation qui les unit, dans la nutrition, aux ma .ères azotées; et prouvé que, danslalimentation insuiasante, 1 économie en rejette plus qu'elle n'en reçoit; celte élimination peut d'ailleurs être entravée par les matières grasses, et peut-être est-ce là le principal motif de Inutilité de Ihuile de foie de morue dans le traitement de la pnthisie.

Tel est encore le rôle des phosphates dans l'anémie, quelle qu en soit la source : dans la phibisie, dans la scrofule en un mol, dans toutes les cachexies, toutes les fois que le' mouvement nutritif semble décheoir, soit par le défaut de lassimilalion, soit par l'excès de la dénuti^tion. Nul doute que la présence du phosphore dans ces sels, et son action sur e système nerveux, n'aient une part importante d us ces lesu tats. Les phosphates les plus employés sont le Phospha e de chaux, qu'il importe de donner soluble - on a proposé de le donner sous forme de lacto-phosphate Vouî en assurer davantage l'assimilation. Ou donne encore le phosphates de soude et de fer, et surtout le p^-opro^rhaf:

De ces sels, i) faut rapprocher la coca, qui active les combustions en les m.squa.il, au point de pLuire facile

'i4 8 INDICATIONS DES TROUBLES DE NUTRITION.

comme beaucoup d'altérants d'ailleurs, à dose légère ou hygiénique, faciliter le mouvement d'apport nutritif, sans on altérer le départ.

946. Après les excitateurs de l'hématose, les reconstituants comprennent d'abord tous les aliments, dont j'ai rappelé les indications spéciales dans le paragraphe précédent (938), tous les eupepliques et les réparateurs proprement dits. L'huile de foie de morue est au premier rang, bien qu'elle soit un aliment de la calorification (Bouchardai); elle est bien aussi un agent de l'assimilation plasmatique; elle augmente les hématies, et détermine l'embonpoint. Il faut, toutefois, en éviter l'excès, qui, à part les accidents qu'il peut produire dans le tube digestif (dyspepsie, purgation), peut altérer la nutrition et favoriser une surcharge graisseuse du foie et des poumons, ainsi que la dégénérescence de divers organes.

Les gelées sont des aliments bien imparfaits, sans doute, mais souvent utiles à cause de la facilité avec laquelle elles sont acceptées par la nutrition. 11 en est de même du bouillon, qui, peu alimentaire, est de la plus facile digeslibilité, à cause de sa richesse en condiments.

La viande crue, le thé de bœuf, le sang en nature, sont, au contraire, des aliments d'une haute puissance de réparation. Il en est de même du phosphate de chaux, qui ne semble pas agir seulement par son phosphore comme les liypophosphites; mais, par lui-môme, à titre d'aliment essentiel à la charpente de l'économie.

§ 3. — Médication anti-dénutritive.

947. A côté des agents qui combattent l'atrophie, en favorisant le mouvement de réparation, je ne puis omettre ceuxqui,s'opposantà la dénutrition des éléments, semblent susceptibles, par un. mécanisme différent, d'un résultat analogue. Or, ces derniers sont moins aptes qu'on pourrait le penser, à combattre l'atrophie ; car ils agissent en altérant le mouvement nutritif dans ce qu'il a de plus intime, et en le frappant de déchéance, au point môme de le transformer en atrophies dégénératives. Aussi, la médication qu'ils constituent n'est-elle bonne à mettre en œuvre, que

ATRUPUIli).

qu.ind le travail nulrilif donne lieu à des déchets excessil's, quand les combustions organiques sont exagérées (V. Altérrtjjis, 905)j mais elle ne saurait convenir, quand il existe un relard ou une débilité dans le mouvement d'échange nulrilif; et ceci est le cas le plus ordinaire dans l'atrophie.

§ 4. — Médication tonique.

948. Aux reconstituants que je viens d'énumérer, il faut joindre les toniques proprement dits, déjà étudiés (182- 425), les Ioniques analeptiques, les toniques fixes et même les Ioniques stimulants (Trousseau et Pidoux), tels que le quinquina et ses succédanés, la gentiane et le Colombo. I. 'arsenic pourra être ulile à la dose où il est réparateur; on peut d'ailleurs le rapprocher, à cet égard, du chlorure de sodium.

§ 5. — Médication stimulante.

949. Celle-ci ne doit être employée qu'avec réserve, afin qu'on ne s'expose pas à dépenser, au profit d'une excilalion fonctionnelle nrlificielle, l'excitabilité qu'il faut réserver A l'activité niitrilive. Celte réserve faite, il y a souvent lieu de combattre l'atrophie par ce moyen.

il est indiqué particulièrement quand l'atrophie porte spécialement sur un organe ou sur un appareil qu'on peut exciter indépendamment des autres (atrophie musculaire atrophie nerveuse). (V. Médicat. excitatrice, 320.)

ART. m. — INDICATIONS MÉDIATES.

950. Inutile de direqu'autant que celasera possible, il faudras'attaquerà là cause de l'atrophie: à la compression, pour la lever; à l'anémie ou à l'ischémie, pour rétablir la circulation; à la suspension de l'innervation, pour la restaurer; à l'immobilité prolongée, pour lui substituer le mouvement ne fût-ce môme que le mouvement passif et communiqué ' A plus forte raison, y aura-t-il lieu de combattre les r-auses générales et indirectes.

ABT. IV, — APPLICATIONS

951 . L'alrophie relève, avant tout, des indications que déterminent ses causes et sa patbogénie; aussi le traitement des atrophies étudié pour chacune en particulier, motive souvent, pour chacune aussi, des indications diverses qu'il nous faut indiquer.

§ 1". — Atrophie sénile.

952. La décrépitude, lorsqu'elle se répand uniformément et graduellement sur tous les éléments à la fois, échappe totalement à l'intervention thérapeutique. Quand elle envahit plus rapidement quelque appareil, on peut en retarder les effets, en y stimulant le travail nutritif. L'indication dominante dans ces cas, c'est de favoriser l'iiématose ; d'où, l'utilité des alcalins à petite dose (chlorure de sodium), et même de l'oxygène en nature (inhalations, bains d'air comprimé ou raréfié, selon les sujets).

Il faut, de plus, employer les reconstituants qui sont d'une digestion et d'une absorption facile. C'est donc surtout une question de régime.

§ 2. — Atrophie simple. Emaciation.

953. Dans ce cas, c'est moins à la médication stimulante, moins aux hématogènes qu'il faut s'adresser, qu'aux reconstituants plastiques et hydrocarbonés. Lorsque cette atrophie porte spécialement sur l'élément adipeux, c'est parle régime hydrocarboné qu'il faut la combattre. L'huile de morue, les aliments gras, les graisses animales, le beurre, et quelques féculents sont;\ prescrire d'abord. Comme boissons, on conseillera les bières, les vins généreux, alcooliques et sucrés.

Le régime animal vient ensuite; on y joindra les toniques fixes ou reconstituants proprement dits : quinquina, fer et hypophosphites.

C'est encore là que l'hygiène doit s'attacher à être favorable. L'exercice musculaire, dans la mesure où il n'est pas épuisant, est utile; il faut éviter, pour la même raison, toutes les causes d'excitation exagérée, celles surtout

qui portent sur le système nerveux central; toute l'activité lies sujets devant être, pour ainsi dire, réservée aux actes niilrilifs (V. Anémie, 583).

§ 3. •— Atrophie cachectique.

954. A la dernière période des maladies constitutionnelles, quand les tissus et les humeurs subissent une sorle d entraînement de dénutrition, que trahissent la fièvre et les diacrises hectiques, toute activité fonctionnelle se traduit par des phénomènes d'épuisement.

Les excitants offriraient le danger d'ajouter encore à ces perlesetd'aggraver la dénutrition. Aussi, faut-il employé contre ces atrophies la méthode reconstituante, les aliments plastiques surtout, de préférence aux hématogènes; et, en conservant les toniques fixes, il faut bannir les toniques s imulants, au moins, ne les employer qu'avec beaucoup de mesure. Les moyens qui conviennent à l'atrophie simple pourront encore servir ici, mais à tous on préférera les toniques astringents (425-720).

On ne s'adressera qu'avec la dernière prudence aux altérants, qui sont susceptibles de ralentir la dénutrition, en abaissant le niveau de l'activité nutritive. Toutefois, il est un agent que 1 on peut doser assez facilement, sans s'exposer à tomber dans cet écueil : c'est l'arsenic. Aussi, est-il appelé a rendre ici, avec l'iode, des services considérables

§ 4. — Atrophio musculaire.

955. Rarement l'atrophie musculaire est simple ou scléreuse; elle est le plus souvent adipeuse. Lorsqu'elle est pnm.tive et due, par exemple, ù un repos prolongé suffira le plus souvent des excitants les plus simples pou rappeler dans les muscles le mouvement nutritif Fd ifons

ZTZ' '^'r^r''}' '''''''' hydrothérapie simple ou avec 1 eau minerahsée, tels sont les moyens qui, unis ?

Le 'ex rn^/ ' 1'""^^, l^^plis u"iles

Les excitants fonctionnels spéciaux viennent ensuite - il« conviennent surtout à l'atrophie progressive ce ^ôl/ In mouvements actifs, l'acupuncture, et f électdsatl "Lt

4 3-2 INDICATIONS DKS ÏKÛUBLICS UK NUTHITION.

disation (Duchemie), ou courant couslant (Remak). (Voyez Électrothérapie.)

L'administration locale des agents convulsivanls n'aurait pas d'effet, et, pour les donner à l'intérieur, on ne saurait le faire sans danger.

956. La médication spécifique est assez souvent indiquée et doit même Être essayée quelquefois, bien que rien ne la justifie nettement ; vu la fréquence de la myosite syphilitique, et comme le traitement antisyphilitique est altérant au premier chef, il n'y aura pas de danger de l'employer en tous cas, à ce titre.

lînfîn, il faut surveiller la circulation des muscles atrophiés ; on sait que leur inerlie permet les stases sanguines dans leur tissu, et qu'il y a lieu de combattre ces stases par le mouvement actif, et, à son défaut, par le mouvement passif. En tous cas on se souviendra que c'est souvent à une atrophie graisseuse que l'on a affaire, et l'on évitera que des altérants trop actifs, une excitation trop puissante, ne provoquent la transformation adipeuse, au lieu de la suspendre.

§ 5. — Atropine du cœur.

957. Qu'il y ait amincissement simple avec dilatation des parois du cœur, dégénérescence graisseuse ou sclérose, soit du cœur, soit d'une de ses cavités, ou môme de quelqu'une de ses valvules, la débilité cardiaque qui en résulte est la source d'une indication déjà formulée plus haut (448).

11 faut non-seulement bannir du régime tout ce qui peut déprimer les forces, mais régler l'existence de telle sorte qu'il y ait activité soutenue, sans effort, même passager. Le régime doit être plastique, et comprendre peu de boissons. Stokes préconise le mercure, dont il ne craint pas les eflets altérants, surtout dans la dilatation ; il ajoute que l'alternance des mercuriaux et des diurétiques rend ces derniers plus efficaces et peut' beaucoup, pour régulariser l'action d'un cœur atrophié.

958. Quand l'altération est confirmée, il ne craint pas de donner le fer, surtout s'il y a anémie, et de donner aussi le vin et l'eau-de-vie, et tous les stimulants difl'usibles : acijtate d'ammoniaque, camphre, etc. Il y a lieu surtout à ne pas

ATKOPHlIi.

supprimer subitement les excitants dont les malades se sont fait un usage habituel (Stokes).

Les compresses froides et l'hydrothérapie locale, pourvu qu'elle ne provoque pas de suflbcation ni de cardialgie, seront des plus utiles.

§ G. ~ Atrophie nerveuse.

959. La déchéance nutritive qui se traduit généralement dans les muscles par la production graisseuse, amène plutôt dans le système nerveux, la sclérose, ou parfois, des infiltrations diverses.

Ces altérations indiquent l'usage des toniques névrosthénique?, qui, en provoquant l'activité fonctionnelle du système nerveux, sont susceptibles d'y relever le niveau de l'acUvilé nutrilive. C'est ainsi que semble agir l'électrisation, et tout particulièrement le courant continu, qui est capable d'une excitation beaucoup moins violente et peut modifier plus avantageusement l'activité nutritive.

Le phosphore, qui joint i ses propriétés réparatrices des tissus nerveux, celles d'un excitant puissant de l'activité de ce système, sera doublement indique dans ce cas, pourvu qu'on ait la prudence de ne l'employer, que quand il n'y a plus à craindre, du processus morbide, un retour à l'acuité. Onledonnegraduellementdet à5 millig.dissousdansl'huile, par exemple (Delpech), et encapsulé. Les strychniques seront beaucoup moins efficaces, mais la térébenthine peut avoir quelque influence.

960. Enfin il y a la médication altérante, dans laquelle le nitrate d'argent possède une spécificité particulière, pour le système nerveux des centres. On Fa donné surtout, dans les lésions atrophiques de la moelle (scléroses diverses), et c'est l'agent qui compte le moins d'insuccès (Charcot). Avec lui on donne encore les iodures à haute dose, et, même sans indication syphilitique, le mercure, en raison de ses propriétés altérantes (Guéneau de Mussy).

Le traitement ayant souvent à combattre, avant l'atrophie les processus qui la préparent (antiphlogistique, décongestif, révulsif, etc.), doit se proposer, à cette période initiale, d'atteindre le tissu commun, dont la transformation scié-

43 4 INDICATIONS DES THOUULIiS DE NUTRITION,

rosique atrophie à son tour l'élément nerveux : de là l'utilité qu'il y a de commencer le traitement parles altérants actifs, lodure de potassium, mercure, et enfin nitrate d'argent', sans omettre l'usage, par intervalles, des excitants du système nerveux, l'éleclricilé, le phosphore, l'hydrothérapie. Les symptômes, d'ailleurs, sont souvent la source d'indications accessoires : bromure de potassium, belladone, opium, chloroforme et dther.

§ 7. — Atrophies viscérales.

961. Le trailement de ces diverses lésions, peu actif en général, comporte toujours comme premier élément d'indication, la provocation, dans une certaine mesure, de l'activité fonctionnelle du viscère en question (cholagogues, diurétiques). 11 faut avant tout songer à modifier les conditions pathogéniques de l'atrophie, soit l'ischémie, soit le défaut d'excitation nerveuse, soit la congesiion, soit l'exsudation plastique. Puis, il ne restera plus pour satisfaire à l'indication que la médication altérante ci-dessus étudiée (905).

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