SELS DE SODIUM ET DE POTASSIUM
tion des liquides organiques, principalement du sang et de la lymphe, et semble avoir une action antitoxique dans certains états morbides.
L'insuffisance des sels de calcium dans l'alimentation, leur nonabsorption ou leur mauvaise utilisation sont des conditions qui favorisent les ramollissements osseux. On sait que le sang- décalcifié reste incoag-ulé, tandis que la coagulabilité reparaît par l'addition de sels de chaux. A. Froin a montré que l'administration de sels de calcium ou de magnésie supprime les crises tétaniques consécutives à l'ablation des parathyroïdes et la cachexie consécutive à l'extirpation des thyroïdes. Il pense que cette action est due à ce que les sels de calcium et de mag'nésium neutralisent l'acide carbonique et facilitent son élimination (.4c. des Se, 14 juin 1909).
En médecine humaine, on a signalé plusieurs cas de g-uérison de la tétanie infantile par l'administration de sels de calcium. Ces sels, administrés à l'intérieur, ont également donné de bons résultats dans diverses alfections cutanées.
Sels de sodium et de potassium.
Sel marin, Sel geinlme.
Ce sel, que tout le monde connaît, a une réaction alcaline ; il est soluble dans 3 parties d'eau, 5 parties de g-lycérine et insoluble dans l'alcool.
Effets physiologiques. — Le chlorure de sodium est an/isepti(/ne ; il prévient la décomposition des matières org-aniques et empêche la pullulation des microbes. C'est son pouvoir antisepti<[ue et son innocuité qui le font employer pour la conservation des denrées alimentaires.
En poudre ou en solution concentrée, ce sel détermine une irrilation et de la douleur sur la peau, les muqueuses et les plaies.
Injectée sous la peau, la solution sd/in'c'e de cJilonirc de sodium provoque l'apparition d'un œdème volumineux, qui, après avoir persisté quelques jours, diminue ensuite, puis disparaît sans laisser de traces.
Ingéré en quantité convenable, le sel marin excite le travail digestif, aug-mente l'appétit ; c'est un des meilleurs eupeptiques.
Dans l'estomac, il favorise la t'ormulion de l'aciiJe chlorhydrique et rend la peptonisation plus rapide et plus complète.
11 se trouve dans toutes les parties de l'organisme et représente à lui seul la moitié des sels contenus dans le corps. Il existe surtout dans les liquides organiques; on n'en trouve que des traces dans les éléments figurés tels que les hématies, les fibres musculaires et les cellules en g-énéral.
Dans le sang- et la lymphe, le chlorure de sodium joue un rôle physique très important; c'est le régulateur de la pression osmotique, il augmente les courants endosmotiques, attire dans les vaisseaux les liquides situés en dehors de leur cavité ; il ag"it, d'après Liebig', comme une pompe aspirante. Les liquides de la digestion contenus dans la cavité intestinale sont attirés dans les vaisseaux par le chlorure de sodium contenu dans le sang- et la lymphe.
En se basant sur ce rôle physique du chlorure de sodium, on peut aussi expliquer les échanges nutritifs qui se font entre les éléments anatomiques et les liquides nourriciers. Les éléments cellulaires produisent dans leur intérieur des produits acides qui s'échappent de leur substance, parce qu'ils sont attirés par le Kquide alcalin et salin qui sert de milieu à ces éléments. La cellule org-anique, pouvant ainsi se débarrasser constamment de ses produits de dénutrition, est toujours en état de fonctionner. La saturation du milieu nutritif ne peut, d'ailleurs, jamais se produire à cause de la circulation qui, en transportant constamment ces produits dans les glandes excrétrices, provoque leur élimination. Il en résulte que la concentration moléculaire du plasma sang-uin se trouve remarquablement fixe.
Toutes les analyses démontrent que le sang- contient toujours sensiblement la même proportion de chlorure de sodium, quelle que soit la quantité ing-érée. Si la dose ing-érée devient trop considérable, il n'y a pas absorption de la totalité du sel, parce que, aussitôt que le liquide intestinal en contient une plus forte proportion que le sang-, il tend à se produire un courant osmotique, qui marche du sang- vers la cavité intestinale (exosmose). Ing-éré à forte dose, le sel marin est purgatif. De plus la soif intervient et fait que les animaux ing-èrent beaucoup d'eau, ce ([ui ramène la concentration à la normale.
Quand on prive les animaux pendant long-temps de chlorure de sodium [(léchloruration). on voit ciuele sang- conserve pourtant, à
peu près, la même proporlion de ce sel. Celui-ci est retenu dans lesunn',il n'est plus éliminé qu'en petite quantité par Icsurines. 11 joue aussi un rôle chimique important, car il sert à former l'acide chlorhydrique du suc gastrique et les sels biliaires^ qui opèrent la transformation des matières alimentaires. Si le manque de chlorure de sodium dans les aliments est trop persistant, on voit se produire des troubles dans la nutrition. Ainsi Forster a constaté que les animaux complètement privés de ce sel finissent paiavoir du dég'oût pour les aliments, qu'ils perdent l'appétit, qu'ils ont des vomissements et qu'ils contractent une paralysie générale, à laquelle ils succombent.
Les animaux herbivores qui ne trouvent pas une assez forte proportion de sel dans leurs aliments contractent Thabitude de lécher les murs, de manger de la terre, de rechercher les sources salées.
Kemmerich a nourri un chien pendant dix-sept jours avec des aliments dépourvus de chlorure de sodium, auxquels il a ajouté du chlorure de potassium, et il a trouvé que, dans ces conditions, les sels alcalins du sang sont composés de 90,3*.) p. 100 de sels de sodium et seulement de 3,01 p. 100 de chlorure de potassium. Dans l'urine du même chien, il a trouvé au contraire 94,94 p. 100 de chlorure de potassium et seulement .5,00 p. KXl de sels de soude. Cette expérience prouve qu'il y a économie de chlorure de sodium quand ce sel n'arrive qu'en faible quantité dans le sang et qu'au contraire le chlorure de potassium est éliminé rapidement.
Boussingault, dans ses expériences sur l'influence du sel marin sur la nutrition, est arrivé aux conclusions suivantes. Le sel de cuisine qu'on ajoute aux aliments des herbivores n'a aucune influence sur la production de la viande, de la graisse et du lait ; /t/j^jfif/jJ r, mais les animaux sont plus vigoureux, plus pétulants et ont le poil plus luisant. On voit donc que le sel de cuisine est utile, puis- ([u'il communique aux animaux une santé meilleure.
Le tableau suivant de Voit indique ({ue le chlorure de sodium a pour efl'et d'augmenter Véliminalion de l'azote par les urines, sous forme d'urée.
.Srtw.v ingestion d'eau.
Vit. Ur. Gr. Gr.
Quantité de sel ingéré 0 S 10 20
Quantité d'urine rendue 935 048 1042 1284
Urée 108,2 1011,1 109.0 112.6
Avec ingestion d'eau.
Gr. Gi-. Gr. Gi-.
Ouanlité do sol inprôré 0 3 10 ^0
Ùrin." ivn.l.io 8:!8 8^)8 987 11:24
frûo iDii 110 112 113
Ce tableau fait voir aussi que le sel de cuisine augrnente la sécrétion urinaire et accélère le mouvement de désassimilation des albuminoïdes.
Élimination. — Le chlorure de sodium est expulsé avec tous les produits de sécrétion ; on trouve ce sel dans l'urine, la sueur, le mucus, les larmes et les excréments. A l'état normal, la quantité éliminée journellement est exactement égale à la quantité absorbée; mais, à l'état pathologique, le bilan des entrées et des sorties du NaCl ne se balance plus. Souvent les sorties sont inférieures aux entrées. Dans les maladies aig-uës, en général, l'élimination de chlorure de sodium diminue beaucoup; il y a rétention de ce sel ; il s'accumule dans les exsudais pathologiques et les épanchements. Il y a au contraire augmentation de l'élimination, (|uand les maladies sont en voie de résolution, comme pendant la période de déclin de la pneumonie, de la pleurésie, de la péritonite, et à la période de résorption des épanchements dans les hydropisies.
Effets toxiques. — Des doses très fortes irritent la muqueuse digestive, produisent une gastro-entérite, des coliques, des vomissements, de la diarrhée, des convulsions, puis de la paralysie et la mort.
Chez les animaux à sang froid, l'empoisonnement par le chlorure de sodium est accompagné d'une opacité du cristaUin qu'on attribue à la soustraction d'eau déterminée par le sel.
Indications thérapeutiques. — Le chlorure de sodium, étant un élément indispensable., doit être donné normalement avec les aliments pauvres en sels alcalins, surtout aux animaux herbivores, qui en sont d'ailleurs très friands. ;,wVU;j^.
Comme médicament, il est indiqué contre ïhémoptisie, car, quand il est introduit dans l'estomac, il détermine par action réflexe une vaso-constrirtion dans le poumon.
C'est un contrepoison excellent du nitrate d'argent, qu'il précipite à l'état de chlorure d'argent insoluble.
A dose modérée, c'est un stimulant digestif très utile chez les grands animaux qui ont l'appétit dépravé. Administré réguhère-
ment ù dose un peu forte, il produit la diarrhée, augmente la diurèse et hâte la résorption des produits pathologiciues, des liquides épanchés et favorise la dissolution des fausses membranes. Il est donc indiqué dans Thydrothorax, la pleurésie, la péiilonile, mais seulement quand ces maladies sont à leur [)ériode de déclin.
C'est un assez bon vomitif chez les carnassiers. Les lavements au chlorure de sodium activent les mouvements péristaltiques de Fintestin et hâtent les défécations.
Les bains d'eau salée accélèrent les mutations nutritives, les oxydations intra-org-aniques et conviennent dans les cas d'autointoxication.
Les injections sous-cutanées ou interstitielles de solutions salées fortement hypertoniques de 10 à 20 p. 100 ont donné quelques bons résultats dans la luxation de la rotule, le vessigon rotulion chez le bœuf, la hernie ombilicale, les boiteries de l'épaulo. Dans ces cas, le sel agit comme irritant local et produit un engoigement.
Plusieurs vétérinaires ont traité avec succès les hernies ombilicales du cheval par les injections sous-cutanées d'une solution saturée de chlorure de sodium au niveau de la tumeur herniaire.
Doses. — Les doses ordinaires sont :
Cheval 30 à 60 «l'anni'os.
BuHil' aO à -100 —
Mouton cl clièNi'i' 10 à lo ■ —
Poic u à 15 —
Chien 4 à 8 —
Glial... là 3 —
A l'extérieur, on emploie des solutions isotoniques de ce sel pour laver les plaies, pour faire des compresses, des lotions sur les tissus contusionnés (Voir plus loin, Srrum artificiel).
Pour un lavement, on emploie 50 grammes de sel chez les grands herbivores et une cuillerée à café chez les petits animaux. Dans un bain, pour le chien, on peut dissoudre 1 kilogramme de ce sel.
Pour faire vomir les petits animaux, on leur fait prendre le chlorure de sodium à la dose de une ou doux cuillerées à café. C'est plutôt en adjuvant des autres vomitifs; on a recours à ce moyen quand on n'a pas d'autres vomitifs à sa disposition. Pour la purgation, on doit toujours lui préférer le sulfate de soude.
Contre-indications. — Le sel marin est nuisible chez les animaux malades on état de rétention chlorurée. Il aggrave les œdèmes,