SÉRUM ARTIFICIEL OU SOLUTION PHYSIOLOGIQUE
les hydropisies, chez les cardiaques, les cirrhotiques, les néphrétiques.
Dans ces cas, il faut faire la déehloruration en donnant aux animaux des aliments privés de sel. La déehloruration est également favorable à Faction des iodures et des bromures (Richet et Toulouse).
Sérum artificiel ou solution physiologique.
La pression osmotique du plasma et du sérum sang-uin est isotonique à celle des éléments figurés du sang- et des cellules des tissus vivants.
Or la pression osmotique du plasma ou du sérum sang-uin doit être rapportée exclusivement aux substances cristalloïdes : sels, sucre, qui s'y louvent en dissolution. Connaissant la valeur de la pression osmotique du sérum par la détermination du point de cong'élation, il est facile de préparer des solutions salines qui ont la même pression osmotique, c'est-à-dire des liquides qui lui sont isotoniques. Le sel marin représente à lui seul les deux tiers des molécules salines en solution dans le plasma ou le sérum sanguin. Il est contenu dans ce liquide dans la proportion moyenne de Op. i 000.
Aussi les physiologistes ont-ils, depuis long-temps, préparé des solutions de NaCl, dans le but de conserver aux globules sang-uins leurs caractères normaux en dehors de l'organisme. Déjà, en 1872, Malassez a proposé la solution de chlorure de sodium à 7 p. 1 000 pour diluer le sang- dans la détermination du nombre des globules. Depuis, on a reconnu que cette solution est trop faible et que, pour avoir un liquide complètement isotonique avec le sérum sang-uin, il faut porter la proportion de sel marin à 9,5 p. 1000. Cette solution constitue la solution physiologique ou le sérum artificiel.
Dans ce liquide, les globules du sang- et les cellules animales conservent leur volume, leur forme et tous les caractères normaux. Mais ce sérum artificiel, constitué exclusivement deau et de NaCl, n'est pas un milieu nutritif suffisant pour assurer la vie prolongée des éléments cellulaires qui y sont plongés. On peut s'en assurer facilement en se servant de ce sérum pour les circulations artificielles dans le cœur isolé des mammifères. On constate que les battements du cœur ne tardent pas à s'éteindre lorsqu'on fait circuler à travers le muscle cardiaque isolé une semblable solution.
508 SÉRUM ARTIFICIEL OU SOLUTION rilYSIGLOniQUE.
C'est pourquoi les physiologistes ont abandonné l'usag-e de la solution ordinaire au cliloi'ure de sodium ])Our la remplacer par des liquides à composition plus complexe, qui possèdent une minéralisation et une concentration moléculaire très voisines de celles du plasma ou du sérum sanguin et qui, tout en étant isotoniques, sont nutritifs et entretiennent intact pendant long-temps le jeu du cœur isolé.
Le plasma sanguin normal conlient environ 1 p. 1000 de glucose et 8,50 p. 1 000 de sels.
D'a|)rès Schmidt, les sels se répartissent ainsi :
(Milonirc (lo .sodiiiiii 5. G ]). 100
— (lo polassiuiii 0,2C —
Carbonate do sodium 1.53 —
l'dosphalo de sodiiuu 0.27 —
— ({(' calcium ' 0,30
— do magnc.siiiiii 0.22 —
Sulfate do |i()tassiiiiu 0.28 —
Les sériuns (irtlficieh utilisés actuellement en physiologie sont surtout les suivants :
Sohtlion de Locke.
Cliiniiiic do sodium 9 f^Tnuuuos.
— de calcium 0k'-,20
— do potassium 0Kr,20
Garboaalc do sodiuu» 0k'',20
Glucose 1 i^i'amuio.
Eau lOOOJ^Mamuii-s.
^ériim de Ilédon et Flcig.
Cliloruro do sodium 60', 5
— d(^ potassiuui 0sr,3
— i\i' calcium Os^2
Suilali' do magnésium Oe''.3
Bicarboiialo de sodium 1 gramme.
Glycérophosphate de s »dium 1 —
Glucose 1 —
Eau dislilloo Q. S. p. 1000. c. e.
Ces sérums, beaucouj) plus avantag-eux que le sérum ordinaire ou chlorure de sodium à 0,5 p. 1000, devraient être employés, de préférence, comme ag-ents thérapculiqucs.
Pour bien saisir les ajj[)lications thérapeutiques des solutions