SERUM ARTIFICIEL OU SOLUTION PHYSIOLOGIQUE. K
salines physiologiques, il faut exaniiiicr leur action sur l'organisme animal.
Effets des injections intraveineuses de sérum physiologique. — Le sérum physiologique étant isotonique et neutre n'exerce aucune action nuisil)le sur les éléments (igurés du sang, ni sur les cellules des tissus. Injecté dans les vaisseaux, il se mélange intimement au sang et augmente par conséquent la masse de liquide en circulation. Mais bientôt l'action régulatrice de la composition du sang entre en jeu, le rein sécrète plus abondamment et rejette une quantité de, liquide exactement équivalente à celle qu'on injecte (Dastre et Loye, 1888 et 1889). Le corps de l'animal se comporte comme un vase troi)-plein ; le liquide s'échappe par le rein à mesure qu'il est injecté, à la condition que la vitesse de l'injection ne dépasse pas une certaine limite. Ces injections ont donc une nclion diurétique puissante.
Sur les animaux sains, qui ont une pression sanguine normale, l'injection intraveineuse de sérum ne modifie pas la pression artérielle (Dastre et Loye) ; mais, si la pression esl au-dessous de la normale, elle est ramenée à sa valeur normale (Delbet, 1896).
Sous l'intluence des injections salines, la température de ranimai s'élève, et ses réflexes s'exaltent, ce qui est dû à une aetion stimulante ou dijnamogénique marquée sur le système nerveux central (Roger).
Indications thérapeutiques. — Les sérums physiologiques relevant la pression artérielle lorsqu'il y a hypotension sont indiqués en injection intraveineuse ou sous-cutanée dans tous les cas pathologiques où la pression sanguine est inférieure à la normale et où il y dépression des forces, coMapsus. (^Qs'm\Qc[xous stimulent immédiatement toutes les activités organiques, rendent au système vasculaire et nerveux le tonus qui leur manque, activent l'éhmination par les émonctoires des déchets de la nutrition et des toxines et augmentent les oxydations intra-organiques. La médication sérothérapique massive, comme l'appelle Landouzy, fait merveille contre les hémorragies graves, qu'il s'agisse d'hémorragies traumatiques ou de pertes sanguines quelconques (épistaxis, entérorragies, métrorragies), contre la dépression ciiculatoire et nerveuse dans les maladies infectieuses : maladies typhoïdes, paraplégies infectieuses chez le cheval, ictère grave du chien (Bouchet, Cozette), coryza gangreneux du bœuf (Péricaud), maladie du jeune âge chez le chien (Parent), éclampsie, auto-intoxica-
:ho sérum âkïificiel ou solution physiologique,
tions d'orig-ine digestive et autres, anhumatosie (Portet), diarrhée des jeunes bovins (Imming-er), pneumonie infectieuse (Desoubry), pleurésie du clieval (Brocheriou).
Dans tous ces cas pathologiques, les injections de sérum [thysiologique agissent non par un simple lavage ou lessivage du sang, mais bien en relevant la pression artérielle, en tonifiant les vaisseaux et le système nerveux, en améliorant la circulation dans tous les organes et, par suite, en activant la sécrétion dépurative du côté du rein et autres émonctoires.
Il est absolument inutile d'injecter dans les vaisseaux ou de l'aire absorber par le tissu conjonctif ou par toute autre voie une quantité de liquide physiologique supérieure à elle qui est nécessaire pour faire cesser V hypotension. Les quantités de liquide en excès seraient plutôt nuisibles, comme le démontrent les recherches de Dastre et Loye (1889), de Lejars (1897), Aussitôt que la tension normale est rétablie, ramélioration qui survient dans le fonctionnement de tous les organes communique à l'organisme une résistance nouvelle aux agents morbifiques.
On a recommandé les injections de solution physiologique dans les intoxications par les poisons médicamenteux comme les alcaloïdes; mais ici encore elles ne sont réellement utiles qu'autant qu'il y a hopentension artéinelle.
Contre-indications. — Elles sont toujours contre-indiquées quand le rein est malade et remplit mal son rôle dépurateur.
Doses de sérum à injecter. — Les quantités de sérum à injecter dans les veines ou sous la peau sont fort variables ; elles dépendent de l'état de dépression de la circulation. Chez le cheval, chez le bœuf après des hémorragies graves, on peut injecter jusqu'à 5 litres de liquide en une seule fois. Dans les cas ordinaires, où la dépression vasculaire est peu accusée, 1 à 2 litres suffisent. Chez le chien, les doses varient do 100 centimètres cubes à 1 litre (Bissauge).
On ajoute quelquefois avantageusement au sérum des alcaloïdes qui assurent une action tonique spécifique sur le cœur, les vaisseaux et le système nerveux, comme la spartéine, la strychnine.
Desoubry utilise avec succès chez le cheval la solution suivante
contre la pneumonie infectieuse :
Glilorurc (1(! sodium 9 fj;raiiimcs.
Sulfalo de spartéine 0k'',025
Sulfate (le strychnine Os'",01
Eau slérilisée 1 litre.
SELS m POTASSIUM. 511
Manuel opératoire. — La solution physiologique doit être stérilisée et portée à la température de 38 à 40». L'injection se fait avec la seringue, l'appareil de Dieulafoy, l'appareil de Potain ou simplement à l'aide d'un bock à injections ou d'un autre récipient quelconque maintenu à une certaine hauteur pour donner la pression. Le tube de caoutchouc qui relie l'appareil à l'aiguille qui pénètre dans la veine doit être parfaitement {)urgé d'air, et le tout doit être stérilisé.
Pour les injections hypodermiques; de sérum, les appareils sont les mêmes.
Sels de potassium.
Le potassium est pour l'org-anisme un élément aussi indispensable que le fer, le phosphore, le calcium et le sodium.
Les composés potassiques existent normalement en forte proportion dans tous les tissus de l'org-anisme. Ils font partie constitutive de la matière vivante des éléments histolog-iques au même titre que l'albumine, la graisse, le fer, etc. Les sels de potasse sont plus abondants que les sels de soude dans les éléments solides des tissus; par contre, ils sont moins abondants dans les liquides qui servent de milieux nutritifs aux éléments cellulaires. Ainsi, dans le plasma sanguin, ce sont les sels de soude qui prédominent, tandis que dans les éléments fig-urés du sang-, c'est-àdire dans les g-lobules, on trouve beaucoup plus de sels de potasse. La fibre musculaire est ég-alement très riche en potassium.
Les sels de potasse sont indispensables à la nutrition ; ils ne peuvent pas être remplacés par les sels de soude. Gela ressort très nettement des expériences de Kemmerich. Cet expérimentateur a nourri deux jeunes chiens en parfaite santé avec la même quantité de viande privée de ses sels par l'ébullition. Aux aliments du chien A, il a ajouté des sels de potasse; à ceux du chien B, il a ajouté le même poids de sels de soude. Après ving-tsix jours de ce régime, les dilférences survenues chez les deux chiens étaient les suivantes : le chien A avait augmenté de poids de 2085 grammes; le chien B n'avait augmenté que de 810 gr., il y avait donc une diiVérence de 1275 grammes en faveur du chien A. Celui-ci était vif, intelligent, vigoureux, bien musclé; le chien B était, au contraire, dans un très mauvais état; il était