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HUILE DE FOIE DE MORUE

sels de potasse sont cinquante-trois fois plus toxiques que les sels de soude.

Les sels de potasse, injectés dans les veines, paralysent rapidement le cœur et tout le système musculaire.

Les sels de soude, au contraire, administrés aux mêmes doses, ne produisent aucun elVet appréciable sur les grandes fonctions, c'est-à-dire sur l'innervation, la motilité, les contractions cardiaques et la calorification. Un sel de potasse injecté dans les veines à la dose de 1 à 2 grammes tue le chien ; administré à l'intérieur à la dose de 100 grammes à une vache, il la fait périr. A v-^tf^-Y/e-c^V ces doses employées dans les mêmes conditions, un sel de soude ne produit aucun effet visible.

Emploi. — Pour produire une action toni<iue et hématopoietique^ on emploie presque exclusivement le bicarbonate de potassium et le sulfate de potassium à la dose de 10 g-rammes chez les g-rands herbivores et de O^^oO chez les carnassiers.

Huile de foie de morue.

L'huile de foie de morue est jaune, brune ou noire, selon son état de pureté ; elle a une odeur de poisson ; sa saveur est désag-réable et laisse au fond de la g'org-e un arrière-g-oùt détestable de poisson rance.

Cette huile a une composition chimique très complexe. On y trouve : des huiles grasses légèrement acides, des alcaloïdes isolés par Gauthier et Mourguès, dont quatre volatils, la bulylaiiiine, Yamijlami7ie, ï/iexylaniine, la dihydrotutidine et deux fixes, Vaselline et la moi^rhuine, un acide azoté cristallisable appelé acide (jaduinique ou niorrhuique; des métalloïdes combinés à l'état org-anique, le soufre, le phosphore, le chlore, de petites quantités d'iode et de brome et les matériaux de la bile.

Action physiologique. — L'huile de foie de morue diffère des huiles et des autres graisses par sa facile digestibilite' et par l'action extrêmement favorable qu'elle exerce sur la nutrition générale. Elle peut être administrée à dose forte et pendant longtemps, sans gêner la dig-estion et sans amener aucune fatigue stomacale ou intestinale. Cette huile doit sa facile digestibilite à la présence des acides g-ras libres et des matériaux de la bile qui favorisent son émulsion dans les sucs digestifs et par suite son absorption. Les expériences faites sur les animaux ont démontré que c'est de Kaifmaxx. 3S

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toutes les graisses celle qui est absorbée le plus rapidement et qui s'assimile le plus vite.

Arrivés dans le sang-, les corps g"ras de l'huile de foie de morue sont oxydés rapidement, sinon en totalité, du moins dans une certaine proportion, et donnent naissance à de l'eau et de l'acide carbonique. Cette huile entretient la chaleur animale et constitue ^yni^ ^<4^'irU'" ^^ thermogène excellent, en môme temps qu'un aliment cl épargne de premier ordre. En efïet, en s'oxydant dans le sang-, elle prévient l'oxydation des matières protéiques qui constituent la substance même des tissus; ceux-ci étant conservés intacts, il y a économie ou épargrie. Quand, sous l'influence d'un état morbide, les matières grasses sont en trop petite quantité dans le sang, il y a d'abord résorption de la graisse interstitielle des organes; puis, quand cette provision est épuisée, il se forme de la g-raisse aux dépens de la matière albuminoïde qui constitue la substance de la trame organique ; cette désagrégation de la molécule albuminoïde amène la dégénérescence graisseuse des organes parenchymateux. L'huile de foie de morue prévient cette dégénérescence des organes, parce qu'elle fournit au sang tous les éléments combustibles nécessaires pour entretenir la chaleur animale et pour réparer les pertes faites par la désassimilalion.

Toute la puissance thérapeutique de l'huile de foie do morue réside dans sa facile digestibilité et dans la faculté qu'elle possède de préserver de l'oxydation les tissus des organes. Gomme elle contient de l'iode, du brome et du phosphore à l'état organique, elle oflre ces substances aux tissus qui les utilisent avec la jilus grande faciUté pour les besoins de leur nutrition.

Les recherches intéressantes de Gauthier et Mourguès nous apprennent que l'huile de foie de morue agit aussi par ses alcaloïdes, dont un grand nombre, la bulylamine, l'amylamine et surtout la morrhuine et l'acide morrhuique, excitent le système nerveux, accélèrent la dénutrition, accroissent considérablement la quantité d'urine et de sueur sécrétée, et corrélativement augmentent l'appétit. Il est reconnu que les huiles de foie de morue colorées sont plus efficaces que les huiles incolores, et cela à cause de la plus forte proportion d'alcaloïdes qu'elles contiennent.

On peut donc résumer ainsi les causes de l'efiicacité de l'huile de foie de morue. Sous l'influence de ses alcaloïdes, augmentation de l'appétit, des sécrétions rénales, sudorales et intestinales; assimilation rapide des principes phosphores présentés à l'économie

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