BELLADONE
est très bien indiquée pour calmer rinflammation et la douleur dans les néphrites (Trasbot).
Préparations et doses. — On emploie le sulfate d'atropine sous forme de solutions aqueuses fraîchement préparées et titrées à 1 : 500 — 1 : 200 — 1 : 100 — 2 : 100, etc., selon les cas. L'administration peut se faire par injections hypodermiques. On peut aussi avantag-eusement administrer des potions, des granules ou des pilules contenant une quantité bien déterminée d'alcaloïde.
Doses thérapeutiques en injection hypodermique .
Sulfate d'atropine.
Cheval et bœuf 05^.025 à O^M
Porc Osr.Ol à 06^,03
Ghiea Os'-,001 à Offr.Ol
Chat et volailles 0g^002 à 0g^005
Doses toxiques.
Sulfate d'atropine.
Cheval O^S-^O
Bœuf 08^.50
Chien 1 gramme .
Lapin 1 —
2° Belladone.
(Alropa belladona L.)
La belladone est une plante indigène de la famille des Solanées, dont le fruit est une baie qui ressemble à une cerise noire. Toutes les parties de cette plante sont actives; les baies et la racine sont plus actives que les feuilles.
La belladone renferme un alcaloïde prédominant, Vat7'opine, une petite quantité variable d'ailleurs d'hyoscyamine, de métatropine, de belladonine, de l'albumine, de la gomme, de la chlorophylle, de la cellulose, des sels de chaux.
La proportion d'atropine contenue dans la belladone est très variable, selon le terrain sur lequel la plante a vég-été, l'état de sécheresse de l'année, le moment de la récolte et la manière dont elle est conservée. En administrant de la belladone ou des préparations faites avec cette plante, le clinicien ne sait jamais exactement l'intensité des effets qu'il va obtenir; il s'expose à donner des doses trop fortes et à déterminer des effets exag-érés,
SCOPOLAMINE.
OU des doses trop faibles et n'obtenir aucun effet, et cela avec les mêmes quantités de médicament. En médecine, comme dans les sciences positives, on doit constamment chercher à obtenir l'exactitude parfaite ; il faut qu'on puisse graduer mathématiquement les effets, et pour cela il faut pouvoir doser exactement les principes actifs que l'on administre. Pour éviter les nombreux inconvénients qui sont attachés à l'administration directe de la belladone, il vaut mieux faire usag-e de son principe actif, c'està-dire de l'atropine. Les effets physiolog-iques et thérapeutiques de la belladone sont d'ailleurs les mêmes que ceux de son alcaloïde.
Préparations et doses. — Les principales préparations de belladone sont : la poudre de feuilles, l'extrait qui est entièrement soluble dans l'alcool à 70° et donne avec l'eau un soluté troublé. Teinture à 1 : 10. — Huile belladonée à 1 : 2. — Pommade de belladone à 1 : 10,
La belladone entre dans la composition du baume tranquille, de la pommade de peuplier, etc.
Doses thérapeutiques.
Poudre de feuilles.
Cheval et bœuf 13 à 30
Mouton 8 à 15
Extrait.
Poir
Oei',20 à Opr.SO
Chien
OB'", 30 à
0gr,20 à Os^SO
Cheval et bœuf.. .
Chien
Doses toxiques.
Poudre de feuilles.
Extrait.
2 grammes.
Scopolamine.
C'-H2'>AzOi.
La scopolamine ou hyosciiie est un alcaloïde qui se trouve avec i'hyoscyamine dans plusieurs plantes de la famille des Solanacées : Scopolia atropo'kles et Se. Japonica., Duboisia myoporotdes.
On l'emploie à l'état de hromhijdrate de scopolamine.
Ce sel se présente sous la forme de cristaux incolores, de saveur
SCOPOLAMINE. 685
amère et brûlante; il est facilement soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme.
Effets et emploi. — La scopolamine a une action analogue à celle de l'atropine. Comme cette dernière, elle produit la mydriase, accélère le cœur par paralysie du pneumogastrique, arrête les sécrétions de la salive et de la sueur et paralyse le péristaltisme intestinal. Elle dillére de l'atropine en ce qu'elle n'accélère que peu la respiration; en ce que son action mydriatique est plus puissante et plus rapide et qu'elle produit une forte vaso-dilatation du côté des reins.
Pendant l'action de la scopolamine, les animaux, surtout le chien et le cheval, sont très agités ; ils présentent une certaine hyperesthésie auditive en même temps qu'un affaiblissement de la vue.
Chez l'homme, une dose supérieure à i milligramme est dangereuse; un chat a résisté à 0°'",6 (Robert), un cheval a présenté des phénomènes graves avec Ob'",! et un autre est mort avec 0gr,25 (Frôhner). ;
Chez l'homme, le bromhydrate de scopolamine à très faible dose produit une légère action hypnotique; mais cette action ne s'observe pas chez les animaux. Cependant, chez ceux-ci comme chez l'homme, l'anesthésie chloroformique se fait bien plus vite après une injection préalable de scopolamine.
On l'emploie comme mydriatique dans les mêmes cas que le sulfate d'atropine, mais en solutions plus faibles 1 ou 2 p. 1000.
Frohner a combattu avec succès l'asphyxie chloroformique chez un cheval en imminence de mort par une injection hypodermique de Oor,iO de bromhydrate de scopolamine ; le cœur et la respiration très affaiblis ont repris de la force. Dans les cas de ce genre, la scopolamine semble devoir être préférée à l'atropine; elle constitue un stimulant énergique du cœur.
La scopolamine favorisant l'action du chloroforme, on emploie avantag-eusement Vanest/ie'sie mixte par la scopoknniîie-chloroforme. Par cette méthode d'anesthésie, on se met presque entièrement à l'abri des syncopes cardiaques.
Doses. — On emploie le chlorhydrate de scopolamine en solution aqueuse à 5 p. 1000.
Doses internes.
Cheval et bœuf 0,01 à 0,05
Chien 0,005 à 0,01
En injectlo7i hypodermique.
Cheval ^,02
Chien 0,005
Autres alcaloïdes.
L'hyoscyamine, alcaloïde tiré de VHyoscyamus niger, la DUBOisiNE retirée du Duboisia myoropoïdes, Teumydrine ou mélhylo-nitrate d'atropine obtenue par synthèse, agissent sensiblement comme l'atropine, mais n'offrent aucun avantage particulier en thérapeutique vétérinaire.
Excitants neuro-musculaires.
On appelle excitants., stimulants ou sthéniques lesmédicsLments qui relèvent l'activité nerveuse et l'énerg-ie musculaire. Ils sont employés pour combattre l'adynamie ou la dépression des forces.
Les excitants comprennent les sels ammoniacaux, les alcooliques, les épices et matières aromatiques, le café et la caféine, le maté, la noix vomique et la strychnine, la coca et la cocaïne, la noix de kola, la coque du levant et la picrotoxine.
La plupart de ces médicaments se retrouvent dans d'autres classes.
Alcool ou esprit de vin.
L'alcool vinique ou éthylique est un liquide incolore, d'une densité de 0,95 à 15°, très volatil, inflammable, soluble dans l'eau en toute proportion, ég-alement soluble dans l'éther, la glycérine, les huiles. C'est un excellent dissolvant d'un g-rand nombre de corps insolubles dans l'eau (iode, soufre, phosphore, alcaloïdes, cire, etc.). Il possède une grande affinité pour l'eau. Le mélang-e d'eau et d'alcool s'échauffe et diminue de volume. L'alcool déshydrate les tissus, coagule et précipite l'albumine.
Effets. — Versé sur la peau, l'alcool concentré, en s'évaporant, produit une sensation de froid qui est accompag-née d'un resserrement vasculaire, d'une pâleur plus ou moins prononcée et d'une diminution de la sensibilité. Si on empêche l'évaporation, l'alcool provoque une irritation et une inflammation locale d'au-
tant plus prononcées qu'il est plus concentré. Sur les plaies et les muqueuses, l'effetirritant est encore plus marqué ; sur ces surfaces, l'alcool produit une douleur brûlante très vive, une escarrification superficielle par suite de la soustraction d'eau aux tissus et de la précipitation de l'albumine et du mucus. Il dessèchefortement les surfaces et les rend réfractaires à la putréfaction, car il est antiseptique.
A Vintérieu7% l'alcool concentré constitue un poison violent; ainsi un cheval succombe avec 250 grammes d'alcool absolu. A l'autopsie, on trouve une violente irritation du tube digestif et tous les signes de l'asphyxie.
Ualcool étendu d'eau excite les tissus sans les irriter. Sur les plaies et les muqueuses, il tarit les sécrétions et resserre un peu leur surface à la manière des astring-ents.
A Vintérieur, il est excitant pour l'estomac et l'intestin; il réveille les contractions périslaltiques et active la sécrétion de& sucs digestifs. Cependant l'effet eupeptique ne se produit qu'à faible dose ; aussitôt que les doses sont suffisantes pour produire l'ivresse, la digestion est arrêtée ou considérablement ralentie. Si, sur un chien à fistule gastrique, on injecte dans Testomac une petite quantité d'alcool dilué, on voit le suc gastrique couler en abondance ; mais, si on injecte de l'alcool fort ou une grande quantité d'alcool dilué, la sécrétion gastrique s'arrête.
Après l'absorption, l'alcool en petite quantité produit une excitation générale de l'organisme ; les yeux sont plus vifs, les oreillesse dressent et la tête est portée haut ; les mouvements sont plus faciles, plus énergiques et les animaux montrent plus de vigueur et une plus grande gaieté. Chez l'homme, on observe que les fonctions cérébrales sont plus vives, en outre que l'inteUigence est plus ouverte et la parole plus facile. Les principales fonctions sont toutes activées ; le cœur bat plus vite et plusfort ; la respiration est plus fréquente; la température de la peau s'élève sans qu'il y ait élévation importante de la température rectale, les oxydations sont accrues, les quantités d'oxygène absorbé et d'anhydride carbonique éhminé sont augmentées. Souvent aussi on observe une abondante diurèse. Ces phénomènes d'excitation se dissipent assez vite quand de nouvelles doses d'alcool ne sont pasadministrées.
A fortes doses, l'alcool produit d'abord les effets ci-dessus avec plus d'intensité; mais bientôt succède la période de l'ivresse.
caractérisée par une faiblesse musculaire qui fait trébucher l'animal lorsqu'il marche et qui, en se prononçant de plus en plus, le force au décubitus ; ce décubitus n'est pas calme, car le sujet se livre souvent à des mouvements désordonnés auxquels succède cependant parfois un coma profond et une anesthésie g"énérale plus ou moins complète. Dans l'espèce bovine, cette anesthésie peut être utilisée dans un but chirurgical ou obstétrical.
Le pouls et la respiration, accélérés pendant la période d'excitation, se ralentissent beaucoup pendant la période d'ivresse, la température rectale s'abaisse, tandis que la température de la peau aug-mente. Il serrible que, pendant l'ivresse, le sang- se porte surtout vers la peau, qui se couvre souvent de sueur. L'abaissement de la température rectale s'explique encore par le ralentissement du mouvement de dénutrition, la diminution des oxydations; en effet, il y a un affaiblissement de l'exhalation de l'acide carbonique et.de l'excrétion de Vurée. Pendant l'ivresse, les animaux et l'homme se refroidissent facilement; tout le monde ~sait qu'en hiver la mort par refroidissement n'est pas rare chez l'homme ivre.
L'alcool entraîné par le sang se fixe et s'accumule d'abord dans divers org-anes parenchymateux, l'encéphale, le foie et les muscles, puis il est en partie oxydé et transformé en aldéhyde, acide acétique, acide oxalique, acide carbonique et eau; une petite quantité cependant échappe à l'oxydation et s'élimine en nature parle poumon, le rein et parfois par les mamelles. L'air expiré prend l'odeur d'alcool chez les personnes ivres. Cette élimination en nature de l'alcool aug-mente avec la dose administrée. L'alcool administré peut passer du sang- de la mère à celui du fœtus à travers le placenta.
En dehors de toute ingestion d'alcool en nature, il y a dans l'org-anisme des animaux de petites quantités d'alcool qui proviennent des matières hydrocarbonées des tissus. Ainsi il existe dans le foie une certaine transformation du g-lycogène en alcool et acide acétique (Béchamp et Estox). Lépine admet également que la fermentation g-lycolytique est accompag-née de formation d'alcool dans le sang-.
On considère l'alcool comme un aliment thermog-ène pouvant remplacer en petite quantité une certaine proportion de matières hydrocarbonées ou de g-raisses de la ration. L'alcool est
susceptible d'éparg-rier les hydrates de carbone et les graisses et de favoriser l'eng-raissement.
Les lésions dans Tempoisonnement aigu par l'alcool consistent dans une forte cong-estion, de la surface du cerveau, desméning-es du poumon, des bronches, de la trachée, de la muqueuse gastrointestinale.
Dans l'alcoolisme chronique, le foie est le siège d'une cirrhose, d'une dég-énérescence g-raisseuse des cellules. On remarque les mêmes lésions, dans la rate, le rein.
Indications thérapeutiques. — .4 Vextérieur, l'alcool plus ou moins concentré sous forme de teintures diverses constitue un excitant, un ruhéfianl utile pour produire la résolution d'eng"org-ements chroniques, d'ecchymoses, de contusions, etc.
A Vintérieur, il convient en petite quantité dans tous les cas où il faut faciliter la digestion ; dans les dig'estions pénibles, les coliques, les indig-estions, l'arrêt de la rumination.
Il convient aussi, à faible dose, à titre d'excitant g-énéral, pour relever les forces et l'activité nerveuse et cardiaque dans la convalescence, dans l'anémie, dans les maladies infectieuses, dans les empoisonnements par les narcotiques.
A faible dose, il excite la fonction g-énitale et constitue un bon aphrodisiaque.
Il est indiqué aussi comme antifébrile à forte dose. Dans les cas de fièvre, l'alcool constitue un antithermique, un aliment d'épargne de premier ordre. En s'oxydant, il empêche la destruction des graisses et des matières albuminoïdes des tissus et, par conséquent, il épargne l'organisme animal.
On l'utilise aussi quelquefois comme narcotique ou hypnoaiiesthésique pour produire la résolution musculaire et l'insensibilité.
Chez les ruminants, surtout chez les bovins, l'alcool constitue un bon anesthésique pour les besoins de la chirurgie ou de l'obstétrique. On l'administre à l'intérieur dilué à 40 à 50° ou sous forme d'eau-de-vie, de rhum, de cognac, etc.
Doses et préparations. — On ne doit donner l'alcool à l'intérieur qu'après l'avoir étendu de beaucoup d'eau. Ou bien on peut administrer des liquides alcooliques faibles, tels que l'eau-de-vie faible, la bière ou le vin .
Kaiifmann.