INFLUENCE DU FOIE ET DU POUMON SUR L'ABSORPTION MÉDIU
raux sur l'ensemble de l'organisme. Le fait est facile à prouver avec l'aide de l'hydrogène sulfuré.
Si on injecte lentement de 3 à 4 milligrammes de H-S en solution aqueuse dans le rectum d'un lapin jjesant 1 kilogramme, on ne voit apparaître aucun phénomène toxique; mais déjà, au bout d'une minute, on voit la réaction caractéristique de H^S dans l'air expiré ; un papier trempé dans l'acétate de plomb se recouvre d'un noir brillant, lorsqu'on le place devant le nez de l'animal (Stokvis). Après cinq minutes, l'élimination cesse. Si on répète cette expérience sur un autre lapin de même taille, en injectant seulement 1 milligramme de H^S dans la trachée, on voit aussitôt des convulsions violentes apparaître et parfois l'animal succomber. Ainsi, par la voie pulmonaire, le gaz H-S est très toxique, tandis que par une autre voie il ne produit rien d'apparent à doses trois à quatre fois plus fortes. Cette différence s'explique facilement :
Par l'introduction du gaz toxique dans l'appareil respiratoire, on assure sa dissolution dans le sang- pulmonaire et son passag-e dans l'arbre artériel, qui le conduit aux centres nerveux, où il produit ses effets toxiques. Ainsi, lorsqu'un poison volatil existe dans le sang" veineux en quantité mortelle, il ne produit aucun effet si le poumon l'élimine et l'empêche d'arriverau sang- artériel ; mais, aussitôt que ce corps passe dans le sang- artériel par suite d'une insuffisance d'élimination pulmonaire, ses effets funestes apparaissent. Ce fait explique poinxpioi l'anesthésie par l'éther et le chloroforme est facile lorsque ces liquides sont administrés par inhalation, et fort difficile ou même impossible quand ils sont administrés par une autre voie.
Les vapeurs inhalées avec l'air se dissolvent dans le sang- pulmonaire et arrivent ainsi dans le sang- du cœur gauche, qui les transporte par l'arbre artériel dans tous les tissus. Les vapeurs absorbées sur une autre surface arrivent nécessairement dans le sang- veineux et, au moment où celui-ci passe dans le poumon, les vapeurs s'échappent avec l'air expiré. Dans ce dernier cas, l'anesthésie ne peut donc pas se produire, puisque les vapeurs anesthésiques sont éliminées avant d'avoir passé dans le sangartériel, qui seul peut les transporter au contact des cellules nerveuses du cerveau et de la moelle.