CAUSES DE VAHIABILITÉ INHÉRENTES A L'ANIMAL
1 kilogramme peut succomber avec 1 milligramme (P. Bert). Cliose curieuse, la strychnine, qui est moins toxique pour les jeunes, agit cependant sur eux à dose plus faible. Ainsi, Falck a démontré que la dose nécessaire pour provoquer des convulsions caractéristiques chez l'animal nouveau-né ou âgé de quelques jours est beaucoup inférieure à celle qu'il faut chez l'animal adulte. Ces différences dans l'intensité del'action de la strychnine peuvent s'expliquer par la différence dans l'excitabilité réllexe de la moelle chez les jeunes animaux et les vieux. Ceux-ci ont les réflexes moins développés que ceux-là. Par contre, les jeunes résistent mieux à l'asphyxie produite par les convulsions strychniques que les vieux.
c. Taille ou poids de l'animal. — Pour les animaux de la même espèce et du môme àg'e, la taille a une grande influence sur l'intensité de l'action médicamenteuse ou toxique. En rapportant la dose toxique au kilogramme du poids de l'animal, on peut s'assurer que les petits animaux supportent des doses relativement plus fortes que les gros. Ainsi, tandis qu'un petit chien ne sera pas tué par l'injection de 1 niillig-rammo de strychnine par kilogramme, un g-ros chien de même âge sera tué avec 0"^, 75 par kilogramme.
Dans la posologie, il est important de se rappeler ces faits et de ne pas augmenter la dose proportionnellement au poids des animaux. Ainsi si, pour un chien pesant 1 kilogTamme, la dose est de n ; pour un chien de 10 kilogrammes, la dose devra être non de 10 n ; mais seulement de 7, 8 ou 0 n, suivant les cas.
d. Race. Tempérament. Sexe. — L'inPiuence de la race, du tempérament et du sexe des sujets peut aussi se faire sentir au point de vue de l'action médicamenteuse, mais il n'existe guère de faits précis à ce sujet. On sait que les nègres tolèrent des doses excessives d'alcool, de mercure ou de tartre stibié. J'ai vu certains chiens être peu influencés par des poisons divers donnés à dose toxique, mais sans qu'il m'ait été possible de voir nettement l'influence de la race, du tempérament ou du sexe.
e. Idiosyncrasie. — Les animaux de même espèce, de même poids, de même âge, de même race, de même sexe et de même tempérament ne réagissent pas également vis-à-vis d'un médicament ou d'un poison. Chaque sujet a une impfessionnabilité propre, il réagit à sa façon. Il peut arriver qu'un sujet soit très fortement impressionné par des doses très faibles ou au contraire
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qu'il supporte sans inconvénient des doses très fortes. Le mol idiosyncrasie sert à désigner cet état particulier de l'org-anisnie d'un individu dont la sensibilité à une substance est notablement augmentée ou diminuée.
Certains chiens peuvent supporter sans inconvénient des dosesde strychnine ou d'autres alcaloïdes, mortelles pour d'autres sujets en apparence semblables. Feser a vu les mêmes doses d'ésérine produire des elTets à intensité très différente sur les animaux de l'espèce bovine. Les doses de 10 à 20 centigrammes de sulfate^ d'ésérine, ordinairement inofFensives, ont, chez certains sujets^ déterminé une intoxication g-rave.
Parfois, après l'administration d'un médicament, ou observe des effets pour ainsi dire opposés à ceux qu'on obtient d'ordinaire. C'est ainsique laquinine, l'antipyrine, le salicylate de soude, etc. ,. qui d'ordinaire produisent un abaissement de températur-e, c'est-àdire un effet antifébrile et antithermique, engendrent au contraire la lièvre, l'élévation de température. Il peut arriver aussi qu'à côté des effets ordinaires un médicament provoque d'autres elfetssurajoutés. Les iodures, les bromures, l'arsenic, la quinine^ l'antipyrine déterminent parfois une éruption cutanée violente. Ces éruptions cutanées, consécutives à l'administration médicamenteuse, se remarquent surtout dans l'espèce humaine, mais se rencontrent aussi chez les animaux. Ainsi l'action médicamenteuse est souvent augmentée, diminuée ou modihée par l'état particuher et inconnu de l'organisme désigné sous le nom d'idiosyncrasie.
f. État de l'appareil digestif. — L'état de la digestion ou du jeûne a une grande influence sur l'intensité d'un médicament. Quand l'estomac est plein d'aliments, le médicament est délayé dans une grande masse de véhicule ; son absorption est lente, et les effets sont tardifs et peu accusés. L'animal à jeun non seulement absorbe plus vite, mais est en g-énéral plus sensible aux médicaments que lorsqu'il est en dig-estion. Cette sensibilité plus g-rande se montre non seulement avec l'administration interne, mais aussi avec les injections sous-cutanées et autres modes d'administration. Adduco, qui a fait sur ce sujet des recherches spéciales, croit devoir attribuer la différence à l'état plus labile dans lequel se trouve le protoplasma de l'organisme à jeun, *^,
Suivant qu'on a intérêt à produire des eflets rapides et intenses/ ou des effets lents et [)rolong-és. il faut donc administrer les médi-