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MÉDICAMENTS A ACTION LOCALE. — TOPIQUES

Emollients. — Adoucissants. — Protectifs.

La classe des emollients, adoucissants ou protectifs comprend un grand nombre de médicaments très différents au point de

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vue de leur composition chimique et de leurs caractères physiques, ayant tous pour effet de protég'er les tissus sur lesquels ils sont appliqués contre les causes d'irritation et, par suite, favorisant la réparation spontanée des lésions inflammatoires. Ces médicaments n'ont pas d'affinité chimique pour la substance organisée; elles g-arantissent les surfaces en les recouvrant d'une couche protectrice. Ce sont des agents dont l'action est pour ainsi dire passive. Cependant certains d'entre eux peuvent se modifier au contact des tissus et acrpiérirde nouvelles propriétés ; ils peuvent aussi passer à l'absorption au moins en partie et aller , agir au loin soit pendant qu'ils circulent dans le sang, soit au \^ moment de leur élimination. ' 5/)A^^'

Appliqués sur une surface organique, les émollients ramol- ^^fA^£^ t;A.y-^ lisent, relâchent les tissus, émoussent la sensibilité et diminuent l'irritabilité. Administrés àl'intérieur, ils adoucissent la muqueuse digestive, diminuent son excitabilité réflexe, rendent les sucs digestifs plus abondants mais moins actifs et favorisent en général la marche des matières. A doses fortes et quand leur usage se prolonge, quelques-uns peuvent amener un relâchement excessif des voies gastro-intestinales, produire la diarrhée, la diminution de l'appétit, le ralentissement de l'absorption et de l'assimilation et, par suite, l'anémie. Il y a d'ailleurs sous ce rapport de grandes différences suivant les corps envisagés; un grand nombre d'entre eux sont de véritables aliments très nutritifs, pouvant être supportés sans inconvénient pendant longtemps.

La plupart des médicaments émollients, tout en adoucissant et relâchant les surfaces digestives, produisent aussi un ralentissement de la nutrition générale et une diminution de la respiration, de la circulation et de la calorification. Sous leur influence, les urines sont généralement plus abondantes et acquièrent des propriétés adoucissantes pour les voies d'excrétion.

Indications thérapeutiques. — Les indications thérapeutiques des émollients dérivent directement deseiïets ci-dessus. < ■ - WcstL

Puisque les émollients ramollissent et relâchent les tissus, ils \l sont indiqués dans tous les cas où la dureté trop grande d'un organe compromet son fonctionnement normal ou peut être nuisible à la g'uérison d'une maladie locale. La corne du sabot du cheval, dur- (. û/^-'-' cissant par l'effet de la dessiccation, perd son élasticité normale, comprime les parties profondes sensibles et occasionne desboiteries. Celles-ci disparaissent souvent sous l'influence des émollients

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qui,'en ramollissant la substance cornée, lui restituent son extensibilité, sa souplesse et son élasticité. Quand une inflammation légère sièg-e dans les parties sous-cornées, le g-onflement inflammatoire qui se produit comprime les tissus et provoque une douleur d'autant plus vive que la corne opposera une plus grande résistance au g-onflement inflammatoire, il en sera exactement de même quand une inflammation prendra naissance sous une peau épaisse, dure, résistante, ou sous une aponévrose inextensible. Dans tous ces €as, reflet ramollissant et relâchant des émollients a pour conséquence de faire disparaître les soufl'rances et d'accélérer la résolution de l'inflammation. ^S-j^v/^o

La propriété qu'ils ont d'adoucir les surfaces et de les rendre plus glissanles les rend précieux pour faire cheminer des corps étrangers arrêtés dans un conduit de l'organisme. Ainsi on administre avec succès de l'huile, du mucilage, pour faire progresser une pomme, une poire, ou un corps étranger quelconque arrêté dans le trajet de l'œsophage. On donne des lavements émollients pour ramollir les pelotes arrêtées dans le gros intestin et provoquer leur expulsion par le rectum. Quand les eaux de l'amnios s'écoulent trop vite pendant raççouchement, que la surface vaginale tend à se dessécher et à s'enflammer, on fait des injections d"eau mucilagineuse. On pourrait multipUer les exemples.

Enfin l'action dépressive que produisent les émollients sur la nutrition des tissus, ajoutée à la diminution de la sensibilité qu'ils provoquent, les rend précieux pour combattre les inflammations superficielles très vives et très douloureuses. Quand l'inflammation débute, ils l'arrêtent; quand elle est déjà établie, ils abrègent sa durée et diminuent les souffrances. Ils favorisent la formation des abcès et augmentent la sécrétion du pus sur les plaies et les muqueuses; ils constituent d'excellents maturatifs.

Dans les maladies cutanées, ils diminuent le prurit, adoucissent les surfaces et arrêtent quelquefois les sécrétions pathologiques.

Les émollients combattent directement la constipation, les spasmes intestinaux et l'irritation de la muqueuse gastro-intestinale. Ils sont bien indiqués aussi dans tous les cas de fièvre, parce qu'ils diminuent la suractivité des fonctions respiratoire, circulatoire et calorifique. En diluant le sang, en le rendant moins excitant, les émolHents ont une action curative assez puissante sur les maladies internes, surtout les maladies des muqueuses

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