TEMPÉRATURE PÉRIPHÉRIQUE DANS LES MALADIES FEBRILES
Le tableau suivant indique cette variabilité : Différences de 0<»,10.
Dans l'apyrexie 20«
Avec fièvre de 37« à 38« 5«,ll
— 38oà39« 12»,5l
— 40« et au-dessus iœ;00
Différences de 0o,20.
Dans l'apjrrexie :
Avec fièvre de S?» à SS» n»,45
— 38oà39o 4*,61
— 39oà40« 70,08
Différences deO°,30.
Dans l'apyrexie :
Avec tièvrc do :î7" à :^S" 14^ 29
Différences de 0»,50.
Dans l'apyrexie
Avec fièvre ae 39« à 40° 0°,7l
Différences de 0°,60.
Dans l'apyrexie :
Avec fièvre de 38° à 39° 3°,8
M. Couty ' vient de donner le résultatdeses nombreuses observations de température périphérique dans les maladies fébriles. Ces observations tendent à prouver que pendant le^ maladies fébriles, Taugmentation de température est pius grande à la périphérie et que la chaleur tend à s'égaliser dans tout le corps.
Dans la pneumonie lés températures centrales et périphériques, d après l'auteur, tendent à s'égaliser.
Chez les pleurétiques les températures observées sont gê-
1. CouTv. Recherches sur la température périphérifjue (Archives Je Physiologio 1880).
TBMPBRATURB PÉRIPHÉRIQUE DANS LES MALADIES FEBRILES 413
oéralement moins élevées que celles présentées par les pneu^ rnooiques.
De même dans la fièvre typhoïde, les deux températures axiilaire et palmaire pendant Tacmé tendent à s^égaliser ou segalisent complètement. Seulement cette égalisation, au moins dans les cas légers, présente certains caractères spéciaux ; elle est d*abord moins constante, moins complète que dans la pleurésie ou dans la pneumonie, et c'est seulement à certains jours et non pendant toute la période fébrile, que les deux températures, toujours très rapprochées pendant l'acmé, sont complètement égales ; mais si elle est moins complète elle semble durer plus longtemps et Ton voit souvent la température palmaire être enore très élevée plusieurs fois après la défervescence axiilaire ; enfin fait capital, entre la période d*acmé et la défervescence pendant le déclin et la période intermédiaire nommée amphibole^ la température palmaire présente de très grandes oscillations.
En résumé, dit M. Couty, chez les typhoïdes, la température palmaire comme la température axiilaire présente de grandes oscillations: seulement ces oscillations palmaires sont beaucoup plus considérables et plus durables, et, de plus, elles se produisent souvent sans rapport avec les variaiions de la température axiilaire.
Les affections tuberculeuses, l'érysipèle, l'ictère catarrhal, l'angine, présentent aussi des égalisations de température.
Dans certains cas bénins de fièvre typhoïde, de rougeole, la tendance à l'égalisation peut rester peu marquée, malgré une élévation assez considérable de la température axiilaire, certaines complications, troublant révolution de la maladie, empêchent l'égalisation des températures.
« Si les modifications du milieu extérieur paraissent presque sans influence sur l'état de la température périphérique, les modifications du milieu intérieur au contraire, telles que les agents thérapeutiques ou alimentaires, ont une action certaine, quoique souvent variable sur cette égalisation des temratures.
En résumé, il faut admettre que ce trouble de la répartition calorique chez le fébricitant dépend non de l'état fébrile et de son intensité, mais des conditions physiologiques indi-
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vidu6lles OU autres de r organisme dans lequel évolue eepro. cessus; il est nécessaire de tenir grand compte des Tariations de la température périphérique, non seulemenl parce qu'elles s'ajoutent aux variations centrales pour donner la valeur de rhyperthermie totale de Tétat fébrile, mais surtout parce qoe les variations étant plus considérables et plus rapides foarnissent un tableau plus fidèle et plus exact de révolution de chaque cas morbide. »
Dans ses études comparatives des températures centrale et périphérique de la pneumonie et de la pleurésie, M. Torio * a obtenu les résultats suivants :
A la période de frisson, tandis que la température centrale s'élève, la température périphérique s'abaisse.
Pendant toute la période d*état de la flëvre, lorsque le frisson est terminé, la température périphérique reste tonjours très élevée et presque égale à la température centrale.
Au moment de la défervescence fébrito, et quelquefois même avant que ce phénomène ne se produise, la température périphérique s'abaisse et descend mâme souvent ath dessous de sa normale qu'elle n'atteint qu'en pleine convalescence.
M. Torio a remarqué que dans la pleurésie la t^npératire périphérique parait suivre la marche de Tépanchement.
Nous avons comparé, dans un assez grand nombre d'expériences, la température périphénque à la température centrale et axillaire.
Yoici les conclusions de nos recherches en partie conformes à celles des auteurs que nous venons de citer.
Si l'on prend chez un sujet sain à différents moments de la journée et au même niveau (thorax, abdomen, pied, main) la température périphérique, on note, à l'inverse de ce que Ton observe pour la température axillaJre*à peu près constante à quelques dixièmes près, que les chiffres des températures périphériques obtenues varient assez notablement (de l"* à 3* en moyenne).
Chez les fébricitants la température de la peau est plos élevée qu'à l'état normal.
1. A. Torio. Etude comparative des Températures centrale et pMphériques dans la pleurésie et la pneumonie. (Thèse de PariSj 1876.)
inia-HTPBRTHERMIB DAKS LES MALADIES FEBRILES 415
Dans la pn^mmoiiie» la pleurésie, Tôrysipële, la fièvre typhoïde, au délnaj il existe des écarts assez notables entre la températare périphérique et aiillaire. La température pôriphérique présente à cette période une variabilité assez grande aux divers moments de la Journée ; à la période à'état de ces maladiiSf la température périphérique tend à se rapprocher de la umpirature centrale et marche parallèlement. Si la température axiUaire est, par exemple, 39"^, la température périphérique du thorax atteint 37<^,5 38o et se maintient pendant plusieurs Joars à ce niToau.
A la période de déclin, pendant la convalescence, la températare périphérique est moins constante ; elle s'abaisse sou- Tent brusquement et Técart entre la température périphérique et centrale est toujours assez notable.
II. Nous avons très fréquemment noté une élévation de la température cutanée dfun côté du corps dans des maladies fébriles. Cette hémi-hyperthermie, assez marquée dans quelques cas, an des côtés du corps présentant une température plus élevée de 0*,5 à P que celle du côté opposé, s'observe principalement dans les affections pulmonaires et abdominales aiguës en dehors de toute affection nerveuse (voir Thermométrie locale dans les affections pulmonaires).
Ces modifications thermiques sont vraisemblablement sous la d^ndance de troubles vaso-moteurs.
Plusieurs auteurs ont signalé, dans ces derniers temps, les différences de température chez les fébricitants entre les deux moitiés du corps. (Squire ', Lépine, Mourson).
Les recherches plus récentes de Mourson ont confirmé les résultats de L. Cocato de Couty et les nôtres. Cet auteur a trouvé des variations très fréquentes entre la température des aisselles et des deux côtés de Tabdomen, principalement dans les cas de complications pulmonaire et abdominale.
Dans quelques cas, les températures locales pulmonaires ont été supérieures à celles de Tabdomen.
De même que dans nos recherches sur la température périphérique dans les maladies du poumon comparée a le température axillaire. M. Mourson, a noté le parallélisma centre les deux courbes.
1. W. Squoib. On high local Température, (Lancet. Décembre 1881.)
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« J*ai fait prendre les températures locales du yentre et de la poitrine et les températures axillaires, de 2 heures en 2 heures pendant plusieurs jours de suite. Les résultais ont donné, à quelques différences près un parallélisme constant entre toutes les courbes. Lres diverses températures locales conservent toujours les mêmes différences avec celles des aisselles. On trouverait même, le soir, l'égalité des températures abdominales du côté droit et de l'aiselle ganche. Ce serait donc le contraire de ce qui se passerait à Tétat physiologique, où selon M. Redard, la température axillaire esta peu près constante. Je n'ai d'ailleurs jamais vu cette constance de la température axillaire à Tétat physiologique. Ainsi, sur plus de cent mensurations de températures axillaires (aisselle gauche), que j'ai faites, matin et soir, en vue d'autres recherches, j'ai toujours relevé du matin et soir et d'un jour à l'autre des différences variant de 2 à 5 dixièmes de degré.
Après la période d'éruption des plaques de Peyer dans la fièvre typhoïde, M. Mourson ^ a noté un écart assez notable entre la température axillaire et abdominale, cet écart e^ considérable pendant la convalescence.
Les hémorragies successives, l'extension de Tinflammatioa au péritoine amène une élévation de toutes les températures, moindre toutefois au ventre qu'à l'aisselle. Les diverses médications, purgatifs, etc., abaissent la température de l'abdomen.
^ Mourson. Recherches sur les températures iocaks dans la fièvre tkyphoïde. Journal de thérapeutique , i882.