‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 240 sur 337 · I. PKTftH. Bulletin de l'Académie de médecine^ 1878, p · texte numérisé non relu

I. PKTftH. Bulletin de l'Académie de médecine^ 1878, p

de rhyperthermie locale n*est pas à négliger, car elle explique la possibilité de la récidive du mal ; elle indique» en effet, la persistance des conditions anatomiques qui président à la formation de répanchement et constitue ainsi un véritable état matériel d'imminence morbide pour le retour de Tépau-* chement ;

6*^ Au cas de pleurésie sans épanchement (de pleurésie diaphragmatique, par exemple), rhyperthermie locale est moins élevée qu^au cas de pleurésie avec épanchement, et le retour à la température normale se fait plus rapidement.

Ainsi, dans un cas tout récent de pleurésie diaphragmatique traitée et guérie par une application de ventouses scariflées et un vésicatoire, la température pariétale la plus élevée a été de 37" (au lieu de 35*^8, température normale: et le retour à cette température de 35''8 a été obtenu en huit jours.

Au contraire, dans une pleurésie avec épanchement consirable compliquée d'une pneumonie assez étendue qui ie&i développée dans le cours de cette pleurésie, la température pariétale s*est élevée jusqu'à 40^8 (la température axillaire n'étant que 40°2) et le retour à la température pariétale normale n'a eu lieu qu'au bout d'une douzaine de jours ;

V Un fait des plus intéressants peut-être, c'est que l'éUvd' tion absolue de la température locale, du côté malade, est plus considérable que l'élévation absolue de la température axillaire, bien que le chiffre thermique axillaire puisse ètn^ plus fort que le chiffre thermique pariétal. Cette hyperthermie locale précède rhyperthermie axillaire. Deux choses qui démontrent l'influence dominatrice du travail morbide pieurétique sur l'état général ou tout au moins sur la température générale.

Par exemple, dans un cas, rhyperthermie pariétale étant le matin de 2''8; rhyperthermie axillaire n'étant que in>; le soir, rhyperthermie pariétale s'élève du côté ponctionné:

Mais alors une de ces trois choses peut arriver : A, répanchement ne se reproduit pas ; B, il se reproduit ; C, il se reproduit en changeant de nature.

A. Si répanchement ne se reproduit pas, la température pariétale (qui était, avant la ponction, plus élevée que la nor*

maie et plus que celle du côté sain) peut se surélever encore de quelques dixièmes ; mais cette surélévation ne dure que quelques heures {24, 36, 48 heures). Puis la température pariétale décroît, revient à son chiffre d'avant la ponction, puis décroit encore et finalement revient au chiffre de l'état sain ou de 35''8. Par exemple, dans un cas ou j'évacuai 1850 grammes de sérosité inflammatoire, la température pariétale, qui était de 37*9 avant la ponction s'élèvera de 0^*5 un quart d'heure après (38*4) S resta à ce chiffre pendant la soirée, s'abaissa de 0*9 le lendemain matin, vingt-quatre heures après la ponction (37*5), s'éleva de 1* ce soir- là, trente-six heures après la ponction (38*6) et tomba enfin de œ8 le troisième jour (37*1) puis décroit ainsi progressivement et successivement, de manière à atteindre, en cinq jours, le chiffre pariétal de 36 degrés.

A partir de ce moment, troisième jour après la ponction, la température générale (axillaire) s'abaissa comme la température locale (celle-ci de 0*8 à 1*9 ; celle-là de 0*3 à 1*3).

B. 1* L'épancheraent se reproduit, puis se résorbe; dans la période de sécrétion nouvelle, la température locale s'élève très notablement après la ponction de 0*5 quelques minutes après celle-ci, de 1* quelques heures ensuite ; reste aux environs de cette hyperthermie peadant quelques jours, puis décroit sous l influence des moyens médicaux, revient au chiffre d'avant la ponction et enfin, fait retour à la normale.

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que Thyperthermie locale précède et dépasse matin et soir l'hyperthermie axillaire, de telle sorte qu'elle semble tenir celle-ci sous sa dépendance.

De même» l'abaissement local de la température prouve rabaissement de la température axillaire, de sorte qu'ici encore, il parait que la maladie locale régit la température axillaire ;

29 L'épanchement se reproduit et la ponction est de nou-

1. Comparativemenl à ces recherches, il faut citer l'observation de Pclers (Ueber den ^utzen von Temperaturmessungen bei Kranhen Thieren. Vochenschiififûr Thierheilkundey n* U, 4870), qui nota, après une Ihoracentèse chez le cheval, ua abaissement de la température générale de 39*3 à 37*2.

veau rendue nécessaire ; alors hyperthermie locale, puis f^'énérale; état stationnaire de la température locale avec répanchement reproduit; nouvelle ponction, reprodoction des mêmes phénomènes thermiques et sécrétoires. Ainsi, dans un cas de pleurésie cancéreuse que je fus obligé de ponctionner trois fois en 1875, la température locale s'élevait avant la température axillaire, et le retour de la sécrétion précédait le retour de la fièvre.

C. Reste à savoir ce que devient la température pariétale au cas où répanchement se reproduit sous la forme purulente, et c'est ce que je me propose de déterminer n'ayant pas encore eu à observer ce fait à la suite de mes thoracentèses.

D'après Peter, Télévation de la température locale du thorax après la ponction ne tient pas au retour du poumon à ses fonctions ni au traumatisme par letrocart.

Comme conclusion, Peter dit :

« Que Thyperthermie locale, à la suite de la ponction, pour la pleurésie comme pour Tascite, est la conséquence de l'hypérémie a vacuo ;

♦ Que dans les cas de pleurésie, cette hyperthermie tonte mécanique s*ajouU nécessairement kVhypévémïe phlegmasique antérieure, contre laquelle la ponction a été absolument sans action curative ; ^

« Qu'ainsi on a alors deux, hypérémles au lieu d'une ;

< Qu'il en résulte nécessairement une augmentation de tension dans les vaisseaux de la plèvre enflammée;

« Qu'ainsi le liquide exsudé à nouveau peut être plus riche en leucocytes et en hématies, comme je viens de l'observer dans un cas de pleurésie à ponctions successives ;

« Qu'il y a simultanément alors un fait physique Textravasation, et une action chimico-dynamique, la sécrétion ;

« Que la transformation purulente possible de répanchement renouvelé se conçoit de la sorte en certains cas où Ton a ponctionné pendant la période très fébrile de la pleurésie :

« Qu'ainsi cette accumulation d'hypérémies, ce retour brusque du sang dans la cavité pleurale (dans la plèvre comm(î dans le poumon) accusé par Thyperthermie locale ^proportionnelle à l'hypérémie a vacuo) expliquent la syncope, la congestion pulmonaire, l'expectoration albumineuso

DANS LA PNBUMONIB BT LA PLBLIIÉSIE 561

consécutive, la douleur, l'oppression allant parfois jusqu'à la sutTocation observée dans ces cas de brusques déplétions, c'ei^t-à-dire de brusque hypôrémie par évacuation, laquelle est démontrée matériellement par mes recherches sur Thyperthermie locale. »

Frantzel * n'a que très rarement observé dans ses recherches des différences de température de la peau des deux côtés du thorax dans la pleurésie. « Lorsque dans une pleurésie, dit cet auteur, la température se maintient plus élevée du côté malade pendant quelques jours, Texsudat est presque toujours purulent. »

Dans leur travail, Fiori et Graziadei ^ établissent que dans les inflammations du poumon et de la plèvre la température des aisselles et des espaces intercostaux est à peu près égale des deux côtés.

Les différences que Ton constate dans quelques cas ne sont pas dues, d après ces auteurs, à l'inMuence de la pneumonie ou de la pleurésie, elles sont la conséquence de troubles nerveux locaux et tiennent en partie à des erreurs d'observation.

Ces recherches de thermométrie, disent Fiori et Graziadei, ne peuvent servir en rien au diagnostic des affections thoraciques.

D'après P. Philipp ', dans la pneumonie, la différence de température entre le côté malade et le côté sain n'est seulement que de quelques dixièmes. Dans la pleurésie, la différence est plus marquée.

Dans la pneumonie, d'après cet auteur, la température locale du côté malade s abaisse légèrement un peu avant, pendiut et après la crise.

Leopold Homburger^ a étudié les différences de températare axiîlaire dans la pneumonie.

1. Frantzel. Handbuch der sp. Path., und Thérapie von Ziemsen. U. IV, ïh. Il, p. 3^0.

2, FiORi et GnAZUDKi. SuUa termomeiria délie ascelle e degli spazii ri' ro.'itt(i nelU milatiie di petto. Arck per le scienze med. Vol. lll, n» y, 187».

3 PuiLipp (»'.). Uchcr Warmediffe^enzen der Brusthœlften bei einseiîij- n Erkrunkitnjcn der Brusloryane. Utssert. Berlin, 18/8.

t. L. Homb'Jmgkk. Unlersuckufigen uber Crouposc Pneumonie. Inau- 'jurai JUiiscr talion. Strassburg, 1879, p. 76.

Reojuld. 36

562 TSttPBRATURE^PSRiPHfiRiQUB DU THORAX

Cet auteur a fait ses recherches dans sept cas de pneumonie.

Dans la première observation, on note une éiéYationde quelques dixièmes de la température axillaire du côté nor lade pendant toute la durée de la maladie.

Dans la deuxième observation, au sixième jour, Taisselleda côté sain a une température plus élevée de OM que celle du côté malade.

Dans la troisième observation^ la température est à peu près égale des deux côtés.

Dans la quatrième observation, pendant les premiersjours, la température axillaire du côté malade est plus éle>éede quelques dixièmes que celle du côtô sain. Au onzième jour, la température axillaire du côté sain est plus élevée de 4 dixièmes que celle du côté malade.

Dans la cinquième observation :

Le 6« jour, +œ5 de la température de Taisselle du côté malaâe.

Le 7* jour,= — —

Lé 8« jour, +0*4 du côté sain.

Le 9«jour,=

Le lO* jour,+0^du côté malade.

Dans la sixième observation, on ne note une élévation de quelques dixièmes en faveur de Taisselle du côté malade que pendant les deux premiers jours, les jours suivants, la température devient à peu près égale des deux côtés.

Dans la septième observation, on trouve une élévation de la température axillaire du côté malade pendant plusieurs jours. D*après Homburger, Télévation de la température axillaire du côté malade doit s'expliquer par des troubles vasomoteurs.

Il considère que si la température axillaire du côté sain,

à la période d'hépatlsation grise» est égale ou plus élefée

que celle du côté malade^ cela .tient, ainsi que Birch-Hir-

schfeld le pense, à ce qu'à cette période Texsudat comprima

les vaisseaux et irrite les filets nerveux du poumon, d'où, par

voie réflexe, une contraction des vaisseaux de tout un coii

du corps.

« Des observations précédentes, il résulte, dit Tautear,

DANS LA PMBUMONIE ET LA PLEURESIE 563

là la première période de la pneumoniey il existe une différence ttmpcralure entre les deux moitiés du corps; le thermomètre idique une élévation du côté malade. »

Si Ton examine attentivement les observations sur leslelies s'appuie Homburger pour établir ses conclusions, 1 remarque Tinconstance des résultats obtenus et la frélence des égalités ou des élévations du côté sain à certaines §riodes de la maladie.

Si on considère, en outre, que les différences observées mt fort souvent de quelques dixièmes, ce que Ton observe 1 reste très fréquemment à Vétat physiologique et en dehors 3 toute affection pulmonaire, il nous parait difficile de )nner une conclusion aussi nette et aussi précise que celle a Homburger.

Les observations de cet auteur, ainsi que celles de Peter, andrieux, etc., nous permettent seulement de conclure que 'is souvent j à la première période de la pneumonie, on note es élévations de la température locale du côté malade, mais ette élévation n'est pas constante y elle peut manquer dans n grand nombre de cas.

Voici quelques résultats obtenus par Von Anrep dans la oeu monta:

« On voit, d'après les tableaux suivants, dit Anrep, que dans i pneumonie croupale au !•' degré, la température de la arui intercostale du côté malade est plus élevée que du côté iin. Dans les points qui correspondent aux parties du pouton qui ne sont qu'au 1" degré de l'inflammation, la tempé- Uure est plus élevée que dans les points correspondant aux irties où Tinflammation est à son apogée.

'ta

ce

an

CO

co

coco

CO

OQO

CO CO

CO

^ CO

00 CO

CO

OiCO COCO

art CQ

CO CO

CO CO

oco

CO CO

CD CO

Pi^ n

OO •— i

"^CO

iô

CO

CO

• C fi

CO

CD

-.CD

CO

CO

"^CO

Sô

(Si

CO

io

îo

CO

CD

ce

CQoa

CO CO

CO o^

c^^oo

fi«

CO

OQO

CO

c ci

ss

es

ce'

lOr

Page 1