DANS LA C0NGK8TI0N PULMONAIRE
Ce serait absolament ce que j'ai constaté dans les congés* tions hypostatiques, typhoïdes. Dans celles-ci, on a un bloc de sang, stagnant ou coagulé; dans celles-là un bloc fibrineux où ne se passe plus aucun phénomène d*oxydation et de circulation ; rien d'étonnant à ce que ces poumons soient pins froids. Quand la résolution a lieu, au contraire, la chaleur doit y revenir. Et si une nouvelle poussée inflammatoire surgit, la température locale doit momentanément s'élever, comme au début de la lésion primitive.
Par ces considérations, je m'expliquerai encore comment, s^ion M. Redard, « U n'est pas rare de trouver des élévations de température du côté atteint, mais, dans ce cas, Thyperthermie existe, non seulement au niveau du point correspondant au poumon enflammé, mais dans toute l'étendue du thorax, de Faisselle (ainsi que l'avait signalé Gubler), au niveau du bras et même des lombes, etc.. L'élévation de la température du côté malade atteint, dans ces cas, 1°, 1«5 et même 2''. » Il y aurait propagation de la chaleur, loin du point enflammé, absolument comme dans un phlegmon de l'extrémité d'un membre, où la chaleur s'étend jusqu'à la racine d'un membre.
J'ai, d'ailleurs, constaté le même fait chez mes flèvres typhoïdes compliquées de congestions hypostatiques ou inflammatoires. Dans les congestions hypostatiques, la température locale du ventre était plus basse du côté du poumon lésé que de l'autre côté. Le contraire avait lieu dans les congestions inflammatoires où la température locale du ventre du côté du poumon enflammé participait à Tôlévation de la température de ce poumon. >
Dans les congestions inflammatoires, M. Monrsou a noté rélévation de la température locale thoracique en même temps que l'élévation de la température locale abdominale du coté oorres' pondant. Nous insistons sur ces faits plus loin. (Voir conclusions, p. 577) En résumé, d'après cet auteur, dans la fièvre typhoïde : 1"^ Le poumon le plus congestionne (engorgement hypostatique simple) présente généralement un certain abaissement de température, dont l'existence se constate à l'aisselle, à la pai'oi thoracique et à la moitié du ventre oorrespondantes.
572 TEMPÉRATURK PéRIPHERIQUE DU THORAX
Lesdifférences entre les chiffres représentant les températures locales de la poitrine et du ventre et ceux donnés de la température axillaire, sont alors plus élevées du côté du poumon le plus malade que du côté opposé, d*oii résulte pour celai- là un abaissement réel de température ou mieux de chaleur.
La méthode, qui consiste à Juger du degré de chaleur d*tin des côtés du corps par ces différences, est bien supérieure à celle qui n'emploie que la comparaison des températures des mêmes points du corps, car elle tient compte de la chaleur inégale que présentent normalement les deux côtés du corps et permet de mieux saisir la marche du processus fébrile dans son ensemble.
2® Quand la congestion pulmonaire n'est pas hypostatique, qu*olle devient inflammatoire^ la température s'élève du côté malade, mais cette hyperthermie cesse dès que Thépatisation se réi^orbe ou que l'inflammation tombe. La chaleur revient ensuite progressivement dans la période de résolution ou de suppuration.
L'aisselle, les parois thoracîque et abdominale du côté le plus malade, participent à cette élévation caloriflque. Leare différences de températures, établies d'après les règles précédentes, sont inférieures à celles du côté opposé, ce qui indique une accumulation réelle de chaleur du côté où siège rinflammation pulmonaire.
30 Quand dans le cours d'une congestion hypostatique, pins spécialement localisée à un seul poumon, on constate ^if«ment de la matité à Tautre poumon, il y a élévation générale de toutes les températures, plus prononcée toutefois du côt^ du poumon le dernier envahi.
Sous rinfluenre de diverses médications, Tipéca, le kermès, Moursou a noté un abaissement local de la température du thorax et de l'abdomen en même temps que se montrait une amélioration de la maladie.
Nous avons publié en 1880 S les résultats de nos recherches sur la température de la peau du thorax dans la pleurésie et a pneumonie. Nous donnerons ici avec quelques développements les conclusions que nous avons publiées à cette époqae.
i . SoHéié de Biologie. Séance du 23 octobre 1880, et Progrés mfffieal, 30 octobre tSHO.
Il importe dans ces recherches de thermométrie comparée de se servir d'instruments prôci et qui mettent, le plus sûrement possible à Tabri de toute erreur. Nous nous sommes servis dans ce but des appareils thermo-électriques qui donnent des résultats rapides et sûrs. Il suffit en eltët de placer les deux plaques thermo-électriques reliées au galvanomètre sur deux points symétriques du thorax et d observer les déviations de Taiguille. On peut ainsi en un espace de temps assez court, savoir, en déplaçant les plaques, s*il existe des différences de température, non seulement au niveau du foyer inflammatoire profond, mais encore dans toute i étendue du thorax, et même du tronc, des lombes, des membres supérieurs, etc.
11 faut suivre la température locale pendant toute la durée de la maladie et piatiquer des explorations a différents moments de la journée.
C*est en suivant ces règles que nous sommes arrivés à des résultats qui diffèrent par quelques points de ceux obtenus par les auteurs qui nous ont précédés.
Nos observations ont porté sur 12 cas de pneumonie et 8 cas de pleurésie aiguës et exemptes de complications.
Nos observations nous démontrent d'abord que Télévation de la température locale dans les points correspondants aux foyers inflammatoires profonds, n'est pas un phénomène cons' tant et que Ton peut observer pendant toute la durée de la maladie. Certains jours Thyperthermie se trouve du côté malade, plus tard, et sans cau^e appréciable la marche de l'inflammation profonde étant peu moJiliée, il existe une égalité de la température périphérique des deux côtés du thorax ou même la température du côté sain est supérieure à celle du côté malade. Dans certains cas de pneumonie franche, la température reste égale des deux côtés du thorax pendant toute la durée de la maladie.
La température locale thoracique varie dans les affections inflammatoires du poumon et de la plevie à différents moments de la journée et il est rare de trouver le soir et le malin les mêmes résultats. En prenant la température du thorax à quelques heures de distance on peut trouver des différences allant de 2 à 5 dixièmes de degré.
TÈMPBRATURB PfiRIPHERIQUB DU THORAX
L'otasenraiion sui^aato démontre la vérité des propositions précédentes :,
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