CHAPITRE X
I. — Température périphérique du thorax à l'état normal. — Avant d'étudier les résultats que donne l'exploration de la température périphérique du thorax dans les maladies de poitrine, il importe de connaître la température normale de la peau de cette région, en difFérents points, aux différentes périodes du jour, de signaler l'action des agents extérieurs comme cause de retroidisseraent, et surtout de savoir si les résultats sont semblables, lorsqu'on explore deux points symétriques des espaces intercostaux. Ija connaissance de ces faits e.st indispensable, si l'on veut apprécier avec justesse l'influence des maladies du poumon et de la plèvre sur la température pariétale du thorax.
D'après J. Davy, la température de la peau du thorax est dans une de ses expériences :
Sur la sixième côte gauclie sur le cœur 34*44
n droite SS'-SO
D'après Martin, la température de la poitrine varie entre 32°^ et 37°.
Alvarenga donne le chiffré 3'o°2 comme la moyenne générale de la température du thorax.
D'après Gassot :
La température de la région sus-claviculairo
est 37»4
Delà région mammaire 33°4
A l'État normal
De la région costale (Uypochonclrc droit) 36"9
De la région costale supérieure 35"9
D'après M. Peter, chez les individus sains la température prise dans le deuxième espace intercostal, varie entre 35°6 et 36°. La température axillaire étant 37°, 36" est la limite normale qu'atteignent les chiffres locaux. Le chiffre 35°8 doit être regardé comme moyenne. La température générale prise à l'aisselle varie d'ordinaire entre 37° et 37°2. Il existe donc entre les températures locales et la température générale une diff'érence qui peut aller de 1° à 1°4 et rarement au delà. Ce rapport est regardé comme la règle par M. Peter.
D'après cet auteur, la température pariétale chez des sujets sains est égale des deux côtés du thorax dans les points symétriques explorés.
Un grand nombre d'auteurs ont signalé des diff'érences dans la température comparée des deux aisselles, qui peuvent être considérées comme des températures cutanées périphériques.
Wegscheider ' pense que la température comparée des aisselles n'est jamais égale des deux côtés.
D'après le professeur Luigi Concato, la température des aisselles et du thorax ne serait jamais égale des deux côtés. Nous avons cité plus haut (page ) les résultats obtenus par cet auteur.
M. Lereboullet- et ses élèves Zoeller et Berlin, ont fait en 1878 un certain nombre d'expériences, alin de déterminer les variations de la température périphérique de la paroi thoracique chez des sujets sains.
Voici quelques chiffres qui résument ces expériences :
1° Homme adulte, bien constitué, entré à l'hôpital pour une constipation opiniâtre et parfaitement guéri.
Moyenne des températures locales :
1. Wegscheider. Yirc/ioîo's Archiv fur pathologische Anatomie und physiologie. 69" vol. 1877.
Sommet gauche >> droit..
Différence en faveur du sommet droit. 0°42
» minimum 0°20
» maximum 0"60
2° Homme adulte, anémique, convalescent de paralysie diphtéritique.
Moyenne des températures locales :
Sommet gauche 35»63
» droit 35°70
Différence en faveur du sommet droit. 0»17
» minimum O^OO
» maximum O^GO
3° Homme adulte, très anémié, convalescent de diarrhée de Cochinchine.
Moyenne des températures locales :
Sommet gauche 34°40
droit 35''20
Différence en faveur du sommet droit. 0°80
» minimum Qoeo
» maximum 1°00
4" Jeune sujet, bien constitué, convalescent de rhumatisme goutteux.
Moyenne des températures locales :
Sommet gauche 35003
droit 35015
Différence en faveur du coté droit 0012
,) » » dans
une observation 0°40
Différence maximum en faveur du côté
gauche 0""^
5» Jeune sujet, très bien portant, simulant une aphonie. Moyenne des températures locales :
Température du sommet gauche 34»40
du côté droit 34060 ■
Différence en faveur du côté droit 0o20
6" Malade guéri d'une fièvre intermittente. Moyenne des températures locales :
Sommet gauche 35°45
Différence en faveur du sommet droit. 0°40
» mnnmum ^ ^"^
» maximum "
La moyenne générale de toutes les expériences entreprises
A l'État normal 543
dans le but de mesurer comparativement chez des individus parfaitement sains et apyrétiques, la température aux deux sommets, est la suivante :
Sommet gauche 35°27
droit 35.»56
« Il existe donc normalement, dit M. Lereboullet, enfaveur du sommet droit, une différence de température de 0°29 ou d'environ 3 dixièmes de degré. La différence de température la plus considérable que l'on puisse observer dans les conditions normales, c'est-à-dire chez des individus non tuberculeux et ne présentant du côté de l'appareil thoracique aucune lésion appréciable est de 1°. Il est des cas très rares dans lesquels on n'observe entre les deux sommets aucune différence de température. »
Et plus loin :
« Il est un fait assez singulier, c'est cette prééminence de la température au sommet droit chez la plupart des individus que nous avons examinés, et cela sans que les chiffres thermiques constatés soient plus élevés que ceux que M. Peter indique comme normaux. Mais ce fait, il faut nous contenter de le signaler ; nous n'essayerons pas d'en déduire une conclusion précise quelconque, nous bornant à faire remarquer que dans les conditions les plus normales en apparence, une différence de température parfois très notable, peut s'observer entre les deux côtés homologues de la poitrine. »
Dans ses recherches sur des sujets sains, M. Brébion^ a trouvé :
Matin. Soir.
Fosse sous-claviculaire (2° espace intercostal). 35°5 36°5
Fosse sus-claviculaire 35°1 36o3
Fosse sus-épineuse 350I 3503
Face interne du bras 3408 35°7
De ces recherches l'auteur conclut :
1" Que, chez les sujets sains, il n'existe pas de différence de température entre les deux côtés de la paroi thoracique pour
\. BnÉBioN. Conlribulion à l'étude de la température de la paroi thoracique chez les phlhisicjiœs. Revue mensuelle de médecine et de chiruraie Paris, 1880, IV, pp. 52G, 533. ^
les fosses sous-claviculaire, sus-claviculaire et sus-épineuse;
2° Que la température de ces différentes parties est plus élevée le matin que le soir.
Appliquant le thermomètre en arrière du thorax, sur le trajet de l'aorte, à 3 centimètres au-dessous de l'omoplate et en dedans, M. Brebion trouve :
A droite. A gauche.
Pour Tuii, au matin .... 35"6 36"2 Chez un autre, le soir .... SQ"! ST^S Chez un troisième ..... .36°2 36°7
et conclut à une élévation du côté gauche dans la région de l'aorte tenant au rayonnement thermique du gros vaisseau.
Le résultat des observations récentes de Von Anrep ^ est que la température locale des deux côtés du thorax est rarement égale.
Il a obtenu les résultats suivants sur des malades sains consignés dans les trois tableaux suivants :
1™ Observation.
JOUR
ni.
ni.
Côté droit . ■ .
Cùté gauche .
2'' Observation.
JOUR
ni.
Cùté gaucho ....
1. Von ÂNiiEP. TJcber periphere Temperalurmessungen bei Lungcnh-anken. Verhandlungen der Physical. mcdicin. Gesellsclmfl in Wwzburg
A t/état normal 36 Observation.
JOUR
« Tous les observateurs, dil F. Molcop', admettent que la température périphérique prise en des points symétriques des deux côtés du corps n"est jamais égale des deux côtés.
Les différences peuvent aller jusqu'à 0"5 c. et plus. »
Melcop confirme entièrement cette proposition par ses observations.
Dans l'observation suivante sur un sujet sain, Melcop a noté un jour une différence de l^l, entre la température de la neau des deux côtés du thorax.
Observation (F. Melcop). — Température de la peau du thorax en des points symétriques du thorax chez un sujet sain.