‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 226 sur 312 · Hardy. Thèse de Paris, 185b · texte numérisé non relu

Hardy. Thèse de Paris, 185b

3. GoBLEB. Société médicale des hôpitaux, 1857, et Union médicale, 1857, W' 23 et 25.

DANS Lk PNEUMONIE ET LA PLEURESIE 551

Cet auteur attire l'attention sur les troubles vaso-moteurs qui se montrent du côté de la pneumonie, très marques au niveau de la joue. Au niveau de la joue on constate, à après aubier, non seulement une rougeur très nette, mais encoie une différence de température avec le côté sain pouvant aller jusqu'à un et deux degrés. Ces phénomènes sont surtout marqués à la première période de la pneumonie, lorsque le processus inflammatoire est en pleine évolution.

En 1867, I.epine ^ insiste dans son mémoire sur les troubles vaso-moteurs des membres, sur les différences de température des aisselles observées dans la pneumonie. Cet auteur donne les conclusions suivantes :

V Dans quelques maladies fébriles, surtout dans les affections tboraciques et particulièrement dans la pneumonie on peut observer assez fréquemment des troubles vaso-moteurs des membres. Peut-être sont-ils plus communs chez le vieillard ;

2° Les différences de température que présentent des portions symétriques des membres de l'un et de l'autre côté peuvent être de 1 à 2 degrés et même plus. Entre les deux aisselles il y a généralement alors une différence de quelques dixièmes de degré;

3o Dans la pneumonie, le membre le plus chaud paraît être plus souvent celui qui correspond au poumon affecté, mais il y a de très nombreuses exceptions. Peut-être faut-il admettre que le trouble fonctionnel peut se manifester soit par un excès soit plus rarement par une diminution de chaleur;

4° L'existence des troubles vaso moteurs n'aggrave pas le pronostic. L'anatomie pathologique est jusqu'à présent muette sur la cause de ces phénomènes.

Ces résultats sont à rapprocher de ceux obtenus par Seeligmiiller ^ et que nous avons signalé plus haut. (Voir page 529.)

Dans plusieurs cas d'affections pulmonaires, cet auteur a constaté des troubles oculo-pupillaires, de la rougeur ou de

1. Lépine. De Vexisience de troubles vaso-moteurs des membres dans quelques affections fébriles et spécialement dans la pneumonie. Mémoires de lu Société de biologie, 1869.

2. Seeligmuller. Zur Pathologie der Sympathiciis. Beutsches Archiv fur Klin. Medicin, B. XX, 1877.

la pâleur de la face avec élévation ou abaissement de température.

Dans une observation, les troubles vaso-moteurs existaient dans toule une moitié du corps.

Pour Seeligmiiller, ces symptômes sont sous la dépendance du nerf grand sympathique irrité et comprimé par des adhérences thoraciques.

Peter ' commença en 1870 l'étude de la température comparée des aisselles dans la pneumonie et la pleurésie et ses résultats ont été publiés par son élève Landrieux.

Chez 14 malades atteints de pneumonie unilatérale, M. Landrieux a obtenu les résultats suivants :

ce

TEMPÉRATURE

DE l'aisselle

Droite.

Gauche.

Pneumonie droite de nature tubercu-

Pneumonie droite (totalité du poumon

Pneumonie droite tuberculeuse

Pneumonie gauche (totalité du poumon

1. Landrieux. Consid''raLions sur la température comparative des deux régions axillaires dans la pneumonie double. Gazette médicale de Paris, 1871, p. 440.

2. Landrieux et Peter. Température comparée des deux aisselles dans la pneumonie double. Gazette des hôpitaux, 1873, p. 969.

Ainsi, sur 14 pneumonies lobaires franches, clans 13 cas la température a été plus élevée du côté malade et hépatisé.

Les seules exceptions sont : 1" un cas où la pneumonie était suppurée (il y eut égalité de température) ;

2° Un cas de pneumonie tuberculeuse présentant des cavernes énormes;

3o Dans un autre cas, il s'agit d'une pneumonie droite, mais dans laquelle il y avait hépatisation grise et qui fui suivie de mort.

« Ainsi donc, dit Landrieux, ces treize faits nous semblent sufïlsamment démonstratifs pour prouver que dans toute pneumonie, à la période d'hépatisation rouge, la température de ce côté est plus élevée que du côté sain. »

L'élévation du côté malade est variable. Sur les 13 cas elle s'est répartie de la façon suivante :

3 fois l'élévation du côté atteint par rapport au côté sain fut de 0°1 5 fois

1 fois

2 fois — OM 1 fois il y eut égalité de température.

« On le voit, l'élévation est toujours minime, mais enfin elle est la règle, et si par hasard, elle n'existe pas, on doit se méfier et aidé des autres signes, se demander si, dans ce cas, la pneumonie ne passe pas à la période de suppuration.

Dans le cas d'hépatisation grise, en effet, nous voyons, au contraire, la température soit rester égale des deux côtés (égalité qui sera pour nous évidemment un abaissement relatif de température du côté malade), soit, au contraire, tomber audessous de la température qu'offre le côté sain. »

Dans la pneumonie double, Landrieux a vu la température du côté nouvellement envahi devenir égale à celle du poumon primitivement atteint.

Gassot ' signale, dans sa thèse, l'élévation de la température locale dans les points correspondants awx foyers inflammatoires profonds. 11 cite une observation de pneumonie droite dont nous donnons la courbe thermométrique. (Voir

1. Gassot. Des températures locales de l'économie. Thèse de Paris

Pneumonie. (Gassotj

Mes.

ÎSFév.

Jours:

.—.^.—.Jiectuïïi

^""^11" droite « fiisselle gauchi

courbe n° 31). Dans ce cas, la température de l'aisselle droite (du côté atteint) se maintient plus élevée que l'aisselle gauche pendant toute la durée de la maladie

Dans son étude sur la pleurésie et la thermométrie pleurale, Johbé-Duval\ élève de Peter, cite le résultat d'observations de températures pariétales dans 43 cas de pleurésie.

« Les résultats que nous avons obtenus, dit cet auteur, ont tous été si concluants, nous les croyons tellement certains et probants, que nous pensons pouvoir affirmer avec notre maître que la thoracentèse, quel que soit le mode d'exploration employé, quel que soit l'appareil mis en usage pour vider la poitrine dans les cas de pleurésie, produit une augmentation, non seulement de la température générale, mais encore delà température locale, en fournissant une nouvelle activité au travail plilegmasique de^la plèvre. >•>

\ . JoDDÉ-DuVxVL. Ëludc sur lapleiirésie cl et la tliermomélric pleurale. Thèse de médecine de Paris, 187a, n» 1G3.

Et plus loin :

« Les températures ont quelquefois varié, mais nous avons toujours trouvé una différence notable entre les deux cotes de la poitrine et surtout les lendemains des jours où la thoracentèse avait été pratiquée;

Ces jours-là, il y avait des différences de cinq à six dixièmes de degrés en faveur de la plèvre malade. »

Il est à regretter que Jobbé-Duval n'ait reproduit dans sa thèse que 7 observations. « Toutes nos observations, dit-il, comme les 7 que nous avons citées offrent une différence sensible entre les températures des deux parois thoraciques. »

Dans ses recherclies sur la température comparée des aisselles dans la pleurésie et la pneumonie, basées sur un certain nombre de cas (9 malades chez lesquels on pratiqua 69 explorations thermométriques), Wegscheider ^ obtint les résultats suivants :

6 thermoraétries, c'est-à-dire le 90/0 des 69, donnèrent une chaleur égale des deux aisselles, les autres présentèrent des différences de O^Ol à 0''53, en moyenne Oni. Dans les pneumonies, la température la plus élevée se trouve le plus souvent dans l'aisselle du côté malade, et dans la proportion de 6 à 1, par rapport à la partie saine. Dans les pleurésies unilatérales, il en est de même, mais dans la proportion de 5 à 3, dans les pleurésies doubles du côté où Tépanchement est le plus abondant dans le rapport de 3 à 1.

De ces faits, Wegscheider conclut « que les résultats de ses observations ne sont pas aussi positifs qu'on aurait pu le croire, d'après les témoignages des observateurs français (Peter, Landrieux).

La différence de température entre les deux aisselles n'est pas très grande, la plus haute température observée ne dépasse pas de beaucoup la normale.

Pour les pleurésies, l'élévation de température de l'aisselle ne se trouve pas toujours du côté atteint.

« Pour la pneumonie, bien que mes observations, dit Weg-

i. Wegscheideh. 7jUt Kenntniss dcr Tempcmlurverthcilung , etc. ArcMv fùr pathologische Amiomie und physiologie de Virchoiv. Band LXIX, 1877, p. 172. '

sclieider, soient peu nombreuses, il ne me paraît nullement démontré, quoiqu'on ait dit Landrieux, que la température la plus élevée soit toujours du côte atteint de pneumonie. »

Wegscheider déclare « que la ther.nométne comparative des aisselles ne peut être d'aucun secours pour le diagnostic des affections pulmonaires inflammatoires. »

Recherchant l'état de la température des deux aisselles dans la pleurésie et la pneumonie unilatérales, Luigi Concato ' signale les différences très fréquentes entre la température des deux aisselles, la plus haute température se trouvant un nombre à peu près égal de fois tantôt du côté sain, tantôt du côté malade.

Dans une première série d'observations, il trouve un nombre à peu près égal de températures plus élevées du côté du thorax sain et du côté malade.

Dans la deuxième série, le côté sain présente 7,41 0/0 de températures plus élevées du côté saiif.

Les observations de pleurésies ont donné un nombre d'inégalités d'un cinquième inférieur aux observations de pneumonie.

Dans la pleurésie, le nombre des températures, plus élevées du côté sain, non pleurélique a été de 27 à 22 0/0.

«Si l'on considère dit Concato, la variabilité très grande des explorations thermométriques de l'aisselle, et si l'on remarque qu'étant donné une phlogose unilatérale du poumon ou de la plèvre, les températures plus élevés sont en nombre égal du côté sain et du côté malade, et que dans les fièvres générales simples non compliquées de phlogose primitive des organes respiratoires, la thermométrie comparée des aisselles a donné les mêmes résultats que ceux obtenus chez des personnes saines et dans les affections pulmonaires, tout le monde admettra que cette exploration ne peut servir en rien à la science et à la pratique. Admettons qu'il existe beaucoup plus fréquemment que dans nos observations, des différences de température entre les deux aisselles des malades atteints d'affections pulmonaires unilatérales de la poitrine, analogues

]. LuiGt Concato. Sulla termometria comparatim dclle asccllc c le floqosi unildtcrali degli organi toracici. Rivista dinica. Bologna. Octobre 1877, n" 10.

à celles constatées par Jobbé Duval (0o4-2°8). Po^rra-t-on, d'après cela, reconnaître plus promptement le cote atteint de phlogose ? Sera-t-il plus facile de distinguer par ces recherches si l'organe enflammé est le poumon ou la plèvre? si Fexsudat est simple, fibrineux ou purulent? Les signes physiques suffisent la plupart du temps pour établir le diagnostic... »

Dans sa communication à l'Académie de médecine, M. Peter donne les conclusions suivantes :

1° Du côté de la pleurésie, la température pariétale est toujours plus élevée que la température moyenne (qui est de 3b°S) : la surélévation morbide ou hyperthermie locale est de 5 dixièmes de degré, 1 degré, P5, 2 degrés, 2"5 et dépasse même ce chiffre puisque la température locale peut atteindre 38°39 et même 40° ;

2» L'élévation de température augmente comme l'épanchement, c'est-à-dire que la plus grande élévation de température locale correspond à la période d'activité sécrétoire de la plèvre enflammée : cette hyperthermie peut aller de 2°5 à 3 degrés ;

3° L'élévation de température pariétale décroît dans la période d'état de l'épanchement, c'est-à-dire quand le niveau du liquide reste stationnaire ou, en d'autres termes, quand la sécrétion ne se fait plus.

Mais, en général, la température pariétale du côté pleurétique dépasse encore de 5 dixièmes de degré à celle de la paroi opposée ou du côté sain';

4° La pleurésie n'élève pas seulement la température pariétale du côté où elle siège, elle s'élève également du côté opposé, mais la température pariétale du côté malade est toujours plus élevée (de quelques dixièmes de degré à 1 degré et davantage) que la température pariétale du côté sain ;

5° La température pariétale s'abaisse peu à peu quand l'épanchement se résorbe spontanément, tout en restant supérieure (en général de plusieurs dixièmes de degrés) à la température pariétale du côté sain ; cette température plus élevée que du côté sain et qu'à l'état normal persiste assez longtemps du côté affecté. Oi', cette persistance temporaire

Page 1