‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 227 sur 312 · PET.'.n. Bulldin de l'Académie de médecine, 1878, p · texte numérisé non relu

PET.'.n. Bulldin de l'Académie de médecine, 1878, p

de l'hyperthermie locale n'est pas à iK^gliger, car elle explique la possibilité de la récidive du mal; elle indique, on effet, la persistance des conditions anatoraiqnes qui président à la formation de l'épanchement et constitue ainsi un véritable état matériel d'imminence morbide pour le retour de l'épancheraent ; !

6° Au cas de pleurésie sans épanchcmenl (de pleurésie diapliragmatique, par exemple), l'hyperthermie locale est moins élevée qu'au cas de pleurésie avec épanchement, et le retour à la température normale se fait plus rapidement.

Ainsi, dans un cas tout récent de pleurésie diaphragmatique traitée et guérie par une application de ventouses scarifiées et un vésicatoire, la températui-e pariétale la plus élevée a été de 37" (au lieu de 35°8, température normale) et le retour à cette température de 35"8 a été obtenu en huit jours.

Au contraire, dans une pleurésie avec épanchement consi- ij rable compliquée d'une pneumonie assez étendue qui s'est développée dans le cours de cette pleurésie, la température pariétale s'est élevée jusqu'à 40°8 (la température axillaire n'étant que 40°2) et le retour à la température pariétale normale n'a eu lieu qu'au bout d'une douzaine de jours ;

7° Un fait des plus intéressants peut-être, c'est que l'élévation absolue de la température locale, du côté malade, est |i plus considérable que l'élévation absolue de la température J axillaire, bien que le chiffre thermique axillaire puisse être plus fort que le chiffre thermique pariétal. Cette hyperthermie locale précède l'hyperthermie axillaire. Deux choses qui démontrent l'influence dominatrice du travail morbide pleurétique sur l'état général ou tout au moins sur la température générale.

Par exemple, dans un cas, l'hyperthermie pariétale étant le matin de 2°8 ; l'hyperthermie axillaire n'étant que le soir, l'hyperthermie pariétale s'élève du côté ponctionné :

Mais alors une de ces trois choses peut arriver : A, l'épanchement ne se reproduit pas ; B, il se reproduit ; C, il se reproduit en changeant de nature.

A. Si l'épanchement ne se reproduit pas, la température pariétale (qui était, avant la ponction, plus élevée que la nor-

maie et plus que celle du côté sain) peut se surélever encore de quelques dixièmes ; mais cette surélévation ne dure que quelques heures (24, 36, 48 heures). Puis la température pariétale décroît, revient à son chiffre d'avant la ponction, puis décroît encore et finalement revient au chiffre de l'état sain ou de 35°8. Par exemple, dans un cas ou j'évacuai 1850 grammes de sérosité inflammatoire, la température pariétale, qui était de 37°9 avant la ponction s'élèvera de 0°5 un quart d'heure après (38M) resta à ce chiffre pendant la soirée, s'abaissa de 0°9 le lendemain matin, vingt-quatre heures après la ponction [37°6), s'éleva de 1" ce soir- là, trente-six heures après la ponction (38°6) et tomba enfin de 0°8 le troisième jour (S?"!) puis décroît ainsi progressivement et successivement, de manière à atteindre, en cinq jours, le chiffre pariétal de 36 degrés.

A partir de ce moment, troisième jour après la ponction, la température générale (axillaire) s'abaissa comme la température locale (celle-ci de 0°8 à PO ; celle-là de 0°3 à J°3).

B. 1° L'épanchement se repi'oduit, puis se résorbe; dans la période de sécrétion nouvelle, la température locale s'élève très notablement après la ponction de 0°5 quelques minutes après celle-ci, de 1° quelques heures ensuite ; reste aux environs de cette hyperthermie pendant quelques jours, puis décroît sous l'influence des moyens médicaux, revient au chiffre d'avant la ponction et enfin, fait retour à la normale.

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'hyperthei^mie locale précède et dépasse matin et soir l'hyperthermie axillaire, de telle sorte qu'elle semble tenir celle-ci sous sa dépendance.

De même, l'abaissement local de la température prouve l'abaissement de la température axillaire, de sorte qu'ici encore, il paraît que la maladie locale régit la température axillaire ;

2° L'épanchement se reproduit et la ponction est de nou-

1. Comparativement à ces recherches, il faut citer l'ohservation de Peters [Uebtr den ISuizen von Teinperalurmessungen bei Rranken Thieren.Vochenschrifl fûr Thierheilkunde, n" 24, 1870), qui nota, après une Lhoracentèse cliez le cheval, un abaissement de la température générale de BQ^S à dl°î.

veau rendue nécessaire ; alors hyperthermie locale, puis générale ; état stationnaire de la température locale avec l'épancliement reproduit; nouvelle ponction, reproduction des mêmes phénomènes thermiques et sécrétoires. Ainsi, dans un cas de pleurésie cancéreuse que je fus obligé de ponctionner trois fois en 1875, la température locale s'élevait avant la température axillaire, et le retour de la sécrétion précédait le retour de la flèvre.

C. Reste à savoir ce que devient la température pariétale au cas où l'épanchement se reproduit sous la forme purulente, et c'est ce que je me propose de déterminer n'ayant pas encore eu à observer ce fait à la suite de mes thoracentèses.

D'après Peter, l'élévation de la température locale du thorax après la ponction ne tient pas au retour du poumon à ses fonctions ni au traumatisme par letrocart.

Comme conclusion, Peter dit :

« Que l'hyperthermie locale, à la suite de la ponction, pour la pleurésie comme pour l'ascite, est la conséquence de l'hypérémie a vacuo ;

« Que dans les cas de pleurésie, cette hyperthermie toute mécanique s'ajoule nécessairement a, Vhjpérémie phlegmasique antérieure, contre laquelle la ponction a été absolument sans action curative ;

« Qu'ainsi on a alors deux hypérémies au lieu d'une ;

« Qu'il en résulte nécessairement une augmentation de tension dans les vaisseaux de la plèvre enflammée;

« Qu'ainsi le liquide exsudé à nouveau peut être plus riche en leucocytes et en hématies, comme je viens de l'observer dans un cas de pleurésie à ponctions successives ;

« Qu'il y a simultanément alors un fait physique l'extravasation, et une action chimico-dynamique, la sécrétion ;

« Que la transformation purulente possible de l'épanchement renouvelé se conçoit de la sorte en certains cas où l'on a ponctionné pendant la période très fébrile de la pleurésie ;

« Qu'ainsi cette accumulation d'hypérémies, ce retour brusque du sang dans la cavité pleurale (dans la plèvre comiiKî dans le poumon) accusé par l'hyperthermie locale (^proportionnelle à l'hypérémie a vacuo) expliquent la syncope, la congestion pulmonaire, l'expectoration albumineuse

consécutive, la douleur, l'oppression allant parfois jusqu'à la sulTocation observée dans ces cas de brusques déplétions, c'est-à-dire de brusque hypérémie par évacuation, laquelle est démontrée matériellement par mes recherches sur Thyperthermie locale. »

Frantzel ' n'a que très rarement observé dans ses recherches des ditrérences de température de la peau des deux côtés du thorax dans la pleurésie. « Lorsque dans une pleurésie, dit cet auteur, la température se maintient plus élevée du côté malade pendant queiquesjours, l'exsudat est presque toujours purulent. »

Dans leur travail, Fiori et Graziadei ^ établissent que dans les inflammations du poumon et de la plèvre la température des aisselles et des espaces intercostaux est à peu près égale des deux côiés.

Les djtlérencesque Ton constate dans quelques cas ne sont pas dues, d'après ces auteurs, à l'influence de la pneumonie ou de la pleurésie, elles sont la conséquence de troubles nerveux locaux et tiennenten partie à des erreurs d'observation.

Ces recherches de thermométrie, disent Fiori et Graziadei, ne peuvent servir en rien au diagnostic des afi"ections thoraciques.

D'après P. Philipp dans la pneumonie, la différence de température entre le côté malade et le côté sain n'est seulement que de quelques dixièmes. Dans la pleurésie, la différence est plus marquée.

Dans la pneumonie, d'après cet auteur, la température locale du côté malade s abaisse légèrement un peu avant, pendant et après la crise.

Léopold Homburger '- a étudié les différences de température axiilaire dans la pneumonie.

r,J-Z^^^^^^^' Handbuch der sp. Path. und Thérapie von Ziemsen. lia. IV, Ih. Il, p. 340. I

2. Fioai el Graziadei. SuUa termomelria délie ascelle e deqli snazu mlurcosl.iU nelLa malatlie di petto. Arch. per le scienze med. Vol. lll,

f;/!//^'!'"''' C'"^- ^"^r ^^^'^'^diffe'^enzen der Bruslhœlften bei einseitijen hvh'iinkunijen der Brusloryane. Uis.'icrl. Berlin, 1878

4 L HuMuuHGKii. Uatcrsuchuiigcn ûber Crouuose' Pneumonie Inmigural JJksertaHon. Slrassburg, 1879, p. 76. pneumonie, inau

Rrdard.

562 TEMPKRATUEE PÉRÏPHJÎRIQUE DU THORAX

Cet auteur a fait ses recherches dans sept cas de pneumonie.

Dans la première observation, on note une élévation de quelques dixièmes de la température axillaire du côté malade pendant toute la durée de la maladie.

Dans la deuxième observation, au sixième jour, Faisselle du côté sain a une température plus élevée de 0''4 que celle du côté malade.

Dans la troisième observation, la température est à peu près égale des deux côtés.

Dans la quatrième observation, pendant les premiers jours, la température axillaire du côté malade est plus éle\ée de quelques dixièmes que celle du côté sain. Au onzième jour, la température axillaire du côté sain est plus élevée de 4 dixièmes que celle du côté malade.

Dans la cinquième observation :

Le 6« jour, -f 0°5 de la température de l'aisselle du côté malade.

Le 7^ jour,= — 1,0 8° jour,+0°4 du côté sain.

Le 9" jour,=

Le 10« jour, + 0°2dn côté malade.

Dans la sixième observation, on ne note une élévation de quelques dixièmes en faveur de l'aisselle du côté malade que pendant les deux premiers jours, les jours suivants, la température devient à peu près égale des deux côtés.

Dans la septième observation, on trouve une élévation de la température axillaire du côté malade pendant plusieurs jours.

D'après Homburger, l'élévation de la température axillaire du côté malade doit s'expliquer par des troubles vasomoteurs. A,, •„

Il considère que si la température axillaire du cote sain, à la période d'hépatisation grise, est égale ou plus élevée que celle du côté malade, cela .tient, ainsi que Birch-Hirschfeld le pense, à ce qu'à cette période l'exsudat comprime les vaisseaux et irrite les filets nerveux du poumon, d'où, par Toie réflexe, une contraction des vaisseaux de tout un coté

du corps. i V +

« Des observations précédentes, il résulte, dit 1 auteur,

quVî la 'première période de la pieumonie^ il existe une difjerence de lempératurc entre les deux moitiés du corps; le thermomètre indique une élévation du côté malade. »

Si l'on examine attentivement les observations sur lesquelles s'appuie Hombiirger pour établir ses conclusions, on remarque l'inconstance des résultats obtenus et la fréquence des égalités ou des élévations du côté sain à certaines périodes de la maladie.

Si on considère, en outre, que les différences observées sont fort souvent de quelques dixièmes, ce que l'on observe du reste très fréquemment à Vétat physiologique et en dehors de toute affection pulmonaire, il nous paraît difficile de donner une conclusion aussi nette et aussi précise que celle de Homburger.

Les observations de cet auteur, ainsi que celles de Peter, Landrieux, etc., nous permettent seulement de conclure que très souvent, à la première période de la pneumonie, on note des élévations de la température locale du côté malade, mais cette élévation n'est pas constante, elle peut manquer dans un grand nombre de cas.

Voici quelques résultats obtenus par Von Anrep dans la pneumonie :

« On voit, d'après les tableaux suivants, dit Anrep, que dan s la pneumonie croupale au degré, la température de la paroi intercostale du côté malade est plus élevée que du côté sain. Dans les points qui correspondent aux parties du poumon qui ne sont qu'au 1" degré de l'inflammation, la température est plus élevée que dans les points correspondant aux parties où l'inflammation est à son apogée.

TEMPÉRATURK PERIPHERIQUE DU THORAX

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