Cl. Bernard. Chaleur animale
, iaï'a^^'fV^'^^^''''^' ^^^-'^f'^'-^ meclica Lombardia italiana, u° 26-29, 1862, I iSbb, et Gaz. hebcl. de méd. et de chir. 2" série, t. Ul, p. ms, 18G6. Redard. «
2° Chez le lapin, la diminution varie de 0",68 à 2% 48 : moyenne 1°,27 ;
3° La température diminue sensiblement pendant la première minute de la douleur, mais elle arrive à son maximum dix ou douze minutes après qu'elle a cessé d'être ressentie ;
4» La durée de l'abaissement peut être de une heure et demie et au-dessus ;
5° L'abaissement de la température est plus marqué lorsque la douleur ne s'accompagne pas de contraction musculaire ;
6° La douleur produit chez les poules un abaissement de température de 0°,66 à 1°,76 : moyenne, 1",37 ;
7" Chez les petits oiseaux, le mouvement de la température survient généralement d'une manière subite au moment où la douleur est ressentie, et le chiffre normal se rétablit plus rapidement que chez les lapins ;
8° Chez ces animaux, l'abaissement de température a duré
une heure et au delà ; 9" Chez l'homme, la douleur exerce la même influence que
chez les animaux ;
10° L'abaissement grave et durable de la température, produit par une douleur dont la durée est de dix minutes, doit supposer qu'il faut en chercher l'explication dans une perturbation des phénomènes chimiques de la caloriflcation et que la seule diminution de la température par les nerfs vaso-moteurs n'en rend pas suffisamment compte.
Dans les brûlures, Mantegazzaa, en outre, constaté les modifications thermiques qu^il a observées dans la douleur. Nous aurons à examiner si l'élément douleur doit entrer en ligne de compte pour expliquer les abaissements de température observés à la suite d'accidents semblables.
Brown Séquard' croit qu'il existe des fibres nerveuses particulières non sensibles dans presque tous les organes et la peau. Si l'on vient à exciter ces fibres, l'on obtient du refroidissement et quelquefois des syncopes. Il pense en outie
1 Brown Sequard. Expérimental Researches '=^Pf''\^\ff;°l'f^ ture. Archives do physiologie, t. I, p. 08a, isbs.
LESIONS DU SYSTÈME NERVEUX PERIPHERIQUE 115
que V irritation des nerfs capables de provoquer de la douleur produit une élévation de température.
Les battements du cœur sont dans ce dernier cas notablement augmentés.
De nouvelles et concluantes expériences faites en 1870 et 1872 par Heidenhain, qui avait déjà communiqué au Congrès d'Innsprùck une partie de ses résultats, nous permettent d'affirmer que la douleur abaisse la température.
Ces recherches ont été faites sur des chiens soumis au curare; d'après l'auteur, grâce à de précieux agent, l'on peut se mettre à l'abri des erreurs de température causées par les mouvements de l'animal en expérience.
Heidenhain se servait d'un appareil thermo-électrique ou quelquefois du thermomètre.
Le premier fait constaté fut que, lorsqu'on excitait un nerf sensitif ou mixte, le sciatiquepar exemple, et que l'on introduisait une aiguille électrique dans la cavité d'un vaisseau, la température baissait aussitôt de 0^1 à O^B pendant une minute à une minute et demie. L'excitation des nerfs de sensibilité abaisse la température non seulement dans les deux ventricules, dans la veine cave, dans les veines hépatiques, mais encore dans l'intestin, dans la cavité abdominale. Voici une des principales expériences d'Heidenhain : Expérience du 10 mai. — Excitation du bout central du nerf sciatique sectionné.
Déterminations de température dans le cœur gauche, faites toutes les quinze secondes.
Section des deux nerfs vagues :
Pendant la période de repos .... 37°65, —66 —65 —56 — d'excitation . . 37°66, —54 —50
Après l'excitation 37051, —52 —58 —59 —59
Pendant l'excitation 38''58, 53 —51
Après l'excitation 37°52, —55 —55
Après un certain temps
Avant l'excitation 37"68, —69 —69 —69
Pendant l'excitation 37069, —68 —62 —61
Après l'excitation 37°62, —65 —68 —68
Pendant l'excitation 37068 —65 —61
Après l'excitation 37o62,' —64 —68 —68
Heideiihain a remarqué que quelques moments après l'excitation, la température qui s'était abaissée ne tardait pas à remonter avec une très grande rapidité. Si l'excitation était, répétée, un abaissement de température durable se produisait.
La température s'abaissait même avec des excitations passagères, telles que section ou ligature d'un nerf de sensibilité.
Ce phénomène de l'abaissement de température est, d'après Heidenhain, sous l'influence du système nerveux et même d'une partie limitée de ce système, la moelle allongée.
Un fait qui a une grande importance au point de vue des théories nerveuses de la fièvre, c'est que chez les animaux fébricitants, lorsqu'on excite les nerfs sensitifs, l'abaissement de température ne se produit plus.
Riegel ^ ne partage pas l'opinion d'Heidenhain et met en doute la constance de l'abaissement de la température centrale sous l'influence de la douleur.
Naumann ^ a constaté dans ses expériences qu'à la suite de l'irritation de la peau chez des sujets sains, par les épispastiques, il se produit un abaissement de la température centrale précédé presque toujours d'une légère élévation.
Les sinapismes ne donnent pas lieu à des modifications thermiques dans les endroits où ils sont appliqués ; mais un fait incontestable et qui semble prouver que la douleur abaisse la température, c'est que la chaleur générale s'abaisse et Naumann, qui a constaté le fait, attire justement l'attention sur ce point.
Rohrig 3 a m la température rectale tomber à 18° en une heure vingt minutes, chez un lapin dont la peau rasée avait été mouillée avec de l'huile de moutarde.
Jacobson'' pense que dans ces conditions le refroidissement n*est pas un fait constant, il n'a noté que dans cinq cas sur
1. Riegel. Ueber den Einfluss des Ncrvensyslems auf den Krcislmf md die Kôrpertemperatiir. Arch. f. Physiol, Baiid IV, p. 3o0-43t. honn, iSll et Centralblatt, i8~2.
2. Naumann. Ossv. Yiertdjahrschrift fur praUische Hctlkunde. Band, XCIII, p. !33, 1867 et jmo<^r\s Arch., fur Physiologie, 18/0.
3. RoHRU-.. Physiologisc/ic Unicrsuchimgcn ûber dm hwfluss von Hautreizeu auf circulation, Alhmung and Kôrpcrlemperalur. Dcutsctie
Klinik, 1873, iio 23. ^ Tr ■ / ,
4. Jacobson. Ucbcr den Einfluss von Haulrcizcn auf die Korpertçmpc-
trente-et-un un abaissement de la température axillaire, dix fois Sur dix-huit sujets, un abaissement de la température rectale.
Dans les maladies fébriles, à la suite d'irritations delà peau, cet auteur a vu baisser la température axillaire deux fois sur vingt-trois cas. Dans le rectum, il ne constata aucune modification de la température dans quatre cas.
M. le professeur Vulpian " a provoqué des dépressions thermiques assez marquées en injectant sous la peau d'un cobaye de l'huile de moutarde.
D'après M. Vulpian il se produit dans ces expériences non seulement un épuisement plus ou moins marqué de Pactivité vaso-motrice des centres nerveux, mais encore un certain degré d'affaiblissement de leur influence sur la nutrition et les combustions internes et, par suite, une diminution du travail thermogène dans toutes ces parties.
D'après ces expériences, et avec la majorité des expérimentateurs, nous concluerons, que Texcitation des nerfs sensitifs et la douleur abaissent la température dans la majorité des cas.
La lésion des nerfs mixtes et sympathiques produit aussi des modifications de la température.
Provençal, avait vu, avant Legallois, Arnold, Duméril et Demarquay, l'abaissement de température, à la suite de la section du pneumo-gastrique.
Samuel ^ pense que l'abaissement de température observé dans le cas de section du pneumo-gastrique est probablement dû à la dyspnée qui se montre aussitôt après l'expérience.
Chossat prétend avoir vu que l'écrasement et le tiraillement du nerf grand sympathique faisaient diminuer la chaleur animale d'environ 5°.
Ce grand physiologiste avait donc été bien près de faire la découverte qui devait illustrer Claude Bernard.
L'influence que possède l'excitation, l'irritation ou la section du sympathique sur la chaleur animal est trop connue pour que nous y insistions.
ratuf. Archiv fur pathologische Anatomie imd Physiologie von Virchow, . t. LXVll, 1876,